Alzheimer : doit-on traiter des personnes asymptomatiques ?

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Des chercheurs ont abordé, lors de cette même conférence, la possibilité de traiter des personnes asymptomatiques, c’est-à-dire avant même que les premiers symptômes de la maladie d’Alzheimer n’apparaissent. En effet, la communauté scientifique s’entend sur le fait que les  traitements actuels sont inefficaces car utilisés à un stade trop avancé de la maladie (à un stade le nombre de neurones morts est trop important).

La première étape consiste donc à détecter dans le sang (par est sanguin) ou le cerveau (par neuroimagerie) des patients asymptomatiques des marqueurs (par exemple des protéines ou des  gènes) caractéristiques de la maladie. La deuxième étape consistera à tester chez ces patients un traitement.

Un problème, d’ordre éthique, a été soulevé par les chercheurs :
1. Il n’est pas sûr à 100% que la présence de ces marqueurs signifie que la personne développera la maladie d’Alzheimer.
2. Doit-on traiter ces patients avec un traitement expérimental sachant qu’ils ne développeront peut être pas la maladie?

Selon le Pr Dubois (Pitié-Salpêtrière, Paris), il est «préférable d’attendre que l’on réussisse à identifier ceux qui ont 100% de risque» avant de proposer un médicament à l’essai.




Une autre question a été abordée : faut-il annoncer le résultat du diagnostic aux malades, sachant que cela peut avoir à la fois un impact positif et négatif. Ces personnes peuvent se sentir anormalement stressées, anxieuses…mais aussi préparer leur avenir et gérer leur patrimoine (voir notre article sur le mandat de protection future). Les médecins sont à ce sujet divisés et soulignent que la présence de lésions caractéristiques de la maladie reflète une simple probabilité de développer la maladie, pas une assurance à 100% de devenir malade.

Le Pr Amouyel (Université de Lille) souligne que  «les premiers essais sur de nouveaux traitements sont encourageants et vont bientôt donner leurs résultats. Il sera important de mener des essais chez des patients asymptomatiques car, très probablement, plus on interviendra tôt, plus on sera efficace.»

Si les traitements à l’essai sont prometteurs, «la question d’un dépistage présymptomatique de la maladie se posera alors», précise le Pr Dubois.