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La maladie d'Alzheimer (accès libre)
D'où vient le mot Alzheimer?
Du Docteur Alois Alzheimer, médecin pathologiste allemand. Il fut le premier à observer en 1906 des lésions dans le cerveau d'une femme morte à 56 ans, ayant souffert d'une perte progressive de ses facultés mentales.
Il fit le lien entre ces lésions cérébrales et la détérioration de ses capacités cognitives.
Pourquoi la maladie d'Alzheimer est-elle qualifiée de démence?
La démence est un terme médical signifiant 'perte progressive des fonctions mentales suivantes : mémoire, apprentissage, pensée, raisonnement, planification, perception, etc. Cette détérioration est suffisamment importante pour altérer les activités de la vie quotidienne (ex faire ses courses, la cuisine, prendre des rendez-vous, etc.).'
Plusieurs maladies - dont la maladie d'Alzheimer- sont à l'origine de cette détérioration. Le terme de démence de type Alzheimer est également utilisé. En revanche, le terme de démence sénile n'est plus vraiment utilisé.
La maladie d'Alzheimer est-elle une maladie réversible?
Non, elle est progressive et irréversible, car il n'existe à l'heure actuelle aucun traitement efficace pouvant stopper la maladie.
Cette maladie frappe-t-elle une certaine catégorie de la population?
Elle frappe principalement les personnes âgées, et en particulier les femmes. L'âge est le principal facteur de risque de la maladie, de sorte que le vieillissement de la population s'accompagne d'un nombre croissant de personnes atteintes par la maladie. Le nombre est estimé à 5% des personnes de 70 à 80 ans, augmentant jusqu'à 20% des 85 à 90 ans.
Comment se manifeste la maladie?
Par l'apparition progressive et irréversible de troubles de mémoire, qui affecteront la vie quotidienne du patient. Ces troubles s'accompagnent d'une désorientation dans le temps et l'espace, une perte du jugement, des modifications du langage et du comportement, de sorte que le malade finit par perdre progressivement son autonomie.
Quels sont les premiers symptômes?
La maladie se manifeste généralement par des pertes de mémoire (mémoire épisodique) qui dans la vie de tous les jours peuvent paraître bénignes : égarer ses clés, oublier d'éteindre le four, oublier son code d'accès à son immeuble… Le malade minimise ces oublis et fait du déni.
Ces pertes de mémoire s'accompagnent d'une désorientation dans le temps et l'espace : le malade ne se souvient plus de la date du jour et se perd dans son quartier. Il a des difficultés à fixer le nom des lieux qui lui sont inhabituels.
Des troubles du comportement, insidieux, car difficilement détectables par le proche, sont également observés au début de la maladie : anxiété inhabituelle, désintérêt progressif, état dépressif. L'apparition d'un état dépressif n'est pas nécessairement synonyme de maladie d'Alzheimer chez une personne âgée. Le médecin devra alors déduire si cet état dépressif est provoqué par la perte de mémoire ou une réelle dépression réelle.
Généralement un traitement avec un antidépresseur permet de savoir si les symptômes dépressifs sont reliés ou non à un début de démence.
Quels sont les autres symptômes?
Au fur et à mesure que la maladie évolue, la personne tend à oublier certains mots, ne pas finir ses phrases, et éprouve donc des difficultés à tenir une conversation. La lecture et l'écriture sont également affectées.
Les pertes de mémoire concernent aussi des faits plus anciens.
Le malade ne comprend plus la signification des mots, ne reconnaît plus certains objets. Les automatismes sont encore intacts (mémoire procédurale).
Il apparaît des troubles des fonctions exécutives faisant appel à la capacité du patient à organiser et réaliser une tâche cognitive plus ou moins complexe nécessitant un plan de travail. Dans la vie quotidienne, ces troubles se traduisent par exemple par des difficultés à remplir correctement une déclaration d'impôts ou bien à planifier un trajet nécessitant plusieurs correspondances à partir d'un plan de bus.
