English
Neuromédia : Une publication sur le vieillissement cérébral pour les seniors et leur entourage
Accueil Santé Droit Magazine Agenda Livres À propos Contact
Cerveau Troubles & maladies Tests d'évaluation Médicaments Soins Exercices d'entraînement

Essais cliniques

Mise à jour: janvier 2012

Dimebon (Pfizer/Medivation Inc)

Dimebon fut commercialisé il y a plusieurs années en Russie comme médicament antihistaminique utilisé dans le traitement de l'allergie.

Janvier 2012. Le laboratoire Pfizer, qui commercialise déjà le donépézil (nom commercial Aricept), a rapporté que le Dimebon (latrépirdine) n'a pas fait preuve de son efficacité en phase 3. Dans cette étude clinique (appelée étude Concert) menée en partenariat avec la société californienne de biotechnologies Medivation le Dimebon avait été testé en association avec l'Aricept (nom scientifique: donepezil), chez un millier de patients atteints de formes légères à modérées de la maladie d'Alzheimer. Les évaluations portaient que la performance cognitive (échelle ADAS-cog) et les activités de la vie quotidienne (échelle activité de la vie quotidienne).

Octobre 2010. Une étude américaine de phase 3 (appelée Connection) a porté sur 600 patients ne prenant aucun autre médicament que le Dimebon (5 et 20 mg trois fois par jour). Les résultats n'indiquent aucun effet bénéfique du médicament sur la performance cognitive, selon les tests utilisés (MMSE, ASAD-cog, CIBIC). En outre, des effets secondaires, en particulier des maux de tête, fatigue et somnolence, ont été observés chez les patients traités avec le médicament. Ces résultats ne signifient pas que le Dimebon ne sera approuvé par l'agence américaine de santé Food and Drug Administration (FDA). En effet, la mémantine (Namenda) a été approuvée dans le traitement de la maladie d'Alzheimer, malgré des résultats mitigés.

Le laboratoire Medivation va effectuer les essais suivant sur le dimebon, en collaboration avec Pfizer:
1. Essai (appelé Concert) de 12 mois sur des patients Alzheimer (stade léger à modéré) recevant du donépezil (Aricept).
2. Essais (appelés Contact et Constellation) de 6 mois chez des patients Alzheimer (stade modéré à sévère) traités par des médicaments de différentes classes.
3. Essai (appelé Horizon) de 6 mois chez des patients souffrant de la maladie de Huntington.

Octobre 2008. Une étude en phase 2 menée en Russie indique que le Dimebon (comprimé de 20 mg, pris oralement trois fois par jour) améliore sur une période d'un an l'état de patients Alzheimer au stade léger à modéré: performance cognitive (différence de +6,9 points sur l'échelle ADAS-cog entre le groupe traité et le groupe placebo), les activités de la vie quotidienne, le comportement et le fonctionnement global (source: Lancet. 2008;372:208-217). Il est à préciser que l'effet bénéfique de la molécule n'est pas le résultat d`un déclin fonctionnel du groupe placebo mais bien le reflet d`une amélioration de l`état des patients traités au Dimebon. Dans cette étude, les 183 patients russes répartis sur 11 sites ont reçu soit du Dimebon, soit un placebo. Les effets indésirables sont mineurs (bouche sèche).

Selon les chercheurs, les mécanismes sous-tendant cet effet protecteur inclueraient une protection des mitochondries (composants cellulaires dont le dysfonctionnement conduit à la mort neuronale). Cependant, cette étude présente quelques faiblesses (faible nombre de patients, étude menée dans un seul pays).

Une phase 3 est actuellement en cours et implique plusieurs pays dont les États-Unis.

Cellules souches

Des chercheurs américains rapportent des résultats préliminaires positifs d'un essai thérapeutique de phase I mené sur 10 patients âgés de 18 à 80 ans ayant souffert d'un AVC ischémique.

Cet essai a consisté à réinjecter des cellules souches mononucléées provenant de la moelle osseuse à des malades. Cette injection a été faite par voie intraveineuse dans dans les 24 à 72 heures après la survenue de l'AVC. 8 patients ont reçu 10 millions de cellules/kg et les 2 autres 7 millions/kg.

Le prélèvement de moelle osseuse comme l'injection de cellules souches n'ont provoqué aucun effet délétère. Cette étude visait tout d'abord à tester la tolérance des patients au traitement. Néanmoins, les chercheurs ont tout de même constaté un bénéfice pour les patients enrôlés dans leur étude.

