Le tango argentin améliore l’équilibre, la mobilité fonctionnelle et la satisfaction des malades avec des bénéfices modestes sur les fonctions cognitives et la fatigue, selon une étude publiée par des chercheurs canadiens (Institut neurologique de Montréal), mais sans effet sur la sévérité globale des symptômes moteurs de la maladie.
Le Dr Rios Romenets, l’auteur principal de l’étude, explique que le tango est une « danse particulière avec des pas en avant et en arrière, qui fait travailler les fonctions cognitives : mémoire de travail, attention…ne serait-ce que pour éviter les autres danseurs lors des déplacements».
Selon, le Pr Jean-Marc Orgogozo neurologue au CHU de Bordeaux, « le faible nombre de patients et le court délais de suivi ne permet pas de tirer des conclusions définitives ».
Quarante femmes et hommes ont suivi des cours pendant 12 semaines.
Une consommation modérée de café réduit la mortalité
Décembre 2015. Boire de trois à cinq tasses de café par jour réduit de 15% le risque de mourir prématurément de maladies (infarctus, diabète, maladies neurologiques). L’effet est présent qu’il y ait ou non de la caféine. Le café permettrait également de prévenir la dépression et ainsi le risque de suicide.
Pour arriver à cette conclusion, les scientifiques ont comparé les données médicales et les comportements de personnes ne buvant pas ou peu de café (jusqu’à cinq tasses par jour). Les participants ont répondu à des questionnaires relatifs à leur état de santé et leurs habitudes alimentaires. Bien que l’étude n’ait pas établi de lien de cause à effet entre le café et le risque réduit de mortalité, elle confirme les résultats des précédents travaux. Un bémol : ces résultats sont basés sur les déclarations de personnes rapportant elles-mêmes leurs habitudes de vie, ce qui peut être sujet à caution. Source : Ding M et coll. Association of Coffee Consumption With Total and Cause-Specific Mortality in 3 Large Prospective Cohorts. Circulation. 2015 Dec 15;132(24):2305-15.
Attention de ne pas consommer trop de café après 65 ans
Août 2015. Une consommation trop importante de café chez des personnes d’un certain âge favoriserait le déclin cognitif léger, état caractérisé par une perte légère des facultés cognitives. Les personnes souffrant de déclin cognitif léger sont des personnes à risque de développer la maladie d’Alzheimer.
En revanche, si l’on en boit modérément, le café a des effets protecteurs. Les chercheurs de l’Université Bari Aldo Moro (Italie) ont suivi 1 445 personnes âgées de 65 à 84 ans pendant plus de 3 ans. Aucun n’avait de problèmes cognitifs au début de l’étude. Résultats
Ceux qui ont augmenté leur consommation de café (plus d’une tasse par jour) avaient un risque multiplié par deux de développer un déficit cognitif léger, par rapport à ceux qui ont réduit leur consommation d’au moins une tasse.
Ceux qui ont gardé les mêmes habitudes avaient un risque 1,5 fois plus élevé, comparés à ceux qui ont réduit leur consommation.
Enfin, ceux qui buvaient modérément du café (une ou deux tasses par jour) avaient un risque réduit de déficit cognitif léger, par rapport à ceux qui en consommaient peu ou pas du tout.
Afin d’expliquer ces résultats, les chercheurs avancent plusieurs hypothèses:
la caféine bloque des récepteurs – appelés récepteurs de l’adénosine A2 -, ce qui a pour conséquence de diminuer les dommages dans le cerveau. En revanche, peu ou trop de caféine (soit plus de deux tasses par jour) peut dérégler l’adénosine (cette molécule qui régule l’excitabilité des neurones), ce qui entraîne au contraire une baisse de la performance mnésique. De fortes doses de caféine provoquent d’ailleurs un déficit de mémoire chez le rat.
La caféine à doses modérée réduit le risque de diabète de type 2 en augmentant la sensibilité à l’insuline, ce qui diminue le risque de déclin cognitif.
La caféine augmente l’attention et la vigilance, ce qui compense le déclin cognitif observé chez certaines personnes âgées.