Apparition de troubles praxiques (difficultés d'utilisation d'appareils ménagers) et gnosiques marqués initialement par des difficultés à reconnaître des symboles abstraits tels que des logos ou des panneaux routiers, puis des personnes ou des objets peu familiers.
D'un point de vue comportemental, elle devient plus irritable, plus indifférente, parle de moins en moins, a des idées délirantes (par ex. pense qu'on la vole), pose les mêmes questions, a des gestes stéréotypés, pleure ou rit sans raison apparente, a des gestes déplacés…
Les malades sont-ils tous affectés de la même façon?
Non. Un patient peut voir ses facultés cognitives sensiblement touchées, mais être relativement autonome, alors qu'un autre peut éprouver des difficultés à s'habiller bien que ses fonctions cognitives soient relativement préservées. De même, deux personnes se situant au même stade peuvent présenter des atteintes différentes sur le plan, par exemple, du langage et ou de l'orientation.
Comment classe-t-on les malades ?
Il existe des échelles (tels que l'échelle de Reisberg) qui répartissent les malades suivant des critères comportementaux. Cependant, la définition de ces critères est subjective, car la maladie n'évolue pas de la même façon chez tous les malades. En voici un résumé :
Stade 1. Le sujet ne se plaint pas de troubles de mémoire.
Stade 2. Facultés mentales très légèrement affaiblies : le sujet oublie de localiser des objets familiers, les noms de vieilles connaissances…
Stade 3. Facultés mentales légèrement affaiblies : le malade se perd, travaille moins bien, ne trouve pas ses mots, perd des choses importantes, a du mal à se concentrer, ne retient pas les choses qu'il vient d'apprendre…
Stade 4 : Facultés mentales affaiblies : les troubles sont objectivement observés lors d'une entrevue clinique. Le malade ne peut plus vraiment s'occuper de ses affaires. Il se désintéresse de plus en plus des événements quotidiens.
Stade 5 : Facultés mentales vraiment affaiblies : le patient est autonome, sauf pour la toilette et le manger. Ne se souvient plus des noms de ses proches (sauf de ses enfants et de son époux(se).. Est désoriente dans l'espace et le temps.
Stade 6 : Facultés mentales gravement affaiblies : totalement dépendent. Se souvient partiellement des faits de son passé. Est généralement peut conscient de son environnement. Se souvient généralement de son nom et de celui de son époux(se). Idées délirantes, troubles obsessionnels, anxiété, agitation.
Stade 7 Facultés mentales très gravement affaiblies : la personne est aphasique, ne parle et ne marche presque plus.
La maladie d'Alzheimer est-elle la seule forme de démence?
C'est la principale (environ la moitié des cas de démence). Il existe d'autres formes de démence irréversible : démence mixte, démence vasculaire, démence à corps de Lewy, démence résultant de la maladie de Parkinson ou d'un cancer, etc.
Les premières manifestations de la maladie se caractérisent par des pertes de mémoire. Pourquoi?
Parce que les zones touchées en premier lieu dans la maladie sont impliquées dans la mémoire et l'apprentissage (en particulier l'hippocampe et le cortex entorhinal). L'acétylcholine est le neuromédiateur le plus diminué dans la maladie d'Alzheimer. Il est impliqué dans la mémoire et normalement sécrété par les neurones de l'hippocampe et du cortex entorhinal.
A quel âge apparaît la maladie d'Alzheimer?
Généralement après 65 ans. Ils représentent 95% des cas et sont dits sporadiques. Seulement 5% des cas dits familiaux concernent des personnes de moins de 65 ans.
Quelle est la durée de la maladie d'Alzheimer?
La maladie s'étend sur une période de 8 ans en moyenne. D'une manière générale, plus la maladie apparaît tôt, plus son évolution est rapide.
Quelle est la cause de la maladie d'Alzheimer?
