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Qu'est-ce que le
vieillissement cérébral? Peut-on le prévenir?
Les mécanismes
Les progrès de la recherche
(clinique et fondamentale) permettent
aujourd'hui de mieux comprendre les effets de
l'âge sur la structure et le fonctionnement du
cerveau, et l'impact de ces changements sur la
baisse des capacités intellectuelles (mémoire,
attention, raisonnement, langage…) de la
personne qui vieillit. Les mécanismes associés
au vieillissement cérébral ont été en partie
identifiés (tels que l'inflammation, les
radicaux libres, les changements hormonaux)
ainsi que certains facteurs pouvant les
accélérer (tels que les maladies
cardiovasculaires, les traumatismes crâniens,
un mauvais mode de vie et des facteurs
génétiques et psychologiques).
Les caractéristiques
Le vieillissement cérébral
normal présente des caractéristiques
différentes de celles du vieillissement
pathologique (il existe cependant de
nombreuses similitudes). Ainsi, la perte de
neurones chez une personne âgée saine (on
entend par saine une personne exempte de
maladie déclarée) est minime et s'accompagne de
phénomènes de compensation. Cette perte est en
revanche massive, irréversible et sélective
chez une personne souffrant de maladies
d'Alzheimer ou de Parkinson. Cependant, les
sujets atteints de troubles cognitifs légers
sont susceptibles de développer une démence.
Cela laisse à penser que le cerveau
vieillissant se présente (dans certains cas)
comme un terrain propice au développement de
maladies dégénératives (environ 40% des
personnes âgées souffrant de troubles cognitifs
légers - principalement les troubles de la
mémoire - développeraient une démence au bout
de trois ans).
La prévention
Le vieillissement du cerveau,
comme celui de tout autre organe, est un
phénomène naturel; cependant, il apparaît
aujourd'hui possible de retarder, ralentir,
voire empêcher les effets de l'âge sur les
fonctions intellectuelles. De récents travaux
réalisés chez l'animal et l'homme indiquent que
le régime alimentaire, l'apport exogène de
suppléments et hormones, l'activité physique et
intellectuelle et le contrôle du stress
joueraient un rôle bénéfique préventif. Ces
stratégies de prévention pourraient avoir un
impact positif sur la qualité de vie des
personnes âgées soucieuses de préserver leurs
fonctions cognitives intactes, voire de
diminuer la vulnérabilité du cerveau face à
certaines maladies neurodégénératives.
Stéphane Bastianetto
Docteur en neurosciences
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