L’anosognosie : un signe avant-coureur de maladie d’Alzheimer ?

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Les patients qui ne se rendent pas compte qu’ils ont des problèmes de mémoire (anosognosie) risquent davantage de voir leur état s’aggraver dans un court laps de temps, et de développer la maladie d’Alzheimer.


Certaines affections cérébrales peuvent interférer avec la capacité du patient à comprendre qu’il a un problème de santé, un trouble neurologique connu sous le nom d’anosognosie souvent associée à la maladie d’Alzheimer.

Dans une étude publiée par une équipe canadienne (Université de McGill), les personnes qui ne se rendent pas compte de leur affection présentent une probabilité presque triple de développer une démence dans les deux ans.

L’anosognosie serait donc un nouveau signe précurseur identifié de la maladie d’Alzheimer.

Alzheimer : les signes précurseurs

Les chercheurs ont analysé 450 patients qui présentent de légers déficits de mémoire, mais qui étaient encore capables de prendre soin d’eux-mêmes.

Les chercheurs leur ont demandé ainsi qu’à leurs proches d’évaluer leurs capacités cognitives.

Lorsqu’un patient a déclaré n’avoir aucun problème cognitif mais que le membre de la famille a signalé des difficultés importantes, le patient était considéré comme n’étant pas conscient de son état.

Les chercheurs ont ensuite comparé le groupe anosognosie à ceux qui ne présentaient aucun problème de conscience et ont découvert que le 1er groupe présentait une altération de la fonction métabolique cérébrale (les neurones sont moins actifs) et une augmentation des dépôts amyloïdes.

Un suivi réalisé deux ans plus tard a montré que les patients qui ignoraient leurs problèmes de mémoire étaient plus susceptibles d’avoir développé une démence, même en tenant compte d’autres facteurs tels que le risque génétique, l’âge, le sexe et l’éducation.

L’augmentation de la progression vers la démence coïncide avec une baisse du métabolisme cérébral dans les régions touchées dans la maladie d’Alzheimer (en particulier l’hippocampe).

Cette découverte souligne l’importance de consulter les membres de la famille proche du patient lors des visites médicales.

«Cela a des applications pratiques pour les cliniciens: les personnes souffrant de troubles légers de la mémoire devraient avoir une évaluation qui tient compte des informations recueillies auprès d’informateurs fiables, tels que des membres de la famille ou des amis proches», explique le Dr Serge Gauthier, professeur de neurologie à l’université McGill.

Source J. Therriault et coll. Anosognosia predicts default mode network hypometabolism and clinical progression to dementia. Neurology, 2018.