Rotigotine

Médicaments

Indications

Traitement des symptômes de la maladie de Parkinson, en monothérapie (stade précoce) ou en association avec la lévodopa (à tous les stades de la maladie), lorsque cette dernière devient moins efficace. Utilisé en monothérapie, ce médicament peut retarder l’utilisation de la lévodopa.

Comment fonctionne la rotigotine ?

Voir la fiche sur les autres médicaments appartenant à la même catégorie (bromocriptine, cabergoline, lisuride, pergolidepramipexole et ropinirole).

Posologie

La rotigotine est administrée une fois par jour par voie transdermique qui libère durant 24 heures le médicament à travers la peau (abdomen, cuisse, hanche, épaule ou bras). Au stade précoce de la maladie de Parkinson, la dose initiale est de 2 mg/jour. Cette dose est ensuite augmentée chaque semaine par étapes de 2 mg/jour jusqu’à atteindre au bout d’un mois la dose efficace (environ 5 mg par jour). La dose maximale de 8 mg/jour. Au stade avancé de la maladie, la dose de départ est de 4 mg/jour. Cette dose est ensuite augmentée chaque semaine par étapes de 2 mg/24 h jusqu’à atteindre la dose efficace (dose maximale = 16 mg/jour). Selon les études cliniques, la dose moyenne quotidienne (en monothérapie) est d’environ 5 mg/jour.

Effets indésirables les plus fréquents

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Contre-indications/Mises en garde/Précautions d’emploi

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Efficacité démontrée par la rotigotine au cours des études

La lévodopa est le médicament le plus utilisé dans le traitement de la maladie de Parkinson. Elle traverse la barrière hémato-encéphalique (une paroi qui sépare le cerveau du sang) pour se rendre dans le cerveau où elle est convertie en dopamine. Cette conversion en dopamine explique certainement ses effets atténuants sur les symptômes parkinsoniens. Bien que la lévodopa améliore les symptômes moteurs chez les patients atteints de la maladie de Parkinson, un traitement de plus de 5 ans provoque des complications motrices sévères (akinésie, effets « on-off », dyskinésies), probablement dues à la sévérité des troubles moteurs et la durée du traitement par la lévodopa. Ces complications motrices peuvent être atténuées, pendant environ 3 ans, par une classe de médicaments appelés agonistes dopaminergiques. Ces médicaments sont la bromocriptine, la cabergoline, le lisuride, le pergolide, le piribédil, le pramipexole, le ropinirole et la rotigotine.

De récentes études utilisant des protocoles comparables ont permis de comparer de manière rigoureuse l’efficacité des agonistes dopaminergiques. Les essais cliniques pris en compte ont duré de 3 à 12 mois et répondent à des critères d’inclusion stricts : essais randomisés à double insu versus placebo ou lévodopa. La durée minimale (3 mois) et maximale (12 mois) de traitement se justifie respectivement par le besoin de parvenir à un équilibre posologique et par le fait d’éviter les biais liés à l’évolution de la maladie. L’âge moyen des malades – en majorité des hommes – se situe autour de 60 ans.

L’efficacité est mesurée par la variation du score de l’Unified Parkinson’s Disease Rating Scale* (UPDRS en abrégé) entre le groupe traité avec le médicament (avec ou sans lévodopa) et le groupe placebo (avec ou sans lévodopa). Plus la différence est élevée, plus le médicament est efficace.

* Unified Parkinson’s Disease Rating Scale. Echelle évaluant la sévérité de la maladie de Parkinson. Elle comprend quatre aspects: état mental, comportement et humeur; activités de la vie quotidienne; état moteur et complications du traitement. Les patients traités avec un agoniste dopaminergique ont moins de risque de développer des dyskinésies (-49%), une dystonie (-36%) et des fluctuations motrices (-25%) que ceux traités seulement avec la lévodopa. La variation des scores de l’UPDRS est la suivante : pergolide (5,9 variation entre groupe traité et groupe placebo); piribédil (7,3); pramipexole (6); ropinirole (4,7) et rotigotine (5,3).

Effets indésirables. Les oedèmes constituent les effets indésirables les plus fréquents (+268%), suivis de la somnolence (+49%), constipation (+59%), vertiges (+45%), hallucination (+69%) et des nausées (+32%). Ces effets sont liés aux propriétés dopaminergiques de ces médicaments. La fréquence des interruptions de traitements due aux effets secondaires est deux fois et demie plus élevée chez ceux traités avec ces médicaments, comparée au groupe contrôle.

Ratio efficacité/tolérance. Ce ratio reflète le rapport entre le bénéfice que procure le médicament et le risque encouru par le patient. Le meilleur score est obtenu avec le piribédil, suivi du pramipexole, pergolide, rotigotine et ropinirole. En conclusion, bien que ces médicaments présentent une efficacité comparable, le piribédil est le médicament produisant le moins d’effets indésirables (en particulier les nausées) et ayant le meilleur ratio efficacité/tolérance.

Publications

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Etminan M et coll. Increased risk of somnolence with the new dopamine agonists in patients with Parkinson’s disease: a meta-analysis of randomised controlled trials. Drug Saf. 2001;24:863-8.

Bonuccelli U. Comparing dopamine agonists in Parkinson’s disease. Curr Opin Neurol. 2003 16, 1:S13-9.

Inzelberg R et coll. Cabergoline, pramipexole and ropinirole used as monotherapy in early Parkinson’s disease: an evidence-based comparison. Drugs Aging 2003;20:847-55.

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Jankovic J, Stacy M. Medical management of levodopa-associated motor complications in patients with Parkinson’s disease. CNS Drugs. 2007;21(8):677-92.

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