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Neuromédia : Une publication sur le vieillissement cérébral pour les seniors et leur entourage
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Actualités dans la Maladie d'Alzheimer et autres démences (2010)

Le poids de la maladie d'Alzheimer sur l'économie mondiale

La maladie d'Alzheimer va peser de plus en plus lourdement sur l'économie mondiale dans les années qui viennent, selon des experts réunis au Congrès américain.

Entre 24 et 37 millions de personnes dans le monde vivent déjà avec cette forme de démence incurable, un chiffre qui devrait atteindre les 115 millions d'ici 40 ans. L'un des experts a évalué à 604 milliards de dollars le coût de la maladie d'Alzheimer en 2010, soit un pour cent du PIB mondial.

"Six milliards de dollars sont investis par an contre le cancer, 4 milliards contre les maladies cardio-vasculaires et 2 milliards contre le sida, et seulement 450 millions dans la maladie d'Alzheimer", a-t-il rajouté. Selon Mr Vradenburg, de l'organisation USAgainstAlzheimer, une personne sur deux souffre de démence après 85 ans. "Les pays qui trouveront le moyen de soutenir leurs personnes âgées en les maintenant en bonne santé et dans le système de production seront les vainqueurs du XXIe siècle", a-t-il affirmé.

Revoir la définition de la maladie d'Alzheimer

Dubois B et al. Revising the definition of Alzheimer's disease: a new lexicon. Lancet Neurol. 2010 Nov;9(11):1118-27.

Un groupe d'experts internationaux propose d'élargir les critères de la maladie d'Alzheimer qui s'affranchit de la notion de démence et met l'accent sur un diagnostic plus précoce. Alors qu'actuellement le diagnostic est posé sur la base de troubles de la mémoire, le groupe, mené par Bruno Dubois, directeur à la Pitié-Salpêtrière de l'Institut de la mémoire et de la maladie d'Alzheimer, propose d'inclure une signature biologique.

La signature biologique inclut des examens de neuro-imagerie (IRM ou PET scan) mettant en évidence:

1. une modification structurelle d'une région du cerveau particulièrement touchée dans la maladie (hippocampe) et

2. Une anomalie dans le liquide céphalo-rachidien (diminution du peptide amyloïde et augmentation de la concentration de la protéine tau).

3. Un métabolisme réduit dans certaines régions du cerveau dont l'hippocampe (IRM fonctionnelle).

Le groupe d'experts définit également un "état pré-clinique de la maladie d'Alzheimer", avec des patients qui possèdent des marqueurs biologiques positifs, mais sont exempts de symptômes.

Les marqueurs biologiques proposés pour l'instant exigent toutefois des examens très coûteux qui ne peuvent être mis à la disposition à grande échelle. Et ce, d'autant plus qu'aucun médicament à l'heure actuelle ne peut faire régresser la maladie.

La nouvelle proposition permettra d'établir des critères d'inclusion de patients pour des essais de nouveaux médicaments.

Cela pourrait changer dans les prochaines années car plusieurs équipes de recherche travaillent au développement de tests sanguins pouvant diagnostiquer la maladie. Jusqu'à maintenant toutefois, les tests sanguins développés offrent une moins grande précision que la neuro-imagerie et l'analyse du liquide céphalorachidien qui serait de 100 % selon le Pr Dubois.

Des chercheurs américains annonçaient notamment ce mois-ci, dans les Archives of Neurology, avoir identifié plusieurs protéines provenant d'un simple échantillon sanguin qui, grâce à une nouvelle technologie d'analyse, permettraient de diagnostiquer la maladie en combinaison avec les critères cognitifs. La précision est de 94 % pour l'identification des personnes ayant la maladie et de 84 % pour l'identification de celles n'ayant pas la maladie. Des études supplémentaires sont nécessaires pour valider ces résultats, précise Ramón Díaz-Arrastia de l'Université du Texas qui a dirigé l'étude.

En France, la société ExonHit Diagnostic commercialise depuis décembre 2009 le test sanguin d'aide au diagnostic de la maladie AclarusDx. D'abord réservé aux centres de recherche, l'accès pour le diagnostic clinique grand public est prévu pour 2011. Le test aurait une précision de 75 %.

