La maladie d’Alzheimer se manifeste par divers symptômes. Le patient les ressent personnellement. En outre, l’entourage observe des signes cliniques précis. Bien souvent, les premiers indices s’installent de manière très insidieuse. Par exemple, des variations de poids apparaissent précocement. De plus, on remarque des modifications du sommeil ou des troubles de la marche. Enfin, la survenue de chutes répétées doit inciter à la plus grande vigilance.
Les principaux signes et symptômes au quotidien de la maladie d’Alzheimer
Les manifestations de la maladie touchent plusieurs aspects de la vie quotidienne. En effet, elles altèrent progressivement l’autonomie du patient.
L’impact sur la mémoire et la communication
- Pertes de mémoire récente : Tout d’abord, les troubles amnésiques constituent le principal motif de consultation. Bien souvent, la famille prend l’initiative du rendez-vous. En effet, le patient a tendance à minimiser ses difficultés. L’amnésie touche d’abord les événements récents. Ensuite, elle s’étend aux faits plus anciens. Par conséquent, la personne oublie fréquemment des rendez-vous.
- Difficultés à exécuter les tâches courantes : Par ailleurs, les activités quotidiennes deviennent très complexes. Par exemple, l’utilisation d’un simple appareil électroménager demande un effort insurmontable.
- Troubles du langage : De surcroît, la personne peine à trouver les mots justes. Ainsi, elle oublie des termes simples. Par la suite, elle les remplace par des mots très vagues. Elle demandera par exemple « la chose pour manger » au lieu d’une fourchette.
- Désorientation spatio-temporelle : En outre, se repérer dans l’espace devient problématique. De ce fait, le malade peut s’égarer dans sa propre rue. Finalement, il ne sait plus du tout comment rentrer chez lui.
L’altération du comportement et du jugement
- Altération du jugement : Le manque de discernement se manifeste dans plusieurs domaines. En effet, la personne peut s’habiller sans tenir compte de la météo. De plus, elle devient très vulnérable aux abus financiers.
- Notions abstraites : D’autre part, la compréhension des chiffres s’altère progressivement. Par exemple, le patient ne comprend plus son relevé bancaire.
- Rangement inapproprié : En règle générale, la personne égare fréquemment ses affaires. De plus, elle les range dans des endroits totalement inhabituels. Elle place, par exemple, ses clés dans le réfrigérateur.
- Changements d’humeur : Souvent, des sautes d’humeur soudaines surviennent sans aucune raison. En réalité, près de 90 % des patients présentent des troubles de l’humeur. Ils souffrent aussi d’agitation ou d’une perte d’appétit bien avant le diagnostic.
- Modification de la personnalité : Le patient peut devenir rapidement très confus. De même, il se montre craintif ou extrêmement méfiant envers ses proches.
- Apathie : Une forte passivité s’installe au quotidien. Ainsi, la personne peut regarder la télévision pendant des heures. Elle n’interagit plus du tout avec son environnement.
La distinction entre symptômes cognitifs et comportementaux dans la maladie d’Alzheimer
En pratique, les médecins classent les symptômes en deux grandes catégories.
Les symptômes cognitifs
Ces déficits cognitifs résultent de la détérioration des réseaux neuronaux.
- Troubles amnésiques : Globalement, l’incapacité à récupérer les souvenirs s’accentue avec le temps. L’amnésie atteint d’abord la mémoire épisodique. Puis, elle touche la mémoire sémantique.
- Aphasie : Au début, le manque de mots entraîne de longues hésitations. À un stade avancé, le discours devient totalement incohérent. En effet, on note des répétitions et une perte de la compréhension.
- Apraxie et agnosie : Le malade perd la capacité d’exécuter des gestes simples. De plus, il ne reconnaît plus les objets ou les visages familiers.
- Fonctions exécutives : Les difficultés de planification altèrent grandement la résolution de problèmes simples.
Les symptômes psychologiques et comportementaux
D’un autre côté, ces manifestations modifient les réactions émotionnelles du patient.
- D’abord, un état dépressif et une anxiété constante apparaissent.
- Ensuite, on observe de l’irritabilité et des épisodes d’agressivité.
- Par ailleurs, des idées délirantes de persécution surviennent parfois.
- De plus, des hallucinations visuelles sont possibles.
- En outre, des troubles du sommeil provoquent une déambulation nocturne.
- Enfin, des comportements moteurs répétitifs complètent ce tableau clinique.
Quand faut-il s’inquiéter ?
De toute évidence, il faut distinguer les oublis bénins des véritables signes d’alerte.
Les motifs d’inquiétude légitimes
Une consultation médicale s’impose impérativement si la personne présente des symptômes de type Alzheimer:
- Ne peut plus accomplir deux tâches simultanées.
- S’égare sur un trajet pourtant très habituel.
- Oublie le nom ou le visage de ses propres enfants.
- Répète continuellement les mêmes questions.
- Ne sait plus du tout utiliser des objets du quotidien.
- Confond les liens de parenté familiaux.
Les oublis anodins du quotidien
En revanche, il n’y a aucun motif d’alarme si la personne :
- Oublie temporairement où elle a garé sa voiture.
- Oublie simplement de rappeler un interlocuteur.
- Ne se rappelle plus le nom d’une nouvelle connaissance.
- Cherche un objet égaré momentanément.
Les signes précurseurs identifiés
Actuellement, de nombreuses études scientifiques cherchent à repérer la maladie plus tôt.
Les modifications comportementales précoces
- L’anosognosie : Le patient ne se rend pas compte de ses troubles. Ce phénomène complique grandement la prise en charge médicale.
- Le trouble comportemental léger : Certains experts utilisent ce concept pour décrire des changements persistants. Par exemple, l’apparition d’une apathie ou d’un retrait social précède souvent le déclin cognitif.
- L’expression orale : Des chercheurs ont analysé le discours de personnalités atteintes. Leurs travaux montrent une tendance précoce à la répétition. De surcroît, l’utilisation de mots vagues apparaît bien avant le diagnostic.
Les manifestations physiques et motrices
- Le ralentissement de la marche : Des travaux cliniques rapportent un lien entre une marche lente et la présence de plaques amyloïdes.
- Le sommeil et les chutes : Les altérations du sommeil multiplient le risque de chute. C’est particulièrement vrai chez les personnes présentant des dépôts de protéines toxiques.
L’apport de l’imagerie cérébrale et des biomarqueurs pour aider à détecter les symptômes de la maladie d’Alzheimer
Finalement, l’imagerie médicale permet de confirmer la présence des lésions cérébrales. En effet, l’IRM révèle souvent une atrophie précoce de l’hippocampe. Chez les malades, ce volume diminue de plus de 4 % par an. Au contraire, il baisse de seulement 1 % chez un sujet sain.
De plus, la tomographie par émission de positons (TEP) visualise l’accumulation des plaques amyloïdes. Parallèlement, des recherches actuelles utilisent l’électroencéphalogramme (EEG). Ainsi, ces outils visent à détecter la perte de connexions synaptiques de façon très précoce.
Références sur le thème de la maladie d’Alzheimer et de ses symptômes
[1] Del Campo N, et al. Relationship of regional brain β-amyloid to gait speed. Neurology. 2016 Jan 5;86(1):36-43.
[2] Terracciano A, et al. Personality Change in the Preclinical Phase of Alzheimer Disease. JAMA Psychiatry. 2017.
[3] Masters CL, et al. Alzheimer’s disease. Nat Rev Dis Primers. 2015.