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Neuromédia : Une publication sur le vieillissement cérébral pour les seniors et leur entourage
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Cette rubrique archive nos magazines d'actualités traitant du vieillissement cérébral.

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Diagnostic: le laboratoire Exonhit signe un accord de partenariat avec Pfizer

Exonhit signe une entente avec Pfizer pour identifier des biomarqueurs qui permettraient de distinguer des sujets âgés sains de patients atteints d'un déficit cognitif léger et de la maladie d'Alzheimer au stade léger. Pour cela, ces laboratoires auront accès à des échantillons fournis par Pfizer et provenant de sujets sains ou malades. L'objectif est de déterminer quels types de marqueurs biologiques (dont les taux sont mesurés dans le sang par exemple) peuvent servir d'indicateur précoce d'un début de maladie.

Traitement : échec du Dimebon en phase 3

Le laboratoire Pfizer, qui commercialise déjà le donépézil (nom commercial Aricept), a rapporté que le Dimebon (latrépirdine) n'a pas fait preuve de son efficacité en phase 3. Dans cette étude clinique (appelée étude Concert) menée en partenariat avec la société californienne de biotechnologies Medivation le Dimebon avait été testé en association avec l'Aricept (nom scientifique: donepezil), chez un millier de patients atteints de formes légères à modérées de la maladie d'Alzheimer. Les évaluations portaient que la performance cognitive (échelle ADAS-cog) et les activités de la vie quotidienne (échelle activité de la vie quotidienne).

Des facteurs génétiques influencent l'efficacité du vaccin

En se fondant sur les hypothèses étiologiques (c'est-à-dire une accumulation anormale de peptides amyloïdes sous la forme de plaques, entraînant une mort de neurones), un vaccin avait été conçu il y a quelques années afin d'éliminer plus rapidement ces plaques. Le principe était de détruire l'amyloïde en injectant des fragments synthétiques d'amyloïde (faisant office de 'corps étrangers') afin que l'organisme dirige des anticorps contre l'amyloïde.

Au début des années 2000, le vaccin avait été suspendu car les premiers essais cliniques financés par les laboratoires Wyeth et Elan avaient rapporté de graves réactions neuroinflammatoires attribuées aux réponses des lymphocytes T, une sous-population de globules blancs (sur les 300 patients souffrant d'une maladie d'Alzheimer sous la forme modérée, 18 étaient décédés d'encéphalite). Cependant, l'autopsie des cerveaux des patients décédés d'encéphalite avait confirmé la disparition des plaques amyloïdes, confirmant l'intérêt de cette piste thérapeutique.

Une équipe française (Hôpital Saint-Antoine, Paris) s'est intéressée à la façon dont la communauté médicale pourrait mettre au point un traitement plus sûr, en empêchant les réactions neuroinflammatoires.

En utilisant des souris exprimant différentes formes du Complexe Majeur d'Histocompatibilité (CMH), cette équipe a remarqué que: - les souris réagissent différemment à une vaccination par le peptide Aß suivant leur CMH et que - cette différence de réaction immunitaire serait due au lymphocytes T.

Rappelons que le CMH est à l'origine de la reconnaissance des corps étrangers à l'organisme et qu'il présente une importante diversité génétique qui pourrait expliquer un panel de réponses. Autrement dit, à chaque individu son CMH. Il existe donc des facteurs génétiques qui influenceraient la qualité de la réponse immunitaire de l'organisme contre les peptides ß. Ces observations menées sur la souris sont susceptibles d'améliorer l'innocuité d'un vaccin, mais doivent être validées chez l'homme. Ces résultats sont publiés dans The Journal of Immunology, September 26, 2011

La Haute Autorité de Santé (France) conclut à un faible intérêt thérapeutique des médicaments anti-Alzheimer

La Haute Autorité de Santé conclut dans un communiqué de presse que les quatre médicaments* prescrits dans la maladie d'Alzheimer présentent un intérêt thérapeutique faible.

* Ebixa (mémantine, Lundbeck), Aricept (donépezil, Eisai), Exelon (Rivastigmine, Novartis Pharma) et Reminyl (galantamine, Janssen Cilag).

Elle recommande :
- de limiter leurs prescriptions à un an, avec une réévaluation du traitement six mois après le début de celui-ci. Si le médicament atteint ses objectifs (ex. stabilisation ou ralentissement du déclin cognitif) et s'il n'a pas subi d'effet indésirable grave et/ou altérant sa qualité de vie, le traitement pourra être poursuivi jusqu'à un an.
Au-delà d'un an, la Commission de la Transparence recommande que le renouvellement du traitement soit décidé en réunion en présence du patient (si son état le permet) et de l'entourage familial et médical. Le traitement sera reconduit si le groupe de spécialiste donne son accord.
- que la prise en charge ne doit pas se limiter à une prescription médicamenteuse. Elle doit être avant tout multidisciplinaire.

A la suite de nouvelles données scientifiques, la Haute Autorité de Santé avait décidé de réévaluer dès 2011 les quatre médicaments de la maladie d'Alzheimer disponibles à l'heure actuelle. Ce travail de révision a été bouclé à la fin de cette année. Les membres de la Commission de la Transparence qui a participé à la réévaluation des médicaments soulignent que le rapport entre l'efficacité de ces médicaments et leurs effets indésirables est jugé faible.

