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Le vin est-il
meilleur que les autres alcools ?
Nous avons vu qu'une consommation modérée de
boissons alcoolisées -vin, bière ou spiritueux-
peut diminuer le risque de développer une
démence (lire l'article).
Une récente étude danoise suggère que, parmi
les boisson alcoolisées, le vin a une
meilleure action que la bière et autres
spiritueux [1].
Selon cette étude, les sujets ayant bu
régulièrement et modérément du vin ont deux
fois moins de risque de développer une démence
que ceux n'en ayant jamais (ou très rarement)
consommé.
En revanche, ce risque est
multiplié par 2 chez les buveurs de bière,
comparés à ceux qui n'en buvaient jamais ou
très rarement [2].
Selon les chercheurs, les
effets bénéfiques du vin s'expliqueraient par
la présence de composés antioxydants (en
particulier dans le vin rouge) appelés
flavonoïdes. Une étude antérieure avait
montré que plus la consommation de flavonoïdes
(provenant du thé vert, de fruits ou de légumes)
était importante, plus faible était le risque de
développer une démence.
Raisons et appréciation de cette différence
entre le vin et les autres boissons, et en
particulier la bière ? Cette étude appelle
plusieurs observations:
- Les habitudes alimentaires
(meilleures chez les buveurs de vin que chez les
consommateurs de bière ou de spiritueux) n'ont
pas été prises en compte dans l'étude; même si,
selon les auteurs, ce paramètre n'a qu'une
influence mineure.
- L'apport de vitamines B est
souvent faible chez les buveurs de bière. Or, Un
déficit en vitamines B peut accroître le risque
de maladie d'Alzheimer chez les personnes âgées...
- La consommation de vin est
souvent plus modérée que celle de la bière et
s'accompagne fréquemment d'une prise alimentaire;
or il est fort possible qu'une prise importante
et soudaine d'alcool ait un effet délétère sur
un organisme, en particulier celui d'une
personne âgée.
- Cette étude ne doit inciter
ni à commencer, ni à boire d'avantage de vin,
au risque d'en être pris; l'alcool et les
médicaments ne font pas bon ménage, dont
l'intéraction provoque souvent des effets
secondaires pouvant être graves, en particulier
chez une personne âgée.
Stéphane Bastianetto,
Ph.D.
Notes
1 Etude publiée par
Truelsen et alii. Amount and
type of alcohol and risk of
dementia, Neurology, 59,
1313-1319, 2002
Ses caractéristiques
sont les suivantes:
- Nombre de participants: 1709
- Age: 65 ans et plus
- Début et fin de l'étude: 1976-1994
- Durant cette période, 83 participants ont développé une démence dont:
- une démence de type Alzheimer: 40
- une démence vasculaire: 15
- Les 1626 (1709-83) personnes restantes ont été classées comme groupe "contrôle".
- Le diagnostic d'une démence a été posé selon les critères du "agnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM-III-R)"
- Dans cette étude, les critères ayant permis de diagnostiquer une maladie d'Alzheimer sont conformes à ceux du "National Institute of Neurologic and Communicative Disorders and Stroke and the Alzheimer's disease and Related Disorders Association (NINCDS-ADRDA)".
- Le diagnostic d'une démence vasculaire a été posé lorsque le résultat de l'échelle d'Hachinski était supérieur ou égal à 7.
2 Les données
recueillies ont permis de
constater que la consommation
de bière prédominait chez les
hommes, tandis que celle du vin
était égale chez les deux sexes.
Ces résultats confirment ceux
publiés antérieurement
indiquant que les consommateurs
modérés (3 à 4 verres par jour
soit 250-500ml/jour) de vin
rouge présentaient un risque moindre
de développer une démence de
type Alzheimer.
Voir articles ci-dessous:
Orgogozo et alii. Wine
consumption and dementia in the
elderly: a prospective community
study in the Bordeaux area.
Revue Neurologique 153, 185-192,
1997
Obisesan et alii. Moderate
wine consumption is associated
with decreased odds of
developing age-related macular
degeneration in NHANES-1.
Journal American Geriatrics
Society 46, 1-7, 1998
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