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Archives - Décembre 2009 :
31/12/2009 - Inscrivez-vous et recevez gratuitement le dernier Magazine
»» La société ExonHit (www.exonhit.com) a mis au point un test sanguin permettant de dépister la maladie d’Alzheimer. Baptisé AclarusDX, il sera vendu environ 1000$CAD (600 €).
Les laboratoires pharmaceutiques et centres de recherche français pourront bientôt se le procurer pour confirmer ou non le diagnostic de maladie d’Alzheimer. Le grand public y aura accès au premier trimestre 2011. Ce test consiste à analyser l’ARN* du patient et de vérifier très rapidement si celui-ci comporte certaines anomalies caractéristiques de la maladie.
* L’ARN ou acide ribonucléique est produit à partir de l'ADN situé dans le noyau de la cellule. Les ARN ainsi produits ont pour fonction principale d’être le support de l'information génétique.
A ce jour, le diagnostic de la maladie d’Alzheimer est effectué uniquement sur la base d’une série de tests neuropsychologies tels que des tests de mémoire, avec une certaine marge d’erreur. Une récente étude publiée dans la revue scientifique Lancet Neurology indique que plus d’un tiers des personnes ainsi testées et considérées comme saines ont en fait des troubles cognitifs, caractéristique de la présence d’une maladie d’Alzheimer.
Selon une étude clinique menée sur ce produit, la précision globale de ce test est de 75 %, ce qui signifie qu’il établit un diagnostic certain dans 7,5 cas sur 10. Selon leur concepteur, ce test permettra de détecter précocement la maladie, et ainsi d’accroître l’efficacité des traitements existants.
Le test sanguin, qui pourra se pratiquer à n’importe quel âge et au moindre doute, pourra-t-il raccourcir ce délai ? Pas sûr, selon le professeur Bruno Dubois, chercheur à l’Inserm, grand spécialiste de cette maladie.
A l’heure actuelle, il existe deux moyens d’établir avec certitude le diagnostic de maladie d’Alzheimer : la neuroimagerie, permettant de détecter des lésions du cerveau caractéristiques de la maladie, et l’analyse du liquide céphalorachidien de la moelle épinière, détectant les protéines bêta-amyolide et tau, deux marqueurs biologiques présents en grande quantité dans la maladie.
»» La Haute autorité de santé (HAS, France, www.has-sante.fr) estime que les médicaments neuroleptiques (ou antipsychotiques) sont prescrits de manière excessive et inadaptée dans le traitement des troubles du comportement (agitation, agressivité, cris, opposition, déambulation) survenant dans la maladie d'Alzheimer conduisent à une prescription de médicaments neuroleptiques, selon Selon le Dr Benoît Lavallart, chargé de mission Alzheimer à l'occasion d'un point mardi de l'HAS, "Les neuroleptiques sont la mauvaise réponse à ces troubles du comportement, perturbateurs pour l'entourage et potentiellement dangereux pour les patients", d'autant que "leur efficacité sur ces troubles du comportement est très restreinte" et qu'ils peuvent être délétères dans cette maladie, poursuit-il en évoquant les effets indésirables de ces médicaments tels "une augmentation des accidents vasculaires cérébraux (AVC) et du risque de mortalité même à court terme".
Ainsi, schématiquement, en traitant mille patients atteints de troubles du comportement avec un antipsychotique atypique pendant 12 semaines, on observerait une diminution des troubles du comportement chez 91 à 200 patients, dix décès supplémentaires, 18 AVC et des troubles de la marche chez 58 à 94 patients, souligne-t-il.
Le taux de malades d'Alzheimer de plus de 65 ans sous neuroleptiques est bien trop élevé en France, de 16,9% en 2007 et 16,1% en 2008, alors que l'objectif visé est de 5%, selon le Dr Armelle Desplanques (HAS). Mais ce n'est pas particulier à notre pays, dit-elle, citant "les Anglais qui ont un taux de 25%" et viennent de lancer "un plan pour en finir avec les neuroleptiques".
Pour Pr Laurent Degos, président de l'HAS, "la solution ce n'est pas toujours le médicament, mais bien plus l'apaisement de patients par des moyens comportementaux".
Une façon de souligner que, comme pour les antibiotiques, dans l'Alzheimer, les neuroleptiques, c'est pas automatique.
A titre d'exemple, des techniques de soins adaptées permettent de réduire de 50 à 60% l'agressivité lors de la toilette du malade en y consacrant 2,4 minutes de plus, selon le Dr Lavallart. "Avec dix séances d'ergothérapie pendant six semaines, on améliore de 84% les actes de la vie quotidienne", ajoute-t-il.
