La pollution : un danger pour le coeur et le cerveau ?

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La pollution toxique pour notre cerveau ?

Vivre à moins de 50 m d’un grand axe routier augmente de 7% le risque de démence et de maladie d’Alzheimer en particulier. Au delà de 200m, le risque est inexistant. En revanche, il n’y a aucune augmentation de la maladie de Parkinson et de la sclérose en plaques.

Les chercheurs canadiens à l’origine de cette étude ont réalisé une enquête auprès de 6 millions d’adultes vivant dans la province de l’Ontario. Ils ont calculé la concentration en polluants au moyen de satellites sur des zones couvrant environ 6 millions et demi d’habitants .

Le dioxyde d’azote (NO2) et les particules fines émanant des moteurs sont pointés du doigt.

C’est la première étude qui fait un lien entre les deux phénomènes, sans pour autant conclure que les polluants sont en cause. De plus, les chercheurs n’ont pas pris en compte d’autres facteurs tels que le tabac, le diabète, la qualité de sommeil ou le lieu de travail des habitants.

pollution

En 2016, d’autres chercheurs suggéraient déjà que la pollution atmosphérique avait un effet toxique sur notre cerveau.

Les chercheurs ont en effet retrouvé des particules d’oxyde de fer dans le cerveau de certains individus, dont la quantité et la forme (lisse et arrondie) laissent à penser qu’elle provient de notre environnement et non de la nourriture. Ces formes de fer sont en particulier produites par les moteurs de voiture ou les systèmes de freinage.

Le fer est un oxydant puissant produisant (lorsqu’il est en quantité anormalement élevée) des radicaux libres dans le cerveau, ce qui entraîne des dommages sur les neurones.

Un tiers des AVC dus  à la pollution atmosphérique
Par ailleurs, une autre étude indique qu’un tiers des AVC seraient attribuables à la pollution atmosphérique, un facteur qui semble avoir été sous-estimé.

Selon les auteurs qui se sont basés sur des données mondiales, près de trois quarts des accidents vasculaires cérébraux pourraient être prévenus en s’attaquant aux facteurs de risque suivants  :

  • hypertension artérielle,
  • régime alimentaire pauvre en fruits et légumes,
  • indice de masse corporelle élevé,
  • régime alimentaire riche en sel,
  • tabagisme,
  • pollution de l’air ambiant,
  • pollution domestique liée à des combustibles solides,
  • alimentation faible en céréales complètes,
  • glycémie élevée.

La quasi totalité (90%) des attaques cérébrales est liée à des facteurs de risque modifiables, dont les trois quarts (74%) liés à notre hygiène de vie : tabagisme, mauvaise alimentation et faible activité physique. Les auteurs n’ont pu inclure certains facteurs de risque importants dans leur étude comme la fibrillation auriculaire ou l’abus de substance par manque de données. Par ailleurs, la pollution atmosphérique serait à l’origine d’un AVC sur trois dans le monde, en particulier dans les pays en voie de développement (33,7% vs 10,2% dans les pays développés). Une activité physique insuffisante est un facteur de risque beaucoup plus grand chez les adultes de plus de 70 ans. Le facteur de risque qui a le plus augmenté est une alimentation trop riche en boissons sucrées en particulier dans les pays développés.

Le coeur pourrait être également affecté

Les niveaux élevés de grosses particules dans l’air augmenteraient également le risque de maladie cardiaque chez des personnes âgées vivant dans les villes.

Celles-ci sont alors plus susceptibles d’être hospitalisées pour cette raison.

Ces niveaux accrus de ce type de particules présentes dans l’air sont liés à des projets de construction, les vents du désert et l’agriculture, selon les chercheurs à l’origine de l’étude.

Ces particules microscopiques sont plus grosses que les polluants atmosphériques rejetés par les voitures et les centrales électriques. Les scientifiques estiment qu’ils peuvent avoir un impact significatif sur la santé des gens.

Bien que l’étude ait révélé un lien étroit entre la pollution de l’air par de particules grossières et des hospitalisations liées à des maladies cardiaques, aucun lien de cause à effet n’a pu être établi.

Les données de l’étude ont été obtenues par une agence de surveillance environementale américaine (Environmental Protection Agency) présente dans 110 grandes zones urbaines. Ces informations ont été associées à des données de Medicare sur les hospitalisations des personnes âgées de 65 ans et plus dans ces régions entre 1999 et 2010.

Au cours de l’étude, 6 millions d’hospitalisations d’urgence liées au coeur et 2,5 millions d’entrées respiratoires ont été répertoriées. Les maladies respiratoires ne sont pas reliées à des niveaux élevés de grosses particules. Cependant, les admissions dues à des urgences cardiaques augmentaient les jours où les niveaux de ces polluants atmosphériques étaient élevés.

Il semblerait que les particules présentes dans l’Est semblent plus nocives que celles de l’ouest des États-Unis, suggérant que leur composition chimique pourrait les rendre plus nuisibles.

 

Sources

Chen H et coll. Living near major roads and the incidence of dementia, Parkinson’s disease, and multiple sclerosis: a population-based cohort study, Lancet, janvier 2017

Feigin VL et coll. Global burden of stroke and risk factors in 188 countries, during 1990–2013: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2013, Lancet Neurology, juin 2016.

Maher B. et coll. Magnetite pollution nanoparticles in the human brain.  Proceedings of the National Academy of Sciences, juillet 2016.

Powell H et coll. Ambient Coarse Particulate Matter and Hospital Admissions in the Medicare Cohort Air Pollution Study, 1999-2010. Environ Health Perspect. 2015 Nov;123(11):1152-8.