Dépression

Maladies




Définition

L’humeur est un état émotionnel variant entre l’euphorie (état exagéré de bien-être intérieur), l’euthymie (état de sérénité), la dysphorie (trouble de l’humeur caractérisé par une perte d’intérêt et un sentiment d’insatisfaction) et la tristesse.

La dépression est une des formes de troubles de l’humeur qui sont généralement classés  de la manière suivante :

1. La dépression
2. La dysthymie
3. Les troubles bipolaires (ou maniaco-dépressifs)
4. La cyclothymie

Parmi la dépression, on distingue :

  1. la dépression majeure qui entraîne l’individu de travailler normalement, de bien dormir et bien manger, de se concentrer et d’apprécier les plaisirs de la vie. Une personne a généralement plusieurs épisodes de dépression majeure;
  2.  la dysthymie, avec des symptômes moins sévères mais durent plus longtemps (au moins deux ans);
  3. la dépression mineure, avec des symptômes d’intensité moins sévère que dans les deux cas précédents et qui sont temporaires.

Les troubles de l’humeur sont les troubles mentaux les plus fréquents chez le sujet âgé. En effet, la vieillesse une période de vulnérabilité propice à l’apparition de troubles de l’humeur.

Voici quelques facteurs de risque susceptibles de déclencher des troubles de l’humeur chez la personne âgée:

  • Solitude (ou sentiment de solitude) et isolement social.
  • Conséquences de la retraite (ex. sentiment de se sentir inutile, perte d’activité).
  • Conflits interpersonnels.
  • Décès d’amis proches.
  • Date d’anniversaire du deuil.
  • Perte d’autonomie due aux maladies physiques.
  • Perturbation hormonale due à un dérèglement de la mélanine ou des hormones thyroïdiennes.
  • Être de sexe féminin.
  • Souffrir d’une maladie chronique (cancer, diabète, maladie du coeur).
  • Mal dormir.
  • Avoir des antécédents familiaux de dépression.
  • Prendre certains médicaments.
  • Consommer trop d’alcool.
  • Mener une vie stressante (prendre soin de quelqu’un avec une maladie chronique).

La dépression majeure des personnes âgées n’est pas correctement prise en charge car l’entourage considère à tort qu’il est normal d’être triste parce que l’on a perdu un proche ou que l’on perd en autonomie. Cependant, dans le cas d’une dépression, la tristesse perdure.

Prévalence

Population Pourcentage
Homme (55-75 ans) 2,6
Femme  (55-75 ans) 6,6
Ensemble 15-75 ans 7,8

 

Critères diagnostiques

Les critères diagnostiques sont ceux issus du manuel de psychiatrie américain DSM IV et de la Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes, 10e révision (CIM-10, Organisation Mondiale de la Santé). Cependant, ces classifications ne sont pas totalement adaptées aux personnes âgées car celles-ci ont tendance à ne pas exprimer verbalement leur tristesse.

Critères du DSM IV

Dans le manuel DSM IV, les troubles de l’humeur (affectifs) sont divisés en trois parties : 
1. Les épisodes thymiques (épisode dépressif majeur, épisode maniaque1, épisode mixte, épisode hypomaniaque2).
2. Les troubles dépressifs en fonction de l’évolution (épisode isolé, récurrent, trouble dysthymique.
3. Les troubles bipolaires de type I et II.

Critères du CIM-10

Dans le manuel du CIM-10 (2003), les troubles de l’humeur sont divisés en sept parties. La plupart de ces troubles ont tendance à être récurrents. L’apparition d’épisodes individuels peut souvent être mise en relation avec des situations ou des événements stressants. Le changement de l’humeur est habituellement accompagné d’une modification du niveau global d’activité.

1. Épisode maniaque
1.a Hypomanie.
1.b Manie sans symptômes psychotiques.
1.c Manie avec symptômes psychotiques (idées délirantes, hallucinations, agitation ou hyperactivité).

2. Trouble affectif bipolaire
L’humeur et le niveau d’activité du sujet sont profondément perturbés, tantôt dans le sens d’une élévation (hypomanie ou manie), tantôt dans le sens d’un abaissement (dépression). 
2.a Le sujet est actuellement hypomaniaque, et a eu, dans le passé, au moins un autre épisode affectif.
2.b Le sujet est actuellement maniaque, sans symptômes psychotiques.
2.c Le sujet est actuellement maniaque, avec symptômes psychotiques.
2.d Le sujet est actuellement déprimé, comme au cours d’un épisode dépressif d’intensité légère ou moyenne. 2.e Le sujet est actuellement déprimé, comme au cours d’un épisode dépressif d’intensité sévère sans symptômes psychotiques.
2.f Le sujet est actuellement déprimé, comme au cours d’un épisode dépressif d’intensité sévère avec symptômes psychotiques.
2.g Présence simultanée ou en alternance de symptômes maniaques et dépressifs.
2.h Trouble affectif bipolaire, actuellement en rémission.