Inhibiteur de MAO-B (Roche et Evotec)

Le laboratoire suisse Roche et l'allemand Evotec ont conclu un accord qui porte sur le développement et la commercialisation de l'inhibiteur MAO-B d'Evotec dans le traitement de la maladie d'Alzheimer.

Afin de déterminer l'efficacité du candidat médicament, Roche se chargera, en 2012, d'une étude de développement clinique en vue de la fabrication et de la commercialisation.

Le produit qui va maintenant faire l'objet d'études pour le traitement d'Alzheimer avait été donné en licence à Evotec par Roche en 2006, à l'époque pour d'autres indications.

Safinamide (Merck KGaA et Newron Pharmaceuticals)

Les laboratoires Merck KGaA et Newron Pharmaceuticals ont annoncé la fin du recrutement de patients (N=679) présentant les premiers symptômes de la maladie de Parkinson. Ils devront participer à une étude de phase III sur le safinamide, un nouvel agent thérapeutique dans le traitement de cette maladie.

Cette étude devra permettre de comparer l'efficacité et l'innocuité du médicament à celles d'un agoniste dopaminergique.

CX1632 (Cortex Pharmaceuticals)

Les laboratoires Servier ont signé un accord avec le laboratoire californien Cortex Pharmaceuticals en vue d'obtenir l'exclusivité des droits sur une molécule (CX1632) développée en commun par les deux laboratoires dans le traitement de la maladie d'Alzheimer. Cette molécule appartient à une nouvelle classe de médicaments appelés ampakines.

Suite au retrait par le Haute autorité de santé (HAS) des recommandations de bonne pratique sur le traitement d'Alzheimer, les médicaments existants qui ne font que retarder, dans les meilleurs des cas, les symptômes de la maladie, sont remis en cause par un certains nombre de professionnels de santé. L'ensemble de ces médicaments seront réévalués d'ici la fin de l'année par la Commission de la transparence de la HAS afin d'établir de nouvelles recommandations.

Dans le cadre de cet accord, les laboratoires Servier ont versé 1 million de dollars à leur partenaire Cortex pour bénéficier d'une option sur l'intégralité des droits intellectuels sur la molécule. Ils devront verser de nouveau 2 millions de dollars et des royalties à l'Université de Californie s'ils souhaitent garder l'exclusivité de la diffusion de ce traitement.

Niacine

Septembre 2011. Un essai clinique visant à évaluer un médicament (appelée niacine) destiné à augmenter le taux de HDL-cholestérol (le "bon" cholestérol) chez des patients à risque a été arrêté en raison d'une absence d'effet significatif.

Ce traitement (qui réduit aussi le niveau de triglycérides) était associé ou non aux statines, médicament prescrits dans le traitement de l'hypercholestérolémie (niveaux élevée de mauvais cholestérol ou LDL-cholestérol).

L'étude a consisté à traiter pendant 4 ans 3400 patients ayant un antécédent de maladie cardio-vasculaire. Après 32 mois, les chercheurs n'avaient noté aucune différence de risque de survenue d'un événement cardio-vasculaire (infarctus du myocarde, AVC). Ils ont même noté une augmentation de cas d'AVC dans le groupe traité (28 cas contre 12). mais 9 cas sur 28 sont survenus chez des patients ayant déjà arrêté ce traitement depuis au moins deux mois. L'essai clinique a été arrêté.

Pour rappel :
- le bon cholestérol (HDL-cholestérol) transporte le cholestérol vers le foie où il sera éliminé dans la bile, alors que le mauvais cholestérol (LDL-cholestérol) dépose le cholestérol sur les parois des vaisseaux.
- la nicacine (vitamine B3 ou acide nicotinique) ralentit la production de cholestérol LDL par le foie et fait aussi augmenter le taux de cholestérol HDL. Elle peut produire des effets secondaires tels des sensations de rougeur, de brûlure, des démangeaisons et des bouffées de chaleur, mais ceux-ci se résorbent après deux à six semaines de son utilisation.

NGP555

Mai 2011. Les récents essais cliniques visant à diminuer la présence d'amyloïde dans le cerveau de patients Alzheimer se sont soldés par des échecs. Par exemple, le laboratoire pharmaceutique Eli Lilly a arrêté son essai clinique de phase 3 (2600 patients) portant sur le semagacestat, un inhibiteur de la gamma-sécrétase. Non seulement la molécule ne freinait pas la progression de la maladie mais elle aggravait la performance cognitive des patients ainsi que leurs activités quotidiennes.

Le principal problème rencontré dans le développement des inhibiteurs de la gamma-sécrétase pour la maladie d'Alzheimer, est lié à l'apparition d' effets secondaires sévères liés au blocage d'une molécule située dans les cellules et appelée Notch (par exemple hémorragies gastro-intestinales, maladie auto-immune.).

