Alzheimer: comment dépister précocement la maladie?

Alzheimer : l’activité physique réduit les lésions cérébrales chez les personnes à risque

La prière protège de la maladie d’Alzheimer

Consommer des tomates réduit le risque d’AVC

Une personne âgée sur 8 souffre d’une maladie mentale

Parkinson: les bienfaits du sommeil sur les symptômes moteurs

Le Collège national des généralistes refuse d’appliquer les recommandations de la HAS

Médicament anti-Alzheimer : moins de décès avec un traitement prolongé

Lavande

Un simple test oculaire pour détecter le risque d’AVC

Author Archives: Stéphane Bastianetto

  1. Alzheimer: comment dépister précocement la maladie?

    Commentaires fermés sur Alzheimer: comment dépister précocement la maladie?

    Un chercheur américain  (Harvard Medical School) a fait le point lors d’une réunion d’experts sur les récentes découvertes qui permettraient de dépister (environ 15 ans avant) des anomalies cérébrales avant que les premiers symptômes de la maladie d’Alzheimer n’apparaissent. Ces avancées concernent l’imagerie cérébrale, lesbiomarqueurs, les tests d’évaluation, et les facteurs génétiques.

    L’imagerie cérébrale: les chercheurs ont identifié dans les années 80 les lésions caractéristiques de la maladie d’Alzheimer, à savoir les plaques amyloïdes et les enchevêtrements neurofibrillaires. Les premières s’agrègent autour des neurones alors que les secondes s’accumulent dans les cellules nerveuses. Dans les années 2000, les scientifiques ont utilisé de nouvelles méthodes d’imagerie cérébrale telle que la tomographie par émission de positons pour identifier de manière précoce les plaques amyloïdes, même en faible quantité.

    Les biomarqueurs :  les chercheurs ont identifié plusieurs molécules  (on les appelle des biomarqueurs) dans le sang et le liquide céphalo-rachidien dont les niveaux anormalement élevés pourraient être associés au développement de la maladie. Selon les chercheurs participant à cette réunion, l’imagerie cérébrale et les biomarqueurs permettraient de repérer des sujets à risque et d’agir avant que les dommages neuronaux soient irréversibles, c’est-à-dire à un stade antérieur à celui dudéficit cognitif léger.

    Les tests d’évaluation : selon le même chercheur, 140 tests de détection précoce de la maladie d’Alzheimer sont en cours d’évaluation. Ces tests présentent plusieurs avantages, dont la rapidité (moins de 5 mn) et la haute spécificité (si le score est négatif, le médecin élimine le diagnostic d’Alzheimer).

    La prédisposition génétique : il est bien admis que les personnes porteuses de l’allèle E4 de l’apolipoprotéine E (ApoE 4) ont un risque accru de 40% de souffrir de la maladie dans sa forme tardive. Si elles portent deux allèles E4, le risque est doublé.

    Rappel de génétique
    Un gène est le support de l’hérédité. Il a pour fonction de synthétiser des protéines responsables de la structure et du fonctionnement des cellules et des organes. Les gènes sont composés de molécules d’ADN présentes dans les 23 paires de chromosomes. Un gène a deux copies appelées allèles provenant de la mère et du père.

    Rappel sur l’apolipoprotéine E (en abrégé ApoE)
    Protéine qui transporte les lipides (par exemple le cholestérol) dans le sang. L’ApoE est fabriquée par un gène situé sur le chromosome 19. Les allèles de l’ApoE existent sous 3 formes qui fabriquent 3 formes différentes d’ApoE : ApoE2, ApoE3 (la forme la plus courante présente chez les trois quarts de la population) et ApoE4. Cette dernière est la forme ‘déficiente’ de l’ApoE, présente chez 10 à 20% de la population. Les personnes possédant la forme apoE4 ont plus de risque d’être atteintes de la maladie d’Alzheimer. Puisqu’un gène a deux allèles, il y a 6 combinaisons possibles: E2/E2, E3/E3, E4/E4, E2/ E3, E2/ E4, E3/ E4.

    Enfin, a été abordée le problème de la difficulté de distinguer le déclin cognitif normal lié à l’âge de celui associé à une affection neurologique. En effet, les pertes de mémoire à un âge avancé peuvent être normales mais présenter des caractéristiques communes avec la maladie d’Alzheimer, notamment en ce qui concerne la capacité à apprendre et à retenir de nouvelles informations. (Source: Advancing Science Serving Society).

  2. Alzheimer : l’activité physique réduit les lésions cérébrales chez les personnes à risque

    1 Comment

    Les lésions cérébrales sont moins abondantes chez les sujets à risque d’Alzheimer qui pratiquent une activité physique.

