Échelle de dépression gériatrique (dépression)

La perte auditive peut doubler d’ici 2060

Parution de l’Abécédaire du care

L’ibuprofène pris quotidiennement préviendrait la maladie d’Alzheimer

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Author Archives: Stéphane Bastianetto

  1. Échelle de dépression gériatrique (dépression)

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    L’échelle de dépression gériatrique (ou GDS) est une échelle permettant de diagnostiquer une dépression chez une personne âgée.

    C’est une maladie seule ou associée à une malade neurodégénérative (maladies de Parkinson ou d’Alzheimer) ou une douleur chronique. Elle ne doit pas être négliger car elle peut conduire au suicide.

    L’échelle existe sous plusieurs formes :  30 items, 15 items ou 10 items (la forme la plus courte).

    On pose 30 questions à la personne elle-même qui doit répondre par OUI ou par NON.

    On attribue 0 ou 1 point suivant que vous répondiez OUI ou NON.

    Comptez 1 si la réponse est non aux question 1,5,7,9,15,19,21,27,29,30 et oui aux autres.

    Plus la note est élevée, plus la dépression est grave: 
De 0 à 10: pas de symptômes dépressifs. 
De 11 à 19: symptômes dépressifs légers. 
De 20 à 30: symptômes dépressifs sévères.

    La GDS n’est pas utile chez des personnes ayant des troubles cognitifs. Elle est en revanche utile pour évaluer l’efficacité d’un antidépresseur.

    Le questionnaire de l’échelle de dépression gériatrique

    Questions
    Item 1. Êtes-vous satisfait(e) de la vie que vous menez ?
    Item 2. Avez-vous renoncé à de nombreuses activités ou hobbies ?
    Item 3. Avez-vous le sentiment que votre vie est vide ?
    Item 4. Vous ennuyez-vous souvent ?
    Item 5. Envisagez-vous l’avenir avec optimisme ?
    Item 6. Êtes-vous souvent dérangé par des pensées qui vous reviennent sans cesse ?
    Item 7. Êtes-vous de bonne humeur la plupart du temps ?
    Item 8. Avez-vous peur qu’un malheur vous arrive ?
    Item 9. Êtes-vous heureux la plupart du temps ?
    Item 10. Vous sentez-vous souvent impuissant ?
    Item 11. Vous arrive-t-il souvent de ne pas tenir en place, de vous impatienter ?
    Item 12. Préférez-vous rester à la maison plutôt que de sortir et faire quelque chose ?
    Item 13. Etes-vous préoccupé par l’avenir?
    Item 14. Avez-vous le sentiment d’éprouver davantage de problèmes de mémoire que la majorité des gens?
    Item 15. Pensez-vous qu’il est merveilleux de vivre à notre époque?
    Item 16. Vous sentez-vous déprimé et triste ?
    Item 17. Avez-vous le sentiment que vous ne valez pas grand-chose?
    Item 18. Le passé vous préoccupe-t-il beaucoup ?
    Item 19. Trouvez-vous que la vie est excitante ?
    Item 20. Avez-vous des difficultés à entreprendre de nouveaux projets ?
    Item 21. Vous sentez-vous plein d’énergie ?
    Item 22. Désespérez-vous de votre situation présente ?
    Item 23. Pensez-vous que la situation des autres est meilleure que la vôtre ?
    Item 24. Êtes-vous souvent irrité par des choses sans importance ?
    Item 25. Eprouvez-vous souvent le besoin de pleurer ?
    Item 26. Avez-vous du mal à vous concentrer ?
    Item 27. Êtes-vous content(e) de vous lever le matin ?
    Item 28. Evitez-vous souvent de participer à des activités sociales ?
    Item 29. Vous est-il facile de prendre des décisions ?
    Item 30. Avez-vous l’esprit aussi clair qu’autrefois ?

    Source

    Brink TL, Yesavage JA, Lum O, Heersema P, Adey MB, Rose TL: Screening tests for geriatric depression. Clinical Gerontologist 1: 37-44, 1982.

    La version abrégée de l’échelle de dépression gériatrique

    C’est une version abrégée de la GDS à 30 items. Elle peut être remplie par le patient ou un professionnel de santé.