Une société scandinave, DiaGenic, devrait aussi lancer en France un produit similaire, déjà commercialisé ailleurs en Europe.

Le radioligand DaTSCAN différencie la démence à corps de Lewy de la maladie d'Alzheimer

L'association européenne de neurologie (en anglais European Federation of the Neurological Societies) publie dans la revue European Journal of Neurology une directive concernant la démence avec corps de Lewy. Elle recommande l'utilisation du DaTSCAN (un radioligand destiné à l'usage dans l'imagerie du cerveau par tomographie monophotonique d'émission) afin de distinguer la démence à corps de Lewy de la maladie d'Alzheimer. L'association accorde une note de niveau A de l'évidence, notant que DaTSCAN peut faire la différence entre la maladie d'Alzheimer et la démence à corps de Lewy avec une sensibilité et une spécificité de 85 % et plus.

Le DaTSCAN est un analogue de la cocaïne qui présente une haute affinité pour les transporteurs de la dopamine. Après une injection intraveineuse de DaTSCAN, des images cérébrales du patient sont obtenues trois heures après l'injection. Le DaTSCAN permet d'observer de manière sûre l'existence d'une atteinte des strutures impliquées dans la motricité (en l'occurrence le striatum) chez les patients atteints de démence à corps de Lewy, mais aussi de la maladie de Parkinson.

Fumer un paquet par jour vers la cinquantaine augmente le risque de maladie d'Alzheimer

Rusanen M et al. Heavy Smoking in Midlife and Long-term Risk of Alzheimer Disease and Vascular Dementia. Arch Intern Med. 2010 Oct 25.

La consommation élevée de cigarettes entre 50 et 60 ans doublerait le risque d'Alzheimer et d'autres formes de démence vingt ans après.

Les auteurs se sont basées sur des données médicales de plus de 20000 membres ayant participé à une enquête alors qu'ils avaient entre 50 à 60 ans. A la fin de l'étude, 5367 sujets (25,4%) ont été diagnostiqués comme souffrant de démence (1136 et 416 ont été diagnostiqués respectivement comme atteints de la maladie d'Alzheimer et de démence vasculaire). Les patients avaient en moyenne 72 ans.

Les malades qui ont fumé plus de deux paquets de cigarettes par jour dans la cinquantaine ont un risque très élevé de souffrir de démence (+114%) et d'Alzheimer (+157%) ou de démence vasculaire (+172%) en particulier, comparativement aux non-fumeurs.

Les anciens fumeurs dans la cinquantaine ou ceux ayant fumé moins de la moitié d'un paquet de cigarettes n'ont pas plus de risque de démence.

Les troubles du sommeil peuvent être le signe annonciateur d'une maladie de Parkinson

Une étude publiée dans The Lancet Neurology rapporte que les personnes qui crient ou pleurent durant leur sommeil (durant la phase paradoxale) seraient plus susceptibles de développer la maladie de Parkinson au cours des cinq années suivantes, suggérant que les cauchemars pourraient être le signe avant-coureur de la maladie.

En effet, les résultats de l'étude démontrent qu'un cinquième des gens de 60 ans et plus ayant le Parkinson avait ce type de trouble de sommeil.

Les rêves et cauchemars surviennent durant les périodes du sommeil profond, nommées "sommeil paradoxal". Les sujets souffrant de "trouble du sommeil paradoxal" présentent des cauchemars accompagnés de soudains mouvements de coups de pied.

Les descendants de parents qui présentent une longévité exceptionnelle ont un risque moins élevé de développer des troubles cognitifs

Lipton RB et al. Exceptional parental longevity associated with lower risk of Alzheimer's disease and memory decline. J Am Geriatr Soc. 2010;58:1043-1049.

Une étude épidémiologique a été menée afin d'évaluer l'impact de la longévité des parents sur l'apparition de troubles cognitifs et/ou de démence chez leurs descendants.