Un travail publié dans la prestigieuse Neuron ouvre la voie au développement d'inhibiteurs de la gamma-sécrétase, qui ont la particularité de ne pas affecter Notch, et donc en théorie plus efficaces et mieux tolérés, pour traiter la maladie d'Alzheimer. Les chercheurs ont synthétisés plus de 1200 inhibiteurs de gamma-sécrétase, dont un portant le nom de NGP555 s'est avéré capable de réduire les niveaux d'amyloïde sur un modèle de souris transgéniques Alzheimer.

Rappel :
Gamma-sécrétase : enzyme qui favorise l'accumumation de la protéine d'amyloïde dans le cerveau. A contrario, l'alpha sécrétase favorise son élimination. Les récentes études cliniques ont eu pour objectif d'inhiber la première et de stimuler la seconde.

VAS2870

Juillet 2011. Une équipe de chercheurs européens ont mis en évidence le rôle d'une enzyme (appelée NOX4) impliquée dans la mort neuronale faisant suite à un AVC. Cette enzyme produit du peroxyde d'hydrogène (H2O2 ou eau oxygénée), un radical libre très toxique car à l'origine, avec le radical superoxyde, de la formation d'autres radicaux libres très toxiques.

L'équipe a modifié le gène NOX4 de souris afin qu'elles ne produisent pas l'enzyme NOX4. Soumises à un AVC, ces souris génétiquement modifiées ont subi une mort neuronale moindre que celles chez qui l'enzyme NOX4 était présente. Les souris dépourvues du gène NOX4 présentent également une meilleure motricité et une meilleure coordination.

L'étude a de plus établi que le VAS2870, une molécule qui a la propriété de bloquer l'action du NOX4, freine la mort neuronale et améliore la fonction neurologique.

Selon les auteurs, NOX4 serait une cible thérapeutique prometteuse dans le traitement des lésions cérébrales faisant suite à un AVC.

Kleinschnitz C et al. Post-stroke inhibition of induced NADPH oxidase type 4 prevents oxidative stress and neurodegeneration. PLoS Biol. 2010 Sep 21;8(9).

Trevo (Concentric Medical)

Juillet 2011. Le laboratoire Concentric Medical a annoncé le lancement en Europe de Trevo, le premier dispositif utilisant la technologie Stentriever pour l'extraction de caillots chez les patients ayant eu un AVC ischémique. Le Trevo est utilisé avec un cathéter, rendant la procédure d'extraction du caillot plus simple et plus prévisible, selon les dirieants du Concentric Medical. Situé en Californie, Concentric Medical est le leader mondial dans le développement d'appareils endovasculaires pour les patients souffrant d'AVC.

Safinamide (Newron Pharmaceuticals)

Juillet 2011. Le laboratoire Newron Pharmaceuticals que les résultats concernant le Safinamide, combiné avec la lévodopa, se sont avérés négatifs dans le traitement de la dyskinésie dans la maladie de Parkinson à un stade avancé.

La dyskinésie est un trouble moteur caractéristique d'une complication de la thérapie suite à un traitement prolongé avec la lévodopa.

Depuis 2006, Merck Serono détient les droits exclusifs mondiaux de développement, fabrication et commercialisation du Safinamide.

Bisnorcymsérine (QR Pharma)

Juillet 2011. Le laboratoire QR Pharma a reçu de l'agence américaine Food and Drug Adminsitration (FDA) l'autorisation de lancer un essai clinique avec sa molécule appelée bisnorcymsérine (BNC) dans le traitement de la maladie d'Alzheimer.

Cette molécule inhibe l'enzyme butyrylcholinestérase ainsi que la protéine amyloide, selon les études pré-cliniques. Les études de toxicologie indiquent qu'elle serait sans danger selon le laboratoire. BNC fait suite au Posiphen® presenté comme un médicament visant à traiter les maladies souffrant de déficit cognitif léger ou de maladie d'Alzheimer (stade léger).

TrkB PAM (Addex Pharmaceuticals)

Juillet 2011. Addex Pharmaceuticals (Suisse) annonce qu'une de ses molécules s'est avérée efficace lors d'une étude préclinique sur un modèle animal qui reproduit les troubles cognitifs de la maladie d'Alzheimer. Lors de cette étude, l'administration de la molécule a inversé le déficit mnésique provoqué par l'administration de la protéine bêta-amyloïde.

Le début des essais cliniques de phase I est programmé pour fin 2011. La molécule testée a pour propriété d'inhiber une sous-classe de récepteurs appelée "récepteurs métabotropiques du glutamate 2" .