On soupçonne le rôle de deux protéines dont l'accumulation provoque la mort des neurones : la protéine tau et la protéine amyloïde. Il existe des facteurs environnementaux (par ex. une mauvaise alimentation) et génétiques qui joueraient une part active dans le déclenchement de la maladie.
La maladie d'Alzheimer est-elle héréditaire?
Il existe des formes familiales de la maladie d'Alzheimer qui se caractérise par la transmission de 'mauvais gènes' (c'est-à-dire des gènes ayant subi une mutation) des parents aux enfants. Ces formes ne représentent cependant qu'environ 5% des cas totaux. Les gènes impliqués dans les formes familiales sont les gènes de la préséniline 1 et 2 et de l'APP (amyloid protein precursor).
Il existe des prédispositions génétiques, provoquées par la mutation de certains gènes (dont le gène de l'apolipoprotéine E), qui augmente le risque de développer la maladie. Cela ne signifie pas que le porteur d'un de ces mauvais gènes développera nécessairement la maladie. Il ne peut cependant être considéré comme un argument diagnostique individuel.
La maladie d'Alzheimer peut-elle être provoquée par des agents toxiques (virus, microbes, métaux lourds) pour le cerveau?
C'est improbable bien que l'on ne puisse exclure que ces agents puissent activer certains 'mauvais gènes'.
Quand doit-on consulter un médecin?
C'est en général le proche qui, remarquant que son époux(se) a des troubles de mémoire et de comportement, demande une consultation médicale. Le patient à en effet tendance à moins se plaindre que son entourage, ce qui témoigne d'une anosognosie (méconnaissance par l'individu de sa maladie). Le proche doit faire preuve de délicatesse pour convaincre le malade de consulter.
Le diagnostic de la maladie d'Alzheimer est-il facile à établir?
Le diagnostic n'est pas facile à établir pour différentes raisons car:
- les symptômes peuvent ressembler à une perte de mémoire bénigne liée à un vieillissement normal;
- les symptômes sont semblables à ceux provoqués par d'autres maladies (par ex. la dépression) ou facteurs (médicaments, alcool, troubles visuels, déficiences nutritionnelles, pneumonie, etc.);
- il n'existe pas de tests de dépistage précoce à grande échelle, malgré les récents progrès réalisés. L'évolution de la maladie confirme ou non le diagnostic. L'analyse post-mortem du cerveau du patient permet de confirmer de manière sûre le diagnostic.
Quelles sont les étapes menant au diagnostic?
1re étape : il y a t-il présence d'une démence? Le médecin interroge le patient et son entourage, dresse un bilan chronologique de l'apparition des symptômes, et étudie les antécédents médicaux du malade. Le médecin proposera au patient de procéder à un examen évaluant ses capacités cognitives (mémoire, orientation, langage, etc.).
2e étape : quelle est la forme de démence? Si un diagnostic de démence est posé, le médecin déterminera la forme de démence (démence de type Alzheimer, démence vasculaire, etc.). Le médecin procèdera à un examen approfondi de son état physique et demandera des examens de laboratoires et radiologiques.
C'est en excluant toute autre forme de démence que le médecin posera le diagnostic de maladie d'Alzheimer (c'est ce que l'on appelle le diagnostic différentiel). Son diagnostic se confirme environ 8 fois sur 10.
En quoi consiste un examen radiologique?
L'examen radiologique consiste à visualiser différentes parties du cerveau et à détecter les anomalies anatomiques et fonctionnelles : augmentation de certaines cavités (ventricules) du cerveau, atrophie et baisse du métabolisme de régions impliquées dans la mémoire, etc.
Ces techniques de neuroimagerie sont l'imagerie par résonnance magnétique, l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle et la tomographie à émission de positrons.
Quel est l'intérêt de diagnostiquer précocement la maladie?
1.Le traitement qui sera apporté au malade permettra de freiner plus efficacement le déclin des fonctions cognitives.