Quatre cent vingt quatre personnes, âgées de 75 à 85 ans au début de l'étude, ont été suivies durant 23 ans, avec un examen clinique et neuropsychologique pratiqué tous les ans. Environ un tiers avait au moins un parent qui avait vécu jusqu'à 85 ans ou plus (appelons-le Groupe 1), tandis qu'aucun parent des autres participants n'avait atteint cet âge (Groupe 2).

Au cours de l'étude, un quart a développé une démence (dont 80 cas d'Alzheimer et 33 cas de démence mixte ou vasculaire ou mixte).

Le risque de démence pour les personnes du groupe 1 était réduit de 36%, comparé au groupe 2. De plus, la performance cognitive du groupe 1 diminuait plus lentement, avec une vitesse de déclin réduite de 30%, en comparaison au groupe 2.

Les sujets du groupe 1 ont également moins de risque de décès suite à un cancer ou une maladie cardio-vasculaire. Ils sont moins touchés par l'hypertension et le diabète.

Selon les auteurs, cette étude renforce l'importance de nos prédispositions génétiques.

Le cerveau de patients souffrant de déficit cognitif léger présente une augmentation de l'activité métabolique

Source: Cohen AD et al. Basal cerebral metabolism may modulate the cognitive effects of Abeta in mild cognitive impairment: an example of brain reserve. J Neurosci. 2009 Nov 25;29(47):14770-8.

Dans la maladie d'Alzheimer, Il existe une corrélation négative entre métabolisme cérébral et accumulation de plaques amyloide*, c'est-à-dire que la baisse du métabolisme cérébral s'accompagne d'une augmentation de l'accumulation de plaques amyloide, suggérant que ces dernières dérèglent le métabolisme cérébral.

Qu'en est-il chez les patients souffrant de déficit cognitif léger (DCL)? Certains patients souffrant de DCL présentent une corrélation positive entre le métabolisme cérébral (en particulier dans les cortex pariétal et cingulaire antérieur) et l'accumulation de plaques amyloide, selon une étude publiée par des chercheurs américains spécialisés dans la neuroimagerie (Univertsité de Pittsbrugh).

Selon eux, ce phénomène n'est pas dû à une stimulation de l'amyloide sur le métabolisme car les patients DCL n'ont pas un métabolisme supérieur à celui des sujets sains. En d'autres termes, le cerveau du patient DCL n'essaie pas d'augmenter son métabolisme afin de pallier les effets néfastes des lésions naissantes.

En revanche, ils émettent deux hypothèses, à savoir:
(1) un hypermétabolisme retarde le passage du stade DCL au stade Alzheimer (les sujets ayant une plus grande réserve cognitive seraient donc les mieux protégés), ou au contraire
(2) un hypermétaboslisme accélère le dépôt de plaques amyloide.

Vérifier l'une des deux hypothèses permettrait de développer des thérapies visant à stabiliser ou au contraire à augmenter le métabolisme cérébral.

* Le métabolisme cérébral et l'accumulation de plaques amyloide ont été respectivement mesurés à l'aide du [(18)F]fluoro-2-désoxy-d-glucose (FDG) et du Pittsburgh Compound-B (PiB) couplé à la tomographie par émission de positon.

Les sujets se plaignant de troubles mnésiques isolés sont des personnes à risque

Source: Chételat G et al. Relationship between atrophy and beta-amyloid deposition in Alzheimer disease. Ann Neurol. 2010 Mar;67(3):317-24.

Les auteurs d'une étude ont analysé la relation entre l'atrophie cérébrale (évaluée par IRM) et les dépôts d'amyloide sur quatre groupes d'individus âgés:
1. 94 individus sains
2. 49 individus avec plaintes mnésiques isolées (PMI)
3. 34 individus avec déficit cognitif léger (DCL)
4. 35 individus souffrant d'Alzheimer (ALZ).

Ils ont constaté que cette association était seulement significative chez le groupe PMI. Les régions sujettes à une atrophie sont l'hippocampe et les cortex frontal, pariétal et temporo-pariétal alors que les dépôts concernent les régions néocorticales.