Enfin, la caféine peut, en quantité modérée, réduit la neuroinflammation et le stress oxydant (production excessive de radicaux libres, notamment dans le cerveau), ce qui diminue les dommages sur les neurones.
Une consommation modérée de café bénéfique pour la santé du cerveau
Juillet 2013. De nombreuses études (plus de 150) publiées depuis 2012 soulignent que le café réduit le risque d’AVC et de maladies de Parkinson et d’Alzheimer. Le café semble plutôt bénéfique s’il est consommé en quantité modérée, soit 200 à 300 mg de caféine par jour, ce qui correspond à cinq à six expressos en France ou deux à trois tasses en Amérique du Nord (l’expresso contient moins de caféine qu’un café filtre). La caféine est-elle responsable de ces effets protecteurs ? Cela semble être le cas dans la maladie de Parkinson, car elle agit sur des récepteurs (récepteurs de d’adénosine, une molécule régulant l’excitabilité des neurones). D’autres composés présents dans le café pourraient être responsables de ces effets protecteurs, en particulier les polyphénols qui ont des propriétés anti-oxydantes. Selon Jean Costentin, professeur à la faculté de médecine de Rouen, la caféine, « est une bonne drogue puisqu’elle entraîne peu d’accoutumance et ne dérègle pas le fonctionnement du cerveau ».
AVC: les sodas augmentent le risque contrairement au café
Juillet 2013. Des chercheurs américains ont rapporté que la consommation de sodas (light ou sucrés) augmente de 16% le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC), alors que la consommation de café (avec ou sans caféine) possède l’effet inverse (-10% de risque). Une étude avait précédemment montré que la consommation de sodas augmente le risque de diabète, d’hypertension artérielle, d’hypercholestérolémie et de maladies coronariennes. Cette étude a porté sur l’analyse de données provenant de plus de 120 000 sujets. Cette association s’expliquerait par le fait que les sodas sucrés favorisent l’athérosclérose et la thrombose qui sont des facteurs favorisant les AVC. (Source: American Journal of Nutrition).
Le thé et le café réduisent le risque d’AVC
Mars 2013. Une étude japonaise confirme les bienfaits du thé vert ou du café sur le cerveau. Selon cette étude publiée sur plus de 100 000 adultes japonais âgés de 40 à 69 ans et suivis pendant 13 ans, il existe une association entre la consommation de thé vert et de café et le risque d’AVC. Résultats: ceux qui boivent 4 tasses de thé vert ou une tasse de café par jour ont un risque réduit de 20% d’AVC, comparés à ceux qui n’en boivent pas. Ce risque est réduit de 14% pour ceux qui boivent 2 à 3 tasses de thé vert par jour. Le risque d’AVC est réduit de 19% pour ceux buvant du café deux fois par jour. Source: Stroke, mars 2013.
La caféine réduirait les symptômes de la maladie de Parkinson
Juillet 2012. La caféine réduirait les symptômes moteurs chez les personnes parkinsoniens, selon une étude portant sur 61 patients et publiée dans Neurology. Les auteurs ont réparti ces patients en deux groupes : la moitié recevait un placebo et l’autre de la caféine (100 milligrammes) 2 fois par jour durant 3 semaines. Les 3 semaines suivantes, la dose de caféine était augmentée, ce qui équivalait à 2-4 tasses de café par jour. Résultats : les malades ayant reçu la caféine ont connu une amélioration de la rapidité des mouvements et une baisse de la rigidité, selon l’échelle Unified Parkinson’s Disease Rating Scale. Cependant, la caféine n’a pas ou peu d’effet bénéfique sur la dépression et la qualité du sommeil. Selon l’auteur principal de l’étude (Ronald Postuma, Centre de Santé de l’Université McGill, Montréal), si les résultats sont confirmés, »la caféine pourrait compléter les effets des traitements médicamenteux chez les patients parkinsoniens ».
Le café peut réduire le risque de développer un diabète de type 2
Juin 2012. Il est déjà admis que la consommation régulière de café réduit le risque de développer une maladie de Parkinson ou des troubles du rythme cardiaque. Une étude de la Fondation Nationale de Science naturelle de Chine indique qu’une consommation quotidienne de quatre tasses de café peut aussi diminuer de moitié le risque de développer un diabète de type 2. Ce risque se réduit de 7% pour chaque tasse supplémentaire consommée. Le café décaféiné pourrait offrir des avantages similaires au café normal. Cet effet préventif sur le diabète pourrait s’expliquer par la présence, dans le café, d’antioxydants mais aussi de magnésium et de chrome qui aident l’organisme à utiliser l’insuline.
