Agitation

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L’agitation chez la personne âgée n’est pas synonyme d’agressivité. C’est un problème comportemental qui a pour origine une souffrance. Elle ne justifie pas nécessairement une hospitalisation

qui doit être le plus souvent évitée (sauf en cas de maladie somatique ou trouble psychiatrique grave) . Les causes possibles sont multiples et parfois interdépendantes.

L’agitation est un trouble du comportement caractérisé par une exagération et/ou une anomalie de l’activité psychomotrice.  Elle entraîne une perte du contrôle des pensées et des actes.

L’agitation peut être verbale, physique, associé ou non à de l’agressivité.

Elle peut avoir des conséquences graves pour le sujet âgé et éventuellement pour l’entourage.  Environ 15 % des sujets âgés hospitalisés en psychiatrie le sont pour agitation avec agressivité.

Dans les faits, le sujet ne tient pas en place, déambule et gesticule. Il peut crier, s’accrocher aux autres. Il peut parfois avoir des gestes violents qui peuvent s’accompagner de chutes et de traumatismes.  Ses propos peuvent être injurieux ou répétitifs. Il peut refuser de coopérer. L’agitation peut être permanente ou intermittente, alternant avec de la prostration.

 

Les multiples causes

Confusion

Ce syndrome fréquent chez la personne âgée peut entraîner des troubles du comportement avec agitation.

Anxiété

Elle peut générer une agitation plus ou moins confuse chez la personne âgée. L’anxiété chronique peut entraîner une déambulation, une insomnie et une irritabilité qui s’accompagnent de manifestation corporelle : oppression, tremblements, palpitations, douleurs abdominales.

Hypomanie

Le sujet âgé présente un état d’excitation hypomaniaque est euphorique, satisfait, mais parfois méfiant, voire agressif. Il faut rechercher une cause toxique ou une tumeur cérébrale s’il n’a pas d’antécédent de troubles maniaco-dépressifs.

La dépression

Certaines dépressions du sujet âgé peuvent comporter des phases d’agitation avec des troubles anxieux. La personne est d’humeur triste, présente une perte d’intérêt et un sentiment de vide.

Le délire tardif

S’installant progressivement, il peut conduire des troubles du comportement marqués par une agitation. Le sujet se sent persécuté. 

Les hallucinations

Fréquentes dans certaines démences, elles peuvent être angoissantes et engendrer une agitation.

Une démence

Les troubles de comportement liés à une démence sont des manifestations potentiellement dangereuses pour la personne ou les autres. Ces
comportements s’ajoutent fréquemment au symptômes cognitifs observés dans les démences. L’agitation et l’agressivité dans la démence de
type Alzheimer peuvent survenir chez environ la moitié des patients selon les milieux de soins.

Une situation de crise

Une crise relationnelle au sein d’une famille ou de l’entourage peut générer une agitation de la personne âgée.

Le deuil

Le deuil d’un proche, la perte d’un animal ou d’argent peuvent déclencher une agitation.




Les causes médicales et chirurgicales

  • Hypoglycémie
  • Hyperthyroïdie
  • Fécalome
  • Rétention urinaire
  • Hyponatrémie
  • Infection pulmonaire, urinaire ou dentaire
  • Méningites
  • Pathologies iatrogènes : médicaments pouvant entraîner une confusion (par.ex. anticholinergiques), diurétiques, corticoïdes, caféine…
  • Sevrage médicamenteux (en particulier benzodiazépine)
  • Sevrage alcoolique
  • Apparition d’un trouble du rythme cardiaque
  • Désordre hémodynamique
  • Hématome sous durale après une chute sur les fesses passé inaperçue ou minimisée
  • Pathologie cérébro-vasculaire ou tumorale

 

Diagnostic

Il se fait avec une prise de contact avec la personne qui peut parfois dédramatiser la situation. Il faut également interroger l’entourage du patient.

Les circonstances qui ont déclenché l’agitation doivent être précisées, ainsi que les possibles antécédents pathologiques et les traitements antérieurs pris.

Si la  cause n’est peut-être pas d’origine psychiatrique, le médecin doit faire passer au patient un examen clinique afin de rechercher les causes somatiques : bilan sanguin, glycémie, créatinine, calcémie, natrémie, prise de la tension artérielle et de la température, état cardio-vasculaire, pulmonaire, abdominal et cutané (recherche d’ecchymoses par exemple). On vérifie également l’orientation spatiale et temporelle et les signes d’hémiparésies.

 

Traitement

La présence du médecin peut parfois avoir un effet de sédation apaisante.

Si ce n’est pas le cas une thérapeutique sédative peut s’avérer nécessaire :