Le paradoxe du poisson : oméga-3 et mercure
Consommer du poisson apporte de nombreux bienfaits à notre cœur. Cependant, une question inquiète souvent les consommateurs. Le mercure présent dans le poisson abîme-t-il notre système cardiovasculaire ? Les scientifiques appellent cela le « paradoxe du poisson« . D’un côté, les acides gras oméga-3 protègent le cœur. De l’autre, on redoute que le mercure menace les vaisseaux sanguins.

Comment le mercure agit-il sur le corps ?
Le mercure sous forme de méthylmercure pénètre facilement dans notre sang. À très forte dose, ce métal lourd attaque le système cardiovasculaire. Il favorise grandement le stress oxydatif. Ce stress abîme le bon cholestérol et crée des plaques dans les artères.
Le mercure endommage aussi la paroi des vaisseaux sanguins. Cela empêche les artères de se dilater correctement et augmente la tension artérielle. Enfin, le mercure vole le sélénium de notre corps. Le sélénium protège pourtant notre cœur grâce à son action antioxydante.
Une accumulation inégale selon les espèces
Tous les animaux marins ne se valent pas. Les gros prédateurs comme le requin, l’espadon ou le gros maquereau accumulent beaucoup de mercure. Ils mangent de petits poissons qui consomment eux-mêmes du plancton contaminé au mercure.
Ces grands prédateurs offrent peu d’oméga-3 par rapport à leur toxicité. À l’inverse, un petit poisson comme la sardine regorge d’oméga-3. Ces petites espèces contiennent très peu de métaux lourds. Leurs bienfaits dépassent largement les risques éventuels.
Le mercure du poisson serait sans danger pour le cœur
Les études passées donnaient des résultats souvent contradictoires. Une grande étude a donc voulu trancher le débat définitivement. L’hypothèse initiale supposait un effet négatif. La quantité élevée de mercure présente chez certains gros poissons pourrait contrecarrer les bénéfices sur le système cardiovasculaire. De plus, la science sait déjà que le mercure consommé en grande quantité endommage le système nerveux.
L’objectif de l’étude consistait à mesurer la quantité de mercure s’accumulant dans les ongles de pied. Cette méthode donne une excellente évaluation de l’exposition à long terme au métal. Le suivi médical a duré onze longues années. Durant cette période, 3500 participants ont souffert d’un AVC ou d’une maladie cardiovasculaire.
Les résultats de cette étude surprennent beaucoup de monde. Les taux de mercure n’atteignaient pas des niveaux plus hauts chez les victimes de maladies cardiovasculaires.
Selon l’un des auteurs de l’étude, la conclusion s’impose d’elle-même. Il affirme : « Nous devrions tous manger du poisson dans le cadre de notre hygiène alimentaire. » Il ajoute que nous pouvons le faire sans nous inquiéter des éventuels effets néfastes des métaux lourds sur le cœur.
Les recommandations officielles
L’Association américaine de cardiologie soutient pleinement cette vision médicale. Elle recommande de manger du poisson au moins deux fois par semaine. Sa haute teneur en acides gras oméga-3 protège efficacement notre santé.
En conclusion, choisissez simplement les bonnes espèces pour vos repas. Privilégiez un poisson riche en oméga-3 et situé très bas dans la chaîne alimentaire. Vous protégerez ainsi votre cœur sereinement.
Source : Mozaffarian D, et al. Mercury Exposure and Risk of Cardiovascular Disease in Two U.S. Cohorts. The New England Journal of Medicine, Mars 2011.