2.Le malade, conscient de sa maladie, peut prendre des décisions sur le plan patrimonial. Il peut demander l'ouverture d'un régime de protection afin de se protéger sur le plan juridique.
Le malade doit-il être informé de sa maladie?
On doit informer en général un patient chez qui un diagnostic de maladie d'Alzheimer a été posé.
Mais avant de le mettre au courant, il faut évaluer plusieurs éléments :
1. Quelle est actuellement la condition psychique de la personne?
2. Quel est son degré de compréhension?
3. Demande-t-elle la vérité?
4. Est-elle prête à l'entendre?
5. Comment absorbe-t-elle habituellement les chocs émotifs?
6. Comment réagit-elle aux nouvelles concernant sa santé?
7. A-t-elle l'habitude de rester stoïque ou de perdre le contrôle dans des situations difficiles?
8. Est-ce son premier contact avec la maladie ou a-t-elle souvent été malade dans sa vie?
9. Connaît-elle la maladie d'Alzheimer?
10. Quelles sont actuellement ses responsabilités familiales?
11. Doit-elle prendre certaines dispositions légales?
12. Il y a-t-il urgence de lui annoncer son diagnostic?
Il faut faire preuve de tact. Le mot Alzheimer n'a pas nécessairement besoin d'être posé.
La maladie d'Alzheimer se guérit-elle?
Non, elle est incurable, car les neurones endommagés ne peuvent être remplacés, et continuent à mourir au fur et à mesure que la maladie évolue. De plus, les causes sont encore mal définies, ce qui complique la recherche dans le développement de nouveaux médicaments. Enfin, il est à préciser que les lésions neuronales débutent tôt dans la vie, aux alentours de la cinquantaine chez la moitié des gens. Il existe donc une longue phase asymptomatique (c'est-à-dire que le patient n'a aucun symptôme) durant laquelle il existe des mécanismes de compensation dans le cerveau. Les symptômes apparaissent ou non quelques décennies plus tard, suivant l'état de résistance de notre cerveau.
Les approches médicamenteuses et comportementales actuelles ont pour but de freiner le déclin de symptômes cognitifs et d'atténuer les symptômes comportementaux et psychologiques (anxiété, hallucinations, agitation…). Ils sont purement symptomatiques et d'efficacité limitée.
Quels sont les traitements d'avenir?
Différentes pistes sont actuellement envisagées, et ont pour but de bloquer les effets délétères d'une protéine appelée amyloïde en inhibant la formation de l'amyloïde, en dégradant les plaques amyloïdes déjà formées, ou en modifiant la forme anormale de la protéine tau.
Des traitements visant à bloquer les effets délétères de l'amyloïde et de la protéine tau en cours d'essais cliniques. La plupart d'entre eux ont malheureusement échoué en 2008 (par ex Alzhemed).
L'efficacité d'un traitement est conditionnelle d'un diagnostic précoce de la maladie.
Certains facteurs sont-ils associés à une baisse de l'apparition de la maladie d'Alzheimer?
Oui tels que le niveau d'éducation, une bonne hygiène alimentaire, une vie sociale active et dans une moindre mesure une activité physique régulière.
Comment expliquer le rôle protecteur du niveau d'instruction?
Le niveau d'instruction est en relation avec une activité intellectuelle soutenue qui favoriserait une bonne connexion entre les neurones. Ces connexions que l'on appelle des synapses nous permettent de mémoriser, raisonner, planifier, etc. Certains chercheurs émettent l'hypothèse que les personnes ayant une activité intellectuelle et sociale régulière auraient en réserve des synapses qui compenseraient une éventuelle détérioration cognitive (on parle de réserve cognitive).
Comment expliquer le rôle protecteur d'une bonne alimentation?
Certains aliments et boissons (poissons, fruits, légumes, thé vert, vin rouge) contiennent des composés (omega-3, polyphénols) ayant des propriétés neuroprotectrices.