Les auteurs concluent que les sujets se plaignant de troubles mnésiques isolés doivent être considérés comme des sujets à risque susceptibles de développer une démence et doivent faire l'objet d'une stratégie de prévention visant à bloquer les dépôts d'amyloïde afin de réduire la mort neuronale.

La prévalence de la maladie d'Alzheimer : une revue des études épidémiologiques de ces dix dernières années

Kasai M et al. Alzheimer's disease in Japan and other countries: review of epidemiological studies in the last 10 years Brain Nerve. 2010 62:667-78.

Objectif de l'étude: quelle est la prévalence de la maladie d'Alzheimer rapportée dans les études épidémiologiques publiées lors de ces 10 dernières années?

Résultats: la prévalence de la démence chez les sujets âgés d'au moins 65 ans et 75 ans est respectivement de 2,5% à 8% et 16%, selon les critères du DSM-IV ou DSM-III-R. Le rapport entre maladie d'Alzheimer et démence vasculaire varie de 1,8 à 4,8 (selon les critères NINCDS-ADRDA et NINDS-AIREN)1.

Conclusion: les variations de la prevalence rapportées dans les différentes revues scientifiques sont importantes. Elles ont pour cause l'utiisation de méthodes épidémiologiques variables d'un pays à un autre, d'où l'importance d'établir un modèle standard. De plus, il est important de prendre en compte les critères diagnostiques d'autres formes de démences (démence à corps de Lewy, démences liées à des conditions neurologiques telle que l'hydrocéphalie à pression normale)

1 Critères NINCDS-ADRDA: ces critères, proposés en 1984 par le National Institute of Neurological and Communicative Disorders and Stroke and le Alzheimer's Disease and Related Disorders Association, sont les plus utilisés pour poser un diagnostic de maladie d'Alzheimer.

Critères NINDS-AIREN : critères du National Institute of Neurological Disorders and Stroke et de l'Association Internationale pour la Recherché et l'Enseignement en Neurosciences. Ce sont les plus utilisés pour poser un diagnostic de démence vasculaire. Ils requièrent une imagerie cérébrale.

La fréquence des troubles cognitifs et comportements augmente avec la sévérité de la maladie d'Alzheimer

Fernández M et al.Behavioural symptoms in patients with Alzheimer's disease and their association with cognitive impairment. BMC Neurol. 2010 Sep 28;10:87.

Objectif de l'étude: établir une association entre la présence de troubles psychologiques et comportementaux (TPC) et sévérité de la maladie d'Alzheimer sur une population de 1014 patients espagnols. La sévérité des TPC et des troubles cognitifs a été évaluée respectivement par l'Alzheimer's Disease Assessment Scale-Noncognitive (en abrégé ADAS-Noncog; un score élevé reflète une atteinte grave) et le mini-examen de l'état mental (MMSE, un faible score reflète des troubles sévères).

Résultats: Sur les 1014 patients (âge moyen = 77 ans), 90% souffraient de TPC, dont les deux tiers étaient des femmes. Les TPC les plus fréquents étaient le manque de concentration (56%), les tremblements (56%), la dépression (44%), le manque de coopération (36%) et les idées délirantes (32%). Les patients ayant les scores les plus élevés au ADAS-Noncog sont ceux ayant la fréquence de TPC la plus élevée (idées délirantes, hallucinations, et delirium), tandis que les troubles de l'humeur (pleurs, apathie) prédominent chez ceux ayant des scores plus faibles au ADAS-Noncog. Les scores au ADAS-Noncog et au MMSE sont négativement corrélés, suggérant que la sévérité des troubles cognitifs augmentent avec la fréquence des troubles psychologiques et comportementaux. L'ADAS-Noncog est un outil prisé par les deux tiers du personnel soignant ayant pris part à l'étude.

Conclusion: les patients Alzheimer présentent une fréquence élevée de troubles psychologiques et comportementaux. L'ADAS-Noncog apparaît comme un outil utile dans le diagnostique de ces troubles, dont la prévalence est associée à la sévérité des troubles comportemenaux.

La fréquence des troubles psychotiques est sous-estimée dans la démence vasculaire

Ostling S et al. Symptoms in a Population-Based Sample of 85-Year-Old Individuals With Dementia. J Geriatr Psychiatry Neurol. 2010 Jul 2.

