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Neuromédia : Une publication sur le vieillissement cérébral pour les seniors et leur entourage
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Droit & régimes de protection Cas & problèmes pratiques

Panorama de la question

De quoi s'agit-il ? Regardons le problème :

Les capacités intellectuelles sont ou peuvent être altérées par le vieillissement cérébral. Scientifiques et médecins, en recherchent les causes, le processus et les soins (curatifs ou préventifs) possibles (d'autres rubriques de ce site traitent de ces importantes questions).

Juristes, financiers et…"monsieur tout le monde" regardent les conséquences juridiques et économiques de cette situation, dans un monde où les personnes âgées vivent de plus en plus longtemps.

De ce point de vue, il faut d'abord faire quelques remarques préalables :

  1. Cette altération des facultés de mémoire, de raisonnement, de jugement ou encore de la capacité à exprimer sa volonté… présentent des formes variées qui se manifestent à des degrés de gravité divers et variables avec le temps.

  2. Si cette altération des capacités intellectuelles est parfois malheureusement avérée, certaines personnes y échappent, partiellement ou totalement, jusqu'à un âge très avancé, et parfois même jusqu'au décès. Elle n'est donc pas inéluctable ; mais il est certain que les risques augmentent avec l'âge, comme l'indiquent les statistiques suivantes, de source canadienne :

  3. Personnes éprouvant des troubles de la mémoire :
       - 23% de la population âgée de 65 à 74 ans
       - 32% de la population âgée de 75 à 84 ans
       - 43% des plus de 85 ans

    Personnes atteintes d'un handicap ou d'une incapacité de long terme :
       - 20% de la population âgée de 65 à 74 ans
       - 28% de la population âgée de 75 à 84 ans
       - 45% des plus de 85 ans

  4. Cette situation pose de nombreux et différents problèmes dans la vie privée, sociale, économique…des personnes atteintes elles-mêmes, et aussi de leur famille.

  5. Ces problèmes mettent en jeu -voire en conflit- des facteurs de différentes natures : économique, juridique, affective, philosophique…

On se trouve donc en face d'un ensemble complexe dans lequel il faut mettre de l'ordre pour bien repérer les problèmes, mieux les appréhender, et autant que possible les anticiper, afin de dégager des solutions les mieux adaptées à la situation particulière de chaque cas.

L'objet de cette rubrique est de nous y aider.

Tout d'abord donc : comment "prendre" le problème, avec quelle méthode et quelles clés ?

Une approche et une méthode… où l'on doit d'abord distinguer Personne et Biens

Tout d'abord il faut distinguer
   - les problèmes afférents à la Personne
   - de ceux qui relèvent de la gestion de ses Biens.

Personne

Qu'est ce qu'une Personne ? Que se passe-t-il -ou que peut-il se passer- dans le cas de la Personne âgée ?

Tout être humain -quel que soit son âge- est une personne qui se définit par son identité, des libertés et des droits qui doivent être respectés.

C'est la notion de "droits de la personne" et de "la personnalité" qui apparaît ici : notion compliquée voire parfois confuse car il s'agit d'un ensemble vaste et protéiforme qui évolue et tend sans cesse à s'étendre. Pour être pratique, essayons -au risque de choquer les puristes- de la simplifier, en repérant les points importants et pertinents pour la situation concrète des personnes âgées :

  • C'est la liberté pour la personne de choisir son mode de vie, ce qui implique en particulier le choix du domicile;

  • le statut familial, caractérisé par l'existence (ou l'absence) de liens familiaux qui impliquent une "obligation alimentaire" et jouent dans les systèmes d'assistance et de protection de la personne âgée;

  • le droit à l'intégrité physique qui, évidemment essentiel pour chacun, est spécialement important pour les personnes âgées affaiblies. Il pose en particulier le problème des soinsmédicaux, chirurgicaux ou autres, en institutions ou à domicile, et aussi, malheureusement, le problème de la maltraitance;

  • le droit à l'intégrité morale -notion assez récente de protection de la vie privée- qui peut aussi intervenir dans le respect de la personne âgée vulnérable;

  • la responsabilité civile et la responsabilité pénale;

  • le droit de vote; bien qu'il ne s'agisse pas à proprement parler d'un droit civil.

Biens

La notion de Biens est plus simple et plus évidente. Mais la gestion des biens occupe une place importante dans les problèmes posés par les personnes âgées; même, d'ailleurs, lorsqu'elles ne sont pas atteintes dans leurs capacités réelles ou juridiques.