    Elle ne permet cependant pas, à elle seule, de faire un diagnostic de dépression. Le professionnel doit se référer aux critères diagnostiques de dépression majeure du DSM IV qui requièrent la présence de cinq des neuf symptômes suivants pendant une période minimale de deux semaines :

    1. humeur dépressive,
    2. perte d’intérêt ou de plaisir,
    3. perte ou gain de poids,
    4. insomnie ou hypersomnie,
    5. agitation ou ralentissement psychomoteur,
    6. fatigue,
    7. sentiment de culpabilité ou auto-dévalorisation,
    8. diminution de la capacité à penser ou à se concentrer et
    9. idéation suicidaire.

    Les 15 items sont :

    Item 1. Êtes-vous satisfait(e) de votre vie ?

    Item 2. Avez-vous renoncé à un grand nombre de vos activités ?

    Item 3. Avez-vous le sentiment que votre vie est vide ?

    Item 4. Vous ennuyez-vous souvent ?

    Item 5. Êtes-vous de bonne humeur la plupart du temps ?

    Item 6. Avez-vous peur que quelque chose de mauvais vous arrive ?

    Item 7. Êtes-vous heureux(se) la plupart du temps ?

    Item 8. Avez-vous le sentiment d’être désormais faible ?

    Item 9. Préférez-vous rester seul(e) dans votre chambre plutôt que de sortir ?

    Item 10. Pensez-vous que votre mémoire est plus mauvaise que celle de la plupart des gens ?

    Item 11. Pensez-vous qu’il est merveilleux de vivre à notre époque ?

    Item 12. Vous sentez-vous une personne sans valeur actuellement ?

    Item 13. Avez-vous beaucoup d’énergie ?

    Item 14. Pensez-vous que votre situation actuelle est désespérée ?

    Item 15. Pensez-vous que la situation des autres est meilleure que la vôtre ?

    Comptez 1 si la réponse est non aux questions 1,5,7,11 et 13 et oui aux autres.

    Le score normal est de 3 ± 2, un sujet légèrement déprimé a un score de 7 ± 3, un sujet très déprimé a un score de 12 ± 2.

    La mini échelle avec ses 4 items

    Une version courte à 4 items a été également élaborée. Cette échelle consiste à poser 4 questions au patient en lui précisant qu’il doit se référer à un passé très récent, soit au mieux une semaine.

    Les 4 items sont :

    Item 1. Vous sentez-vous souvent découragé(e) et triste ?

    Item 2. Avez-vous le sentiment que votre vie est vide ?

    Item 3. Êtes-vous heureux(se) la plupart du temps ?

    Item 4. Avez-vous l’impression que votre situation est désespérée ?

    Comptez 1 si la réponse est oui aux questions 1,2,4 et non à la question 3.

    Si le score est égal à 1 ou plus, il y a une très forte probabilité de dépression ; si le score est égal à 0, il y a une très forte probabilité d’absence de dépression.

  2. La perte auditive peut doubler d’ici 2060

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    À mesure que la population vieillit, des millions de personnes seront confrontées à la perspective d’une perte de l’audition.

    Aux États-Unis, la perte auditive devrait passer de 44 millions en 2020 (15% des adultes) à 73,5 millions d’ici 2060 (23% des adultes). Dans le monde, 360 millions d’individus souffrent de déficience auditive, alors qu’en France, on estime ce nombre à environ 5 millions de personnes.

    L’augmentation sera plus grande chez les personnes âgées. En 2020, 55% de tous les adultes ayant une déficience auditive auront 70 ans ou plus. En 2060, ce taux passera à 67%.

    Pour résoudre ce problème, des approches novatrices sont nécessaires car la perte auditive a un impact sur la qualité de vie d’un individu et sa capacité à communiquer, à travailler et à s’engager dans des activités sociales et familiales.

    «La perte d’audition a été associée à une diminution de la capacité mentale, d’où la nécessité de fournir des soins adaptés à notre population. Son importance continuera d’augmenter», déclaré le Dr Ian Storper, un spécialiste de l’audition travaillant à New York.

    La cause la plus fréquente de perte auditive est l’exposition prolongée à un bruit élevé (par exemple écouter de la musique à un volume élevé ou travailler dans un lieu de travail bruyant).

    Les personnes âgées qui souffrent de perte d’audition sont plus à risque d’être dépressives, anxieuses, hospitalisées ou de chuter. Il y a également un lien entre la perte d’audition et le déclin mental.