Le PDG d'Addex, Vincent Mutel, déclare que "le ciblage spécifique des voies de signalisation d'un neurotransmetteur (appelé glutamate) représente l'une des possibilités les plus prometteuses pour traiter les symptômes cognitifs de la maladie d'Alzheimer".

Masitinib (AB Science)

Juillet 2011. Le laboratoire AB Science SA, spécialisé dans le développement et la commercialisation d'inhibiteurs d'enzymes cellulaires (appelées protéines kinases), annonce la publication des résultats de l'étude de phase 2 du masitinib dans le traitement de la maladie d'Alzheimer.

Le masitinib est inhibe les mastocytes, des globules blancs que l'on trouve habituellement dans la moelle osseuse et les ganglions lymphatiques. Les mastocytes participent à la régulation de la perméabilité de la barrière hémato-encéphalique (frontière séparant le système nerveux du système sanguin). Ils sont impliqués dans l'inflammation, un processus pathologique jouant un rôle délétère dans la maladie d'Alzheimer en accélérant la mort neuronale (c'est en tous les cas une hypothèse partagée par certains chercheurs). Selon les dirigeants de AB Science, le masitinib peut avoir un effet sur les symptômes associés à certaines pathologies inflammatoires et du système nerveux central telles que la maladie d'Alzheimer.

Les résultats de cet article intitulé " Masitinib as an adjunct therapy for mild-to-moderate Alzheimer's disease: a randomised, placebo-controlled phase 2 trial ", sont publiés dans dans la revue Alzheimer's Research and Therapy (http://alzres.com/content/3/2/16). Cette étude de phase 2 randomisée, contrôlée par placebo a été conduite par le Professeur François Piette (Hôpital Charles Foix à Ivry-sur-Seine) et des confrères de 12 sites en France. Trente cinq patients ont été inclus dans cette étude.

Résultats : les patients atteints de maladie d'Alzheimer d'une forme légère à modérée ont reçu du masitinib comme traitement complémentaire à un inhibiteur de cholinestérase et/ou un traitement à la mémantine pendant 24 semaines. Comparé au placebo, une amélioration significative de la fonction cognitive et de la capacité fonctionnelle a été constatée dans le groupe traité avec le masitinib, comme cela a été rendu évident par la réponse soutenue et statistiquement significative dans l'échelle ADAS-Cog. (échelle de mesure de la performance cognitive dans la maladie d'Alzheimer) .

Le Professeur Marc Verny (Chef du service médecine gériatrique de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris et co-investigateur de l'étude) a commenté la nouvelle : " le masitinib administré comme thérapie complémentaire aux traitements de référence pendant 24 semaines a montré des signes prometteurs dans le retardement du taux de déclin cognitif comparé au placebo, avec un profil de tolérance acceptable. Bien que cette étude soit trop petite pour tirer des conclusions définitives sur l'efficacité du traitement, les résultats de cette étude sont suffisamment probants pour pousser la recherche plus avant dans une phase 3. "

En conséquence, AB Science a lancé un programme de développement clinique dans le traitement de la maladie d'Alzheimer et se prépare activement au lancement d'une étude de phase 3. L'Agence Européenne des Médicaments (EMA) a émis une opinion scientifique favorable pour développer un plan d'étude de phase 3.

Résumé du plan d'étude de phase 3 validé par l'EMA : une étude de phase 3 prospective, multicentrique, randomisée, contrôlée contre placebo, en double aveugle, en groupes parallèles, évaluant l'efficacité et la tolérance du masitinib à 6mg/kg/jour dans le traitement des patients atteints de maladie d'Alzheimer d'une forme légère à modérée sur une période de 24 semaines. Un total de 300 patients sera inclus avec le masitinib administré par voie orale comme thérapie complémentaireau traitement de référence.

La mesure de la réponse reposera sur la proportion des patients présentant : 1. Un effet sur la cognition et la mémoire tel qu'évalué par l'échelle d'évaluation Alzheimer's Disease Assessment Scale (ADAS-Cog) à la semaine 24. 2. Un effet sur l'autonomie fonctionnelle et la qualité de vie évalué par le questionnaire Alzheimer's Disease Cooperative Study Activities of Daily Living (ADCS-ADL) à la semaine 24.

