Les douleurs neuropathiques après un AVC : comment les traiter

Soins et prévention

Décrit pour la première fois dans un journal médical en 1906 (il s’appelait alors «syndrome thalamique»), ce syndrome est encore souvent mal diagnostiqué. Près de 1 à 10 patients victimes d’AVC souffrent de douleur chronique et invalidante, généralement de forte intensité.





Ce syndrome est une forme de douleur constante ou intermittente causée par une lésion ou un dysfonctionnement du système nerveux central. Elle commence habituellement quelques jours ou semaines après un AVC associé à des troubles sensoriels.
Dans une étude portant sur 20 332 patients victimes d’un AVC et suivis pendant 30 mois, les chercheurs ont estimé à 10% le pourcentage de ceux souffrant de douleur chronique. Parmi eux, environ 3% avaient des douleurs neuropathiques centrales, 1,5% des douleurs neuropathiques périphériques et 1,3% des douleurs spasmodiques.

Les patients peuvent éprouver une hyperpathie (réaction anormalement douloureuse à un stimulus douloureux) ou une allodynie (douleur en réponse à un toucher léger, un courant d’air, etc).  Ces douleurs comprennent aussi des maux de tête et des douleurs musculo-squelettiques, en particulier la douleur liée au mouvement de l’épaule.

On entend par douleur neuropathique centrale une douleur provoquée par une lésion ou une maladie qui affecte la moelle ou du cerveau (ex. dans le cas d’un AVC).

On entend par douleur neuropathique périphérique une douleur provoquée par une lésion ou une maladie qui affecte les nerfs périphériques, le plexus ou les racines.

D’autre part, les résultats ont montré que les facteurs qui augmentent le risque de douleur post-AVC sont

  • la sévérité de l’AVC,
  • le fait d’être une femme,
  • la consommation d’alcool,
  • les antécédents de dépression,
  • la consommation de statine,
  • des taux élevés de lipides,
  • le diabète,
  • les maladies vasculaires périphériques.

Concernant plus spécifiquement les douleurs neuropathiques périphériques, le diabète de type 2 et le tabagisme sont des facteurs prédictifs de douleurs neuropathies périphériques.

Traitements

Les traitements médicamenteux de première intention pour ce type de syndrome est un antidépresseur tricalcique appelé amitriptyline (maximum 150 mg/j).

La lamotrigine ou la gabapentine (deux anti-épileptiques) sont des traitements de second choix.

En 2011, une étude a montre que la prégabaline (an autre convulsivant) n’était pas plus efficace qu’un placebo pour diminuer la neuropathie suite à un AVC.

Si les médicaments ne fonctionnent pas, une thérapie non invasive appelée stimulation magnétique transcrânienne (TMS) devra être envisagée. La TMS envoie de courtes impulsions de champs magnétiques dans le cerveau.
La stimulation électrique du cerveau peut être envisagée chez des patients soigneusement sélectionnés. Le traitement consiste à implanter des électrodes dans la membrane recouvrant le cerveau (stimulation du cortex moteur) ou plus en profondeur dans le cerveau (stimulation cérébrale profonde).

Les autres causes de douleur neuropathique provoquée par une lésion du système nerveux

  • Diabète (prévalence :20-30%)
  • VIH (35-55%)
  • Masectomie (20-40%)
  • Chimiothérapie (jusqu’à 40%)
  • Radiculothérapie
  • AVC (10%)
  • Syndrome du canal carpien (16%)

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Sources

O’Donnell MJ et coll. Chronic pain syndromes after ischemic stroke: PRoFESS trial.
Stroke. 2013 May;44(5):1238-43.

Boulanger A. Le traitement de la douleur neuropathique.