3. Épisodes dépressifs
3.a Épisode dépressif léger. Le sujet reste, le plus souvent, capable de poursuivre la plupart de ses activités.
3.b Épisode dépressif moyen. Le sujet éprouve des difficultés considérables à poursuivre ses activités usuelles.
3.c Épisode dépressif sévère sans symptômes psychotiques. Les idées et les gestes suicidaires sont fréquents et plusieurs symptômes « somatiques » sont habituellement présents.
3.d Épisode dépressif sévère avec symptômes psychotiques (hallucinations, idées délirantes) ou un ralentissement psychomoteur ou une stupeur. Les activités sociales habituelles sont impossibles. Risque de suicide, de déshydratation ou de dénutrition.

4. Trouble dépressif récurrent
4.a Trouble caractérisé par la survenue répétée d’épisodes dépressifs, l’épisode actuel étant d’intensité légère, moyenne ou sévère, en l’absence de tout antécédent de manie et sans symptômes psychotiques. 4.b Trouble caractérisé par la survenue répétée d’épisodes dépressifs, l’épisode actuel d’intensité sévère avec symptômes psychotiques. 4.c Trouble dépressif récurrent, actuellement en rémission (F33-4)

5. Troubles de l’humeur persistants
5.a Troubles de l’humeur persistants et habituellement fluctuants, dans lesquels la plupart des épisodes individuels ne sont pas suffisamment sévères pour justifier un diagnostic d’épisode hypomaniaque ou d’épisode dépressif léger.
5.b Cyclothymie : instabilité persistante de l’humeur, comportant de nombreuses périodes de dépression ou d’exaltation légère (F34-0).
5.c Dysthymie : abaissement chronique de l’humeur.

6. Autres troubles de l’humeur

7. Trouble de l’humeur, sans précision 

 

Signes et symptômes

Voici quelques caractéristiques cliniques de la dépression qui sont parfois les mêmes que chez les sujets plus jeunes :

  • sentiments persistants de tristesse et de désespoir.
  • Pessimisme.
  • Incapacité à trouver une vie agréable comme avant.
  • Sommeil perturbé (dort peu ou pas assez).
  • Crises de larmes inexpliquées.
  • Modification de l’appétit et du poids.
  • Désintérêt de la sexualité.
  • Fatigue, manque d’énergie.
  • Négligences vestimentaires ou corporelles.
  • Sentiments d’inutilité et de culpabilité.
  • Agitation ou ralentissement psychomoteur.
  • Perte d’intérêt pour les choses.
  • Idées suicidaires.
  • Perte de l’estime de soi.
  • Anxiété qui est souvent le masque d’une dépression.
  • Symptômes hypochondriaques et délirants.
  • Irritabilité et hostilité.
  • Incapacité à prendre plaisir à faire une activité, à manger etc. (anhédonie)
  • Difficulté de concentration et de mémorisation.
  • Difficultés à prendre des décisions.

 

Diagnostic et évaluation de la sévérité

L’échelle de dépression gériatrique (ou GDS): c’est un test permettant de diagnostiquer une dépression chez une personne âgée.

L’échelle de dépression de Hamilton: c’est le test le plus utilisé pour évaluer l’intensité des symptômes dépressifs.

 

La dépression associée à certaines maladies chroniques

Les personnes souffrant de dépression on un risque accru de maladie cardiovasculaire, de maladie de Parkinson et de maladie d’Alzheimer. D’autre, les personnes âgées souffrant d’une maladie chronique (diabète. hypertension artérielle, problème cardiaque) ont deux à quatre fois plus de risque d’avoir une dépression majeure que d’autres du même âge et en bonne santé.

La dépression liée à la maladie de Parkinson

La dépression peut entraîner l’Alzheimer

Dépression et maladie cardiovasculaire

 

Traitement

Les antidépresseurs. Lorsque le diagnostic de dépression majeure est posé chez la personne âgée, les études rapportent que l’efficacité d’un antidépresseur est reconnue comparée à un placebo, ce qui n’est pas le cas si la dépression est mineure.

Il est fréquent que les personnes âgées essaient plusieurs antidépresseurs avant de tomber sur le bon médicament, ce qui conduit à un taux de rémission de plus de 80%. Les associations d’antidépresseurs sont déconseillées.

Il est important de ne pas arrêter un traitement sans l’avis de son médecin. Le traitement doit être poursuivi plusieurs mois même si les effets bénéfiques se font ressentir.

La thérapie électroconvulsive (ECT) est parfois utilisée dans la dépression sévère chez les sujets réfractaires aux antidépresseurs, à raison de deux à trois séances par semaine sous anesthésie générale pendant environ un mois. L’ECT est une thérapie consistant à stimuler le cerveau directement avec de l’électricité, des aimants ou des implants. Certains de ces traitements sont encore à l’étape expérimentale. Si la dépression persiste en dépit des médicaments, ou si la dépression est si grave que l’individu est incapable de manger ou qu’il développe des fausses croyances (idées délirantes) au sujet de sa maladie, la médecin peut recommander l’ECT comme la meilleure option. Bien qu’elle soit utilisé depuis près de 80 ans, la thérapie électroconvulsive​​ reste le traitement le plus puissant et le plus rapide dans la dépression sévère.

Malgré que l’ECT soit efficace et sûre chez les personnes âgées, de nombreuses idées fausses subsistent chez les patients et les professionnels de la santé. L’ECT peut certes provoquer des effets secondaires tels qu’une confusion et une perte de mémoire qui sont habituellement temporaires.

Anxiété et dépression

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