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Archives - Avril 2008 :
30/4/2008 - Inscrivez-vous et recevez gratuitement le dernier numéro du Magazine
Mots clés: demence a corps de Lewy - obesite - neuroimagerie - plomb - maltraitance - beta-carotène - omega 3 - acide folique - syndrome des jambes sans repos - statines
»» La démence à corps de Lewy (en abrégé DCL) est une maladie de plus en plus reconnue, représentant entre 15 et 25% des formes de démence chez la personne âgée.
La DCL répond à des critères diagnostiques dont la spécificité est élevée (environ 90%). Cependant, leur sensibilité est faible, suggérant que la prévalence de la maladie est sous-estimée (un diagnostic de maladie d’Alzheimer est souvent posé chez ces patients), incitant les cliniciens à développer des outils diagnostiques plus précis.
Les signes et symptômes cliniques de la maladie sont les suivants : hallucinations visuelles, troubles des fonctions exécutives et de l’organisation visuo-spatiale, fluctuations de l'attention, troubles du sommeil en phase paradoxale, rigidité et bradykinésie.
Les diagnostics différentiels sont la maladie d’Alzheimer, la démence vasculaire ou associée à une maladie de Parkinson, une paralysie supranucléaire, ou une atrophie multisystématisée. Le médecin portera une attention particulière à la chronologie d’apparition des symptômes neurologiques, psychologiques et psychiatriques.
Le traitement de la DCL est rendu délicat par la présence simultanée de troubles psychiatriques (hallucinations visuelles) et neurologiques (signes parkinsoniens). Les inhibiteurs de cholinestérase (médicaments prescrits dans la maladie d’Alzheimer) atténuent les déficits d'attention et des fonctions exécutives. En revanche, les patients ne répondent pas toujours aux médicaments antiparkinsoniens, et présentent une sensibilité accrue aux antipsychotiques. Les traitements nonpharmacologiques - modification du milieu environnemental, physiothérapie - peuvent être utiles...suite de l`article réservé à nos abonnés
»» Etudiant le dossier de plus de 6000 quarantenaires chez qui le diamètre du ventre avait été mesuré 36 ans auparavant, une équipe américaine a conclu qu’un tour de taille élevé est un facteur de risque important de démence. L’analyse des résultats indique que les personnes ayant un indice de masse corporelle (IMC) normal (c’est-à-dire inférieur à 25) mais un diamètre abdominal sagittal élevé (plus de 25 centimètres) ont un risque accru (+90%) de développer une démence plusieurs décennies après. Ce risque augmente dramatiquement (+ 260%) si la personne présente un IMC et un diamètre abdominal élevés (IMC et diamètre abdominal sagittal respectivement supérieurs à 30 et 25cm). Il est possible que la graisse abdominale viscérale produise des acides gras toxiques pour le cerveau. Neurology. 2008 Mar 26
»» Les techniques de neuroimagerie (tomographie par émission de positon, IRM) permettent d’identifier les plaques amyloïdes, lésions caractéristiques de la maladie d’Alzheimer, suggérant l’utilité de ces techniques dans la détection précoce de la maladie (c’est à dire avant que les premiers symptômes n’apparaissent). Cependant, la plupart des chercheurs estiment qu’il serait contraire à l’éthique, d’effectuer à titre préventif un « bilan de santé cérébral », et cela pour plusieurs raisons : 1) le coût et la disponibilité : un TEP coûte environ 1500CAD (1000 euros) au Canada. 2) Il n’existe actuellement aucun traitement curatif, les médicaments actuels servant à ralentir provisoirement la maladie. 3) Bien que toutes les plaques amyloïdes soient présentes dans le cerveau de tout patient Alzheimer, elles peuvent être également détectées chez des sujets sains qui ne développeront jamais la maladie. Source : conférence de l’université de Toronto.
»» Les auteurs d’une méta-analyse regroupant 10 études prospectives et incluant des personnes de 40 à 80 ans, indiquent que l’obésité s’accompagne d’une augmentation du risque de maladie d’Alzheimer et de démence vasculaire (+70-80%). Une taille épaisse est également un facteur de risque. Obesity Rev. 2008 Mar 6
»» Une étude s’est intéressée au rôle délétère que pourrait jouer le plomb. Les auteurs de cette étude ont observé des lésions histologiques caractéristiques de la maladie d’Alzheimer (plaques amyloïde et dégénérescences neurofibrillaires) dans le cerveau de femelles macaques adultes exposées à du plomb dès leur naissance. Ces lésions s’accompagnent d’une production excessive de radicaux libres dans le cerveau de ces primates. Cette étude relance le rôle néfaste de certains facteurs environnementaux dans l’apparition de la maladie d’Alzheimer. J Neurosci. 2008 Jan 2; 28:3-9.