Les exercices de mémoire nous protègent-ils d'une détérioration de nos fonctions intellectuelles?
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le cerveau est un organe plastique dont les cellules neuronales ont besoin d'être constamment stimulées par un entraînement régulier. Les études ont montré que des exercices de mémoire stimulent les zones du cerveau responsables de la mémoire, et favorisent une bonne connexion entre les neurones.
La maladie d'Alzheimer est-elle mortelle?
La maladie affecte les capacités fonctionnelles du patient, au point que celui-ci ne pourra plus se déplacer. Le système immunitaire se trouvera affaibli, entraînant des maladies infectieuses (par ex. pneumonie) mortelles. Le patient peut également décéder des suites d'une maladie grave associée au vieillissement (par ex. maladie cardiaque, cancer, etc.) La maladie d'Alzheimer est la 4e cause de mortalité chez les personnes âgées.
Quelle est la fréquence de la maladie d'Alzheimer chez les personnes âgées?
5% des personnes de 65 ans et plus sont touchées par la maladie (8% souffrent de démence) dans les pays industrialisés.
Quels sont les signes caractéristiques de la maladie d'Alzheimer apparaissant dans le cerveau?
A l'autopsie, le neuropathologiste décèle deux types de lésions neuroanatomiques appelées plaques séniles et dégénérescences neurofibrillaires. Ces anomalies sont également présentes dans le cerveau de personnes saines, mais en moins grande quantité. Les plaques séniles amyloïdes sont formées de dépôts d'une protéine appelée amyloïde. Les dégénérescences neurofibrillaires sont des altérations de la structure des neurones, provoquées par une forme anormale d'une protéine appelée tau et impliquée dans le transport de molécules nécessaires à la vie du neurone.
Quelle est l'importance d'une autopsie?
L'autopsie permet non seulement de confirmer le diagnostic du médecin, mais également de mieux comprendre les causes de la maladie. Il est possible de faire un don de cerveau auprès d'un établissement public.
Quel lien existe-t-il entre la maladie d'Alzheimer et la trisomie 21?
Chez la plupart des personnes trisomiques, les lésions caractéristiques de la maladie d'Alzheimer apparaissent dès l'âge de 25 à 30 ans. Cependant, les personnes trisomiques ne présentent pas les symptômes de démence.
La maladie d'Alzheimer est-elle une forme accélérée de vieillissement normal?
Le débat reste ouvert. Cependant, la plupart des chercheurs considèrent que la maladie d'Alzheimer est caractéristique d'un vieillissement pathologique (donc anormale), provoquée par des lésions anatomiques anormalement élevées dans le cerveau.
Quels sont les éléments importants pour bien soigner un malade?
1. Pour les proches, acquérir une bonne compétence, en analysant les résultats de ses interventions et en corrigeant certaines erreurs.
2. Savoir se montrer indulgent avec soi. Par exemple, ne pas culpabiliser lorsque l'on se montre impatient vis-à-vis du malade, car cela est tout à fait normal.
3. Démontrer de la sollicitude et de la compassion envers le malade.
4. Être en cohérence avec ses paroles et ses gestes, afin de maintenir une relation de confiance entre le proche et le malade.
5. Établir des routines dans la vie de tous les jours, et un environnement stable afin de ne pas destabiliser le malade.
6. Établir un climat serein et apaisant en établissant un contact le plus agréable possible, par exemple en pratiquant l'humour.
Une personne atteinte d'Alzheimer retombe-t-elle en enfance?
Bien qu'elle perde au fil du temps son autonomie, le malade conserve, contrairement aux enfants, son passé lointain qui lui permet de communiquer avec son proche. Il faut donc maintenir une relation d'adulte à adulte et ne pas le considérer comme un enfant.
Pourquoi est-il difficile de s'occuper d'une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer?