Dipraglurant-IR (Addex Pharmaceuticals)

Juillet 2011. Addex Pharmaceuticals (Genève, Suisse) lance un essai clinique de Phase IIa avec sa molécule Dipraglurant-IR (code : ADX48621) pour évaluer son efficacité dans le traitement de la dyskinésie induite par la lévodopa (DIL) dans la maladie de Parkinson. L'étude conduite en parallèle aux Etats-Unis et en Europe est financée en partie par la Fondation Michael J. Fox pour la Recherche contre la maladie de Parkinson.

la dyskinésie induite par la lévodopa (L-dopa) est un trouble moteur provoqué par l'administration à long terme de la L-dopa, thérapie de référence pour la maladie de Parkinson. Les résultats sont attendus au cours du premier semestre 2012.

Le dipraglurant est une molécule qui se fixe des récepteurs du glutamate appelés mGluR5 (le glutamate est un neurotransmetteur). Une formulation à libération immédiate du dipraglurant (appelée dipraglurant-IR), a passé de façon satisfaisante les tests de Phase I en terme d'innocuité et de tolérabilité. "Nous pensons que l'inhibition des récepteurs mGluR5 représente une approche prometteuse pour soulager les effets secondaires handicapants de la L-Dopa, qui sont ressentis par la majorité des parkinsoniens au fur et à mesure que la maladie progresse", a déclaré le chef de programme à la Fondation M. J. Fox.

Objectif de l'étude: cette étude clinique de phase 2 est multicentrique (c'est-à-dire réalisée dans plusieurs centres), randomisée, en double aveugle et contrôlée avec placebo. Elle est destinée à évaluer l'innocuité, la tolérabilité et l'efficacité du dipraglurant-IR chez un plus grand nombre (72) de patients parkinsoniens souffrant de dyskinésie induite par la L-dopa. Le placebo ou le dipraglurant (de 50 mg q.d. à 100 mg t.d.s.) sera administré en complément de 3 des doses journalières de L-dopa sur 4 semaines. L'objectif principal de l'étude est l'innocuité et la tolérabilité, le second objectif l'analyse de l'efficacité, impliquant des observateurs d'indices d'intensité de DIL, l'échelle des mouvements involontaires anormaux (AIMS) et des échelles d'évaluation de la maladie de Parkinson pour patient et médecin (par exemple l'échelle d'évaluation unifiée pour la maladie de Parkinson ou UPDRS).

Le dipraglurant-IR est une formulation à libération immédiate avec un profil pharmacocinétique similaire à celui de la L-Dopa à libération immédiate. Le dipraglurant est le premier candidat médicament, dont les essais pré-cliniques ont rapporté la réduction des deux symptômes majeurs de la dyskinésie induite par la lévodopa dans la maladie de Parkinson, à savoir la chorée (mouvements rapides et incontrôlés) et la dystonie (contractions et contorsions).

Le dipraglurant-ER, formulation à libération prolongée et à action plus longue du dipraglurant, est en cours de développement pour le traitement de la dystonie chez les patients ne souffrant pas de la maladie de Parkinson. Il a un profil pharmacocinétique plus approprié pour les indications qui nécessitent un traitement à action plus longue avec seulement une ou deux prises par jour. Les essais de Phase I de dipraglurant-ER commenceront au cours du deuxième semestre de 2011. Les essais de Phase IIa du dipraglurant-ER devraient commencer en 2012.

EHT 0202 (ExonHit Therapeutics)

Juillet 2011. ExonHit Therapeutics a annoncé la publication des résultats de Phase IIa d'EHT 0202, une molécule destinée au traitement de la maladie d'Alzheimer.

EHT 0202 est considéré par le laboratoire comme le premier représentant d'une nouvelle classe de médicament modifiant le cours de la maladie d'Alzheimer. EHT 0202 stimule une enzyme (appelée alpha-sécrétase), favorisant ainsi la forme non toxique de l'amyoïde (par opposition, l'activation des enzymes beta- et gamma-sécrétases favorisent la forme toxique de l'amyoïde).

EHT 0202 pourrait de ce fait réduire la formation des plaques amyoïde contenant les formes toxiques d'amyoïde.

L'étude randomisée en double-aveugle, et contrôlée par un placebo, a été réalisée dans une vingtaine de centres en France. Centre quatre-vingt dix sept patients âgés de 60 à 90 ans et souffrant de la maladie d'Alzheimer à des stades allant de léger à modéré a été sélectionné. 159 d'entre eux ont été randomisés pour recevoir le traitement de l'étude pendant une période de trois mois. L'EHT 0202 (40 ou 80 mg, par voie orale deux fois par jour) additionné d'inhibiteur de l'acétylcholinestérase (ex. Aricept) a été évalué en comparaison avec un placebo.

Objectif de l'étude: évaluer l'innocuité et la tolérance d'EHT 0202, ainsi que l'efficacité du traitement chez les patients souffrant de la maladie d'Alzheimer.

