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Neuromédia : Une publication sur le vieillissement cérébral pour les seniors et leur entourage
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Personnes âgées et médicaments

Recommandations adoptées par le Conseil de l’Académie nationale de Pharmacie, en sa séance du 18 mai 2005.

1. Analyse de la situation

1.1 Consommation de médicaments par les médicaments: quelques chiffres

Le vieillissement de la population est une des caractéristiques de l’ensemble des pays occidentaux. Il est la conséquence de la baisse de la natalité et de l’augmentation de l’espérance de vie. Celle-ci résulte de l’amélioration de l’hygiène de vie, des comportements alimentaires, des conditions de travail, des progrès réalisés dans les domaines de la médecine et de la thérapeutique.

L’évolution de la population française de 1950 à 2050 (INSEE) indique que la proportion des personnes âgées de plus de 60 ans passera de 16 % à plus de 35 %. Toujours en France, un peu plus de 7 millions de personnes étaient âgées de plus de 70 ans en 2003, elles devraient être plus du double en 2050. L’avancée en âge s’accompagne de la prévalence de maladies chroniques qui, en se multipliant, sont responsables de l’allongement de la liste des prescriptions médicales et, donc, de la consommation de médicaments.

Les effets du vieillissement sur la consommation de médicaments n’ont pas seulement une origine démographique, ils dépendent aussi de facteurs comportementaux, de besoins thérapeutiques nouveaux ou encore de l’évolution des pratiques et des techniques médicales.

Vieillissement de la population et consommation médicale Le régime général de l’Assurance Maladie consacre un peu plus de 50 % de ses dépenses de soins de ville aux personnes âgées de plus de 55 ans et près de 30 % aux personnes de plus de 70 ans, alors que celles-ci représentent respectivement 26 % et 12 % de la population. [ Rapport de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés (CNAMTS) 1992-2000 ] (1).

Modifications des comportements en matière de consommation médicale
L’étude réalisée par la CNAMTS sur la période 1992-2000 révèle des modifications profondes de comportement d’une génération à l’autre (1). Cette augmentation de la consommation en médicaments devient plus nette aux environs de cinquante ans et croît très rapidement ensuite. Un exemple : la consommation médicale annuelle des personnes âgées de 78-79 ans était de 1 750 € en 1992, elle atteignait 3 500 € en 2000. Toutes les classes pharmacologiques sont concernées avec toutefois une augmentation importante de l’utilisation de médicaments psychotropes et cardiovasculaires.

La modification des comportements en matière de consommation médicale des personnes âgées est un fait incontournable, qui devrait avoir un impact important sur les dépenses de santé dans les années à venir.

De nouveaux besoins apparaissent
L’amélioration des méthodes diagnostiques et des techniques d’exploration ainsi que les innovations thérapeutiques modifient les comportements des médecins et des patients et entraînent des besoins nouveaux en matière de prescription médicale.

En particulier, les demandes d’examens d’imagerie médicale, scanners, IRM… sont devenues plus fréquentes voire courantes. Les nouvelles possibilités de prothèse articulaire, notamment de hanche, sont plus souvent mises à profit.

1.2 Polymédication chez la personne âgée

L’avancée en âge s’accompagne d’une augmentation de la prévalence de certaines maladies chroniques cardiovasculaires, neurologiques, ostéoarticulaires, respiratoires ou oculaires sans oublier, bien sûr, les différents types de cancer et les pathologies du rein. Ces maladies sont souvent associées entre elles, comme cela peut être le cas classique du diabète de type II. En effet, le diabétique peut être également hypertendu, présenter une dyslipémie, des troubles du rythme cardiaque ou, encore, des risques d’accident vasculaire cérébral ou cardiaque. D’où le recours à plusieurs médicaments spécifiques, c’est-à-dire à une polythérapie ou, plus exactement, à une polymédication [ polypharmacy, en anglais ].

Qu’entend-on par polymédication ?
Une polymédication commence lorsque trois médicaments différents sont prescrits ensemble. Mais la plupart des auteurs s’accordent pour « fixer le seuil » de la polymédication à l’utilisation d’au moins cinq médicaments différents (2, 4). L’avancée en âge, le nombre de médecins consultés, le nombre de maladies et/ou de symptômes diagnostiqués sont les principales sources de la polymédication du sujet âgé.

Rappelons que, dans l’étude PAQUID (5), sur les 3 777 personnes du sous-groupe portant sur la prise de médicaments, 3 364 (89,1 %) personnes vivant à leur domicile ont déclaré prendre au moins 1 médicament par jour. Sur ce total :
- 1 837 (48,6 %) prenaient entre 1 et 4 médicaments par jour,
- 1 449 (38,4 %), 5 à 10 médicaments par jour,
- 78 (2,1 %), plus de 10 médicaments par jour.

Sur les 350 personnes vivant en Institution, 336 (94,1 %) utilisaient au moins un médicament par jour :
- 136 (38,1 %), 1 à 4 médicaments par jour,
- 185 (51,8 %), 5 à 10 médicaments par jour,
- 15 (4,2 %), plus de 10 médicaments par jour.

Maladies les plus fréquemment rencontrées
Les maladies rencontrées chez les personnes âgées peuvent leur être spécifiques comme la dégénérescence maculaire rétinienne. Elles peuvent être aussi des maladies rencontrées à tout âge, mais dont la fréquence augmente souvent considérablement avec le vieillissement (exemple, la maladie d’Alzheimer, l’arthrose).