Commentaires fermés sur Parkinson : certains médicaments ont des effets secondaires handicapants
Août 2015. Les traitements contre cette affection neurologique entraînent des effets secondaires parfois handicapants.
La maladie de Parkinson se traite bien, mais au prix d’effets secondaires parfois difficilement supportables. Résultat: ils sont la première cause de ruptures de soins, comme le révèle une étude menée par France Parkinson à l’occasion de la Journée mondiale dédiée à cette maladie, le 11 avril.
Une personne malade sur trois affirme avoir déjà interrompu son traitement et dans 45 % des cas cette rupture était liée aux effets secondaires, devant l’aggravation de la maladie, l’apparition d’une autre maladie et un deuil, selon ce sondage.
La L-Dopa qui va rétablir les concentrations en dopamine est bien supportée. Mais son dosage n’est pas toujours bien adapté, d’autant plus que sa durée d’action est faible», explique le professeur Yves Agid, neurologue à l’Institut du cerveau et de la moelle épinière à Paris.
Les agonistes dopaminergiques, autre classe de médicaments également prescrite dans la maladie de Parkinson sont moins fréquemment à l’origine de dyskinésie mais ils ne sont pas pour autant dénués d’effets secondaires.
Décembre 2014. Près d’une personne sur cinq souffrant de la maladie de Parkinson déclare avoir des comportements addictifs, lorsqu’elle est sous traitement, selon la dernière étude réalisée par l’association France Parkinson. Ces troubles vont de la simple gourmandise à des problèmes de jeux d’argent ou d’hypersexualité.
Une équipe de chercheurs a mis au point un lecteur de musique mp3, appelé ReMind, qui permet à un patient souffrant de la maladie d’Alzheimer de se souvenir d’un événement précis.
Cet appareil, conçu sous la forme d’un collier, est contrôlé par les proches du malade depuis leur téléphone mobile. Ces derniers font jouer un morceau de musique à distance qui est par exemple associé à un événement précis. Le malade pourra ainsi se souvenir plus longtemps de ces proches.
ReMind a reçu une récompense à un concours d’innovation, et devrait être prochainement mis sur le marché.
Une équipe de chercheurs britanniques a mis au point un stylo vibrant qui aiderait les patients atteints de troubles moteurs – en particulier les parkinsoniens
Comment fonctionne ce stylo ?
Les vibrations produites par le moteur du stylo (appelé stylo ARC) stimulent les muscles des mains et permettent ainsi au malade de rendre plus lisible son écriture: les lettres deviennent plus grosses et le tracé est plus régulier.
Selon les premières expériences, 93% des participants ont réussi à avoir une écriture plus grosse.
L’équipe doit maintenant confirmer ses résultats sur un plus grand nombre de participants et trouver des partenaires pour le commercialiser.
Ils souhaitent également intégrer ce système de générateurs de vibrations sur d’autres objets utilisés quotidiennement par les patients atteints de troubles moteurs (ex souris d’ordinateur).
Le trouble de l’écriture affecte environ les trois quarts de patients Parkinsoniens.
Le lévétiracétam, un médicament contre l’épilepsie, est à l’étude pour un traiter éventuellement les patients atteints d’un déclin cognitif léger.
Une nouvelle étude montre que de faibles doses de lévétiracétam réduit la suractivation dans certaines régions de l’hippocampe qui ont reliées au déclin cognitif léger-amnésique et à l’amélioration de la mémoire chez les patients ayant des troubles cognitifs. Ces régions sont le gyrus denté (DG) et la corne d’Ammon 3 (CA3).
« Nous continuons à examiner cette région car elle pourrait être une cible de traitement, mais il faut auparavant réaliser d’autres études cliniques, » a déclaré l’un des auteurs de l’étude Michela Gallagher, professeur de psychologie et de neuroscience à l’Université Johns Hopkins de Baltimore (Etats-Unis).