Résultats : EHT 0202 est sûr et généralement bien toléré par les patients.

Conclusion : une étude de Phase IIb est envisagée afin d'évaluer l'efficacité clinique de la molécule et de confirmer sa bonne tolérance sur un plus grand nombre de patients, et pendant une durée de traitement plus longue.

PBT2 (Prana Biotechnology, Australie)

Le PBT2 est un chélateur de seconde génération et un dérivé du clioquinol (un chélateur bien connu mais assez peu spécifique et non dépouvu de toxicité)

Le laboratoire australien a annoncé qu’il avait reçu l’autorisation de l’agence de santé suédoise afin d’évaluer, dans une étude clinique en phase II, le PBT2, dont la propriété serait d’abaisser les taux d'amyloïde dans le cerveau.

Cette étude indique que le PBT2 est capable de réduire les niveaux d'amyloide dans le liquide céphalorachidien de patients Alzheimer (source: Bush AI. Drug development based on the metals hypothesis of Alzheimer's disease. J Alzheimers Dis. 2008 Oct;15(2):223-40).

Semagacestat (LY450139, Eli Lilly)

L’amyloïde est produite par l’action de deux enzymes, les bêta - et gamma-secretases. Cette découverte a incité les chercheurs à fabriquer des molécules visant à bloquer l’action de l’une ou l’autre de ces enzymes. C’est ainsi que le LY450139, inhibiteur de la gamma-secretase, a été développé.

Septembre 2010. L'étude de phase 3 visant à réduire l'accumulation de plaques amyloïdes dans le cerveau de patients Alzheimer a été arrêtée en raison d'un manque d'efficacité du médicament, comparé au groupe placebo. Le Semagacestat ne retardait non seulement pas la progression de la maladie mais était associé à une aggravation de la performance cognitive et de la capacité à effectuer des activités de la vie quotidienne. Les essais visant à mesurer l'effet du médicament sur les plaques amyloïdes doivent être publiés ulérieurement. Eli Lilly a annoncé l'arrêt du développement du médicament mais poursuit un essai clinique de phase III sur le solanezumab, un anticorps monoclonal qui vise également à réduire les plaques amyloïdes chez les patients Alzheimer.

Une étude incluant 51 patients Alzheimer (stades léger à modéré) a été réalisée. Des effets secondaires sur les systèmes immunitaires et gastro-intestinauxont ont été observés. L'épreuve clinique de phase II a rapporté une diminution (-38%) des niveaux d'amyloïde dans le sang - mais pas dans le cerveau -. Aucun test neuropsychologique n’a été effectué chez ces patients. Eli Lilly a décidé d’entreprendre une étude de phase 3.

Alzhemed® (Neurochem, Canada)

Alzhemed ™ (tramiprosate) est une molécule qui réduirait la formation des dépôts amyloïdes dans le cerveau de patients atteints de la maladie d'Alzheimer. Ces dépôts étant pour beaucoup de chercheurs responsables de la mort neuronale, Alzhemed viserait donc à arrêter la progression de la maladie. Neurochem a alors entrepris des études cliniques aux différentes phases.

En août 2007, Neurochem a annoncé que les résultats de l’étude clinique de phase III 1 incluant 1052 patients Alzheimer n’ont pas été concluants. Selon le laboratoire, “l'essai clinique nord-américain de phase III sur Alzhemed n'a pas permis de démontrer une différence statistique significative en faveur du tramiprosate (Alzhemed) pour les principaux critères d'évaluation sur 18 mois de traitement”.

Selon l’agence de santé américaine Food and Drug Administration (FDA), ces résultats indiquent que Alzhemed™ n’a pas d’efficacité thérapeutique, et ne pourra être commercialisée en Amérique du Nord. Cependant, elle encourage le laboratoire à revoir ses méthodes de calculs statistiques.

Le chercheur ayant coordonné les études a pointé du doigt deux facteurs ayant pu biaiser les résultats:

1. Au cours de l’étude, certains patients ont changé de prescription, en remplaçant un médicament couramment prescrit dans la maladie d'Alzheimer par un autre*. D’autres ont été traités avec des antidépresseurs. Ces aléas peuvent expliquer la variabilité des résultats obtenus dans les 67 centres au Canada et aux États-Unis ayant participé à l’étude.

2. Un tiers du groupe contrôle a vu ses fonctions cognitives se stabiliser, voire s’améliorer, ce qui n’est pas surprenant, car ce groupe a été traité avec un médicament conventionnel**. 