En fait, "il faut intervenir à domicile - avec des professionels formés - dès le diagnostic pour prévenir les crises et aider les proches à accompagner leur malade", juge-t-il.
»» Le laboratoire Sanofi-Aventis a signé ce mos-ci un accord de licence exclusif mondial avec l'Université américaine Rockefeller (New York) pour développer un anticorps monoclonal ciblant les dépôts d’amyloïdes dans le traitement de la maladie d'Alzheimer. Selon les termes de cet accord, Sanofi-Aventis obtiendra une licence exclusive mondiale pour développer, fabriquer et commercialiser cet anticorps appelé anticorps anti-ABêta. L’objectif thérapeutique de cet anticorps dirigé contre la beta-amyloïde est de prévenir et ralentir la formation des plaques amyloïdes, sans doute responsables de la détérioration des fonctions cognitives chez les patients atteints de la maladie d'Alzheimer. Cet anticorps devrait entrer en développement fin 2009.
»» La Commission européenne vient d'autoriser la mise sur le marché d’un nouvel antiarythmique appelé Multaq (Sanofi-Aventis), qui a déjà été approuvé aux Etats-Unis, au Canada, en Suisse et au Brésil. Ce médicament est destiné aux patients souffrant de fibrillation atriale, un type d'aryhtmie cardiaque qui touche environ 4,5 millions de personnes dans l'Union européenne, où il représente environ un tiers des hospitalisations pour arythmies. La fibrillation atriale multiplie le risque d'accident vasculaire cérébral par 5, dégrade le pronostic des patients ayant des facteurs de risque cardio-vasculaire et multiplie par 2 le risque de décès.
»» The Harvard Center for Cancer Prevention a mis en place un outil (en anglais) de mesure du risque de cancer, de diabète, de maladie du coeur, d'ostéoporose et d'accident vasculaire cérébral (www.diseaseriskindex.harvard.edu/update/)
»» Les risques d'être atteint de la maladie d'Alzheimer dépendent de la concentration dans l'organisme de leptine*, une hormone provoquant une diminution de l'appétit, révèle une étude américaine.
* Produite par des cellules graisseuses après un repas, la leptine signale au cerveau que l'organisme a suffisamment mangé.
Cette étude, menée pendant plus de 12 ans auprès de plusieurs centaines de personnes âgées, démontre que les sujets possédant les plus faibles taux de leptine sont plus susceptibles de développer des maladies neurologiques que ceux dont le taux est élevé.
Un quart des sujets possédant les plus faibles concentrations ont développé la maladie d'Alzheimer, contre 6% dans la catégorie opposée, souligne l'étude menée par des chercheurs du Framingham Heart Study, qui dépend du National Heart, Lung and Blood Institute.
Les scientifiques pensent ainsi qu'il est possible de se servir des taux de leptine pour diagnostiquer la maladie et, surtout, que cette découverte va permettre une percée dans la recherche d'un traitement. (©AFP / 16 décembre 2009)
Source : Lieb et al. Association of Plasma Leptin Levels With Incident Alzheimer Disease and MRI Measures of Brain Aging, Journal of the American Medical Association December 16, 2009, 302 (23): 2565
»» France. Plan Alzheimer : bilan du gouvernement un an et demi après son lancement. Le Plan Alzheimer 2008/2012 vise deux cibles prioritaires : les malades et leur entourage. Il se décline en 44 mesures concrètes étalées sur cinq ans et financées à hauteur de 1,6 milliard d'euros, dont 1,2 milliard d'euros pour le volet médico-social.
Le plan prévoit un effort de recherche doté de 200 millions d'euros entre 2008 et 2012. Cet effort s'appuie sur une fondation de coopération scientifique qui a pour but d'attirer les meilleurs chercheurs sur les meilleurs projets tout en développant des partenariats avec les acteurs privés. Créée dès la fin juin 2008, cette fondation a déjà réalisée une percée importante en septembre 2009 avec la découverte de deux nouveaux gènes prédisposant à la maladie.
Même frappée par la maladie d'Alzheimer, une personne doit avoir le libre choix de rester chez elle, dans un environnement qu'elle connaît et où elle a des repères :
- pour faciliter la prise en charge à domicile, le Plan prévoit 500 équipes mobiles pluridisciplinaires, composées de professionnels formés à l'accompagnement des malades et de leur entourage dès le début de la maladie. Elles sont actuellement expérimentées auprès de 40 services de soins infirmiers à domicile (Ssiad) ;
- depuis 2008, toujours selon le gouvernement, ce sont 6.000 places de Ssiad qui sont financées chaque année. En développant les services à domicile, l’Etat souhaite offrir à davantage de malades le choix de rester chez eux ;
- lorsqu'en situation de crise une hospitalisation s'impose, la création d'ici à 2012 de 120 unités spécialisées hospitalières doit permettre d'éviter un passage trop long aux urgences, source de grande fragilisation pour ces patients. 21 fonctionnent déjà ou sont sur le point de commencer leur activité.
