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Existe-t-il un lien entre cancers et maladies neurodégénératives ?





Les personnes atteintes de la maladie de Parkinson sont trois fois plus à risque (+342%) que la population générale de développer une tumeur maligne au cerveau. Cette association ne concerne pas seulement le cancer du cerveau puisque les chercheurs taïwanais ont aussi trouvé une corrélation entre maladie de Parkinson et mélanome (+275%) et les cancers de la vessie (+99%), du foie (+89%), de l’utérus (+83%), de l’oesophage (+81%), de la vésicule biliaire (+73%) et du pancréas (+48%). D’autres formes de cancer sont également concernés.

En revanche, aucune association entre maladie de Parkinson et les cancers du sein, des ovaires ou de la thyroïde. 62 000 habitants de Taiwan diagnostiqués de la maladie de Parkinson et 124 000 sujets contrôle ont participé à l’étude entre 2004 et 2010.

Il est difficile d’expliquer cette association mais l’environnement et les facteurs de risque familiaux jouent certainement un rôle, ainsi que l’âge. Ces résultats sont en contradiction avec de précédentes études qui avaient rapporté une réduction du risque chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson, mais qui étaient des population occidentales. Il existe donc certainement une influence ethnique.

Source: Pei-Ying Lin et alii. Association Between Parkinson Disease and Risk of Cancer in Taiwan. JAMA Oncol. 2015;1(5):633-640.

Des études épidémiologiques rapportent une association négative entre les maladies du systèmes nerveux central et le cancer. En d’autres termes, on a moins de risque de développer un cancer si l’on est atteint d’une maladie du cerveau et vice-versa.

L’exemple le plus remarquable concerne la maladie d’Alzheimer, dont les malades ont deux fois moins de risque de développer un cancer.

Des chercheurs espagnols avancent l’hypothèse d’un rôle de facteurs génétiques après avoir regardé les gènes de malades souffrant de maladies neurodégénératives ou de cancer.

En effet, selon les auteurs de l’étude, « 74 gènes qui apparaissent moins actifs chez les personnes souffrant d’une maladie neurodégénérative sont à l’inverse plus actifs chez celles souffrant d’un cancer, et vice-versa. Nous avons remarqué que les gènes qui sont suractivés dans les maladies neurodégénératives ont un pouvoir protecteur sur le cancer car ils sont moins actifs.»

Les chercheurs pensent qu’il serait intéressant de tester (dans un premier temps sur des modèles de souris Alzheimer), des molécules ayant un des propriétés anti-cancéreuses.

Source: Molecular Evidence for the Inverse Comorbidity between Central Nervous System Disorders and Cancers Detected by Transcriptomic Meta-analyses. PLoS Genetics, 2014; 10 (2): e1004173.

Alzheimer et cancer: soit l’un soit l’autre. Les gens avec la maladie d’Alzheimer peuvent avoir plus à faible risque du cancer et vice versa
Les personnes souffrant d’une maladie d’Alzheimer ont deux fois moins de risque d’avoir un cancer, alors que  les personnes âgées avec un cancer ont un risque moindre (-35%) de développer une maladie d’Alzheimer.

«  La compréhension des mécanismes pourrait nous aider à développer de nouveaux traitements dans les deux maladies », souligne l’auteur italien Massimo Musicco.

Plus de 200 000 personnes âgées de 60 ans et plus ont été suivies pendant six ans. 21 451 d’entre elles ont développé un cancer alors que 2 832 personnes ont développé une maladie d’Alzheimer.
 Source: Inverse occurrence of cancer and Alzheimer disease A population-based incidence study. Neurology, 2013.