1. Elle perd sa faculté de raisonner et s'exprimer, et devient de plus en plus dépendante.
2. Il faut savoir comprendre les paroles et gestes d'un malade qui n'a plus la capacité de s'exprimer de manière cohérente, ou qui est incapable de s'exprimer.
3. Les troubles comportementaux (agressivité par exemple) sont souvent difficiles à tolérer et à accepter par le soignant.
4. La maladie affecte également l'entourage qui devient plus angoissé.
5. La prise en charge d'un malade est un fardeau pour l'aidant qui s'épuise physiquement et mentalement, sans rien recevoir en retour.
6. Le proche est affecté de voir les performances cognitives et physiques du malade se détériorer.
Comment peut-on s'occuper de soi lorsque l'on s'occupe à plein temps d'un malade?
Lorsque l'irascibilité, l'impatience et l'agressivité s'emparent de l'aidant, il est temps de prendre soins de soi. Il existe plusieurs moyens de se libérer de sa tâche : groupes de soutien pour les familles de malades offerts par les Sociétés Alzheimer (Alzheimer Canada, France, etc.) et aux associations avec diverses ressources disponibles : infirmières, bénévoles, psychologues, etc. qui vous permettront de prendre quelques heures de répit. D'autres aidants préfèrent se réfugier dans le silence ou en écoutant le malade (sans dialoguer avec lui).
Le malade nous reconnaît-il?
Les malades reconnaissent leurs proches pendant une longue période de leur maladie, sans pour autant les nommer.
Comment la communication est-elle rompue avec un malade atteint d'Alzheimer?
Le malade a tendance à ne plus suivre les conversations et les directives. Il est nécessaire alors de répéter les consignes (lentement et distinctement) ou de les formuler par écrit, car il oublie souvent ce qu'on lui dit.
Par la suite, le malade a de la difficulté à comprendre le sens des mots, pour ne plus en saisir le sens au stade final de la maladie.
Le malade a pour sa part du mal à se faire comprendre?
Il éprouve des difficultés à formuler une idée, surtout si elle est abstraite. Il se répète souvent, se trompe de mots (par ex. dit chaussette au lieu de chaussure). Son visage est moins expressif.
Le vocabulaire s'appauvrit au fur et à mesure que la maladie s'aggrave (par ex. il utilise les mots 'truc'), ne peut raconter un événement de manière chronologique.
Il finit par répéter les mêmes mots au stade sévère de la maladie, pour ne plus finalement parler.
Comment faut-il communiquer avec un malade?
- Garder le contact pour éviter qu'il ne se replie sur lui-même, même si elle ne peut plus communiquer normalement.
- Éviter de parler de lui en sa présence de manière blessante, car il peut saisir l'idée principale.
- Utiliser également un langage non verbal (par ex. une marque d'affection), qui reste intact très longtemps chez le malade.
- Ne lui parlez pas comme si c'était un enfant.
Comment expliquer les comportements étranges du malade?
La maladie d'Alzheimer s'accompagne non seulement de troubles cognitifs, mais également comportementaux (agitation, agressivité, deshinibition, etc.) qui peuvent être provoqués par un problème physique (infection, effets secondaires de médicaments) ou un environnement inadéquat (bruit de fond anormalement élevé, toilettes non adaptées ou difficiles à trouver…) . Ces troubles comportementaux peuvent être corrigés.
C'est en analysant ces comportements anormaux que l'on peut en éviter d'autres et rendre le malade plus à l'aise.
Certains malades sont plus agités le soir. Pourquoi?
Ce comportement s'appelle le 'syndrome crépusculaire', pendant lequel le malade est agité et anxieux.
Que faire lorsqu'une personne à tendance à fuguer?
Un malade fugue du centre d'hébergement ou de la maison pour différentes raisons : il se sent désorienté, a besoin de bouger, s'ennuie ou se sent mal à l'aise là où il vil. Plusieurs étapes existent pour faire face à cette situation:
1. Prévenir la fugue.
2. Aménager l'environnement physique.
3. Protéger la personne.
4. Préparer un plan d'urgence en cas de fugue.
5. Comment réagir lorsque la personne est retrouvée.
Que faire lorsqu'un malade pose toujours la même question?