Les études précédentes ont déterminé qu’une activité anormalement élevée du DG et de la corne d’Ammon 2 (CA2) est le signe d’un vieillissement du cerveau.
« On aurait pu s’attendre à l’inverse, c’est-à-dire à une baisse de l’activité de ces régions, mais cette hyperactivité est maintenant une caractéristique qui se produit d’une manière assez subtile chez l’homme vieillissant », poursuit-elle.
Cependant, chez les patients atteints d’un déficit cognitif léger de type amnésique, cette hyperactivité est encore plus importante, par rapport à des patients contrôle de même âge et qui n’ont pas de problème cognitif.
L’hypothèse est que appariés que l’hippocampe – la partie du cerveau impliquée dans la mémoire – travaille encore plus fort pour compenser les pertes de mémoire.
Les chercheurs ont également constaté que l’hyperactivité du gyrus denté (DG) et de la corne d’Ammon 3 est un signe avant-coureur d’un déclin de la mémoire chez l’homme. Plus ces zones sont hyperactivées, plus le risque de perte de mémoire est important.
Les chercheurs ont montré sur des modèles animaux que la mémoire pourrait être améliorée en réduisant cette hyperactivité.
Le Dr Gallagher et ses collègues ont mené une expérience chez des patients avec un déficit cognitif léger de type amnésique qui recevaient soit un placebo, soit du lévétiracétam (62,5-250 mg deux fois par jour) pendant 2 semaines.
Le lévétiracétam est un médicament utilisé pour contrôler les crises épileptiques à la dose quotidienne de 3000 mg.
Après le traitement, tous les participants ont passé un examen d’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) et ont effectué une tâche de mémoire. Durant cette tâche, les participants devaient regarder une série flux de photos et d’identifier si chacune d’entre elles étaient ou non une nouvelle photo. Des « leurres » sont insérés dans certaines photos afin de faire croire au participant qu’il les a vues avant, alors qu’en fait, elles sont légèrement différentes.
Une personne qui a une mémoire épisodique défaillante – et donc une hyperactive des régions DG et CA3 – ont du mal à distinguer deux situations ou deux objets légèrement différents.
L’analyse inclut 54 patients avec un déficit cognitif léger de type amnésique, âgés en moyenne de 71 ans, et 17 individus contrôles âgés en moyenne de 69 ans.
Les résultats ont montré que la dose la plus élevée de lévétiracétam (250 mg deux fois par jour) n’a pas eu un avantage significatif sur la performance de la tâche mnésique. En revanche, les doses plus faibles (62,5 et 125 mg deux fois par jour) ont à la fois réduit l’hyperactivation dans les régions DG / CA3, et amélioré la mémoire en réduisant les erreurs de jugement provoquées par les leurres.
Les résultats d’imagerie cérébrale ont également montré une amélioration de l’état du cortex entorhinal, qui fait partie du circuit de la mémoire et qui est le premier endroit dans le cerveau où les neurones commencent à mourir dans la maladie d’Alzheimer.
« Bien que de faibles doses de médicament antiépileptique semblent améliorer la mémoire chez les patients atteints de déficit cognitif léger, il peut ne pas fonctionner chez les patients ayant des pertes plus importantes de mémoire, comme cela est observé dans la maladie d’Alzheimer. »
« Une autre étude est prévue pour tester si la survenue de la maladie d’Alzheimer est bloquée si les patients atteints de déficit cognitif léger continuent de prendre le lévétiracétam à faible dose pendant 2 ans. Une version à libération prolongée du médicament est en cours d’élaboration et sera utilisé dans cette étude », a déclaré le Dr Gallagher.
Source : Bakker A, Albert MS, Krauss G, Speck CL, Gallagher M. Response of the medial temporal lobe network in amnestic mild cognitive impairment to therapeutic intervention assessed by fMRI and memory task performance. Neuroimage Clin. 2015 Feb 21;7:688-98.
La déhydroépiandrostérone (DHEA en abrégé) est une hormone stéroïde fabriquée par le corps humain et en particulier par les glandes surrénales. C’est un précurseur des hormones androgènes et oestrogènes. La DHEA se transforme essentiellement dans une forme plus stable et plus abondante : le sulphate de DHEA (DHEA-S).
