Un test cutané pour diagnostiquer les maladies neurodégénératives ?

Actualités

Des échantillons de biopsie de la peau provenant de patients atteints de la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson présentent respectivement des niveaux plus élevés de protéine tau et de protéine α-synucléine, comparés aux sujets sains.


Pour rappel, les maladies d’Alzheimer et de Parkinson se caractérisent respectivement par un excès de protéines tau et de α-synucléine dans le cerveau. Concernant la maladie d’Alzheimer, on observe également une accumulation de protéine amyloïde.


« Il y a maintenant un espoir pour que l’on effectue un test complémentaire pour diagnostiquer des maladies neurodégénératives chez des patients, » déclare l’auteur principal Ildefonso Rodriguez-Leyva (université de San Luis Potosi, Mexique).

Le Dr Rodriguez-Leyva espère que les neurologues demandent à faire ce type de test cutané afin d’écarter par exemple tout diagnostic de maladie d’Alzheimer ou de Parkinson.

Ces résultats seront présentés à la conférence de l’Académie américaine de neurologie à partir du 18 avril 2015.

Ces protéines, lorsqu’elles s’agrègent, ne se retrouvent pas seulement dans le cerveau, mais également à l’extérieur de celui-ci. Par exemple, des études récentes ont démontré que la protéine α-synucléine peut être détectée dans l’intestin, les terminaisons nerveuses périphériques et les glandes salivaires.

« Nous sommes partis de l’hypothèse que ces mêmes protéines peuvent également se retrouver sous la forme agrégée dans la peau, » poursuit le Dr Rodriguez-Leyva.

Pour effectuer cette étude, les chercheurs ont obtenu un échantillon de 4 mm de diamètre de peau provenant de 65 participants: 20 avec la maladie d’Alzheimer, 16 avec la maladie de Parkinson, 17 atteints de démence non-neurodégénérative et 12 contrôles apparemment en bonne santé. Les personnes étaient âgées entre 62 à 85 ans.

Les chercheurs ont soumis les échantillons de peau à l’immunohistochimie, une technique qui consiste à marquer des protéines spécifiques présentes dans un tissu avec un réactif qui les reconnaissent. Dans le cas présent, les protéines sont la protéine tau ou α-synucléine.

Tau_control_hippocampe

Coupe de cerveau d’un sujet sain. La technique d’immunohistochimie permet de constater qu’il n’y a pas d’accumulation de protéine tau

tau_alzheimer_hippocampe

Coupe de cerveau d’un sujet Alzheimer. On constate cette fois-ci une accumulation de protéine tau, d’après la couleur brune des neurones.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Une fois que la protéine présente dans le tissu est reconnue par le réactif, il se produit une réaction colorée qui indique l’emplacement et la quantité de protéines présentes dans le tissu ».

L’étude a révélé que les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et de Parkinson avaient des niveaux de protéines tau et d’α-synucléine de 7 à 8 fois plus élevés que les sujets contrôles sains.

« Si ces résultats sont confirmés, le test cutané pourrait être une bonne option pour diagnostiquer une maladie neurodégénérative chez un patient. »

Jusqu’à présent, le diagnostic définitif d’une maladie d’Alzheimer se faisait post-mortem.

« Il reste également à déterminer à partir de quelle quantité de protéines nous pouvons affirmer que la maladie est présente. »

Source: 67ème congrès annuel de l’Académie américaine de neurologie, 18-25 Avril 2015.