    Pour ce qui a trait aux facultés mentales, on peut expliquer cette corrélation par l’isolement social auquel sont confrontées les personnes souffrant de problèmes auditifs. On estime qu’elles ont de 30 à 40% de risque supplémentaires de souffrir de déclin cognitif, comparées à celles n’ayant pas de problèmes.

    Cette perte peut être corrigée par le port d’appareils auditifs de plus en plus performants.

    Il n’est jamais trop tôt pour commencer à protéger votre audition. La perte d’audition est un processus lent et insidieux, et des changements peuvent survenir pendant de nombreuses années, qui ne sont pas réversibles.

    Les spécialistes recommandent de passer un test d’audition vers 55-60 ans. « Les personnes ne devraient pas perdre l’ouïe au fur et à mesure qu’elles vieillissent. Il existe des moyens de prévenir et de traiter la perte auditive », conclut l’un des chercheurs.

    Source : Adele Goman et coll. JAMA Otolaryngol Head Neck Surg, 2 mars 2017.

     

    Perte auditive et traitement de l’information par le cerveau

    Chez la personne âgée, elle serait liée à l’incapacité du cerveau de traiter rapidement l’information. Des chercheurs américains de l’Université du Maryland ont émis l’hypothèse que le problème ne provient pas seulement de l’oreille, mais aussi du cerveau. En effet, ils ont ​​constaté que la capacité du cerveau à traiter la parole diminue avec l’âge. Ils ont ainsi demandé à des participants de suivre une conversation dans un environnement calme puis bruyant. Ces participants ont été divisés en deux groupes : un groupe d’adultes d’âge moyen de 22 ans et un autre groupe avec une moyenne d’âge de 65 ans. Les résultats ont montré que les personnes âgées ont eu plus de problèmes à suivre et à comprendre les paroles. Les problèmes de compréhension de la parole ne sont pas seulement dus à une incapacité d’entendre les conversations mais aussi à une difficulté du cerveau à interpréter le sens des signaux sonores (Source : Journal of Neurophysiology, octobre 2016).

  3. Parution de l’Abécédaire du care

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    l’Abécédaire du care est un ouvrage qui développe la thématique du care, traduite par prendre soin, soutenir les forces de vie, faire attention, se soucier de.
    Il essaie de rendre accessible ce concept, assez récent et venu des États-Unis, à tous – personnels soignants, aidants et ceux confrontés au besoin de prendre soin et d’épauler un proche.
    Son objectif est, d’une part, de vulgariser celui-ci et, d’autre part, d’apporter des méthodes simples, d’inventer d’autres savoir-faire utiles pour gérer des quotidiens pas toujours évidents, ainsi que de mieux appréhender des situations non choisies mais réelles.



  4. L’ibuprofène pris quotidiennement préviendrait la maladie d’Alzheimer

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    Selon une étude, une prise quotidienne d’ibuprofène, un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS), peut prévenir l’apparition de la maladie d’Alzheimer.

    Cela signifie qu’en prenant un médicament en vente libre, les gens peuvent contrer une maladie qui, selon Alzheimer Disease International World Alzheimer Report (2016), touche environ 47 millions de personnes dans le monde et coûte annuellement plus de 818 milliards de dollars.

    En 2016, le Dr McGeer et son équipe, reconnus dans le monde entier pour ses 30 années de travail sur la neuro-inflammation et les maladies neurodégénératives, ont annoncé qu’ils avaient mis au point un simple test de salive capable de diagnostiquer la maladie d’Alzheimer et de prédire son apparition future. Le test est basé sur la mesure de la concentration du peptide amyloïde présent dans la salive. Chez la plupart des individus, le taux de production d’amyloïde est presque exactement le même quel que soit le sexe ou l’âge. Cependant, si ce taux de production est deux à trois fois plus élevé, ces individus sont plus enclins de développer la maladie d’Alzheimer. L’amyloïde est un composé relativement insoluble. Elle peut former (dans des situations anormales) des dépôts dans le cerveau, provoquant la neuroinflammation, qui détruit les neurones dans le cerveau des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

    Contrairement à la croyance largement répandue selon laquelle l’amyloïde est fabriquée uniquement dans le cerveau, l’équipe du Dr McGeer a démontré que le peptide est produit dans tous les organes du corps et sécrété dans la salive par la glande sous-maxillaire. Par conséquent, avec aussi peu qu’une cuillère à café de salive, il est possible de prédire si un individu est destiné à développer la maladie d’Alzheimer.