Contexte : les symptômes psychotiques (hallucinations, idées délirantes, idées paranoiaques) sont fréquemment observés chez la personne démente et affectent grandement leur vie quotidienne. La plupart des études cliniques se sont focalisées chez les patients souffrant de la maladie d'Alzheimer. Cependant, leur prévalence dans les différents types de démence est mal connue.

Objectif de l'étude : étudier la prévalence des symptômes psychotiques chez 494 sujets âgés de 85 ans et plus.

Résultats : le diagnostic de maladie d'Alzheimer et de démence vasculaire a été respectivement posé chez 64 et 69 patients. La prévalence des symptômes psychotiques étaient de 36% (chez les malades Alzheimer) et 54% (chez les malades souffrant de démence vasculaire). La proportion des symptômes pscyhotiques augmente avec la sévérité de la maladie d'Alzheimer (mais pas avec la démence de type vasculaire).

Conclusion : la forte proportion de troubles psychotiques dans la démence vasculaire doit conduire le personnel soignant à déterminer si les hallucinations ou de troubles délirants chez les personnes très âgées s'accompagnent d'une démence.

Symptômes psychotiques (fréquence dans la maladie d'Alzheimer, stage léger):
Hallucinations (11%)
Idées délirantes (11%)
Idées paranoiaques (11%)

Symptômes psychotiques (fréquence dans la maladie d'Alzheimer, stage sévère):
Hallucinations (47%)
Idées délirantes (40%)
Idées paranoiaques (18%)

Symptômes psychotiques (fréquence dans la démence vasculaire, stage léger):
Hallucinations (38%)
Idées délirantes (58%)
Idées paranoiaques (50%)

Symptômes psychotiques (fréquence dans la démence vasculaire, stage sévère):
Hallucinations (38%)
Idées délirantes (54%)
Idées paranoiaques (13%)

Le cortex entorhinal est une structure cérébrale clef dans le diagnostic précoce de la maladie d'Alzheimer

Source : Holland D et al. Subregional neuroanatomical change as a biomarker for Alzheimer's disease. Proc Natl Acad Sci U S A. 2009 Dec 8;106(49):20954-20959.

Contexte : Uune étude de neuroimagerie utilisant l'IRM a préalablement montré que l'atrophie -c'est-à-dire la réduction du volume- de l'hippocampe est une des caractéristiques principales de la maladie d'Alzheimer. Des chercheurs américains ont analysé de manière plus poussée le cerveau de 169 sujets sains (groupe contrôle), 299 patients souffrant de déficit cognitif léger (DCL) et 129 souffrant de la maladie d'Alzheimer (MA).

Résultats : le cortex entorhinal (situé dans le lobe temporal) est la structure cérébrale dont le volume est nettement réduit chez les groupes de patients souffrant de DCL et de la MA, comparés au groupe contrôle. La perte cérébrale globale et la réduction des volumes ventriculaires sont en revanche moins marquées chez les deux groupes de patients.

Conclusion : les changements morphologiques du cortex entorhinal seraient un indicateur susceptible d'être utlisé dans un diagnostic précoce des troubles cognitifs.

Peut-on prédire qu'un sujet sain souffrira de trouble cognitif léger?

Oulhaj A, Wilcock GK, Smith AD, de Jager CA. Predicting the time of conversion to MCI in the elderly: role of verbal expression and learning. Neurology. 2009 Nov 3;73(18):1436-42.

Il est établi que le déficit cognitif léger (DCL) sous sa forme amnésique (en anglais amnestic Mild Cognitif Impairment) annonce souvent le début d'une maladie d'Alzheimer.

L'étude OPTIMA (Oxfor Study to Investigate Memory and Ageing; www.medsci.ox.ac.uk/optima) a été menée dans le but d'identifier les facteurs susceptibles de prédire un passage d'un état cognitif normal à celui de DCL sous sa forme amnésique.