Les maladies les plus souvent diagnostiquées chez les sujets âgés (3, 6, 7) sont :
- les cancers,
- les maladies cardio-vasculaires (hypertension, maladies ischémiques, insuffisance cardiaque, fibrillation auriculaire),
- les accidents vasculaires cérébraux,
- les maladies neurodégénératives (maladie d’Alzheimer, maladie de Parkinson),
- les troubles du système ostéo-articulaire et musculaire (arthrose, ostéoporose),
- le diabète,
- l’insuffisance rénale chronique,
- les affections respiratoires, en particulier l’insuffisance respiratoire chronique,
- les affections oculaires (dégénérescences maculaires, cataracte, glaucome).

Le poids de ces maladies se mesure, non seulement en termes de mortalité, mais aussi en termes de consommation de soins, de journées d’hospitalisation, de prescriptions de médicaments, de dépendance et, donc, de dépenses de santé (6).

Médicaments les plus souvent prescrits
Toujours selon l’étude PAQUID, les classes thérapeutiques faisant l’objet de plus de prescriptions chez le sujet âgé (5) sont, en dehors des anticancéreux,
- les médicaments cardiovasculaires chez 76 % des patients ;
- les psychotropes, 41 % ;
- les antalgiques, 23 % ;
- les médicaments de l’appareil digestif, 13 % ;
- les antidiabétiques, 7 %.

La suite du rapport (format PDF) sur le site d'acadpharm





Mieux prescrire pour la personne âgée

Par le Dr Thierry Van der Schueren* et le Dr Véronique Latteur. La Revue de la Médecine Générale n° 199 janvier 2003

À doses égales, les effets secondaires liés à la prise de médicaments sont plus fréquents chez les personnes âgées que dans le reste de la population. Leurs conséquences sont également plus graves. Les modifications physiologiques, la polymédication, ainsi que les problèmes d’interactions et de compliance qui en résultent, sont les facteurs déterminants de l’augmentation du risque iatrogène chez la personne âgée. On a démontré que 30% des hospitalisations gériatriques sont liées aux effets des médicaments.

Une partie du risque iatrogénique est inévitable car liée à la physiologie du vieillissement et à la multiplicité des pathologies souvent rencontrées chez une même personne âgée. Toutefois, la moitié des effets indésirables sont évitables au prix d’un effort de réflexion avant et pendant l’acte de prescription.

Prescrire trop de médicaments ou trop longtemps expose au risque d’interactions, aux erreurs et à la non-observance du traitement. Ne plus prescrire ou prescrire trop peu de médicaments serait une réponse tout aussi inadéquate. En effet, certains médicaments dangereux sont très utiles à dose thérapeutique, mais les prescrire à dose inefficace est encore plus préjudiciable. Interrompre brutalement la prise de certaines substances expose aux risques du sevrage (benzodiazépines, bêtabloquants p. ex.).

Prescrivons donc mieux en réfléchissant davantage à nos choix thérapeutiques.

Modifications de la pharmacocinétique liées à l'âge

L’absorption, la distribution, la métabolisation et l’élimination d’un médicament constituent la pharmacocinétique de cette substance.

La phase d’absorption des médicaments est souvent passive. En règle générale, la vitesse d’absorption des médicaments chez la personne âgée est ralentie. Cela est secondaire à une diminution de l’acidité gastrique, à un ralentissement de la motilité intestinale et à une réduction du débit sanguin intestinal.

La phase de distribution du médicament dans les différents compartiments de l’organisme est influencée par l’âge. En effet, la masse adipeuse augmente avec l’âge aux dépens de la masse musculaire. De plus, la fraction libre de nombreux médicaments augmente chez la personne âgée. Les effets thérapeutiques et/ou toxiques en sont donc accrus. L’explication de cette hausse de la fraction libre réside dans la diminution de l’albumine plasmatique et donc des possibilités de fixation pour de nombreuses substances. C’est le cas de plusieurs AINS et de la phénytoïne par exemple. À ce stade, des interactions médicamenteuses peuvent également survenir par compétition pour la fixation aux protéines plasmatiques. Le vieillissement s’accompagne aussi de modifications dans le nombre et l’affinité de multiples récepteurs.

La phase de métabolisation, hépatique pour la majorité des médicaments, est également modifiée par l’âge. En effet, la masse hépatique et le flux sanguin la traversant sont diminués. Il en résulte une diminution, parfois importante, de l’effet de premier passage. C’est particulièrement le cas pour le diclofénac et la morphine qui seront donc plus actifs chez la personne âgée. L’apparition d’une insuffisance hépatique n’est pas directement liée à l’âge. L’importance d’une insuffisance hépatique sera évaluée grâce à la classification de Child and Pugh.

Cette classification permet de répertorier les insuffisances hépatiques en légères, modérées ou sévères sur base de critères cliniques et biologiques simples. La notice du médicament ou le Répertoire Commenté des Médicaments nous indiqueront ensuite si la substance pressentie est contreindiquée ou si sa posologie doit être adaptée.

La suite de l'article (format PDF) sur le site belge de la Société Scientifique de Médecine Générale

Juillet 2009

 

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