Apraxie constructive : un déficit de l’organisation spatiale
D’abord, la médecine définit l’apraxie constructive comme un déficit neurologique très handicapant. Le neurologue Kleist a décrit ce trouble clinique spécifique dès l’année 1934. En effet, le patient perd subitement sa capacité d’organiser différents éléments spatiaux. Le malade n’arrive plus à synthétiser les petits détails pour créer un ensemble cohérent. Par conséquent, cette apraxie affecte lourdement les gestes quotidiens du patient. Ainsi, les neurologues évaluent ce trouble par des exercices de dessin ou de construction géométrique. Le sujet échoue souvent à reproduire des modèles tridimensionnels avec de simples briques. Par exemple, le malade peine considérablement à assembler un puzzle très basique.
Les lésions cérébrales responsables de l’apraxie
Ensuite, la littérature scientifique associe ce syndrome à des lésions cérébrales très précises. Les médecins observent généralement des dommages sévères au niveau du lobe pariétal postérieur. Cependant, cette pathologie complexe implique aussi fréquemment l’atteinte d’autres lobes adjacents du cerveau. De plus, diverses maladies provoquent l’apparition soudaine de ce grave déficit moteur. Un accident vasculaire cérébral déclenche très souvent cette affection neurologique sévère. Par ailleurs, de violents traumatismes crâniens ou des tumeurs cérébrales engendrent exactement les mêmes symptômes cliniques.
L’apraxia constructive et la maladie d’Alzheimer
De surcroît, la maladie d’Alzheimer détruit aussi progressivement ces capacités cognitives si essentielles. Une récente étude scientifique souligne le lien très étroit entre cette démence et l’apraxie constructive. En effet, ce déficit spatial signale souvent une apparition précoce de la maladie. Les médecins qualifient cette forme clinique spécifique de maladie d’Alzheimer présénile.
Par ailleurs, les chercheurs observent une forte réduction du volume de matière grise chez ces patients. Cette atrophie cérébrale touche principalement les zones gérant l’attention spatiale et la reconnaissance visuelle. Ainsi, ces malades échouent massivement aux tests de mémoire de travail et d’organisation spatiale.
Le diagnostic et la gestion du trouble
Toutefois, le diagnostic de ce trouble nécessite des tests neuropsychologiques extrêmement rigoureux. L’outil clinique le plus fiable reste aujourd’hui le test de la figure complexe de Rey-Osterrieth. En pratique, le médecin présente d’abord une image géométrique très complexe au patient. Ensuite, le malade doit la copier minutieusement puis la reproduire uniquement de mémoire.
Les cliniciens constatent alors une asymétrie hémisphérique très marquante lors des échecs. En effet, les patients avec une lésion droite surpassent largement les patients atteints d’une lésion gauche. Par conséquent, l’hémisphère droit joue indiscutablement un rôle prédominant dans nos fonctions constructives.
Finalement, la prise en charge thérapeutique exige une patience des familles. En effet, le handicap génère beaucoup de frustration et d’anxiété chez les personnes malades. Heureusement, la rééducation moderne propose des stratégies compensatoires très efficaces. Ainsi, les ergothérapeutes accompagnent le malade pour adapter son environnement domestique et le rassurer. En conclusion, ce soutien multidisciplinaire améliore très significativement la qualité de vie des patients apraxiques.
Références
- Gainotti G, et al. (2018). Chapter 16 – Constructional apraxia. Handbook of Clinical Neurology. Lien : https://www.sciencedirect.com/science/chapter/handbook/abs/pii/B9780444636225000164?via%3Dihub
- Trojano L, et al. (2006). Constructional Apraxia. International Review of Neurobiology. Lien : https://www.sciencedirect.com/science/chapter/bookseries/abs/pii/S0074774206740156?via%3Dihub
- Serra L, et al. (2014). Constructional apraxia as a distinctive cognitive and structural brain feature of pre-senile Alzheimer’s disease. Journal of Alzheimer’s Disease (PMID: 23969996). Lien : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23969996/