Le rôle essentiel des dépôts d’amyloïde dans la maladie d’Alzheimer n’est pas partagé par toute communauté scientifique. Certains chercheurs estiment que ces dépôts ne sont pas la cause, mais une conséquence de la maladie et que leur élimination ne pourrait en modifier la progression. 

Un essai clinique d’une durée de 18 mois va débuter sur plusieurs sites européens. Le point positif est que la mémantine ne sera pas prescrite chez les patients, minimisant le risque de biais statistique. Les résultants seront rassemblés à la fin de l’année 2008 et publiés mi-2009.

*Pour des raisons éthiques, tous les patients devaient être traités avec un médicament conventionnel prescrit dans la maladie d’Alzheimer (donépézil, rivastigmine, galantamine ou mémantine). Ils devaient par ailleurs recevoir une dose constante d’un de ces médicaments au moins quatre mois avant le début de l’étude clinique. Les patients ont été autorisés à changer de traitement conventionnel durant l’essai clinique si ce traitement ne leur convenait pas.

**Le groupe contrôle est le groupe de patients traités avec un médicament conventionnel. Le groupe ‘Alzhemed’ est le groupe de patients traités avec un médicament conventionnel et Alzhemed. L’efficacité thérapeutique est évaluée en comparant les résultats aux tests cognitifs réalisées sur les deux groupes de patients.

AN1792 (Elan/Wyeth)

Ce vaccin a été prématurément arrêté car 6% (18 sur 300) des patients ont développé une encéphalite. Le laboratoire pharmaceutique Elan a continué à suivre l’état clinique de ces patients semestriellement, avec leur consentement. Ces personnes ont vieilli de 4 ans et demi depuis l’injection du vaccin. Ceux qui répondent efficacement au vaccin (c’est à dire les répondants) ont vu leur capacité mentale déclinée* deux fois moins vite que ceux n’ayant pas recu le vaccin. De plus les répondants présentaient une dépendance moindre vis-à-vis des aidants. Aucun cas d'encéphalite n'a été rapporté. Élan/Wyeth a décidé de lancer un essai clinique de phase III avec le bapineuzumab (une formule améliorée du vaccin) dans le traitement de la maladie (stade léger à modéré).

Bapineuzumab (Pfizer/Wyeth et Johnson et Johnsonand)

Le bapineuzumab est un anticorps monoclonal (ACM) qui cible la protéine amyloïde qui s'accumule dans le cerveau des patients Alzheimer. 14 essais de phase III sont en cours et portent chez plus de 10 000 patients. Les résultats de certaines études sont attendus fin 2012. Le médicament a été mis sur "voie rapide" d'examen par la FDA. Il doit démontrer clairement un effet bénéfique et durable sur le mécanisme de la maladie d'Alzheimer grâce à des biomarqueurs validés.

*Ils avaient tendance à avoir une meilleure mémoire, bien que la plupart d'entre eux n'aient pas réussi à accomplir une série de tests cliniques.

Aplindore (Neurogen Corporation)

Une étude clinique de phase II1 devrait débuter chez des patients atteints de la maladie de Parkinson et du syndrome des jambes sans repos.

Cétones (Accera)

Un laboratoire de biotechnologie (Accera, États-Unis) a présenté des données provenant d'une épreuve de phase IIb1. Les chercheurs ont donné aux patients une boisson dont la substance active est convertie par le foie en cétones. Ces derniers pénètrent alors dans le cerveau et fournissent une source d'énergie aux neurones qui ne metabolisent plus efficacement du glucose. L'étude inclut 152 personnes Alzheimer (stades léger à modéré) traités simultanément avec un médicament standard, et a été conduite dans 25 centres aux États-Unis. Le traitement apporte une légère amélioration et il est davantage efficace chez les patients porteurs des allèles 2 et 3 (allèle = une des différentes formes d'un gène) de l'apolipoprotéine E, alors que les individus portant l'allèle 4 ne répondent pas au traitement. (Les individus avec l'allèle 4 ont environ 8 fois plus de risque de développer la maladie d'Alzheimer que ceux portant les allèles 2 et 3). Les effets secondaires sont mineurs.

DP-b99 (D-Pharm, Israël)

Le laboratoire pharmaceutique D-Pharm (Israël) annonce qu’il commence une étude clinique de phase II. DP-b99 a été développé pour réduire les dommages cérébraux chez les patients victimes d’une ischémie cérébrale. Les résultats de la phase IIa ont montré une amélioration chez les patients traités avec le DP-b99 dans les 12 heures suivant les premiers symptômes, mais n’ont pas été confirmés lors de la phase IIb.

