Vitamine D : a-t-elle des bienfaits sur le coeur ?

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Une carence en vitamine D serait liée à un risque accru de maladie du coeur, en augmentant les marqueurs du syndrome métabolique, à savoir le diabète, l’obésité et l’hyperglycémie.

La vitamine D et l’estradiol diminuerait le syndrome métabolique

Une nouvelle étude démontre les effets synergiques des carences en vitamine D et en estradiol sur le syndrome métabolique.

La vitamine D et les œstrogènes ont déjà montré des résultats concluants sur la santé des os chez les femmes.

Une nouvelle étude suggère que cette même combinaison pourrait aider à prévenir le syndrome métabolique, un ensemble de maladies qui augmente le risque de maladie du coeur, d’accident vasculaire cérébral et de diabète chez les femmes ménopausées. Les résultats sont publiés dans Menopause, le journal de la North American Menopause Society (NAMS) du mois de juin 2019.

Le syndrome métabolique est devenu un problème de santé publique majeur, affectant 30 à 60% des femmes ménopausées dans le monde. La progression de l’obésité abdominale et des maladies cardiaques conduisant à un syndrome métabolique augmente considérablement avec l’âge et semble être directement associée à la perte d’œstrogènes chez les femmes ménopausées. Cela a conduit certains chercheurs à recommander le traitement à l’estradiol chez les femmes ménopausées depuis moins de six ans, afin de prévenir les maladies cardiaques.

De même, la vitamine D a été associée à plusieurs marqueurs du syndrome métabolique, notamment l’obésité, l’hyperglycémie, la résistance à l’insuline et le diabète de type 2. Un supplément en vitamine D réduit le risque de syndrome métabolique après 20 ans de suivi.

Comme les bénéfices d’une combinaison vitamine D et œstrogènes sont déjà reconnus pour améliorer la santé des os chez les femmes, les chercheurs de cette nouvelle étude ont émis l’hypothèse que cela pourrait être également le cas sur le syndrome métabolique.

L’étude entreprise par les chercheurs chinois comprenait 616 femmes ménopausées âgées de 49 à 86 ans qui ne prenaient pas de suppléments d’oestrogène et de vitamine D / calcium au début de l’essai.

Les résultats ont montré  qu’une teneur élevée en vitamine D était associée à un bon profil lipidique, une pression artérielle et un taux de glucose normal. L’estradiol était associée négativement au cholestérol, aux triglycérides et à la pression artérielle. Ces résultats suggèrent un rôle synergique de la vitamine D et de la carence en estradiol dans le développement du syndrome métabolique chez les femmes ménopausées.

« Dans cette étude transversale, une faible teneur en estradiol a augmenté le risque de syndrome métabolique chez les femmes ménopausées présentant un déficit en vitamine D », a déclaré le Dr JoAnn Pinkerton, directrice exécutive de la revue.

Les médecins américains recommandent des niveaux de vitamine D de 30 ng / mL pour les femmes ménopausées. La question de savoir si des niveaux adéquats de vitamine D améliorent la santé cardiovasculaire ou cognitive reste en débat.

Un bon indicateur de risque du coeur et d’AVC

Les niveaux de vitamine D seraient un bon indicateur de risque de maladie du coeur (infarctus) mais aussi d’accident vasculaire cérébral. Des chercheurs américains du Centre médical de Salt Lake City ont analysé en 2016 les taux des métabolites de la vitamine D (produits après métabolisme de la vitamine D) chez 4200 personnes âgées de 52 à 76 ans.

Les personnes qui ont à la fois un faible niveau de vitamine D sont plus susceptibles d’êtres victimes d’un accident cardiovasculaire (crise cardiaque, AVC, insuffisance cardiaque ou mort cardiaque). Un quart d’entre elles souffraient de diabète et environ 70% avaient une maladie coronarienne.

Selon les chercheurs, il serait possible de déterminer la dose de vitamine D à prescrire pour réduire le risque d’accident cardiovasculaire.

Source : Congrès de l’American College of Cardiology Scientific (Chicago, avril 2016)

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