Quelques notions et distinctions sont à retenir :

  • Les Biens sont les objets de droits tandis que la Personne est sujet de droits. Une conséquence pour notre propos: les mesures de protection des biens sont indépendantes de celles qui peuvent être prises par ailleurs sur la personne âgée.

  • Les juristes distinguent également la jouissance (possession) d'un droit et la capacité à l'exercer; c'est cette dernière notion qui est généralement visée dans le domaine des "incapacités" qui va nous concerner ici.

  • Enfin il y a différentes sortes et différents niveaux d'actes sur les Biens:

    • Les actes de gestion courante ou actes d'administration couvrent essentiellement et concrètement la perception des ressources (pensions, loyers, intérêts…) et leur utilisation pour les dépenses de la vie courante (hébergement, alimentation, impôts…).

    • Les actes de gestion du patrimoine ou actes de disposition, plus importants, sont ceux qui touchent à la composition et à la destination du patrimoine (achats et ventes d'immeubles, de valeurs mobilières, voire donations ou organisation de la succession…).

    • Des notions de mesures conservatoires et d'urgence peuvent aussi intervenir.

Le problème de la gestion des biens de la personne âgée se pose dans un large éventail de situations économiques qui va du cas de la personne âgée sans patrimoine et avec de faibles ressources (lequel ressort plutôt de la politique sociale) à celui de la personne âgée qui dispose d'un patrimoine important, pouvant inclure, par exemple, une entreprise pour laquelle peuvent se poser des problèmes de direction ou de transmission (et qui relève plutôt du conseil de gestion particulier et de spécialistes du droit successoral).

C'est entre ces extrêmes que va se situer notre analyse.

Distinction entre l'État de plein exercice et l'État protégé

Il faut, enfin, faire une autre distinction entre la situation de la personne âgée
   - qui dispose de la plénitude de ses facultés intellectuelles et
   - celle dont les capacités mentales sont atteintes.

Cette distinction peut paraître, à priori, inutile puisque la situation de la personne âgée disposant de sa pleine capacité intellectuelle et juridique, précisemment, ne semble pas soulever de problèmes spécifiques.

Sans doute -et le fait a déjà été signalé- de nombreuses personnes âgées vivent de longues années et même souvent, finissent leur vie "en possession de leurs moyens", capables de gérer leur personne et leurs affaires (même avec certaines handicaps physiques qui ne portent pas atteinte à leurs capacités de réflexion et d'action et qui peuvent être surmontés matériellement).

Est-ce à dire, pour autant, que ces personnes n'ont pas de problèmes spécifiques en tant que personnes âgées ?

Mais, surtout, cette situation est importante et intéressante précisément en ce qu'elle permet à la personne âgée de réfléchir et de prendre, en connaissance de cause, librement et dans la plénitude de sa capacité juridique, les mesures qui lui conviennent tant pour sa vie personnelle que pour l'affectation et la destination de ses ressources et de son patrimoine. Beaucoup de problèmes difficiles, susceptibles de surgir dans le futur, peuvent être ainsi évités et réglés sans conflits pénibles.

On peut objecter que cette vision des choses est un peu idyllique et que, si certaines personnes peuvent régler les problèmes correctement (et même, avec beaucoup de sagesse due à leur expérience) d'autres peuvent commettre des erreurs en raison de défaillances passagères ou parce que leur état mental détérioré n'a pas -pour une raison quelconque- été établi juridiquement.

Mais, les actes accomplis dans ce contexte peuvent être contestés par les intéressés, en particulier des membres de la famille, en démontrant, par exemple, l'état d'altération mentale de l'auteur au moment de sa décision contestée et peut être contestable.

Ce qui nous conduit naturellement à la situation des personnes âgées qui, atteintes dans leurs capacités et, de ce fait, vulnérables, doivent être représentées, assistées, protégées (ainsi que leur famille) selon des systèmes (comme la tutelle, la curatelle ou la sauvegarde de justice en France par exemple) qui varient selon les pays mais avec des objectifs assez largement communs.

C'est en combinant cette double distinction :

Personnes/Biens vs État de plein exercice/État protégé

que nous développerons l'analyse des problèmes juridico-économiques de la situation de la personne âgée et la recherche de solutions.

Pour la suite, nous vous donnons rendez-vous sur le site où nous espérons vous retrouver.
Vos observations, critiques, propositions, témoignages…seront les bienvenus…
A bientôt !

Raoul Bastianetto
Docteur en sciences économiques
Juin 2002

 

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