Les lésions de la substance blanche associées à la maladie d’Alzheimer

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Les personnes présentant des lésions de la substance blanche – partie du cerveau composée des axones des neurones – ont un risque accru d’accident vasculaire cérébral (AVC) et de démence telle que la démence vasculaire ou la maladie d’Alzheimer. Il est possible de prévenir et ralentir ces dommages.


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(1) substance grise; (2) substance blanche

Une méta-analyse comprenant vingt-sept études ayant comparé des personnes âgées en bonne santé à celles qui ont un trouble cognitif provoqué par des lésions de la substance blanche.

 À la différence de la maladie d’Alzheimer qui rétrécit l’hippocampe, causant une perte progressive de la mémoire, les lésions de la substance blanche touchent les petits vaisseaux sanguins situés en profondeur dans le cerveau. La maladie durcit les petites artères et limitent graduellement l’arrivée des éléments nutritifs dans la substance blanche, entraînant une perte de plusieurs fonctions cognitives:  planification, organisation, résolution de problèmes, attention, mémoire de travail, mémoire immédiate et différée…

Ces affections augmentent le risque d’une personne d’avoir un AVC et même de développer un démence telle que la démence vasculaire ou la maladie d’Alzheimer.

« Nos résultats soutiennent l’idée que les lésions de la substance blanche altèrent petit à petit le cerveau et les fonctions cognitives, sans pour autant modifier les activités de la vie quotidienne. », déclarait l’auteur d’une étude publiée en 2014.

En 2004, une étude néerlandaise impliquant plus de mille sujets suivis pendant 5 ans indiquait déjà que les lésions de la substance blanche quadruplait le risque de démence (Prins et coll., Arch Neurol., 61:1531-4).

On l’estime que 5 pour cent des adultes canadiens ont un trouble cognitif d’origine vasculaire,  vraisemblablement lié à l’hypertension, un cholestérol élevé, un diabète mal contrôlé, à une mauvaise hygiène alimentaire, une inactivité et au tabagisme.

Les lésions de la substance blanche se caractérisent d’un point de vue anatomique par une artériosclérose, une atteinte de la myéline et une activation des cellules gliales (gliose). Elles ont pour l’origine un accident ischémique qui affecte les petites artères.

La bonne nouvelle est que les dommages de la substance blanche peuvent être réduits en adoptant de saines habitudes de vie et qui réduisent le risque de crise cardiaque et d’AVC.

Source:  The neuropsychological profile of vascular cognitive impairment not demented: A meta-analysis. Journal of Neuropsychology, février 2014.


Les lésions de la substance blanche aggravent les troubles cognitifs

Les lésions de la substance blanche, fréquentes chez les personnes âgées atteintes d’hypertension, pourraient être responsables des troubles cognitifs légers.

Une autre étude a permis de déterminer si la présence de lésions de la substance blanche était associée à une baisse encore plus marquée de la performance cognitive chez les individus atteints de déficit cognitif léger (ou trouble cognitif léger), un état parfois transitoire entre un fonctionnement cognitif normal et une démence. Près de 15% de sujets atteints de déficit cognitif léger (DCL) développent une démence par an.

136 patients – chez qui un diagnostic de déficit cognitif léger a été établi – ont subi une batterie de tests neuropsychologiques* et un examen neurologique (scanner) afin de déterminer la présence de lésions de la substance blanche.

* Mini-examen de l’état mental et profil d’efficience cognitive

Ces patients étaient âgés de 75 ans en moyenne, dont plus de la moitié souffrait d’hypertension (54%) et un tiers présentait des lésions de la substance blanche. L’hypertension était caractérisée par une pression supérieure à 140/90 mmHg.

Résultats. Il apparaît que les individus avec des lésions de la substance blanche avaient plus souvent des antécédents d’hypertension (+270%), comparés à ceux qui n’avaient pas de lésions. Ils présentaient également un nombre bien plus important de lacunes cérébrales (+448%). D’un point de vue cognitif, les patients avec des lésions de la substance blanche avaient de moins performance aux tests cognitifs, suggérant que cette catégorie de personnes présente un risque encore plus important de développer une maladie d’Alzheimer.

« Nos résultats rapportent une corrélation entre les lésions de la substance blanche et l’altération des fonctions cognitives, suggérant que ces lésions aggravent ce déficit chez des individus atteints de troubles cognitifs légers.»

Il convient donc de contrôler les facteurs de risque cardio-vasculaires à l’origine de ces lésions, en particulier l’hypertension**, et dans une moindre mesure le diabète, l’hypercholestérolémie*** et l’athérome.

Il reste à déterminer si ces lésions augmentent le taux de conversion entre le déficit cognitif léger et la démence.

Source : Duron E. et coll. Relations entre troubles cognitifs et lésions de la substance blanche cérébrale. Archives des maladies du cœur et des vaisseaux. 100 (8), 2007.

 

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