Neuromedia

Jeux video et de réflexion

Les jeux videos et de réflexion sont-ils efficaces pour la santé mentale et physique des personnes âgées ?




Les jeux de société bénéfiques dans la maladie d’Alzheimer ?

Les jeux de société, de construction ou autres, sont de plus en plus utilisés en EHPAD (établissements de soins de longue durée en France), particulièrement auprès des personnes souffrant de démences. Ces séances de jeux semblent apporter des bénéfices, notamment sur le bien-être et les interactions sociales.
Cédric Gueyraud, directeur d’une organisation lyonnaise en France (Centre National de Formation aux Métiers du Jeu et du Jouet), accompagne les professionnels qui utilisent les jeux de société dans leur métier. Ceux de la petite enfance donc mais pas seulement. « Depuis quelques années, nous nous sommes rendus compte que le jeu avait toute sa place dans des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), et particulièrement auprès des résidants souffrant de la maladie d’Alzheimer ».

Accompagné par une équipe de chercheurs, il a réalisé une étude auprès de 54 résidants. Tous ont participé à des sessions ludiques à raison de 2 séances par semaines durant 4 mois. Le protocole était le suivant : « Nous avons utilisé la méthode du cadre ludique avec un choix d’objets adaptés aux compétences des résidants, un aménagement de l’espace spécifique et un rôle du professionnel observateur et disponible », explique Cédric Gueyraud. Il y avait là des jeux de société, d’assemblage, mais aussi des poupées, des balanciers etc.

Lire la version complète de l’article sur destinationsante.com

En 2010, une étude publiée dans la revue Neurology a étudié sur un échantillon de 1157 personnes âgées de 65 ans et plus la façon dont leur cerveau vieillit en fonction du temps et du mode de vie.

Un déclin plus lent a été observé chez les aînés pratiquant les mots croisés ou les échecs, comparés à ceux qui ont moins d’activités cérébrales.

Cependant, l’étude révèle aussi qu’une fois la maladie apparue, les troubles cognitifs se dégardent plus rapidement chez les gens qui exercent leur cerveau.

Explication possible : les symptômes de la maladie sont retardés chez les gens qui font des mots croisés car le cerveau, qui est organe malléable, arrive à contourner le problème. Le cerveau continue donc à se dégrader et retarde le diagnostic.

Selon le neuropsychologue et auteur principal de l’étude (Dr Robert S. Wilson, Rush Alzheimer’s Disease Center, Chicago), ces résultats suggèrent que les effet préventifs des jeux de réflexion pourraient avoir un prix: une accélération plus marquée de la démence une fois présente.

Le Dr Robert encourage les aînés à pratiquer régulièrement des activités stimulantes (ex. lecture, visite de musées) plutôt que de compter sur des casse-tête, pour conserver un cerveau en forme. En effet il a « remarqué que les personnes âgées saines qui pratiquent des activités régulières présentent un déclin cognitif moins prononcé que les personnes qui ont indiqué être moins actives sur le plan cognitif ».

NB : la télévision n’est pas une activité stimulante.

Selon une autre étude parue en 2010 et portant sur 6 000 personnes âgées de plus de 65 ans, les risques d’apparition de la maladie d’Alzheimer sont réduits de moitié chez les personnes de plus de 65 ans pratiquant au moins deux fois par semaine une activité de loisir stimulante intellectuellement (par exemple le jeu de pocker), comparées aux participants pratiquant ces activités moins d’une fois par semaine.

Outre le caractère stimulant du poker, ce jeu peut permettre de nouer (ou renouer) un lien social qui fait souvent défaut chez cette catégorie de la population. Cette étude met en évidence que l’aspect préventif du jeu est indépendant du niveau d’éducation, de la catégorie socioprofessionnelle, du sexe ou encore des facteurs liés aux modes de vie des sujets étudiés (tabac, alcool, etc…).
Source: Wilson RS et al. Cognitive activity and the cognitive morbidity of Alzheimer disease. Neurology. 2010 75:990-6.

 Des jeux vidéo pour détecter Alzheimer

X-Torp. Un jeu vidéo a été mis au point en 2015 par des chercheurs du centre hospitalier de Nice afin de détecter des troubles cognitifs légers observés dans la maladie d’Alzheimer. Selon le Pr Philippe Robert qui est en charge du développement (en partenariat avec la startup Genious), ce jeu baptisé X-Torp « donne des résultats proches de ceux obtenus avec des tests classiques ». Plus ludique, il dédramatise la situation et stresse moins le participant. Il pourrait arriver dans les cabinets de consultation dès cette année.

Sea Hero Quest. Développé depuis 2016 par des chercheurs britanniques, ce jeu est disponible en 2017 en version « réalité virtuelle ». Il permet de faire travailler la mémoire et le sens de l’orientation, mais aussi de dépister les premiers symptômes de la maladie d’Azheimer.

Le joueur chausse un casque de réalité virtuelle pour endosser le rôle d’un marin qui se trouve à la barre d’un navire virtuel. Il doit diriger le bateau par un simple mouvement des yeux et essayait de ne pas perdre son sens de l’orientation.

Sea Hero Quest permet également de collecter des données provenant des utilisateurs et qui peuvent chercher à des fins de recherche. Selon l’opérateur allemand Deutsche Telekom qui gère ces données, deux minutes d’utilisation du jeu est amplement suffisant pour obtenir des résultats qui peuvent être utilisées à des fins de recherche.

La version virtuelle de Sea Hero Quest a déjà été téléchargée 3 millions de fois dans 193 pays depuis 2016. Elle est gratuite en version mobile sous iOS et Android.

Des jeux vidéo conçus pour améliorer la marche chez les personnes âgées

Des jeux conçus pour stimuler  la mémoire visuelle et spatiale et la prise de décision rapide améliorent l’équilibre et la marche. Telles sont les conclusion d’une étude ayant porté sur des participants âgés en moyenne de 83 ans. Les chercheurs ont réparti 51 hommes et femmes de 70 ans et plus en deux groupes. Le premier groupe a utilisé le programme d’entraînement cérébral InSight sur ordinateur pendant 10 semaines. Le second groupe a servi de groupe contrôle.

Au bout de dix semaines, les participants qui ont utilisé les jeux étaient capables de se lever plus rapidement d’une position assise et de marcher quelques secondes plus vite que ceux du groupe contrôle . «La marche est une tâche relativement automatisée pour les jeunes adultes, mais le devient moins chez les personnes âgées», a déclaré Smith-Ray, de l’Université de l’Illinois à Chicago. En théorie, les glissades et les chutes sont plus fréquentes chez les personnes âgées, non seulement en raison de leur fragilité physique, mais aussi du déclin normal de leur faculté cognitive (en particulier l’attention).

Un bémol : « Les résultats ont été évalués immédiatement après la formation, mais le principal obstacle à la formation chez les personnes âgées est que celle-ci s’estompe avec le temps », tempère  le Dr Alfonso Fasano, qui travaille dans un Institut de neurologie à Rome (il n’était pas impliqué dans cette étude). « Les auteurs devraient regarder le résultat à long terme, en évaluant le nombre de chutes et de glissades » rajoute-t-il. Le programme InSight (Posit Science) est en vente en ligne (en anglais). Source: The Journals of Gerontology: Series B, novembre 2013.