La dysprosodie modifie radicalement le rythme et l’inflexion de la voix humaine. Ce trouble neurologique altère également le timbre vocal du patient. Par conséquent, le discours devient souvent monotone et perd sa mélodie naturelle. De plus, les changements touchent l’intensité de la parole et la prononciation des mots.
Les types de dysprosodie linguistique et émotionnelle
Les médecins distinguent deux formes majeures de cette pathologie cérébrale. D’abord, la dysprosodie linguistique réduit la capacité à accentuer les mots importants. Le malade peine alors à utiliser des schémas d’intonation normaux. En revanche, la forme émotionnelle empêche d’exprimer des sentiments par la parole. De surcroît, le sujet ne comprend plus les émotions verbales des autres.
Le phénomène de l’accent étranger
Le patient continue généralement de parler sa propre langue maternelle. Cependant, le rythme et la mélodie de son expression changent totalement. Le malade place désormais l’accent tonique sur de mauvaises syllabes. Parfois, la personne omet complètement certaines voyelles ou consonnes courantes.
Ce trouble donne alors l’illusion d’un accent étranger très marqué. Par exemple, une résidente de Toronto semblait soudainement venir d’Allemagne en parlant anglais. Cette modification phonétique involontaire transforme radicalement la perception sociale du locuteur.
Le diagnostic et le test de la parole
Le test clinique principal utilise la répétition d’une phrase spécifique. Le médecin demande par exemple de prononcer : « Je dois aller à la banque aujourd’hui ». Le patient doit alors varier son ton : joyeux, fâché, triste ou indifférent. Malheureusement, la personne atteinte conserve une tonalité réelle totalement invariable. Bien que le volume change encore, la voix reste désespérément monotone.
Causes neurologiques et rééducation du langage
Les lésions cérébrales focales déclenchent généralement ce déficit du langage. Un accident vasculaire cérébral ou un traumatisme crânien provoquent souvent ces dommages. Une lésion dans l’hémisphère gauche détruit spécifiquement la prosodie linguistique. Parallèlement, une atteinte à droite altère la prosodie émotionnelle globale.
Heureusement, une prise en charge spécialisée améliore nettement la communication. L’orthophoniste évalue d’abord les troubles vocaux et arthriques du patient. Ensuite, la rééducation stimule activement la prononciation et la respiration. Finalement, ce travail régulier réduit considérablement le handicap social des malades.
Références
[1] ScienceDirect. Dysprosody. URL : https://www.sciencedirect.com/topics/neuroscience/dysprosody