Attaque de panique

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Une attaque de panique est une crise soudaine d’angoisse accompagnées de troubles intenses – sensation d’étouffement, palpitations cardiaques, peur de mourir. Elle est souvent accompagnée de comorbidité chez la personne âgée qui évite de se déplacer (par exemple en métro) par crainte de faire une attaque de panique.



L’attaque panique est définie comme l’apparition soudaine, et durant une période bien délimitée (rarement plus de 30 minutes) d’une appréhension, d’une peur, ou de malaises intenses, présentant au moins quatre des symptômes somatiques ou cognitifs suivants : 
1. Palpitations, battements de cœur ou accélération du rythme cardiaque 
2. Transpiration 
3. Tremblements ou secousses musculaires 
4. Sensations de « souffle coupé » ou impression d’étouffement 
5. Sensation d’étranglement 
6. Douleur ou gêne thoracique 
7. Nausée ou gêne abdominale 
8. Sensation de vertige, d’instabilité, de tête vide ou impression d’évanouissement 
9. Déréalisation (sentiments d’irréalité) ou dépersonnalisation (être détaché de soi) 
10. Peur de perdre le contrôle de soi ou de devenir fou 
11. Peur de mourir 
12. Sensations d’engourdissement ou de picotements (paresthésies) 
13. Frissons ou bouffées de chaleur




La sensation de vertige est particulièrement symptomatique chez la personne âgée, de même que la moiteur des mains, la sensation d’étouffement, les secousses musculaires, la sensation d’irréalité de l’environnement. L’agoraphobie est un trait peu rapporté chez les personnes âgées qui paniquent, sans doute parce qu’elles évitent les lieux publics pour des raisons diverses (manque d’intérêt, fatigue)
Les attaques de panique peuvent masquer la présence d’autres maladies ou facteurs environnementaux telles que une hypertension artérielle non traitée, une tachycardie, une angine de poitrine non traitée, une insuffisance respiratoire ou un environnement social perçu comme anxiogène.

Si l’anxiété généralisée est le trouble anxieux prédominent chez la personne âgée – entre 5% et 15% en souffriraient- la consommation abusive d’anxiolytiques à un âge avancée est probablement liée aux attaques de panique.

Épidémiologie

Les études épidémiologiques situent la prévalence du trouble panique des attaques de panique entre 3 et 6%. Les femmes semblent trois fois plus exposées au risque de trouble panique, mais ce trouble est vraisemblablement sous-estimé chez les hommes. Le trouble panique est plus rare chez les personnes âgées de 65 ans et plus, avec une prévalence de 0,2%. Ce pourcentage s’élève à environ 10% chez les sujets âgés hospitalisés. les attaques de panique peuvent apparaître chez un sujet âgé jusque-là sans antécédent.

Les attaques de panique peuvent apparaître chez un sujet âgé jusque-là sans antécédent. Cependant, la fréquence des attaques de panique tardives sont plutôt rares.

Ces chiffres sont cependant à prendre avec précaution du fait de l’absence d’études plus complètes réalisées dans les tranches d’âges élevés de la population. De plus, les personnes âgées ont tendance à sous-estimer ou éviter de se plaindre de ce genre de trouble, et seul un interrogatoire directif permet de retrouver des signes évoquant la panique.

Le trouble panique était considéré comme rare après 65 ans. Cependant,  la présence de certaines comorbidités sous-estiment la fréquence réelle. Il existe une co-morbidité importante avec des atteintes pulmonaires obstructives, des maladies cardiovasculaires, des vertiges chroniques et des manifestations parkinsoniennes. Le trouble panique chez la personne âgée est le plus souvent associé à d’autres troubles psychiatriques tels que la phobie sociale et la dépression. Les antécédents de dépression ne sont pourtant pas plus fréquents chez les personnes qui paniquent. Un traitement avec un antidépresseur est d’ailleurs nécessaire.

Troubles paniques et chutes

Les chutes et le fait de rester plus d’une heure au sol sont des événements plus fréquents chez les personnes qui paniquent. Celles-ci ont d’ailleurs plus de problèmes de troubles de la marche et de l’équilibre, ce qui les rend plus enclines à paniquer. Cette panique peut à son tour l’insécuriser et gêner la marche.

Diagnostic

Selon le DSM-IV (manuel américain de diagnostic des troubles mentaux) le trouble panique se définit par un double critère :

Il faut à la fois: 
1. Des attaques de panique récurrentes et inattendues ET 
2. qu’au moins une des attaques s’accompagne au moins de l’un des symptômes suivants : 
– la crainte persistante d’avoir d’autres attaques de panique; 
– des préoccupations à propos des implications possibles de l’attaque ou de ses conséquences (par exemple, perdre le contrôle de soi, avoir une crise cardiaque, « devenir fou »); 
– un changement de comportement important en relation avec des attaques.

Tels sont les critères précis du « trouble panique ».

Mais pour poser un diagnostic, il convient de vérifier que les attaques de panique: 
– ne sont pas dues aux effets physiologiques directs d’une substance (par exemple, médicament, abus ou sevrage d’une substance…) ou d’une affection médicale (par exemple une hyperthyroïdie); 
– ne sont pas liées à un autre trouble mental tel une phobie sociale, une phobie spécifique, un trouble obsessionnel-compulsif (par ex. un individu ayant une obsession de la contamination exposé à de la saleté), un état de stress post-traumatique (en réponse à des stimuli associés au stress sévère) ou à un trouble de l’anxiété de séparation (par ex. en réponse au fait d’être éloigné du domicile ou des proches.

Enfin il faut noter que des attaques de paniques peuvent être associées -ou non – à une agoraphobie.

La question de la fréquence des attaques

Il existe des divergences concernant la fréquence des crises comme critère de diagnostic.

La DSM-IV s’en tient aux critères définis plus haut et ne pose pas de fréquence minimale et requiert simplement qu’au moins une attaque de panique ait été suivie (dans le mois) de la crainte d’une nouvelle crise.

La Recherche et Développement Coopératif (RDC) estime qu’il faut six attaques de panique en six semaines pour poser un diagnostic de trouble panique.

La CIM-10 (classification internationale des maladies, 2006) fixe à trois attaques de panique en trois semaines le seuil diagnostique pour un trouble d’intensité modérée, et à quatre épisodes en quatre semaines le seuil pour un diagnostic de trouble sévère.