»» Une échelle d’évaluation de la performance cognitive (le Dementia Screening Scale ou DSS) a été récemment conçue à l’attention du personnel de santé, en vue d’une meilleure prise en charge du malade et de ses proches. Cette échelle a été validée en la comparant avec le mini-examen de l'état mental (MMSE). Age Ageing. 2007;36:549-554
»» Une étude française confirme l’effet préventif d’une consommation régulière de poisson (une fois par semaine), de fruits et légumes (une fois par jour), et d’huiles riches en oméga-3 sur la démence. Cet effet préventif disparaît chez les sujets à risque porteurs du gène de susceptibilité Apoe-4. En revanche, aucun effet protecteur du vin n’a été rapporté dans cette étude. La concommation d’huiles riches en oméga-6 (huiles de tournesol ou de pépin de raisin) est néfaste pour le cerveau. 8000 participants âgés de 65 ans et plus ont été suivis pendant 3 ans et demi. Neurology. 2007;69:1921-1930.
Voici résumés les résultats (entre parenthèses le facteur de risque) :
- Poisson (- 40% de risque de démence vs ceux ne consommant pas de poisson )
- Fruits et légumes (-28%)
- Huiles riches en oméga-3 (- 54%)
- Huiles riches en oméga-6 (+ 112%)
»» Une étude clinique avec placebo a rapporté qu’une supplémentation en beta-carotène (50 mg tous les deux jours) améliore la mémoire verbale. Cet effet bénéfique n’est visible que chez les individus ayant consommé ces suppléments pendant plus de 18 ans (aucun effet positif n’est ressorti après un traitement d’un an). Les participants (qui étaient des médecins) ont subi des tests cognitifs et une prise de sang annuels afin de mesurer la concentration sanguine de beta-carotène. Une corrélation est apparue entre la performance cognitive et le niveau de beta-carotene dans le sang. Pour rappel, le trouble de mémoire verbale est un signe annonciateur important de la maladie d’Alzheimer. Arch Intern Med. 2007;167:2184-2190.
»» Une étude britannique indique que 40% des seniors vivant à domicile et 68% vivant en institution ont perdu leur dent. Cette perte de dent est associée à une augmentation de 260% du risque de déclin cognitif et une baisse de poids, deux phenomènes pouvant être intereliés. J Am Geriatr Soc. 2007;55:1410-1414
»» Des chercheurs de Boston (USA) ont mis au point un régime alimentaire et proposé un questionnaire afin d’évaluer à quel point ce régime était suivi par les participantes. Les femmes qui obtenaient le score le plus élevé au questionnaire (reflétant le taux d’adhésion à ce régime) avaient un risque moindre (- 20%) de maladies cardiovasculaires et d’AVC.
* Des points sont ajoutés si la participante consomme les aliments suivants : fruits, légumes, grains entiers, noisettes, produits laitiers faibles en gras. Des points sont retirés en cas de consommation de viande rouge, boissons sucrées et sel. American Heart Association November 2007.
»» Réforme de l'assurance vie (France). L'acceptation du bénéficiaire de l'assurance vie peut être annulée lorsque le contrat d'assurance a été souscrit moins de deux ans avant l'ouverture d'une mesure de protection.
La désignation, la substitution ou la révocation du bénéficiaire sont
possibles pour un majeur sous protection avec l'autorisation du juge des tutelles.
»» Des chercheurs ont mesuré l’efficacité d’une combinaison antidépresseur-donépezil (Aricept) chez 23 patients âgés dépressifs présentant des troubles cognitifs. Ils ont observé au bout de 8 semaines une amélioration de la mémoire verbale épisodique chez ceux qui repondaient favorablement au traitement. Cette amélioration s’est maintenue chez les 6 patients ayant décidé de continuer de leur plein gré le traitement. Cette étude préliminaire suggère qu’un traitement avec un inhibiteur de cholinestérase peut améliorer la performance cognitive chez les patients dépressifs traités avec un antidépresseur. Pelton GH. Randomized double-blind placebo-controlled donepezil augmentation in antidepressant-treated elderly patients with depression and cognitive impairment: a pilot study. Int J Geriatr Psychiatry. 2007 Dec 19.