Le malade, ayant perdu la mémoire à court terme, ne se souvient plus d'avoir posé une question. Répéter une question peut aussi traduire une anxiété de la part du malade. Il faut tout d'abord le réconforter et lui porter de l'attention, puis il faut essayer d'en déterminer l'origine. Si le malade vous pose plusieurs fois la question suivante : 'Quand rentre-t-on à la maison?', cela signifie peut-être qu'il se sent mal à l'aise là où il se trouve. Après l'avoir de nouveau rassuré, l'aidant ou le soignant essayera de le distraire afin d'attirer son attention sur une autre activité (faire une promenade par exemple).
Que faire lorsqu'un malade fait les mêmes gestes?
Ce comportement stéréotypé se remarque souvent au stade avancé de la maladie. Cela calme en général le malade, et il n'est donc pas nécessaire d'intervenir, à moins que le comportement soit réellement répétitif. Il faut alors expliquer à la personne que le geste qu'il réalise est inutile.
Que faire lorsqu'un malade se dit victime de vol?
Ce type d'accusation est un comportement courant chez un malade qui égare souvent des objets. Il faut donc ne pas argumenter et essayer de comprendre le malade. La bonne approche est d'aider le malade à trouver l'objet perdu, démarche qui généralement le calme. Vous pouvez dans la mesure du possible avoir des doubles de certains objets (par ex des gants).
Que faire si un malade réclame de voir une personne décédée?
Essayez de répondre par une question, en lui demandant par exemple si cette personne lui manque. Vous pouvez entamer une discussion en parlant avec elle de la personne décédée, en évoquant son passé. Il n'est pas souhaitable de lui avouer brutalement que la personne est décédée. Proposez une activité pour la divertir et lui faire oublier la personne.
Que faire si un malade a des hallucinations?
Les hallucinations sont des troubles psychotiques qui se traduisent par la vue d'objets ou de personnes qui n'existent pas. Il s'agit dans un premier temps de vérifier l'acuité auditive et visuelle du malade, et si ces troubles ne sont pas dus aux effets secondaires de médicaments. Il faut intervenir si ces hallucinations effraient ou rendent anxieux le malade. Dans ce cas, essayer de le réconforter en lui disant par exemple 'je comprends que tu aies peur', sans pour autant 'rentrer dans son jeu'. Engagez un autre sujet de conversation ou proposez-lui une activité pour la divertir et lui faire oublier son angoisse.
Que faire si un malade a des illusions?
Le malade a des illusions lorsqu'il confond un objet ou une chose avec une autre. Cela peut être provoqué par les effets secondaires de médicaments, un mauvais éclairage ou un mauvais reflet. Dans ce dernier cas, il suffit d'enlever l'objet qui provoque ces illusions, ou installer des vitres mates.
Que faire si le malade réagit mal devant un miroir?
La personne ne se reconnaissant plus dans le miroir peut avoir l'impression d'être en face d'un étranger, ce qui peut la perturber. L'aidant peut alors couvrir le miroir.
Que faire si un malade est désinhibé?
Il est possible qu'un malade perde toute gêne en face de personnes (par ex. se masturbe ou se déshabille). Il ne s'agit pas d'un comportement provocateur. L'aidant doit intervenir en le conduisant par exemple dans sa chambre ou le distraire d'une autre façon.
Que faire si le malade crie?
L'environnement joue un rôle très important dans le comportement du malade. Il faut déterminer s'il y a un facteur déclenchant, si ces cris sont reliés à des conditions particulières (par ex lorsque le malade est changé, seul, lorsqu'il se trouve dans un endroit trop sombre ou au contraire trop éclairé, ou s'il commence un nouveau traitement médicamenteux). Il s'agit de modifier certains paramètres et d'évaluer si ces changements ont une incidence sur le comportement du malade.