Où se procurer la DHEA ?
Vieillissement de la peau
Certaines études montrent que la prise de DHEA par voie orale augmente l’épaisseur et l’hydratation de l’épiderme et diminue la pigmentation de la peau du visage chez les personnes âgées. De plus, des études antérieures montrent que l’application de la DHEA (1%) sur la peau pendant quatre mois améliore son apparence, comparée à un placebo.
Dépression
Plusieurs études cliniques indiquent que la DHEA (30-500 mg par jour) améliore les symptômes de la dépression et de dysthymie, comparée au placebo. Il ne semble pas que de plus faibles doses (inférieures à 20 mg par jour) soient efficaces.
Mémoire
Une hypothèse émise par plusieurs chercheurs: la diminution progressive, avec l’âge, de la production de DHEA contribue ou accélère l’apparition de troubles cognitifs observés lors du vieillissement. Un apport régulier de DHEA permettrait de freiner, voire de stopper ces troubles. Une méta-analyse publiée en 2006 a retenu les résultats de trois études cliniques remplissant les critères de sélections (quatre autres ont été écartées). – La 1ère publiée par Wolf (1998) portant sur 75 individus ages de 59 a 81 ans traités avec de la DHEA (50 mg/jour) pendant deux semaines. – La 2ème publiée par Barnhart (1999) portant sur 66 femmes postménauposées âgées de 45 à 55 ans et souffrant de différents troubles (manque d’énergie, insomnie, oublis bénins, perte de libido, difficultés à se concentrer, anxiété, dépression).
– La 3ème publiée par Niekerk (2001) portant sur 46 hommes âgés de 60 à 80 ans. Les participants ont été soumis à plusieurs tests cognitifs lors de ces trois études : tests de mémoire visuelle, verbale et spatiale, test d’attention, situation de stress, test de rappel immédiat et indicé.
L’apport complémentaire en DHEA a bien été toléré, mis à part un effet aggravant sur la mémoire visuelle observé dans la 1ère étude. Aucune de ces trois études n’indique que la DHEA améliore la performance cognitive de personnes âgées saines de 50 ans et plus. Les quatres études éliminées de la méta-analyse n’ont également rapporté aucun effet bénéfique.
L’institut américain du vieillissement (National Institute of Aging) a suivi sur une période de 1 à 31 ans une cohorte de 883 hommes âgés de 22 à 91 ans. Ces volontaires étaient en bonne santé et chaque groupe relevait d’un niveau d’éducation homogène. Les concentrations moyennes de sulphate de DHEA de chaque groupe allaient de 523 à 2396 nmol/l. Des tests neuropsychologiques ont été effectués tous les deux ans afin d’évaluer l’attention, la mémoire visuelle et verbale, la fluence verbale, l’attention et les capacités constructives. Ces tests incluent l’examen Mini-Mental State Examination, l’échelle d’attention, d’information et de mémoire de Blessed et le test de rétention visuelle de Benton. Ces résultats indiquent que la baisse du taux de sulfate de DHEA n’est pas systématiquement corrélée à un déclin des performances cognitives.
Cependant, une étude* publiée en 2008 rapporte que les femmes ayant les meilleurs résultats au test de séquence de chiffres sont celles ayant les niveaux sanguins de sulphate de déhydroépiandrostérone (DHEAS) les plus élevées. Ces résultats suggèrent que les niveaux de ce neurosteroϊde n’auraient une influence que chez les femmes. Cet effet bénéfique de la DHEA sur les femmes est confirmé par deux autres études ayant montré que la DHEA (50 mg par jour pendant un mois) pourrait améliorer la vue et la mémoire chez les femmes d’âge moyen et âgées.
* Dans cette étude, les niveaux sanguins de DHEAS ont été mesurés chez 295 femmes âgées de 21 à 77 ans et n’ayant aucune atteinte cognitive. Elle ont subi en parallèle une batterie de tests évaluant différents aspects de leur fonction cognitive.
