L’apnée du sommeil : un facteur de risque de la maladie d’Alzheimer ?

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L’apnée obstructive du sommeil augmente le risque de développer la maladie d’Alzheimer, probablement en augmentant les dépôts d’amyloïde dans le cerveau. Elle précipiterait également les premiers troubles de mémoire.



En 2017, une étude a montré que la sévérité de l’apnée obstructive du sommeil va de pair avec un niveau plus élevé d’amyloïdes (lésions caractéristiques de la maladie d’Alzheimer) dans le cerveau.
Ainsi, les individus avec plus d’apnées par heure ont eu une plus grande accumulation d’amyloïdes dans le cerveau.

L’apnée obstructive du sommeil affecte de 30 à 80% des personnes âgées.

« Plusieurs études ont suggéré que les troubles du sommeil pourraient contribuer aux dépôts amyloïdes et accélérer le déclin cognitif chez les personnes à risque », a déclaré le Dr R. Osorio, MD, auteur principal de l’étude et professeur de psychiatrie à l’Université de New York.




L’étude a inclus 208 participants, âgés de 55 à 90, présentant une cognition normale. Les chercheurs ont effectué des ponctions lombaires pour prélever du liquide céphalo-rachidien (LCR) auprès des participants, puis utilisé la tomographie par émission de positons pour mesurer les dépôts d’amyloide directement dans le cerveau.

Les résultats ont révélé que plus de la moitié des participants avaient une apnée obstructive du sommeil, dont 36,5% d’intensité légère et 16,8% d’intensité modérée à sévère. De l’échantillon total de l’étude, 104 ont participé à une étude longitudinale sur deux ans. Il a été observé une corrélation entre la sévérité de l’apnée et une augmentation des dépôts amyloïdes dans le cerveau.

L’étude n’a en revanche pas trouvé que la sévérité de l’apnée était annonciatrice d’une détérioration cognitive chez ces adultes âgés en bonne santé, ce qui peut paraître étonnant.

«Il est clair que le sommeil est important pour la mémoire » rajoute-t-il. « Souvent, les gens qui souffrent d’apnée du sommeil ne savent pas. Leurs voies respiratoires sont temporairement bloquées, ce qui les oblige à se réveiller inconsciemment. Certaines personnes souffrant d’apnée du sommeil peuvent se réveiller au moins 35 fois par heure. »

Selon les chercheurs, la ventilation nocturne en pression positive continue, les appareils dentaires, la thérapie positionnelle et autres traitements de l’apnée du sommeil pourrait retarder la déficience cognitive et la démence chez de nombreux individus âgés.

En 2015, la même équipe avait montré dans la revue Neurology que l’apnée du sommeil non soignée avance de 13 ans en moyenne l’apparition des premiers signes de perte de mémoire (77 ans au lieu de 90).

Elle confirme une étude précédente (voir ci-dessous) ayant montré que les personnes âgées présentant des apnées du sommeil – signes de respiration perturbée pendant le sommeil – sont plus susceptibles d’avoir un risque de développer la maladie d’Alzheimer.

L’apnée du sommeil a également des effets néfastes sur la système cardiovasculaire en augmentant le risque de maladies cardiaques, de diabète de type 2, d’hypertension artérielle et d’obésité. Elle augmenterait le risque d’accident vasculaire cérébral.

Cela expliquerait, du moins en partie, son impact délétère sur le cerveau de la personne âgée.

La bonne nouvelle est qu’en traitant ces troubles respiratoires nocturnes à l’aide d’un masque à pression positive, son effet délétère disparait.

2470 dossiers médicaux de personnes âgées de 55 à 90 ans participant à une étude sur la maladie d’Alzheimer ont été analysés.

Le fait qu’il existe une corrélation entre apnée du sommeil et maladie d’Alzheimer ne signifie par pour autant qu’il existe un lien de cause à effet.

L’apnée du sommeil toucherait, chez les personnes âgées, un homme sur deux et une femme sur quatre, dont une bonne partie n’en est pas conscient.

Les personnes souffrant d’apnées du sommeil non traitées ronflent bruyamment, ont une respiration qui s’arrête en pleine nuit et se sentent fatiguées le jour.

 

Sources

R A Sharma et coll. Obstructive Sleep Apnea Severity Affects Amyloid Burden in Cognitively Normal Elderly: A Longitudinal Study. American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine, 2017.

Osorio RS et coll. Alzheimer’s Disease Neuroimaging Initiative. Sleep-disordered breathing advances cognitive decline in the elderly. Neurology, 12;84(19):1964-71, 2015.