Que faire si la personne est désorientée?
La perte d'orientation dans le temps et l'espace est un symptôme caractéristique de la maladie d'Alzheimer. Il existe plusieurs trucs pour aider la personne à s'orienter. En voici deux :
- Installer de manière visible des horloges dont l'heure est indiquée avec des chiffres (orientation dans le temps).
- Identifiez la pièce par un objet de couleur qui lui appartient (orientation dans l'espace).
Que faire pour assurer la sécurité d'un malade?
Certaines précautions sont à prendre tels que :
- ranger les médicaments et produits dangereux dans une armoire.
- Enlevez les verrous de certaines pièces afin d'éviter que le malade s'enferme.
- Protégez les prises de courant.
Comment se détériorent les activités de la vie quotidienne?
Toutes les activités quotidiennes ne sont pas uniformément affectées. Ainsi, celles faisant appel aux fonctions cognitives (par ex. la toilette quotidienne) sont plus touchées que celles reliées à la mémoire procédurale (par exemple l'habillage).
L'autonomie est-elle toujours liée aux fonctions cognitives?
La perte d'autonomie peut être aggravée par des facteurs physiques (troubles de l'audition, de la vision, effets secondaires de médicaments, neuropathie, etc..), psychologiques (dépression, agressivité, peur, etc.), ou environnementaux (par ex. pièces de maison mal adaptées). L'aidant peu également aggraver son autonomie en étant trop interventionniste. L'aidant doit respecter certaines règles afin d'aider le malade dans sa vie quotidienne.
Comment aider le malade à se laver?
Certaines précautions sont à prendre, et doivent évoluer au fur et à mesure que la maladie s'aggrave. Par exemple :
- Assurer l'intimité de la personne.
- Placez la serviette, le gant et la brosse bien en vue et à portée de la main, etc.
Si la personne doit prendre son bain, l'aidant doit tout d'abord préparer l'environnement, afin d'assurer la sécurité du patient (placer un tapis antidérapant dans et à l'extérieur de la baignoire).
La préparation du bain se fait en plusieurs étapes, en prenant soin de lui présenter cette étape comme un moment agréable de la journée (utilisez des mots réconfortants). Vérifier la température de la pièce et de l'eau. Prolonger le bain si elle l'apprécie. Ne jamais la laisser seule dans son bain.
Comment aider le malade à s'habiller?
La personne perd ses automatismes au fur et à mesure que la maladie évolue. Voici quelques astuces pouvant aider le malade à s'habiller.
- Gérez sa garde-robe et enlevez les vêtements inutiles ou difficiles à enfiler, ou avec des fermetures éclair placées à l'arrière.
- Favoriser les vêtements en velcro.
L'aidant devra deviner les vêtements susceptibles de plaire au malade si celui-ci éprouve des problèmes pour les choisir. L'aidant peut les étendre sur son lit, ce qui facilitera l'habillage. Il jugera si le malade peut s'habiller sans aide.
Comment aider le malade à s'alimenter?
Il faut avant tout vérifier l'état de la dentition du malade. Certaines astuces contribuent à aider le malade à se nourrir. En voici quelques-uns :
- établir un horaire régulier;
- éliminer les distractions (par ex la télévision);
- présenter un met à la fois et ne pas le forcer à manger s'il n'a pas faim;
- ne pas empêcher un malade de se lever de table, car il reviendra spontanément s'il a encore faim.
Comment éviter les problèmes d'incontinence?
L'incontinence est souvent due à une perte de mobilité ou à l'incapacité de s'orienter dans la maison. Quelques astuces peuvent être utilisées pour pallier le problème :
- visualiser les toilettes (avec une image illustrant les toilettes par exemple);
- lui rappeler souvent qu'elle doit aller aux toilettes;
- vérifier qu'il peut aisément manipuler ses vêtements.
Décembre 2009
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