Longévité
Deux études récentes soulignent le lien existant entre le DHEA-S et la longévité. Dans la première étude, des chercheurs ont observé que les niveaux sanguins de DHEA-S étaient significativement plus élevés chez un groupe d’habitants japonais vivant plus longtemps (âge moyen = 80,4 ans), comparés à ceux provenant d’un groupe contrôle ayant une longévité normale (âge moyen = 77,6). Dans la deuxième étude prospective portant sur 940 participants suivis pendant 27 ans, les chercheurs japonais ont constaté que la baisse des niveaux de DHEA-S était corrélée avec une baisse de la longévité, uniquement chez les hommes.
Système immunitaire
Il est possible que la DHEA protège le système immunitaire. C’est une hypohèse émise notamment par un groupe de chercheurs texans. Le système endocrinien, en particulier le système hypothalamo-hypophysaire, joue un rôle important de modulateur de la fonction immunitaire. Il a tendance à se déréguler sous l’action du cortisol (une hormone produite par la glande surrénale, en particulier en situation du stress), entraînant une diminution des défenses immunitaires : c’est ce que l’on appelle l’immunosénescence). La DHEA pourrait contrecarrer les effets néfastes du cortisol.
Polyarthrite rhumatoïde
La prise par voie orale de DHEA (200 mg pendant 16 semaines) ne semble pas réduire les symptômes de la polyarthrite rhumatoïde chez les personnes âgées.
Précautions
La DHEA est théoriquement dans danger lorsqu’elle est utilisée pendant moins de quelques mois. De plus, un traitement à long terme à des doses supérieures à 50 mg par jour augmente le risque d’effets secondaires (acné, perte de cheveux, problèmes gastrique, hypertension).
Elle est à éviter chez les femmes enceintes ou allaitant.
La DHEA pourrait :
aggraver les troubles hépatiques,
affecter l’effet de l’insuline chez les diabétiques,
augmenter le risque de problèmes comportementaux chez les personnes souffrant de troubles de l’humeur,
réduire le bon cholestérol (HDL cholestérol).
Interactions
La DHEA est susceptible de modifier l’efficacité des médicaments suivants (liste non exhaustive): Anastrozole, Fulvestrant, Insuline, Létrozole, Tamoxifène.
Publications
Barnhart KT, Freeman E, Grisso JA, et al. The effect of dehydroepiandrosterone supplementation to symptomatic perimenopausal women on serum endocrine profiles, lipid parameters, and health-related quality of life. J Clin Endocrinol Metab 1999;84:3896-902.
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Buford TW et Willoughby DS.Impact of DHEA(S) and cortisol on immune function in aging: a brief review. 1: Appl Physiol Nutr Metab. 2008 Jun;33(3):429-33.
Davis SR et al. Dehydroepiandrosterone sulfate levels are associated with more favorable cognitive function in women. J Clin Endocrinol Metab. 2008 Mar;93(3):801-8.
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Giltay, E. J., van Schaardenburg, D., Gooren, L. J., von Blomberg, B. M., Fonk, J. C., Touw, D. J., Dijkmans, B. A. Effects of dehydroepiandrosterone administration on disease activity in patients with rheumatoid arthritis. Br J Rheumatol 1998;37(6):705-6.
Grimley Evans et al. Dehydroepiandrosterone (DHEA) supplementation for cognitive function in healthy elderly people. Cochrane Database Syst Rev. 2006 Oct 18;(4):CD006221.
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Huppert, F. A., Van Niekerk, J. K. Dehydroepiandrosterone (DHEA) supplementation for cognitive function (Cochrane Review). Cochrane Database (Issue 2) 2001;2:CD000304.
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Wolkowitz OM, Reus VI, Keebler A, et al. Double-blind treatment of major depression with dehydroepiandrosterone. Am J Psychiatry 1999;156:646-9.
Effets indésirables/affections provoqués par les médicaments ou l’automédication. Un quart des accidents liés aux médicaments concernent les plus de 65 ans.
Un Livre Blanc – appelé Marguerite – a été édité par le laboratoire Teva pour évaluer les risques encourus par les personnes âgées qui prennent plusieurs médicaments et vivant à domicile. Ce guide sert à identifier les profils de patients à risques.