Les résultats ont porté sur 241 volontaires âgés normaux et suivis pendant 20 ans. Leur performance cognitive a été mesurée grâce au test Cambridge Cognitive Examination (CAMCOG)*. 91 d'entre eux ont développé un DCL.

Il apparaît que les facteurs prédictifs les plus importants sont bien entendu l'âge, mais également de subtils déficits cognitifs qui sont les déficits d'apprentissage et l'expression verbale. Ces facteurs ne dépendent pas d'autres facteurs connus pour augmenter le risque de développer un déficit cognitif, tels qu'un faible niveau d'éducation, une hypertension, un AVC ou un niveau élevé sanguin d'homocystéine.

* Le CAMCOG comprend des tâches permettant d'évaluer la fluence verbale, la compréhension, le langage parlé. Il est établi que les problèmes au langage (par exemple des difficultés à trouver les mots) apparaissent précocement dans la démence.

La leptine serait un possible indicateur de risque de démence

Source: Lieb W, Beiser AS, Vasan RS, Tan ZS, Au R, Harris TB, Roubenoff R, Auerbach S, DeCarli C, Wolf PA, Seshadri S. Association of plasma leptin levels with incident Alzheimer disease and MRI measures of brain aging. JAMA. 2009 Dec 16;302(23):2565-72.

CONTEXTE : La leptine est une hormone synthétisée et sécrétée par les adipocytes, les cellules constituant le tissu adipeux. Cette hormone diminue la prise alimentaire, ce qui explique son pouvoir amaigrissant. La leptique agit sur l'hypothalamus, une région cérébrale qui régule la sécrétion d'hormones, l'homéostasie et les émotions. La leptine a également un effet sur l'hippocampe (une aire cérébrale impliquée dans l'apprentissage et la mémoire) et la plasticité synaptique. Elle faciliterait la dégradation de l'amyloïde, une protéine qui s'accumule dans le cerveau des patients Alzheimer et qui est impliquée dans la mort neuronale.

BUT DE L'ETUDE : mesurer les niveaux sanguins de leptine chez 800 personnes saines (âge moyen :79 ans) sur une période de 8 ans.

RESULTATS : Près de 200 patients développèrent une démence au bout de 8 ans. Des niveaux élevés de leptine sont associés à une diminution (-32%) du risque de démence et de maladie d'Alzheimer (-40%). De plus, les sujets ayant les niveaux les plus élevés de leptine ont un volume cérébral accru. L'analyse statistique indique également que les sujets ayant les niveaux les plus élevés et les plus bas ont respectivement 6% et 25% de risque de développer une démence.

CONCLUSION : la leptine serait un bon indicateur de risque de démence.

Pour rappel. L'obésité et la surcharge pondérale sont deux facteurs de risque importants de démence chez les 50 ans et plus.

En effet, ils accroissent le risque de développer des maladies cardiovasculaires (hypertension, hypercholestérolémie, diabète) qui affectent aussi bien la santé du cerveau que celle du cœur.

L'effet peut être également indirect car l'on sait maintenant que les adipocytes (cellules formant le tissu adipeux) sécrètent des hormones (ex. la leptine), des facteurs de croissance et des molécules inflammatoires (ex. les cytokines) qui traversent la barrière hématoencéphalique pour atteindre et agir sur les régions du cerveau.

L'augmentation de la masse graisseuse vers la cinquantaine est également associée à un risque accru de démence, alors qu'elle semble au contraire diminuer le risque de démence chez les personnes de 70 ans et plus. Ce résultat, en apparence contradictoire, s'expliquerait par le fait que la perte de poids précède souvent un diagnostic de démence.

L'AVC est un facteur de risque prépondérant de démence

Source: Pendlebury ST et Rothwell PM. Prevalence, incidence, and factors associated with pre-stroke and post-stroke dementia: a systematic review and meta-analysis. Lancet Neurol. 8:1006-1018 2009.

CONTEXTE: il est admis que les accidents vasculaires cérébraux (AVC) augmentent le risque de démence. Cependant les résultats obtenus diffèrent selon les études. En effet, les fréquences de démence observées trois mois après un AVC varient de 6% à plus de 30%. Des auteurs ont réalisé une revue de littérature afin de déterminer les paramètres à l'origine de ces résultats hétérogènes.