»» Douze patients âgés souffrant de troubles bipolaires et d’un deficit cognitif léger ont été traités durant 3 mois avec le donépezil (5-10 mg/jour). Une évaluation fonctionnelle et cognitive a été effectuée avant, pendant et après trois mois de traitement. Les auteurs de cette étude ont constaté que le donépézil ne présentait aucune efficacité thérapeutique. Gildengers AG. A 12-week open-label pilot study of donepezil for cognitive functioning and instrumental activities of daily living in late-life bipolar disorder. Int J Geriatr Psychiatry. 2008 Jan 3.
»» Un essai clinique a évalué l’efficacité d’une stimulation cérébrale du noyau sous-thalamique chez des patients parkinsoniens souffrant de dyskinésie diphasique* provoquée par la L-Dopa. La durée du suivi a été en moyenne de 21,5 mois. Il apparaît que cette technique chirurgicale diminue cette forme de dyskinésie, et se presente comme une approche thérapeutique prometteuse.
* La moitié des patients parkinsoniens souffrent de mouvements involontaires liés au traitement à la L-dopa. Cette forme de dyskinésie appelée dyskinésie diphasique se traduit par une dystonie et des mouvements stéréotypés des jambes. Kim HJ. Effect of bilateral subthalamic deep brain stimulation on diphasic dyskinesia. Clin Neurol Neurosurg. 2008 110:328-32.
»» Une méta-analyse rassemblant huit essais cliniques randomisés a permis de conclure que l’acide folique (une vitamine connue pour abaisser les niveaux sanguins d’homocystéine) diminue de 18% le risque d’accident vasculaire cérébral. Cet effet bénéfique est encore plus marqué lorsque le traitement est d’une durée supérieure à 36 mois (-29%), lorsque les niveaux d’homocystéine diminuent de plus de 20% (-23%), ou si la personne n’a aucun antécédent d’AVC (-25%). Wang X. Efficacy of folic acid supplementation in stroke prevention: a meta-analysis. Lancet. 2007;369:1876-1882.
»» Des chercheurs de l’Ecole de Médecine d’Harvard (Boston, USA) ont observé que les individus souffrant du syndrome des jambes sans repos ont deux fois plus de risque d’avoir un AVC. Ce risque augmente avec la séverite et la fréquence (plus de 16 fois par mois) de ce syndrome. Selon les auteurs de cette étude, le syndrome des jambes sans repos, caracterisé par environ 200 à 300 mouvements des jambes par nuit, élève la pression sanguine et le rythme cardiaque, ce qui expliquerait le risque accru d’AVC. Les troubles de sommeil accompagnant ce syndrome peuvent également être un facteur causal. Winkelman JW. Association of restless legs syndrome and cardiovascular disease in the Sleep. Neurology. 2008 70:35-42.
»» Une large étude longitudinale ayant suivi 929 patients (âge moyen de 75 ans) durant 12 ans a rapporté que les statines ne diminuent ni le risque de maladie d’Alzheimer, ni celui d’infarctus cérébral. Les individus ont été évalués tous les ans à l’aide de 19 tests neuropsychologiques. Sur les 929 participants, 119 prenaient des statines, dont 67 étaient de nature lipophile (simvastatine, atorvastatine, cérivastatine). 191 des 929 participants ont développé une maladie d’Alzheimer au cours des 12 ans, dont 16 étaient sous statines. Arvanitakis Z. Statins, incident Alzheimer disease, change in cognitive function, and neuropathology. Neurology. 2008 Jan 16
»» Résultats d’un sondage européen (cliquez ici pour le consulter en format PDF) concernant la perception, selon la population de chaque pays, de l’importance et des facteurs de risques concernant la maltraitance des personnes âgées dépendantes. Source : site francophone Vieillir ne liberté RIFVEL (www.rifvel.org)
»» L’Association des retraités de l’enseignement fait un bilan du symposium ‘Vieillir en sécurité’ (Montréal, 2007) dans sa revue « Quoi de neuf ». Ce document comprend le test Odiva, crée notamment par Louis Plamondon, juriste et sociologue à l’Université, de Montréal, et Président du réseau Internet francophone Vieillir en liberté (www.rifvel.org). Ce test permet de dépister des personnes âgées susceptibles d’être victimes de maltraitance à domicile.
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