Flurizan™ Myriad, États-Unis)

Le laboratoire pharmaceutique américain Myriad Genetics, Inc. a annoncé le début de l’étude clinique de phase II avec le médicament Flurizan™ (MPC-7869). Le but de cette étude de dix-huit mois est d'évaluer le changement des facultés cognitives et des activités de la vie quotidienne chez des patients Alzheimer traités avec le Flurizan. Flurizan est un anti-inflammatoire qui appartient à la classe des médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens.

HT-0712 (Helicon Therapeutics)

Le laboratoire Inflazyme Pharmaceuticals ltd. (Vancouver, Canada) a lancé une étude clinique de phase II sur cette molécule chez des personnes de plus de 50 ans souffrant de pertes de mémoire.
Cette étude de 4 semaines évaluera son efficacité et son innocuité par rapport à un groupe placebo.
HT-0712 -bréveté par Helicon Therapeutics- a la propriété de bloquer des enzymes appelées phosphodiestérases et présentes dans les neurones. Cette action entraîne l’augmentation des taux d’une molécule (l’AMP cyclique) jouant un rôle important dans la mémoire à long terme.
On estime que le nombre de personnes souffrant de pertes de mémoire associées à l’âge est de 5 % (par rapport à la population totale). 1 % des aînés souffriraient d’un déclin cognitif léger, une forme plus sévère de pertes de mémoire.

Istradefylline (KW-6002, Kyowa Pharmaceutical)

Médicament qui bloque l’action de l’adénosine (un neurotransmetteur) sur son récepteur. Certains chercheurs pensent que la stimulation des récepteurs de l’adénosine est responsable, du moins en partie, des dyskinésies provoquées par les médicaments contenant de la lévodopa (e.g. Sinemet). Une étude clinique en phase 2 a débuté en novembre 2005.

Ketasyn™ (AC-1202; laboratoire Accera)

Une etude évalue son innocuité et son efficacité sur des patients souffrant de la maladie d’Alzheimer (stade léger à modéré).

PBT2 (Prana Biotechnology, Australie)

Ce laboratoire a annoncé qu’il avait reçu l’autorisation de l’agence de santé suédoise afin d’évaluer, dans une étude clinique en phase II, le PBT2, dont la propriété serait d’abaisser les taux d'amyloïde dans le cerveau.

Safinamide (Merck Serono)

Le safinamide (50-100 mg par jour pendant 24 semaines) améliore la performance cognitive (par ex. la mémoire de travail) des parkinsoniens, selon les résultats d’une étude clinique de phase 3.

SB-3CT

Cette molecule inhibe une l’enzyme appelée matrix metalloproteinase-9 (MMP-9). Des chercheurs ont trouvé que cette enzyme est hautement activée durant une ischémie cérébrale, suggérant qu’elle peut être une bonne cible thérapeutique.

VP4896 (Voyager Pharmaceutical Corporation)

Ce laboratoire américain conduit une étude de phase 3 afin d’évaluer l’innocuité et l’efficacité de cette hormone sur un nombre plus élevé (555) de patients.

 

1Glossaire

Essai clinique en phase I. Première étape de la vie d’un médicament ou d’un traitement. La phase I permet de déterminer la dose qui ne présente aucun danger ainsi que les possibles effets secondaires.

Essai clinique en phase II. Etude qui évalue l’efficacité clinique d’une molécule, et détermine ses éventuels effets secondaires. La phase 2 est subdivisée en deux phases : phases 2a et 2b. Alors que la phase 2a apprécie l’efficacité de la molécule sur un nombre limité (de 100 à 200) de patients, la phase 2b détermine la dose thérapeutique de la molécule sur une plus grande échelle (de 100 à plus de 300 patients). Le développement de la molécule peut s’arrêter durant cette phase si elle ne présente qu’une efficacité modeste et/ou des effets toxiques.

Essai clinique en phase III. Etude clinique contrôlée, randomisée et à double insu réalisée sur un grand nombre de patients (de 1000 à 3 000 et plus) visant à évaluer l'efficacité d'un médicament, en comparaison avec un traitement standard.

 

Cet article doit être considéré comme une information et non comme une consultation médicale qui relève, stricto sensu d'une relation individuelle avec un professionnel patenté et selon les règles en vigueur dans le pays. Nous n’assumons aucune responsabilité sur les conséquences liées à l'utilisation de ces renseignements.Pour de plus amples informations sur ce médicament, veuillez contacter votre médecin ou votre pharmacien.

 

 

ImprimerImprimer
EnvoyerEnvoyer
RetourRubrique Médicaments
Accès des abonnés

Code d'abonné :

Mot de passe :

Mémoriser mes informations sur cet ordinateur

Liste de diffusion


envoyer