Statines

Médicaments




Indication

Les statines traitent l’hypercholestérolémie caractérisées par des taux sanguins de c-LDL (cholestérol-low density lipoprotein) supérieurs à 2 g/l (ou 5 mmol/l).

Les principales statines commercialisées sont : la lovastatine, la pravastatine, la simvastatine, la fluvastatine, l’atorvastatine et la cérivastatine.

Comment fonctionnent-elles ?

Les statines inhibent l’hydroxyméthylglutaryl (HMG) CoA réductase, une enzyme limitante pour la synthèse hépatique du cholestérol et qui stimule l’activité des récepteurs LDL (le ‘mauvais’ cholestérol).



Infections

Les statines réduiraient de 58% le risque d’infections nosocomiales chez des patients hospitalisés suite à un AVC.

Les chercheurs américains (université de Washington) ont étudié les dossiers médicaux de plus de 1 600 personnes victimes d’un AVC ischémique et qui ont été hospitalisées. Parmi eux, 1 151 ont reçu des statines à leur arrivée à l’hôpital ou étaient déjà traités avant leur AVC.

Un cinquième de ces patients ont développé une infection nosocomiale, contre 41 % chez ceux qui n’avaient pas reçu le médicament.

Les chercheus pensent que cet effet protecteur serait dû aux propriétés anti-inflammatoires des statines. Il avait déjà été rapporté que les statines diminuaient le risque d’infection bactèrienne provoquée par le Clostridium difficile.

Source : Douglas L. Weeks et coll. Statin Medication Use and Nosocomial Infection Risk in the Acute Phase of Stroke. Journal of Stroke and Cerebrovascular Diseases, juin 2016.

Accidents cardiovasculaires

Une méta-analyse regroupant 27 études et plus de 170.000 personnes confirme que les statines, ces médicaments qui abaissent le taux de cholestérol LDL, réduisent le risque d’événements vasculaires (infarctus du myocarde, décès d’origine coronarienne, accidents vasculaires cérébraux).

Après analyse des résultats, les auteurs ont montré qu’une baisse de 1,0 mmol / L du taux de LDL  par les statines réduisait d’environ 21% le risque vasculaire, quels que soient  l’âge, le sexe, le taux initial de cholestérol LDL, les antécédents de maladie vasculaire. Si l’on répartit les personnes en fonction de leur risque vasculaire, on arrive à une réduction du risque de 38% (pour le groupe à faible risque) et 21% (pour le groupe  à risque maximal). Concernant les AVC, le risque est réduit de 10%, quel que soit le profil à risque du malade. Source : Lancet, août 2012.

Des patients traités pendant un an et de manière intensive avec de fortes doses de statines voient leur risque d’AVC diminué de 16%, comparés à ceux recevant le dose recommandée, selon des résultats portant sur 26 essais cliniques et publiés dans The Lancet. 

En outre, l’étude n’a pas relevé d’augmentation de la mortalité par cancer ou d’autres causes non vasculaires.

La baisse des niveaux de mauvais cholestérol (LDL) est plus accentuée (-0,51 mmol/L) chez ceux traités avec les fortes doses de statines, comparés à ceux recevant le dose recommandée.

Cependant, cet effet préventif s’accompagne chez certains patients d’une augmentation de l’atteinte musculaire et de myopathie, dont la fréquence annuelle passe de 1/10 000 à 10/10 000 patients traités.

Les auteurs estiment que cette complication touche plus souvent des personnes porteuses d’une particularité génétique qui pourrait être détectée avant le traitement.

Source:  Cholesterol Treatment Trialists’ (CTT) Collaboration. The Lancet, 2010.

 

Démence

Les statines réduiraient le risque de démence, selon des chercheurs taïwanais qui ont suivi, durant 5 ans, plus de 30000 personnes âgées de plus de 60 ans, dont plus de la moitié prenaient des statines.

Résultats:  l’utilisation des statines est associée à une réduction du risque de démence de 22% (- 24% chez les femmes, -14% chez les hommes). Cette association apparaît plus forte avec de fortes doses de statines et lorsque le traitement dure plus de 3 ans.

Il est à noter que cette association concerne la démence en général, c’est-à-dire quelque soit sa cause. Aucune association significative n’a été démontrée entre l’utilisation des statines et la maladie d’Alzheimer d’une part et la démence vasculaire d’autre part.

L’étude ne démontre pas de relation de cause à effet.

Source:Statin use and incident dementia: A nationwide cohort study of Taiwan. International Journal of Cardiology, mars 2014.

 

Maladie de Parkinson

Les gens qui arrêtent de prendre des médicaments contre le cholestérol (appelés statines) peuvent avoir un risque accru (+58%) de développer la maladie de Parkinson. Des études antérieures sur la relation entre les statines et Parkinson ont abouti à des résultats contradictoires.

Les médicaments concernaient la simvastatine (Zocor) ou l’atorvastatine (Lipitor).

« Nous sommes très surpris d’observer cette association. Notre conclusion est basée sur une étude épidémiologique. Des essais cliniques ciblant l’association entre l’utilisation de statines et l’apparition de la maladie de Parkinson sont nécessaires pour confirmer ces résultats», conclut l’auteur principal de l’étude.

Les auteurs de l’étude pensent que les statines sont en mesure de passer dans le cerveau en traversant la barrière hémato-encéphalique et d’ainsi diminuer la neuroinflammation (phénomène qui se caractérise par un processus d’inflammation dans le cerveau).

En effet, l’étude a révélé une différence entre les deux types de statines. L’utilisation des statines liposolubles, comme la simvastatine et atorvastatine a été associée à un risque réduit de maladie de Parkinson, alors qu’aucune association n’a été trouvée pour les statines solubles dans l’eau, tels que la pravastatine et la rosuvastatine. Or seules les statines lipososubles  traversent la barrière hémato-encéphalique et passent dans le cerveau.

Source: Discontinuation of statin therapy associates with Parkinson disease. Neurology 2013;81:410-416.

 

Interactions avec les aliments

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (France) rappelle que le pamplemousse accentue les effets secondaires de certains médicaments souvent prescrits chez les personnes âgées, en particulier les statines (simvastatine et atorvastatine) et anti-inflammatoires, pouvant causer, dans de rares cas, des arrêts cardiaques ou des thromboses veineuses. D’autres médicaments peuvent voir leurs effets secondaires aggravés: c’est le cas de deux antiarythmiques (dronédarone et l’ivabradine) et de l’antidépresseur sertraline. Les autres fruits ne sont pas concernés. Cette aggravation des effets indésirables serait due à la présence de molécules appelées furanocoumarines, présentes uniquement dans le pamplemousse.