État confusionnel

Cas pratiques


Une femme octogénaire arrive aux urgences pour des problèmes comportementaux (agitation et hallucinations visuelles et auditives) accompagnés de chutes.

Elle est traitée pour une hypertension artérielle et n’a pas d’antécédent psychiatrique. Elle est traitée avec du Plavix.

Elle n’a aucune confusion lors de l’examen car elle a conscience de ses hallucinations, ce qui est à l’origine de ses angoisses.

Deux hypothèses diagnostiques sont proposées :

  • Un état confusionnel qui survient au cours d’une démence ;
  • Un état confusionnel ayant une cause organique transitoire.

Les examens complémentaires suivants ont été demandés :

  • Un scanner n’ayant rapporté ni signes d’hémorragies ou d’ischémie cérébrale, ni d’atrophie cérébrale.
  • Un électrocardiogramme.
  • Un électroencéphalogramme, qui a mis en évidence des troubles du rythme cardiaque, avec fluctuation de la vigilance.
  • Un score au mini-examen mental de 24 sur 30, suggérant un déclin cognitif.
  • Aucune maladie mentale chronique selon le médecin psychiatre.

1er diagnostic

Un diagnostic d’état confusionnel avec hallucinations est posé. Un traitement avec du seresta (benzodiazépine) est apporté.

Le faible score au MMSE suggère la présence d’un déclin cognitif léger.

Une anomalie de l’ECG suggère un problème cardiaque, hypothèse confortée par l’observation d’un rythme cardiaque irrégulier à l’électroencéphalogramme.

Un deuxième électrocardiogramme plus approfondi est entrepris.

2ème diagnostic

Le personnel médical diagnostique :

  • une fibrillation auriculaire traitée notamment avec de l’anti-vitamine K (anticoagulant) et un antiarythmique.
  • Une hypertrophie du ventricule gauche caractéristique d’une cardiopathie (la cardiopathie est présente dans 70% des cas de fibrillation auriculaire)

Cette fibrillation auriculaire dite paroxystique (c’est-à-dire qu’elle se manifeste sous forme de crise aigue pendant environ une semaine pour ensuite se terminer spontanément) conduit à un syndrome confusionnel aigü avec une diminution du débit sanguin cérébral.

  • Début d’altération cognitive très modérée avec autonomie conservée.

Suite à la mise en place des traitements, aucune récidive n’a été observée.