Des vaisseaux sanguins en mauvais état à l’origine de la maladie d’Alzheimer ?

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Des recherches récentes révèlent que des vaisseaux sanguins endommagés pourraient être en cause dans l’apparition de la maladie d’Alzheimer.

Des études antérieures ont indiqué que deux protéines toxiques, l’amyloïde et la protéine tau, pourraient être « le déclencheur  » dans le développement de la maladie d’Alzheimer. Les résultats ont montré que les formes solubles d’amyloïde et de tau agissent ensemble pour endommager les neurones sains.

Vaisseau sanguin (en noir) en bon état entouré de neurones (en rouge)

La nouvelle étude – portant sur 161 adultes plus âgés – a révélé que les personnes souffrant de troubles sévères de mémoire présentent également des fuites dans leurs vaisseaux sanguins, indépendamment de la présence de protéines toxiques.

Selon Berislav Zlokovic (Keck School of Medicine, Californie) « le fait que nous assistions à une fuite dans les vaisseaux sanguins, indépendante de tau et indépendante de l’amyloïde, suggère que c’est un phénomène indépendant ou très précoce.  »

« Peu importait que les personnes aient une pathologie de l’amyloïde ou du tau; elles avaient toujours un déficit cognitif », ajoute le premier auteur de l’étude.

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Qu’est-ce que la barrière hémato-encéphalique?

La barrière hémato-encéphalique est la structure formée par les cellules qui constituent les vaisseaux sanguins. Dans un cerveau en bonne santé, cette barrière hémato-encéphalique est solide et les cellules s’emboîtent parfaitement, empêchant ainsi l’entrée de substances indésirables.


Dans certains cerveaux vieillissants, les jonctions entre ces cellules commencent à se desserrer et les vaisseaux sanguins commencent à fuir. Lorsque cela se produit, les vaisseaux ne fournissent pas « les nutriments et le flux sanguin dont les neurones ont besoin », et des protéines toxiques peuvent y pénétrer.

Si la barrière hémato-encéphalique ne fonctionne pas correctement, des dommages risquent de se produire.

Les scientifiques ont évalué les capacités cognitives des personnes ayant participé à l’étude en utilisant une série de tâches et de tests, qui ont abouti à un « score d’évaluation clinique de la démence ». L’équipe a également utilisé la neuroimagerie, ainsi que l’analyse du liquide céphalorachidien, pour mesurer l’étanchéité des vaisseaux sanguins de leur cerveau.

Leurs résultats ont montré un lien étroit entre les problèmes cognitifs et les vaisseaux sanguins qui perdent de leur étanchéité.

Source : M. D. Sweeney et coll. The role of brain vasculature in neurodegenerative disorders. Nature Neuroscience, 2018.