Démence : l’activité physique est-elle efficace ?

Soins et prévention

L’activité physique améliore les fonctions exécutives chez des personnes atteintes d’Alzheimer (août 2016). Des chercheurs ont comparé l’efficacité de deux programmes d’exercice effectués à domicile ou en groupe, à raison de deux séances hebdomadaire d’une heure. Les 210 participants ont subi des tests de mesure d’évaluation de leurs fonctions cognitives après 3, 6, et 9 mois d’activité.

Les résultats ont montré que le programme d’activités effectuées à la maison améliore au bout d’un an les fonctions exécutives, comparés au groupe contrôle qui avait reçu des soins standards.

Cependant, ces effets sont modestes. De plus, aucun bénéfice n’a été rapporté sur la mémoire, en particulier la sémantique et la cognition globale.

Ces données confirment que l’activité a un impact positif sur les fonctions exécutives.  Seuls les exercices effectués à la maison sont efficaces, ce qui peut s’expliquer par le fait que ce programme d’entraînement demande à la fois un effort physique (avec une augmentation de la circulation sanguine dans le cerveau) et cognitif (avec une augmentation de l’activité du lobe frontal, une zone du cerveau impliquée dans les fonctions exécutives.

Source: Hannareeta Öhman et coll. Effects of Exercise on Cognition: The Finnish Alzheimer Disease Exercise Trial, J Am Geriatr Soc. 2016;64(4):731-738. 

 

L’exercice semble améliorer le bien-être psychologique et physique, selon une étude conduite par l’Association britannique Alzheimer au printemps 2014.

Ce programme stimule à la fois les fonctions cognitives et motrices en incluant des exercices de yoga, de tai chi, de qigong et de la méditation, accompagnés d’exercices physiques standards.

Les chercheurs ont montré que ce programme qui se focalise sur le corps et l’esprit améliore la qualité de vie des patients atteints de démence.

Chaque session se termine par une activité de méditation courte focalisé sur la respiration et la conscience.

Quinze individus âgés de 52 à 86 ans ont participé à ce programme de six sessions, dont huit atteints de démence et cinq aidants. Le taux de participation était de 70%.

Non seulement ces personnes ont aimé participer à ces sessions mais ont vu leur capacité mnésique s’améliorer puisqu’elles arrivaient à se souvenir de la séquence de mouvements qui accompagnaient la musique. Ainsi, la mémoire procédurale était préservée.

Enfin, les sessions pourraient avoir un effet bénéfique sur les aidants.

 

La pratique d’un exercice régulier pourrait-elle ralentir déclin physique qui accompagne généralement la maladie d’Alzheimer ? La réponse est oui si on lit les conclusions de cette étude réalisée sur  210 personnes atteinte d’Alzheimer d’intensité modérée à sévère (âge moyen : 78 ans).

Trois groupes ont été constitués:

  1. Un groupe qui pratiquait une activité physique à la maison avec l’aide d’un physiothérapeute, avec des exercices adaptés aux besoins et aux capacités spécifiques de chaque personne. Les exercices étaient pratiqués une heure deux fois par semaine.
  2.  Un groupe qui pratiquait une activité physique dans un centre de réadaptation, avec un mélange d’exercices d’endurance, d’équilibre et de musculation encadrés par des physiothérapeutes. Les exercices étaient pratiqués une heure deux fois par semaine.
  3. Un troisième groupe qui ne pratiquait pas d’exercice mais qui recevait des conseils auprès d’infirmières sur la nutrition et l’exercice.

Résultats: Après un an, les capacités physiques s’étaient détériorées dans tous les groupes, mais la baisse était plus lente dans le groupe 1 et, dans une moindre mesure, dans le groupe 2, comparée au groupe 3.

Les auteurs ont noté qu’un ralentissement du déclin physique signifie moins de besoins de la part du malade durant le jour.

A noter que l’étude n’a pas comparé l’efficacité relative des types spécifiques d’exercice. Les physiothérapeutes qui ont participé à l’étude ont été formés pour s’occuper des personnes atteintes de démence. La moins bonne performance du groupe 2 s’expliquerait par le fait que les gens atteints de démence n’aiment souvent pas les activités de groupe. Source:  JAMA médecine interne, 15 avril 2013.

 

Les exercices physiques chez les personnes âgées avec troubles cognitifs sont-elles efficaces ?
Il y a une relation importante entre les fonctions cognitives et motrices chez les aînés : ceux qui ont une activité physique ont un risque moindre de trouble cognitif, alors que ceux souffrant d’un déficit cognitif s’accompagnant d’un ralentissement de leur fonction motrice (ex. marche) sont plus enclins de souffrir d’une démence plus tard.

Les fonctions motrices faisant appel aux fonctions cognitives (appelées fonctions motrices complexes) sont déficientes au stade précoce de la démence. Par exemple, les patients Alzheimer ont des difficultés à exécuter deux tâches à la fois (par exemple ils ont tendance à ralentir leur marche lorsqu’on leur demande simultanément de compter à rebours).

Les fonctions motrices de base (c.-à-d. les fonctions motrices qui ne dépendent pas des fonctions cognitives), sont également amoindries chez les patients atteints de démence, entraînant une activité physique réduite. Au stade avancé de la maladie, les déficits moteurs sont plus prononcés, avec tremblements, rigidité, bradykinésie, instabilité posturale et contractures. Les personnes souffrant de démence (en particulier celles souffrant de démences vasculaires et à corps de Lewy) ont 3 fois plus de risque de chuter et d’être victimes d’un accident grave (fracture de la hanche), voire de mourir.

Une revue médicale (Am J Phys Med Rehabil 2006;85 : 847–857) a eu pour objectif de déterminer si les aînés ayant des déficits cognitifs pouvaient tirer bénéfice d’un entraînement physique, dans le but d’améliorer leur fonction motrice et/ou réduire le risque de chute.

Les résultats portant 11 études réalisées entre 1966 et 2004, indiquent que l’efficacité des programmes physiques pour personnes atteintes de démence est controversée. En effet, beaucoup d’études manquent de méthodologies rigoureuses, qui peuvent biaisent les résultats.

En conclusion, L’effet bénéfique des programmes d’entraînement chez les personnes âgées avec déficit cognitif doit être confirmé.