En neurologie, l’aboulie se définit comme une perte grave de volonté. En effet, ce trouble clinique diminue fortement la motivation. Il se situe à un niveau de gravité intermédiaire. Par exemple, l’apathie est une forme moins extrême. À l’inverse, le mutisme acinétique est beaucoup plus sévère. De ce fait, les personnes touchées ne peuvent plus agir de manière indépendante. Elles peinent aussi à prendre des décisions. Néanmoins, elles conservent une humeur normale et toute leur conscience. Pourtant, une forte apathie paralyse leur quotidien.
Les symptômes et signes cliniques de l’aboulie
Les patients expriment moins d’émotions. De même, leur comportement et leur production verbale diminuent fortement. En outre, leur réflexion spontanée est considérablement ralentie. De toute évidence, leur esprit d’initiative disparaît. Par ailleurs, on observe plusieurs caractéristiques spécifiques lors des évaluations médicales:
- D’une part, une grande difficulté à entamer un mouvement intentionnel.
- D’autre part, une baisse importante de la parole spontanée.
- De plus, un temps de réponse très allongé face aux questions.
- Ensuite, une passivité générale et une indifférence émotionnelle marquante.
- En outre, une réduction importante des interactions sociales.
- Enfin, l’absence d’objectifs personnels ou de plans.
Dans les cas les plus sévères, le comportement alimentaire est sérieusement affecté. C’est notamment le cas chez les patients atteints de démence. Par exemple, certains malades gardent la nourriture en bouche très longtemps. Par conséquent, ils ne parviennent pas à avaler.
Les causes neurologiques
Cette pathologie découle souvent d’une lésion cérébrale. En règle générale, l’affection résulte de dommages dans les régions frontales du cerveau. De plus, elle implique directement les circuits de la motivation. En temps normal, des facteurs environnementaux stimulent la motivation. Ainsi, ils déclenchent la libération de signaux neuronaux. Toutefois, ces signaux dysfonctionnent lorsque ces zones clés sont endommagées. De cette façon, le cerveau perd sa capacité à traiter la notion de récompense.
Diagnostic et prise en charge médicale de l’aboulie
Le diagnostic demeure très complexe. De ce fait, on observe un sous-diagnostic fréquent en clinique. Bien souvent, les médecins confondent ce problème neurologique avec la dépression. Cependant, la tristesse persistante est typique de la dépression. Par contre, elle ne caractérise pas du tout ce déficit neurologique. Pour confirmer le diagnostic, les neurologues utilisent fréquemment l’imagerie par résonance magnétique (IRM). De cette manière, ils cartographient l’activité du cerveau et identifient les lésions.
En fin de compte, le traitement de l’aboulie reste un grand défi médical. Il nécessite encore des recherches cliniques supplémentaires. C’est d’autant plus vrai chez les personnes âgées. Chez elles, l’affection accompagne souvent d’autres maladies du vieillissement. En somme, la prise en charge exige une approche globale. Elle combine un soutien régulier et de profonds ajustements de l’environnement. C’est ainsi que l’on parvient à stimuler les actions du patient.
Références
[1] Healthline. Abulia: Definition, Causes, Symptoms, Treatment & Outlook. URL : https://www.healthline.com/health/abulia [2] ScienceDirect. Article PII: S221315821400148X. URL : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S221315821400148X [3] Global Science Research Journals. Symptoms, causes, diagnosis and treatment of abulia. URL : https://www.globalscienceresearchjournals.org/articles/symptoms-causes-diagnosis-and-treatment-of-abulia-86710.html