    La stratégie serait donc de commencer à prendre à titre préventif des anti-inflammatoires non stéroïdiens sans ordonnance tels que l’ibuprofène.

    « Ce que nous avons appris, c’est que les personnes à risque de développer la maladie d’Alzheimer présentent les mêmes niveaux élevés d’amyloïde que les personnes qui présentent déjà la maladie », explique le Dr McGeer. Sachant que la prévalence de la maladie d’Alzheimer clinique augmente dès 65 ans, nous recommandons que les gens soient testés dix ans plus tôt, à l’âge de 55 ans, période au cours de laquelle la maladie d’Alzheimer débute généralement. Dans le cas d’un résultat positif, ils pourraient commencer à prendre de l’ibuprofène tous les jours pour contrer la maladie. »

    Malheureusement, la plupart des essais cliniques à ce jour ont porté sur des patients dont les déficits cognitifs sont déjà légers ou sévères, alors que les possibilités thérapeutiques à ce stade avancé de la maladie sont minimes. C’est pourquoi aucun essai thérapeutique n’a réussi à arrêter la progression de la maladie. Un test simple pourrait indiquer si une personne est destinée à développer la maladie d’Alzheimer bien avant qu’elle ne commence à se développer.

    Source : Patrick L. McGeer, Edith McGeer. Conquering Alzheimer’s Disease by Self Treatment. Journal of Alzheimer’s Disease, 2018; 1.


  5. Disability Assessment for Dementia (autonomie et démence)

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    Le Disability Assessment for Dementia© (DAD©) est une échelle qui évalue les activités de base de la vie quotidienne chez une personne atteinte de démence.

    Chaque activité selon l’échelle Disability Assessment for Dementia est subdivisée en tenant compte de la capacité d’initiation, d’organisation et de la réalisation effective de l’activité en totale autonomie.
    Elle permet ainsi d’explorer de manière concrète les effets des troubles de la mémoire accompagnent le syndrome dysexécutif et de dépister certains symptômes psychologiques et comportementaux.

    Première évaluation par le généraliste

    Si une personne ou un proche se plaint de troubles de la mémoire, il est nécessaire de passer tout d’abord par son médecin généraliste, qui effectue une première évaluation

    Anamnèse et examen physique

    Deuxième évaluation vers une consultation mémoire si nécessaire

    Si le généraliste  soupçonne des troubles de mémoire avérés, il dirigera le patient vers un spécialiste (neurologue, psychiatre, gériatre) ou vers une Consultation Mémoire, une structure spécialisée au sein d’un hôpital. Le patient réalisera un bilan plus complet avec un examen physique (tests cognitifs dont un test de mémoire, évaluation des activités physiques de la vie quotidienne, examen psychologique).
    Seulement un tiers des personnes qui consultent dans une Consultation Mémoire ont un diagnostic de maladie d’Alzheimer.
    Si les troubles nécessitent un contrôle plus approfondi, le patient sera pris en charge par un centre mémoire de ressources et de recherche (CMRR). Le CMRR a notamment un rôle de recours pour les diagnostics complexes.
    Il existe 28 CMRR en France qui sont répertoriés sur le site de la Fédération nationale des centres mémoire de ressources et de recherche.

    Démence : commence la diagnostiquer ?


    L’assurance maladie prend en charge les frais de consultation et de bilan, selon la règlementation en vigueur.

    Le suivi

    Il est recommandé de faire un suivi médical tous les six mois à un an, selon l’évolution de la maladie. Ce suivi est important si le diagnostic n’a pu être posé  lors de la première consultation. Un diagnostic est en général dans les deux ans chez ces patients, dans près de neuf cas sur dix.

    L’importance de consulter le plus tôt possible

    Une étude publiée par la Fondation Médéric Alzheimer en France indique qu’un patient sur six attend de souffrir d’un déclin cognitif sévère avant de consulter.
    L’une des raisons principales est que l’individu préfère ne pas savoir et trouve de bonnes raisons pour expliquer ses troubles cognitifs.

    Il faut généralement attendre un événement important pour réaliser qu’il est d’aller consulter.

    Une anosognosie peut également survenir et retarder la consultation.

    Consulter dès les premiers symptômes est important car il est possible alors de ralentir l’évolution de la maladie.