Entraînement cérébral

Soins et prévention

L’entraînement cérébral assisté par ordinateur est-il efficace ?



entrainement cognitifDe nombreuses recherches ont été entreprises ces deux dernières décennies afin de déterminer si l’entraînement cérébral assisté par ordinateur (ou entraînement cognitif informatisé) stimule la cognition des personnes âgées.

Des dizaines d’essais contrôlés randomisés avec des milliers de participants ont été réalisés. Les résultats de ces essais permettent de déterminer non seulement si l’entraînement cognitif informatisé est une intervention efficace :

  • pour améliorer la cognition,
  • pour déterminer quels domaines cognitifs (ex. planification, prise de décision, mémoire) répondent favorablement.

La demande croissante des consommateurs pour des interventions visant à améliorer leur fonction cognitive a fait naître un marché lucratif et non réglementée. Des dizaines de programmes sont actuellement sur le marché.

Certains programmes ont été testés dans des essais cliniques randomisés, mais beaucoup ont une base de recherche limitée ou avec des résultats basés sur une rigueur scientifique contestable.

En conséquence, la commercialisation – parfois aggressive – de certains produits ont porté préjudice aux études cliniques qui ont porté sur l’évaluation de l’entraînement cognitif informatisé.

Efficacité chez les personnes âgées en bonne santé cognitive

Une méta-analyse regroupant 52 essais cliniques et 4850 participants indique que l’entraînement cérébral informatisé peut améliorer la cognition chez les adultes âgés en bonne santé cognitive, en particulier sur la mémoire, la vitesse d’exécution et les capacités visuospatiales. Cette amélioration est jugée de faible à modérée.

Une amélioration modérée des fonctions cognitives a également été rapportée chez les adultes atteints de déficit cognitif léger, selon une méta-analyse regroupant 16 études cliniques.

Les différentes fonctions cognitives qui ont bénéficié de cette amélioration sont l’attention, les fonctions exécutives et la mémoire, et ces avantages ont persisté tout au long du suivi du participant.

L’examen des résultats a également rapporté des effets positifs significatifs sur le bien-être psychologique. Enfin, un essai de faible envergure indique qu’aucun des patients avec un déficit cognitif et ayant suivi un entraînement cognitif n’a été diagnostiqué avec une démence, contrairement au groupe contrôle.
Dans une autre étude portant sur des jeux en ligne, des chercheurs britanniques (Kings College, Londres) ont montré que samuser cinq fois par semaine à des jeux de mémorisation et de raisonnement en ligne aiderait les personnes âgées à ralentir, voir d’empêcher leurs capacités cognitives de décliner.

Ils ont divisé en deux groupes près de 7000 adultes de plus de cinquante ans :

  1. Un premier groupe de joueurs qui réalisent des jeux de stimulation cognitive.
  2. Un deuxième groupe de joueurs qui effectuent des recherches sur la Toile.

Les participants, suivis pendant six mois, ont effectué un nombre illimité de séances de dix minutes sur les ordinateurs.

La performance cognitive a été meilleure chez le groupe de personnes qui pratiquaient des jeux en ligne, surtout si la fréquence était d’au moins cinq fois par semaine.

De plus, les participants se sentaient plus capables à réaliser des activités simples telles que cuisiner ou faire des courses.

Source : Anne Corbett et coll. The Effect of an Online Cognitive Training Package in Healthy Older Adults: An Online Randomized Controlled Trial. Journal of Post-acute and Long Term Care Medicine, novembre 2015.

Les facteurs qui jouent sur l’efficacité de l’entraînement cognitif

La question principale n’est pas de savoir si l’entraînement cognitif informatisé est efficace mais plutôt quel type d’entraînement l’est. Il semblerait que l’effet optimal est atteint lorsque les séances sont organisées en groupes, durent plus de 30 minutes et avec une fréquence d’une et trois fois par semaine. Ceci, par conséquent, devrait être la «prescription» recommandée à l’heure actuelle pour les personnes âgées. En revanche, le modèle généralement proposé sous la forme de produits commerciaux avec des séances à domicile a peu de chances d’être efficace.

Prévention de la maladie d’Alzheimer et d’autres formes de démence

Les personnes à risque de démence ont été en grande partie identifiées, telles que par exemple celles qui souffrent de déclin cognitif léger ou qui ont une faible activité mentale.

L’entraînement cérébral informatisé est une forme d’activité stimulante qui peut aider à la fois à prévenir le risque de démence et ralentir le déclin en protégeant la fonction cognitive.

Un programme d’entraînement cérébral diminuerait le risque de développer la maladie d’Alzheimer et d’autres formes de démences, selon une analyse de données récoltées pendant 10 ans par des chercheurs américains (Université de Floride du Sud).

Cette étude fait suite au scepticisme de certains chercheurs qui affirmaient que les jeux d’entraînement cérébral ne pouvaient stimuler les capacités cognitives.

Ces chercheurs ont montré que 11 séances d’entraînement réduisent le risque d’alzheimer et autres démences de 48 % chez des individus sans problème cognitif.

Ces séances visent à améliorer la rapidité mentale et la précision visuelle du participant tel que repérer à la fois un objet au centre de l’écran et un objet en périphérie. Plus le participant progresse, plus l’exercice devient difficile.

D’un point de vue pratique, les participants conduisent mieux, ce qui ce reflète notamment par une réduction du temps de freinage, une conduite moins dangereuse et un nombre moins important d’accidents responsables.

Source : Alzheimer’s Association International Conference, Toronto, juillet 2016.

Sources

Alzheimer’s Association International Conference, Toronto, juillet 2016.

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Lampit A, Hallock H, Valenzuela M. Computerized cognitive training in cognitively healthy older adults: A systematic review and meta-analysis of effect modifiers. PLoS Med 2014;11:e1001756.

Norton S et coll. Potential for primary prevention of Alzheimer’s disease: An analysis of population-based data. Lancet Neurol 2014;13:788–794.

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