AVC : deux tiers victimes de séquelles

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Deux-tiers des patients victimes d’un accident vasculaire cérébral (AVC), soit un peu plus de 500 000 personnes, ont subi des séquelles, dont les plus fréquentes sont les troubles de l’équilibre (50% des cas), suivies par des troubles de mémoire (42%).

Ces résultats proviennent d’une enquête «Handicap-santé» publiée par le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (n°10-11), 1,2% la proportion de personnes ont été victimes d’un AVC dans la population française en 2008-2009.

Puis viennent les troubles moteurs affectant un ou plusieurs membres (un tiers des patients avec séquelles), des troubles du langage ou de l’articulation (30% des patients avec séquelles), des troubles visuels (25%) et sensitifs (20%).

Les séquelles d’un AVC, dont la fréquence augmente avec l’âge, ont des conséquences notables sur la mobilité (la marche devient difficile, voire impossible) et les activités de la vie quotidienne (toilette, habillage, manger et boire).

Les séquelles rapportées augmentaient «fortement» avec l’âge: inférieures à 1% avant 45 ans, elles atteignaient 9,5% pour les hommes et 6,6% pour les femmes âgés de 85 ans ou plus.




Chaque année, 130.000 Français sont victimes d’un AVC, entraînant une fois sur cinq la mort du patient. Des travaux réalisés précédemment indiquaient que :

– 41 % des survivants d’un AVC n’ont plus de symptômes un mois après l’accident ;

– 25 % présentent un handicap léger ou modéré ;

– 34 % ne peuvent pas marcher sans assistance.

Le bilinguisme limiterait les séquelles de l’AVC

Le bilinguisme permettrait de préserver les fonctions cognitives qui sont endommagées suite à un accident vasculaire cérébral (AVC).

Il était déjà admis que le bilinguisme retarde le déclin cognitif et le développement de la maladie d’Alzheimer.

Le fait de parler plusieurs langues pourrait également favoriser une récupération plus rapide au niveau cognitif après un AVC.

Les chercheurs indiens (Institut médical d’Hyderabad) ont étudiés une cohorte de 608 victimes d’un AVC, dont près de la moitié parlait au moins deux langues.

40% de ceux qui parlaient plusieurs langues présentaient des fonctions cognitives normales (raisonnement, attention) après l’accident, contre seulement 20% dans le groupe de patients qui ne s’exprimaient que dans une langue.

En revanche aucune différence n’a été observée sur le risque de survenue d’une aphasie, l’une des séquelles suite à un AVC. Près de 12 % des patients non bilingues en sont atteints, contre 10,5 % chez les bilingues.

Comment expliquer l’effet protecteur du bilinguisme sur les AVC ?

Explications : le fait de pouvoir parler plusieurs langues protège les zones du cerveau impliquées dans les fonctions de raisonnement et d’attention.

Source: Suvarna Alladi et coll. Impact of Bilingualism on Cognitive Outcome After Stroke, Stroke, novembre 2015.