RESULTATS : 73 articles scientifiques et plus de 7000 patients ont été pris en compte dans cette méta-analyse. La prévalence de la démence se situe entre 1% (population de patients non-hospitalisés âgés de 69 à 79 ans) et 4% (population de patients hospitalisés âgés de 59 à 80 ans)

Les facteurs associés à la présence d'une démence avant un AVC sont:
- Atrophie du lobe temporal médian (+670%)
- Antécédents familiaux (+350%)
- Patient de sexe féminin (+130%)
- AVC (+120%)
- Faible niveau d'éducation (+110%)
- Fibrillation auriculaire (+90%)
- Attaque ischémique transitoire (+80%)
- AVC multiples (+70%)
- Diabète (+50%)
- Hypertension (+40%)

Les facteurs associés à la présence d'une démence chez un patient victime d'un AVC sont:
- Incontinence (+540%)
- Crises épileptiques (+440%)
- Dysphagie (+260%)
- Atrophie du lobe temporal médian (+170%)
- AVC multiples (+150%)
- Faible niveau d'éducation (+150%)
- Fibrillation auriculaire (+100%)
- AVC unique (+90%)
- AVC siliencieux (+80%)
- Diabète (+40%)

CONCLUSION : L'AVC, et dans une moindre mesure les facteurs de risque cardio-vasculaires, augmentent le risque de démence. En effet, un patient sur 10 souffre de démence après un premier AVC, alors que plus d'un patient sur trois développe une démence après avoir été victime de plusieurs AVC. Il est donc important de mettre l'accent sur la prise en charge des patients ayant subi un AVC. L'hétérogénéité des résultats obtenus s'explique par des différences de méthodologie et par le profil des patients sélectionnés. Cette hétérogénéité peut être minimisée en distinguant les patients hospitalisés des patients non-hospitalisés et en incluant (ou non) des patients ayant été victimes d'un (ou plusieurs) AVC.

* La fréquence des démences qui suit un AVC dans l'année varie de 7% (chez les patients non-hospitalisés) à 40% (patients hospitalisés).

Pour rappel. Les maladies cardiovasculaires englobent les maladies coronaires (angine de poitrine, l'infarctus du myocarde et l'accident vasculaire cérébral). Elles se caractérisent par une obstruction partielle ou totale d'une artère irrigant le coeur ou le cerveau.

Les principaux facteurs de risque majeurs sont l'âge, le tabagisme, le diabète, l'hypertension artérielle et l'hypercholestérolémie, auxquels s'ajoutent l'obésité et la sédentarité.

Il est admis que les accident vasculaire cérébral (AVC) augmentent le risque de démence. Environ un quart des patients développent une démence dans les 5 ans qui suivent un AVC. Les mécanismes entraînant une démence sont multiples: infarctus multiples, hémorragies cérébrales et lésions étendues de substance blanche.

L'assocation entre hypertension et démence varie en fonction de l'âge: l'hypertension observée vers la cinquantaine et à un âge tardif est associée respectivement à une augmentation et une diminution du risque de démence. Selon une étude, une baisse de la pression sanguine précède d'environ trois ans un diagnostic de démence, phénomène qui peut s'expliquer par le fait qu'une diminution de pression est la conséquence d'une accélération du vieillissement.

Les études épidémiolgiques ayant analysé la relation entre cholestérol et démence ont fourni des résultats parfois difficiles à interpréter. Il semble cependant qu'une hypercholestérolémie vers la cinquantaine soit associée à une augmentation du risque de trouble cognitif associé ou non à une démence.

L'orexine: un protéine impliquée dans la maladie d'Alzheimer?

Source : Kang JE, Lim MM, Bateman RJ, Lee JJ, Smyth LP, Cirrito JR, Fujiki N, Nishino S, Holtzman DM. Amyloid-beta dynamics are regulated by orexin and the sleep-wake cycle. Science. 2009 Nov 13;326(5955):1005-7.