Il arrive également que le maintien à domicile ne soit plus possible, ni même souhaitable devant l'aggravation des troubles du comportement, ce qui nécessite une prise en charge en établissement. Face à de telles situations, il faut continuer à adapter les établissements pour une meilleure prise en charge des malades. D'ici à 2012, pour les malades les plus gravement atteints, 5.000 places dans des unités d'hébergement renforcées devraient être labellisées, ainsi que 25.000 places dans des pôles d'activité et de soins adaptés pour les malades présentant des troubles du comportement modérés.
Et pour l'entourage ?
Il n'est pas question de laisser les familles seules face au drame d'Alzheimer. Aider l'entourage, c'est aussi aider les malades.
Parce que vivre avec un malade d'Alzheimer ne s'improvise pas, il est prévu de créer, sur tout le territoire, des Maia (maisons de l'autonomie et de l'intégration pour les malades d'Alzheimer), portes d'entrée uniques dans le dispositif de prise en charge. Nora Berra, secrétaire d'Etat chargée des Aînés, a inauguré la première Maia le 21 septembre dernier. Pour l'année 2009, 17 sites sont en cours d'expérimentation.
Le budget 2010 prévoit la création de 600 pôles d'activité et de soins adaptés, de 140 unités d'hébergement renforcé et de 170 équipes mobiles pluridisciplinaires.
Les crédits 2010 permettront également de financer 2 125 places d'accueil de jour et 1 125 places d'hébergement temporaire, essentielles pour soulager les familles (soit 3 000 places de répit ou équivalent).
»» France. La secrétaire d'Etat, Nora Berra, en charge des Aînés, vient de signer le 24 novembre avec la Caisse nationale pour l'autonomie, la CNSA et l'Association France-Alzheimer, une convention de partenariat relative à la formation d'aidants familiaux.
Cette convention vise à former, d'ici fin 2010, quelque 4 000 aidants familiaux qui accompagneront les malades atteints de la maladie d'Alzheimer.
Cette convention s'inscrit, dans le cadre du plan Alzheimer 2008-2012 et de la loi « Hôpital, patients, santé et territoire. »
Les 400 formations, destinées aux 4 000 aidant familiaux sont financées dans le cadre de l'enveloppe budgétaire d'un montant de 1,6 milliard consacrée par l'Etat au Plan Alzheimer.
Au plan pratique, un binôme formateur composé d'un professionnel de santé et d'un aidant bénévole permettra aux aidants familiaux d'acquérir les compétences nécessaires pour mieux accompagner la personne malade.
La convention du 24 novembre a pour objectif de contribuer au maintien à domicile des personnes malades, d'améliorer leur confort tout en préservant la santé de l'aidant, en sachant que les personnes souffrantes de la maladie d'Alzheimer ont besoin d'une assistance permanente, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
»» La secrétaire d'État a par ailleurs annoncé 10 nouvelles mesures pour lutter contre la maltraitance des personnes âgées.
Présentant, le 2 décembre, les résultats de l'enquête de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) sur les faits de maltraitance survenus dans une maison de retraite de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), elle a annoncé sa volonté de mettre en place un module spécifique sur la maltraitance dans chaque formation destinée aux accompagnants professionnels. De même, elle veut instituer, avant chaque recrutement, « un processus d'aptitude psychologique ». Parallèlement, pour prévenir la maltraitance au domicile, la secrétaire d'État souhaite l'installation de courtes formations pour les aidants familiaux, à l'instar de celles lancées fin novembre, concernant la maladie d'Alzheimer pour les aidants. Ce dispositif sera élaboré dans le courant de l'année 2010, précise le secrétariat d'État.
« Afin d'agir en toute transparence à l'égard des Français », une mission sera confiée à l'Agence nationale de l'évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (Anesm) pour rendre public des critères d'évaluation, pour chaque établissement susceptible d'accueillir des personnes âgées dépendantes. Chacune des structures serait cotée en fonction de critères structurels de maltraitance. De plus, pour assurer un meilleur suivi des cas de maltraitance, Nora Berra lance le débat sur le principe d'une expérimentation, avec des départements volontaires, pour une décentralisation étendue des compétences dans le secteur des personnes âgées.
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