Alzheimer (maladie d’) : quelle en est la cause? Peut-on la retarder?

Maladies

Quelle est la différence entre un vieillissement cérébral normal et pathologique ?

Durant le vieillissement cérébral naturel, les neurones (les cellules jouant une rôle primordial dans le fonctionnement du cerveau), sont plus vulnérables. Ils perdent leur efficacité mais restent relativement intacts.

Cela n’est pas le cas chez une personne âgée atteinte d’une démence : on parle alors de vieillissement cérébral pathologique.

Le vieillissement cérébral pathologique se traduit par une perte importante de neurones: on parle alors de neurodégénérescence. Les maladies qui sont responsables de cette perte de neurones sont des maladies neurodégénératives.

De plus, la perte des neurones est progressive, c’est-à-dire que cette perte s’accélère au fur et à mesure que la maladie évolue. Dans le cas de la démence, la mort des neurones précède de 10 à 20 ans l’apparition durable des symptômes (troubles de la mémoire, du jugement et du langage, perte de l’orientation, troubles du comportement et de l’humeur…).

Lorsque ces symptômes apparaissent, un diagnostic de démence est posé. La démence est un terme médical désignant une détérioration durable des fonctions intellectuelles. Les causes sont multiples, la maladie d’Alzheimer étant la cause principale des démences.

La cause

La cause déclenchant la maladie d’Alzheimer est actuellement inconnue, ce qui est explique pourquoi celle-ci est aujourd’hui incurable. Cela est de même avec les autres formes de démence: démence vasculaire, démence à corps de Lewy.

Les traitements actuels, appliqués selon le stade de la maladie (les cliniciens ont déterminé quatre stades de la maladie: léger, modéré, grave et terminal), ont pour objectif de ralentir la progression de la maladie, d’atténuer provisoirement les déficits cognitifs (mémoire) de la personne souffrante. Ces médicaments sont l’Aricept®, l’Exelon®, le Reminyl® et l’Ebixa®

De futurs traitements sont à l’étude mais sont bien évidemment indisponibles. Ils visent entre autre à bloquer les effets d’une substance (appelée protéine béta-amyloïde) qui, en s’accumulant anormalement dans le cerveau du malade, s’attaque aux neurones.

Les risques

Bien que la cause soit inconnue, nous savons qu’il existe plusieurs facteurs augmentant le risque de développer une maladie d’Alzheimer. L’âge apparaît comme le plus important, ce qui explique pourquoi le nombre de personnes atteintes augmente au fur et à mesure que la population vieillit (il convient de souligner que la maladie d’Alzheimer ne serait pas une évolution inéluctable du vieillissement du cerveau).

De plus, les études épidémiologiques ont montré qu’une modification de l’ADN (la molécule support de l’information génétique assurant le bon fonctionnement des cellules) augmente le risque d’être atteint de la maladie. C’est la cas par exemple de mutations de certains gènes (par exemple la mutation du gène de la présiniline) qui conduit à la maladie d’Alzheimer à l’âge mûr (vers 30 à 40 ans suivant le gène muté): on dit alors que le malade est atteint d’une forme héréditaire de la maladie d’Alzheimer. La mutation étant dominante, et puisque chaque parent transmet un allèle (variante du gène), un enfant a 50% de développer la maladie.

Mais la génétique n’explique pas tout puisque la majorité des cas sont sans lien héréditaire évident (on dit alors que les sujets sont atteints de la forme sporadique de la maladie). C’est la forme la plus courante (plus de 95% des cas) de la maladie, atteignant les individus de manière isolée et irrégulière à un âge tardif (plus de 65 ans).

Enfin, les antécédants médicaux (maladies cardiovasculaires, traumatismes crâniens, dépression…), le mode de vie, voire des substances toxiques (hypothèse controversée à l’heure actuelle) favoriseraient chez certains individus son apparition.

A l’inverse, le niveau d’éducation, une alimentation saine, une activité physique et mentale la retardent.

La multiplicité de ces facteurs (vraisemblablement interdépendants) expliquerait pourquoi cette maladie se présente sous des aspects très divers et affecte inégalement les personnes: ainsi elle peut toucher une personne âgée de 40 ans et sa durée moyenne après diagnostic varie de 5 à 8 ans.