Aspirine

Médicaments

Substance active: acide acétylsalicylique

Etudes cliniques

Accident vasculaire cérébral

Le risque de récidive d’AVC est le plus élevé pendant les premières heures et les premiers jours qui suivent un AIT ou un AVC d’origine ischémique. La communauté médicale recommande de débuter  un traitement avec  des antiplaquettaires dès le diagnostic d’AIT ou d’AVC. L’efficacité préventif de l’aspirine après un AVC  ischémique est admis. Il semblerait que l’association de l’aspirine avec un autre antiplaquettaire (comme le clopidogrel) soit encore plus efficace pour réduire le risque de récidive.

Une méta-analyse conclut que la combinaison de 2 antiagrégants plaquettaires plutôt que d’un seul réduit, dans les 3 jours, le risque de récidive d’ischémie cérébrale après un AVC ischémique ou un AIT.  Cette étude ne permet également pas de déterminer clairement si le bénéfice de cette effet préventif l’emporte sur le risque potentiel de saignements.

Un guide de pratique clinique recommande, après un diagnostic d’AVC ou d’AIT sans anomalie cardiaque, d’instaurer un traitement de l’aspirine (160 mg) puis de diminuer la dose à raison de 80 mg par jour, à vie. En cas de contre-indication à l’aspirine, le clopidogrel est recommandé.

L’aspirine semble prévenir le risque de rechute chez les personnes à risque ayant été victimes d’une attaque cérébrale transitoire ou durable. La combinaison de l’aspirine avec d’autres médicaments ayant la propriétés d’inhiber l’agrégation des plaquettes (ticlopidine, clopidogrel) semble être plus efficace que la prise d’aspirine seule.

Rappel

Un accident cérébral est provoqué par l’obstruction partielle ou totale d’une artère cérébrale. Le glucose et l’oxygène ne sont plus transportés par le sang dans le cerveau, entraînant la mort des neurones dans une ou plusieurs régions du cerveau.

Cet accident peut être : 

   – transitoire si les symptômes ne persistent pas plus de 24 heures (c’est l’accident ischémique transitoire ou AIT) ou 

   – durable, et donc plus grave (on parle d’infarctus ou d’accident vasculaire cérébral ou d’AVC).

Les personnes ayant subi un AIT sont des personnes à risque car leur risque d’être victimes d’un infarctus cérébral est plus élevé.

L’infarctus cérébral est, dans le principe, similaire à l’infarctus du myocarde, sauf qu’il touche le cerveau ! la grande majorité (80%) des infarctus sont d’origine ischémique, provoqués par un caillot sanguin se développant sur les plaques d’athérome situés les parois des artères. Un peu moins de 20% des infarctus sont d’origine hémorragique, provoqués par la rupture d’une artère cérébrale.

Les moyens préventifs admis à ce jour sont : la modification du style de vie, le contrôle de la pression sanguine, des taux de cholestérol, du diabète et de la fibrillation atriale.

Maladie d’Alzheimer

La consommation régulière d’aspirine semble réduire le risque de développer une maladie d’Alzheimer. Cependant, ces résultats restent à confirmer. De plus, la communauté scientifique déconseille aux sujets âgés d’en consommer sans consulter un médecin.

Déclin des fonctions cognitives

Il semble que l’aspirine à faibles doses freine le déclin des fonctions cognitives chez la personne âgée.

Démence vasculaire

Il n’existe à ce jour aucune évidence indiquant que la consommation régulière d’aspirine :

  • diminue le risque de développer une démence vasculaire
  • ralentisse sa progression.

La démence vasculaire est la forme de démence la plus courante après la maladie d’Alzheimer (20% du total des démences). Elle résulte d’une mauvaise irrigation des neurones provoquée par un infarctus cérébral unique, par des infarctus multiples ou par une hémorragie cérébrale (plus rare). Ces lésions cérébrales sont en général diffuses.

Contre-indications – mises en garde – précautions

L’aspirine est contre-indiquée ou doit être prise avec précaution chez les personnes (liste non exhaustive):

  • Allergiques aux salicylates ou aux anti-inflammatoires non stéroïdiens.
  • Souffrant ou ayant un antécédent d’ulcère gastrique ou duodénal.
  • Souffrant d’une maladie hémorragique.
  • Souffrant d’insuffisance rénale.
  • Asthmatiques.
  • Prenant d’autres médicaments (anticoagulants oraux, glucocorticoïdes, insuline, diurétiques…).

Effets indésirables

Effets gastro-intestinaux (ulcères gastriques, nausées, douleurs abdominales, diarrhée…), syndromes hémorragiques, effets sur le système nerveux central (bourdonnements d’oreille, céphalées)…

Publications

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Peacock JM et alii. Association of nonsteroidal anti-inflammatory drugs and aspirin with cognitive performance in middle-aged adults. Neuroepidemiology 18:134-43, 1999.

Rands G et alii. Aspirin for vascular dementia (Cochrane Review). In: The Cochrane Library, Issue 1, 2004. Chichester, UK: John Wiley & Sons, Ltd.

Sacco RL et Elkind MS. Update on antiplatelet therapy for stroke prevention. Arch Intern Med. 160:1579-1582, 2000.

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Zandi PP et alii. Cache County Study Investigators. Reduced incidence of AD with NSAID but not H2 receptor antagonists: the Cache County Study. Neurology. 59:880-886, 2002.

Geeganage CM et al. Dual or mono antiplatelet therapy for patients with acute ischemic stroke or transient ischemic attack: systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Stroke 2012;43:1058-66.

Pour de plus amples informations sur ce médicament, veuillez contacter votre médecin ou votre pharmacien.

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