    Il est de plus en plus admis qu’une activité physique régulière, même modérée, ralentit le déclin cognitif chez les personnes âgées. Les études chez l’animal suggèrent que cet effet protecteur s’explique par le fait que l’exercice physique stimule des molécules protectrices pour les neurones (appelées facteurs neurotrophiques), stimule la circulation cérébrale et réduit les facteurs de risques cardiovasculaires, des facteurs qui augmentent le risque de démence.

    Une étude a regardé le rôle que pourrait jouer l’exercice physique chez des personnes saines mais porteuses de l’allèle e4 de l’apolipoprotéine E (ApoE4). Pour rappel, celles qui possèdent le gène ApoE4 ont un risque accru de souffrir de la maladie d’Alzheimer. De plus, le début de la maladie chez ces individus est plus précoce et le déclin cognitif plus rapide et plus sévère, avec des lésions (caractérisées par des dépôts d’amyloïde) importantes dans le cerveau.




    Résultats : Les individus les plus sédentaires porteurs de l’ApoE4 ont des lésions (i.e. dépôts d’amyloïde) importantes dans le cerveau, comparé à ceux qui ne portaient pas cette forme de gène.

    Fait intéressant, ces lésions cérébrales étaient encore plus abondantes chez les sujets ApoE4 sédentaires, suggérant que le manque d’activité accroissait encore plus le risque de maladie d’Alzheimer chez cette catégorie d’individus (source : Archives Neurology 2012).

  3. La prière protège de la maladie d’Alzheimer

    Commentaires fermés sur La prière protège de la maladie d’Alzheimer

    Selon un étude israélienne réalisée sur près de 900 musulmanes âgées de 65 ans et plus, la prière régulière (cinq fois par jour) réduit de moitié le risque de développer des pertes de mémoires associées ou non à une maladie d’Alzheimer, alors que l’effet était nul chez celles priant de façon irrégulière.




    La prière apparaît donc un facteur protecteur plus puissant que l’éducation chez la femme. Parmi les facteurs de risque rapportés dans l’étude, notons le sexe (les femmes sont plus touchées que les hommes) l’hypertension le diabète, l’hypercholestérolémie et les antécédents de maladies cardiovasculaires. Selon l’auteur principal de l’étude, l’effet protecteur de la pratique religieuse serait attribuée à l’effort intellectuel fourni.

  4. Consommer des tomates réduit le risque d’AVC

    Commentaires fermés sur Consommer des tomates réduit le risque d’AVC

    La consommation de tomates réduit de plus de moitié le risque d’AVC, en particulier les AVC d’origine ischémique (caractérisés par une obstruction des artères ou vaisseaux). Cette étude a été réalisée en Finlande sur 1031 hommes âgés de 46 à 65 ans.

    Les chercheurs ont constaté que les individus ayant le risque le plus faible d’AVC étaient ceux ayant les niveaux sanguins les plus élevés en lycopène, un antioxydant présent dans la tomate.
    En revanche, les niveaux de l’alpha-carotène, béta-carotène, alpha-tocophérol (une forme de vitamine E) et vitamine A ne sont aucunement associés à l’incidence des AVC.




    le lycopène serait donc en partie responsable des effets préventifs de la tomate sur les AVC.
    A noter que le lycopène est également présent dans la pastèque, le pamplemousse, la goyave, la papaye. Cependant, c’est dans la tomate cuite et dans les sauces tomate qu’on la retrouve en plus forte quantité. Le lycopène réduirait également les risques de maladies cardio-vasculaires, diabète, ostéoporose et certaines formes de cancer (prostate).

  5. Une personne âgée sur 8 souffre d’une maladie mentale

    Commentaires fermés sur Une personne âgée sur 8 souffre d’une maladie mentale

    Selon des résultats publiés lors des Journées de la recherche du Réseau québécois de recherche sur le vieillissement (2 octobre2012) par le chercheur Richard Boyer (Centre de Recherche Fernand-Seguin, Montréal), une personnes âgée sur 8 de 65 ans et plus souffre d’une maladie mentale au cours d’une année, soit environ 100 000 aînés vivant dans la communauté.

    Après avoir analysé les résultats portant sur près de 3000 individus, il apparaît que le profil type de la personne âgée susceptible d’être aux prises avec un trouble mental serait une femme de 65 à 75 ans habitant une zone non métropolitaine et dont le revenu est peu élevé. les troubles mentaux les plus courants sont le trouble affectif (trouble de l’humeur et trouble bipolaire), le trouble anxieux et la dépendance aux benzodiazépines.

    Les femmes sont plus atteintes de dépression et de phobie simple (2,7 % pour les femmes contre 1 % pour les hommes). En revanche, les hommes sont plus enclins à souffrir de troubles obsessionnels-compulsifs: 2 % des hommes et 1 % des femmes. Seulement 40% des personnes consultent un médecin à propos de leurs symptômes (il s’agit dans 80% des cas du médecin de famille).

