La démence frontotemporale liée à un comportement alimentaire anormal

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Les patients atteints de démence frontotemporale ont des habitudes alimentaires inappropriées.

Alors que les patients atteints de la variante comportementale mangent excessivement (en particulier des aliments riches en sucre) les patients atteints de démence sémantique (autre forme de démence fronto-temporale) présentent un comportement alimentaire très rigide, en se focalisant parfois sur un aliment précis.

L’imagerie cérébrale a également suggéré que ces habitudes alimentaires sont contrôlées par des réseaux complexes neuronaux plutôt que par une structure particulière du cerveau.

La démence frontotemporale (DFT) est la deuxième cause de démence apparaissant chez les moins de 65 ans. Il existe plusieurs types de DFT : la variante comportementale qui se manifeste notamment par un comportement inapproprié et une incapacité de planifier, alors que la démence sémantique se caractérise par une perte du sens des mots.

«  Il est possible que la modification des habitudes alimentaires peuvent avoir un rôle protecteur dans la démence frontotemporale. Il ets nécessaire de savoir si nous pouvons modifier ces comportements alimentaires et si cela apportera une différence », déclare l’auteur principal de l’étude.

49 patients avec trois différents types de démence (19 avec la variante comportemente, 15 souffrant de démence sémantique, et 15 souffrant de la maladie d’Alzheimer) ont participé à l’étude. Leurs habitudes alimentaires ont été comparées à celles de 25 témoins en bonne santé.

Tous les participants ont jeûné pendant la nuit et ont ensuite reçu un petit déjeuner sous la forme d’un buffet. Les chercheurs ont calculé la quantité totale et le type d’aliments consommés.

Les résultats ont montré que tous les patients atteints de la variante comportementale ont consommé plus de calories que les autres participants, avec une moyenne de 1344 calories, comparée à 710 calories pour le groupe Alzheimer, 573 calories pour le groupe démence sémantique et 603 calories pour le contrôle groupe.

« Les patients avec la variante comportementale et qui mangeaient le moins ont même consommé plus de calories que ceux des autres groupes qui ont mangé le plus. »

En revanche, les patients atteints de démence sémantique ont montré un comportement alimentaire rigide, refusant souvent de manger la nourriture proposée.

L’auteur principal (Dr Ahmed) a noté que l’envie de sucre semble être une caractéristique particulière de la variante comportementale de la DFT.

Il est possible que ces patients présentent des changements dans leur métabolisme qui pourraient être à l’origine de la suralimentation.

Les chercheurs ont également étudié les cerveaux des participants (avec la variante comportementale) à l’aide de l’IRM pour rechercher des dysfonctionnements de certaines zones spécifiques du cerveau. Ils ont constaté que la suralimentation est associée à des réseaux complexes du cerveau impliqués dans la récompense, la fonction autonome, et la vision, et non à une structure précise du cerveau.

Source: Rebekah M. Ahmed et coll. Évaluation du comportement alimentaire Perturbation et associés des réseaux de neurones dans la démence frontotemporale. JAMA Neurol. 2016; 73 (3): 282-290.

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