Ce programme fait suite à l’alerte sanitaire du Furosémide qui a mis à jour le risque de confusion du patient âgé qui prenait plusieurs médicaments.
Les effets du vieillissement conduisent la personne âgée à prendre parfois de nombreux médicaments pour traiter des affections d’origines diverses (cardiaque, rénale, métabolique ou neuropsychiatrique). Ces prescriptions, provenant souvent de différents médecins, peuvent induire des risques iatrogéniques.
Teva a réuni un groupe d’experts afin d’identifier les principaux facteurs responsables de la iatrogénèse médicamenteuse.
Ce travail s’est conclu par la publication d’un Livre Blanc avec vingt recommandations et des solutions concrètes pour permettre aux patients âgés de prendre leurs médicaments en minimisant les risques d’effets indésirables.
Voici les recommandations du Livre Blanc
1. Structurer l’ordonnance pour une meilleure observance.
2. Encourager l’utilisation d’un plan de prise de médicaments et réconcilier les ordonnances en officine.
3. Délivrer les traitements de maladies chroniques pour 2 à 3 mois en cas de vacances
4. Harmoniser le nombre de comprimés par boîte de médicaments à 28 ou 30 jours
5. Adapter les boîtes de médicaments aux besoins des patients âgés.
6. Diffuser un guide patient pour préparer la consultation chez le médecin généraliste.
7. Créer le passeport observance pour le patient.
8. Partager des « réflexes patient » pour une bonne observance.
9. Organiser des groupes de partage d’expériences sur l’observance entre patients.
10. Encourager médecins et pharmaciens à communiquer avec le patient selon le « Calendrier annuel de l’observance ».
11. Sensibiliser le médecin sur les risques d’inobservance.
12. Encourager le médecin à établir un « bilan de l’observance ».
13. Renforcer l’accompagnement en officine lors de l’introduction de nouveaux traitements.
14. Développer des formations conjointes médecins / pharmaciens sur l’observance à l’université et en formation continue.
15. Lancer la journée nationale de l’observance thérapeutique.
16. Mettre en place un entretien observance en officine ou au domicile.
17. Constituer un classeur de liaison entre les patients et les professionnels de santé.
18. Généraliser la conciliation médicamenteuse en sortie d’hôpital.
19. Consolider les indices de l’inobservance en officine pour générer une « alerte observance».
20. Développer des rencontres régulières médecins, pharmaciens et infirmières de ville autour de l’observance.
Des réponses ont été apportées à certaines recommandations, telles que les recommandations 5, 6, 8 10, 17
Quelques chiffres
– Les personnes entre 75 et 84 ans consomment en moyenne 4,5 médicaments différents par jour.
– La moitié des patients de + de 75 ans utilisent des médicaments de manière inappropriée.
– Un cas d’hospitalisation sur 10 est dû à une erreur dans la prise des médicaments chez les personnes âgées de plus de 70 ans.
Des chercheurs américains de l’Université du Kansas (Etats-Unis) ont rapporté que les personnes âgées qui buvaient trois verres de lait par jour présentaient des taux plus élevés de gluthation (un antioxydant) dans le cerveau, comparées à celles qui n’en buvaient pas.
La communauté scientifique estime que les radicaux libres jouent un rôle néfaste dans certains maladies du cerveau liées au vieillissement, telles que les maladies d’Alzheimer et de Parkinson.
Puisque les antioxydants (tels que le gluthation) peuvent éliminer les radicaux libres, les chercheurs estiment que le glutathion présent dans le lait pourrait protéger le cerveau des dommages provoqués par les radicaux libres.
« Le lait est très important pour les os et les muscles. Cette étude suggère qu’il pourrait l’être également pour le cerveau », déclare l’un des auteurs de l’étude.
Soixante volontaires ont été interrogés sur leurs habitudes alimentaires. En parallèle, les niveaux de gluthation ont été mesurés dans leurs cerveaux. Ceux qui buvaient régulièrement du lait (avec un effet optimal avec 3 verres par jour) présentaient des taux plus élevés de l’antioxydant, comparés à ceux qui n’en buvaient pas.
Les auteurs estiment qu’il faudrait réaliser un essai randomisé et contrôlé pour évaluer l’effet du lait sur le cerveau.