Les anti-inflammatoires pourraient traiter la dépression

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Les anti-inflammatoires réduiraient les symptômes de dépression, selon une étude. Ils agiraient en réduisant l’inflammation, un mécanisme qui déclenche la dépression.

Les agents anti-inflammatoires comprennent les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ; les acides gras oméga-3 ; les médicaments qui freinent la production de produits chimiques inflammatoires (inhibiteurs des cytokines) ; les statines ; les stéroïdes ; les antibiotiques (minocyclines) ; le modafinil ; un médicament utilisé pour traiter les troubles du sommeil.

Et les effets sont encore plus puissants lorsque ces agents sont ajoutés au traitement antidépresseur standard.

Des scientifiques estiment que l’inflammation, qui est la réaction du corps à des facteurs comme le stress et une mauvaise alimentation, peut déclencher la dépression dans le cerveau.

Les chercheurs ont parcouru les bases de données de recherche pour trouver les études appropriées publiées jusqu’en janvier 2019. Ils ont trouvé 30 essais contrôlés randomisés pertinents, impliquant 1610 personnes, qui ont rapporté des changements dans les échelles de dépression. Ils ont mis en commun les données de 26 de ces études.

L’analyse des données regroupées a suggéré que les agents anti-inflammatoires étaient meilleurs que les placebos et qu’ils augmentaient les effets du traitement antidépresseur standard.

La baisse moyenne de l’intensité des symtômes de dépression était de 55%, selon l’échelle de dépression.

Une analyse plus détaillée a indiqué que les AINS, les acides gras oméga-3, les statines et les minocyclines étaient les plus efficaces pour réduire les symptômes dépressifs majeurs comparativement au placebo.

Les auteurs de l’étude (Université Huazhong, Chine) ont déclaré :  » Les résultats de cette étude systématique suggèrent que les anti-inflammatoires jouent un rôle antidépresseur chez les patients souffrant de troubles dépressifs majeurs et sont raisonnablement sûrs « .

Le professeur Ed Bullmore, chef du département de psychiatrie de l’Université de Cambridge, qui n’a pas participé à la recherche, a déclaré :  » Cela devrait encourager une réflexion plus approfondie sur la manière dont nous pourrions utiliser une série d’anti-inflammatoires pour aider les personnes souffrant de dépression, en particulier celles qui prennent déjà un antidépresseur classique avec des bénéfices limités.
Cependant, comme le concluent les auteurs, d’autres essais seront nécessaires pour confirmer la prescription de ces médicaments.

Près d’un tiers des personnes souffrant de dépression n’arrivent pas à en sortir, même avec la variété des antidépresseurs existants et des psychothérapies disponibles.

Il est de plus en plus évident que les anti-inflammatoires peuvent aider à soulager les sentiments de tristesse et de désespoir, car les personnes souffrant de dépression ont des taux plus élevés de substances chimiques (cytokines) dans leur sang, liés à l’inflammation.

Cette inflammation est la réaction du corps au stress causée par des facteurs environnementaux tels que la pollution, l’alcool et le tabagisme, et qu’elle peut affecter à plus long terme la façon dont les émotions sont régulées dans le cerveau.

Les meilleurs résultats de l’étude ont été observés chez les personnes prenant des oméga-3, des statines, des antibiotiques et des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS).

Toutefois, l’examen n’a pas porté sur l’aspirine et l’ibuprofène, mais seulement sur le celexocib, qui est principalement utilisé comme analgésique pour les personnes souffrant d’arthrite.

Il ressort clairement de l’étude, basée sur 22 études sur 26, que les anti-inflammatoires seraient utiles contre la dépression lorsqu’ils sont pris en association avec des antidépresseurs.

L’examen indique que les personnes qui prennent des anti-inflammatoires n’ont pas subi d’effets secondaires importants, bien qu’il y ait eu quelques problèmes intestinaux.

Le professeur David Curtis, professeur honoraire à l’University College de Londres, qui n’a pas non plus participé à la recherche, a toutefois déclaré :  » Il est tout à fait trompeur de décrire l’utilisation d’agents anti-inflammatoires comme sûre. Les essais n’ayant duré que de 4 à 12 semaines, il n’a donc pas été possible de suivre les effets secondaires à long terme.

Source: Shuang Bai et coll. Efficacy and safety of anti-inflammatory agents for the treatment of major depressive disorder: a systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials. Journal of Neurology, Neurosurgery & Psychiatry, 2019; jnnp-2019-320912 DOI: 10.1136/jnnp-2019-320912