Une équipe américaine vient de montrer chez la souris qu'il existait une corrélation entre les niveaux d'amyloide dans le cerveau et la qualité du sommeil. Ils ont en effet observé que la quantité d'amyloide était augmentée lorsque le rongeur était privé de sommeil ou lorsqu'il recevait une injection d'orexine, une substance produite par l'organisme qui régule le sommeil et probablement impliquée dans la narcolepsie. En revanche, les niveaux d'amyloide sont abaissés lorsque l'action de l'orexine est bloquée. Ces résultats suggèrent que le cycle du sommeil joue un rôle dans les mécanismes responsables du développement de la maladie d'Alheimer.

Des études suggèrent une relation entre les traumatismes crâniens et la maladie d'Alzheimer

Une équipe américaine (Université de Californie, San Francisco) a analysé les dossiers médicaux de 281 540 vétérans américains âgés de 55 ans ou plus, exempts de démence au début de l'étude. L'étude a démontré que les lésions cérébrales traumatiques multipliait par deux le risque de troubles cognitifs et de démence (15,3% de cas contre 6,8% chez ceux qui ne souffraient pas de traumatismes.

L'auteur principal de l'étude indique que « Les données laissent à penser que le traumatisme crânien chez les vétérans âgés pourrait les prédisposer au développement d'une démence symptomatique. Elles suscitent des inquiétudes quant aux possibles conséquences sur le long terme des TCE chez les vétérans plus jeunes ».

Une autre étude conduite chez d'anciens joueurs de football américain rapporte qu'un pourcetage important de joueurs (35%; âge moyen de 61 ans) présentent des problèmes de mémoire, laissant envisager une possibilité de démence. A titre de comparaison, 13% des Américains âgés de 65 ans et plus sont atteints de la maladie d'Alzheimer.

Diagnostic de la maladie d'Alzheimer: présentation des résultats du test sanguin IHD-Amy

Le laboratoire alsacien Innovative Health Diagnostics (IHD) a présenté les résultats de son test sanguin IHD-Amy lors de l'ICAD (International Conference on Alzheimer's Disease) au mois de juillet dernier à Paris. Ce test diagnostique est fondé sur la présence d'une protéine caractéristique de la maladie (l'amyloïde) et présente l'avantage d'être rapide, peu invasifs, et économique. Il a été validé chez l'homme au cours d'un premier essai clinique qui s'est terminé à la fin de l'année dernière*.

Le test spécifique IHD-Amy a 83% de sensibilité et 82% de spécificité (si le test est positif, cela veut que la personne a 8 chances sur 10 d'être atteinte de la maladie). Ce sont les meilleurs résultats obtenus à ce jour pour un test sanguin de la maladie, a estimé Jean de Barry, chercheur à l'Inserm.

De plus, le caractère précoce de ce type de test, permettra non seulement de valider de futurs traitements médicamenteux, mais également de retarder la prise en charge hospitalière du patient en prenant des mesures rapides.

Le développement de ces tests a été rendu possible grâce au développement d'une sonde fluorescente permettant la détection de l'amyloïde. Une simple goutte de sang est suffisante ensuite pour réaliser l'analyse.

L'objectif d'IHD est donc de mettre en vente des kits de diagnostic rapidement, " à l'horizon 2014-2015 ", selon le président de la société.

* L'étude clinique a été menée en France sur 108 échantillons dont 32 volontaires sains, 58 personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer (MA) et 18 personnes atteintes de la sclérose en plaques.
Les critères d'inclusion des patients étaient :
- les volontaires sains doivent avoir un âge comparable aux patients MA et ne devaient présenter aucun antécédent psychiatrique;
- les patients MA sont sélectionnés au sein de centres de consultation de la mémoire, à partir d'un examen clinique, d'un examen d'imagerie médicale et de tests neuropsychologiques permettant d'évoquer un diagnostic de MA probable selon les critères du NINCDS-ADRDA;
- les patients atteints d'au moins un syndrome inflammatoire chronique tel qu'une sclérose en plaques sont diagnostiqués sur des critères cliniques, biologiques (analyse du liquide céphalo-rachidien) et d'imagerie médicale (imagerie par résonance magnétique).

 

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