Cette commission estime que l'efficacité (discutable) de ces médicaments par rapport au placebo est principalement établie sur l'amélioration de la performance cognitive à court terme (un an maximum). Elle rajoute qu'il existe un risque d'effets indésirables (troubles gastro-intestinaux, cardiovasculaires et neuropsychiatriques notamment) pouvant nécessiter l'arrêt du traitement, ainsi qu'un risque accru d'interactions médicamenteuses (les patients âgés prennent souvent d'autres médicaments).

La Commission de la Transparence considère donc qu'il n'y a pas de différence de tolérance et d'efficacité entre les quatre médicaments et qu'ils n'apportent pas d'amélioration du service médical rendu.

L'actualisation des recommandations de bonne pratique sur la prise en charge de la maladie d'Alzheimer aboutira à leur publication d'ici la fin de l'année 2011.

Source :Haute Autorité de la Santé.

La stimulation cérébrale profonde serait-elle efficace dans la maladie d'Alzheimer?

Une équipe de l'Université de Toronto (Canada) rapporte deux cas de patients atteints d'Alzheimer (stade modéré) dont l'hippocampe, la principale structure cérébrale impliquée dans la mémoire, a vu son activité* augmentée suite à une stimulation cérébrale profonde.

* L'activité de l'hippocampe a été évaluée en mesurant l'utilisation du glucose par les neurones. Plus le glucose est capté par une structure cérébrale, plus celle-ci est active.

Le Professeur Andres Lozano, auteur principal de l'étude, révèle qu'"après un an de stimulation continue, l'augmentation de l'utilisation du glucose par le cerveau apparaît chez les six patients de l'étude. Cependant, nous avons remarqué que le volume de l'hippocampe grossissait de 5% à 8% chez deux de ces patients". L'équipe torontoise mettra en place l'an prochain un essai clinique portant sur 50 patients, dont "la moitié seulement recevra une activation électrique pour éliminer un éventuel effet placebo".

Le Professeur Dubois, neurologue de la Pitié-Salpêtrière, tempère ces résultats en déclarant que " dans la maladie d'Alzheimer, il y a des lésions corticales diffuses sévères, des pertes de neurones et de synapses, des dégénérescences neurofibrillaires. Ces lésions sont telles qu'on ne peut espérer réparer les dégâts par une neurostimulation".

" La stimulation cérébrale profonde est une technique utilisée dans le traitement de la maladie de Parkinson ", rappelle le Professeur Yves Agid, neurologue et fondateur de l'Institut de la moelle et du cerveau à Paris, qui rajoute que " la maladie d'Alzheimer touche la majorité du cerveau (NLDR contrairement à la maladie de Parkinson). Un malade n'a pas que des problèmes de mémoire, il a d'autres symptômes, comme des troubles du comportement. Le bénéfice éventuel pourrait être noyé dans le risque ".

La gérontechnologie au service des patients Alzheimer

Selon les conclusions d'un colloque organisé récemment à Paris, les nouvelles technologies (appelées gérontechnologie) facilitent la prise en charge des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer, mais réduisent la place faite à l'accompagnement humain. Le terme de "gérontechnologie" englobe aussi bien l'utilisation de logiciels ludiques de stimulation cognitive (tests et jeux sur ordinateur) que des services de vidéovigilance* ou des dispositifs de géolocalisation** destinés à surveiller ou retrouver des malades en errance.

*La vidéovigilance permet, grâce à des caméras installées au domicile, de donner l'alerte en cas de "situation à risque" (ex. chute, position immobile inhabituelle, temps anormalement long passé dans la salle de bains).

**Les dispositifs de géolocalisation permettent de retrouver des patients Alzheimer en errance après avoir quitté leur domicile. Des chercheurs américains ou japonais essayent même de mettre au point des robots dans le but d'aider les malades à effectuer certaines tâches domestiques. Source : colloque à la Cité des sciences, Paris.

La mémantine en monothérapie n'aurait qu'une efficacité limitée

Une méta-analyse publiée en 2008 révèle que les quatre médicaments prescrits dans le traitement symptômatique de la démence n'améliorent pas la performance cognitive des patients et présentent une efficacité limitée sur leur fonctionnement global.

En 2011, une nouvelle méta-analyse a évalué l'efficacité de la mémantine dans la maladie d'Alzheimer avec démence légère (MMSE =20) et en cas de démence modérée à sévère (MMSE <20). Les auteurs concluent que la mémantine est inefficace dans la forme légère de la maladie d'Alzheimer et confirment l'absence de preuve d'une efficacité cliniquement pertinente en cas de démence modérée à sévère (c'est-à-dire avec un score au MMSE <20).

Voici les résultats obtenus avec le groupe mémantine versus placebo :
- échelle ADAS-cog (échelle qui évalue la performance cognitive): la différence est de -1,33. Il est admis qu'une différence minimale de 7 points est considérée comme significative;
- échelle CIBIC-plus (échelle d'appréciation subjective du changement clinique) : la différence est à la limite de la signification statistique;
- échelle AVQ (activité de la vie quotidienne) : pas de différence significative.

Source : Schneider LS et coll. Lack of evidence for the efficacy of memantine in mild Alzheimer disease. Arch Neurol 2011;68:991-8.

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