Olfaction (troubles de)

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Olfaction et vieillissement

Les fonctions olfactives amorcent un déclin commençant autour de 60 ans. Le déclin apparaît plus tôt chez les hommes que chez les femmes. Vers 80 ans, plus de la moitié des personnes âgées présentent des troubles olfactifs.

Les causes qui entraînent une moins bonne perception des odeurs sont multiples : lente régénération des tissus du système olfactif, altération de la muqueuse nasale qui produit les glandes productrices de mucus…



Les troubles de l’olfaction et leurs conséquences

Le médecin prend acte des plaintes du patient qui sent mal ou qui ne sent plus les odeurs. L’hyposmie (perte de la sensibilité aux odeurs) est le trouble le plus fréquent de l’odorat, alors que l’anosmie (trouble de l’odorat fréquemment provoqué par l’atteinte du nerf olfactif). Les parosmies (mauvaise perception de l’odorat) et les dysosmies (perte totale de l’odorat) sont plus rares.

Ces plaintes peuvent être dues à un traumatisme crânien ou un « coup du lapin » ou une sinusite (anosmie de transmission), cette dernière étant soignée par des corticoïdes.

Les conséquences de l’anosmie:

  • Les troubles de l’olfaction peuvent empêcher le patient de reconnaître certaines odeurs signes d’un danger imminent, tel que l’odeur de brûlé mais aussi celle du gaz.
  • Les troubles de l’olfaction sont associés à une mauvaise identification des aliments et d’un manque de motivation pour l’alimentation, à l’origine d’une mauvaise alimentation.
  • La perte de l’olfaction entraîne une importante perte du plaisir sexuel, de fait de la part olfactive dans l’attirance sexuelle.
  • Certaines personnes ont peur de manger des aliments avariés, de mal cuisiner et perdent les plaisirs de la table.
  • Les patients avec des troubles olfactifs peuvent avoir des symptômes dépressifs, par perte de motivation ou d’indifférence.

 

Maladie d’Alzheimer

Les troubles de l’odorat peuvent survenir avant que les premiers symptômes cognitifs apparaissent. Des chercheurs ont effectivement remarqué qu’il existe un lien entre des plaintes de mémoire rapportées par un individu et la présence de troubles olfactifs détectés à l’aide des tests spécifiques.

Ces observations sont confirmées par une équipe de chercheurs de l’Université de Montréal. Il semblerait que 80% des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer présentent en premier lieu des troubles de l’odorat. Les personnes auraient notamment de la difficulté à distinguer et mémoriser une odeur.

 

Maladie de Parkinson

Les personnes atteintes de la maladie de Parkinson présentent également des troubles de l’olfaction, qui se caractérisent par une perte de sensibilité de la perception des odeurs. La présence de troubles olfactifs présage de troubles cognitifs dans la maladie.

Des chercheurs espèrent diagnostiquer la maladie de Parkinson à partir d’odeurs corporelles.

 

Comment expliquer ces observations ?

Les neurones envoient l’information via le nerf olfactif au bulbe olfactif, qui à son tour l’envoie au cortex olfactif. La majorité des régions du cortex olfactif font partie du système limbique, responsable du traitement des émotions et de la mémoire (hippocampe, cortex entorhinal, amygdale). Cela explique pourquoi la mémoire d’une odeur est d’autant plus pregnante qu’elle suscite l’émotion.

Le bulbe olfactif est notamment modulé par des neurones qui produisent un neurotransmetteur appelé acétylcholine. Ce neurotransmetteur est impliqué dans la mémoire et l’apprentissage. Ces neurones se projettent dans les régions du système structures du système limbique (hippocampe et amygdale) impliquée dans la perception des odeurs.

Dans les maladies d’Alzheimer et de Parkinson, ces neurones sont endommagés de manière précoce par des lésions caractérisques de ces maladies, à savoir des enchevêtrements neurofibrillaires et des dépôts d’alpha-synucléine respectivement.

 

Pour en savoir plus

Les troubles olfactifs présents dans la maladie d’Alzheimer

Un test olfactif pour prédire l’efficacité d’un traitement contre la maladie d’Alzheimer