  6. Parkinson: les bienfaits du sommeil sur les symptômes moteurs

    Commentaires fermés sur Parkinson: les bienfaits du sommeil sur les symptômes moteurs

    Le sommeil nocturne améliore les fonctions motrices des patients souffrant de la maladie de Parkinson.

    Une étude néerlandaise (Institut du Cerveau Donders, Université Radboud, Pays-Bas) confirme que près de la moitié des patients souffrant de la maladie de Parkinson ont une meilleure fonction motrice au réveil le matin ou après une sieste,  phénomène appelé « bénéfice sommeil».

    Parmi ces dormeurs diurnes, 46% ne ressentent pas ce bénéfice sommeil avec les siestes, 20% le ressentent après un sommeil nocturne et une sieste, 20% après un sommeil nocturne et sans sieste, et 13% des patients seulement après une sieste.

    L’étude a porté sur 243 patients atteints de la maladie de Parkinson. Les chercheurs n’ont cependant pu déterminer les raisons pour lesquelles certains patients bénéficient ou non des bienfaits du sommeil.

    Cela ne dépend pas de l’âge de début et la durée de la maladie, du type de traitement, de la qualité de vie, ou de problèmes cognitifs ou psychologiques.

    Plusieurs explications du bénéfice sommeil ont été suggérées, dont le rôle stimulateur du sommeil sur la production de neurotransmetteur dopamine, qui fait défaut dans la maladie de Parkinson (Source: Journal of Parkinson’s Disease).

  7. Le Collège national des généralistes refuse d’appliquer les recommandations de la HAS

    Commentaires fermés sur Le Collège national des généralistes refuse d’appliquer les recommandations de la HAS

    France: Le Collège national des généralistes enseignants refuse d’appliquer les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) qui  préconise le dépistage précoce de la maladie d’Alzheimer, c’est-à-dire la détection des premiers troubles de mémoire.
    Selon les médecins généralistes, des recherches doivent être  menées pour que l’on détermine l’éventuel intérêt d’un diagnostic précoce.

    Selon le Collège, si la HAS recommande que le médecin généraliste pose un diagnostic précoce en cas de déficit cognitif léger, elle «ne dit pas comment il convient de le faire». Le patient peut alors être amené à passer des examens (en particulier des examens neuropsychologiques) parfois lourds.

    La HAS recommande de compléter l’examen clinique par des examens biologiques et de neuroimagerie (IRM, scanner cérébral), ce qui dans les faits est quasi-impossible.

    Enfin, n’oublions pas que, dans certains cas, un examen neuropsychologique plus poussé est nécessaire si le médecin soupçonne que les troubles cognitifs cachent par exemple un état dépressif ou un état délirant.




    Les trois phases de la maladie : On distingue trois phases dans la maladie d’Alzheimer qui se développent sur 15-20 ans :
    Phase 1 préclinique dite asymptomatique qui se caractérise donc par l’absence de symptômes (pertes de mémoire). Phase 2 : phase du déclin cognitif léger, au cours de laquelle le patient se plaint de troubles de mémoire qui n’altèrent pas ses activités de la vie quotidienne. On observe à ce stade une légère altération de certaines structures cérébrales.
    Phase 3 : phase de la maladie d’Alzheimer (ou d’une autre démence) caractérisée par des troubles cognitifs touchant la mémoire, le raisonnement, les notions abstraites etc. et une dépendance accrue, conduisant à un placement en institution dans près de 40% des cas.

  8. Médicament anti-Alzheimer : moins de décès avec un traitement prolongé

    Commentaires fermés sur Médicament anti-Alzheimer : moins de décès avec un traitement prolongé

    Le risque de décès est moins élevé chez les patients qui prenaient leur médicament anti-Alzheimer sur une période de plus d’un an.
    La maladie d’Alzheimer se caractérise par une perte progressive des fonctions mnésiques, provoquées par la mort des neurones produisant le neurotransmetteur acétylcholine (ACh). C’est pourquoi les médicaments prescrits dans le traitement symptomatique de la maladie d’Alzheimer vise à augmenter la quantité d’ACh en bloquant sa dégradation, c’est-à-dire en bloquant l’enzyme acétylcholinestérase qui dégrade l’ACh. C’est pourquoi ces médicaments sont appelés inhibiteurs d’acétylcholinestérase.

    Malgré cela, l’efficacité thérapeutique de ces médicaments – donépézil, la galantamine et la rivastigmine – est toujours sujette à caution.

    Une étude québécoise souligne que ces médicaments – incluant la mémantine- diminue le risque de décès chez les patients souffrant de la maladie d’Alzheimer à stade modéré à sévère. En effet, il apparaît que  le risque de décès étaient moins élevé chez les patients qui prenaient leur médicament sur une période de plus d’un an, après une brève interruption d’environ 6 semaines, comparés à ceux qui avaient interrompu leur traitement pendant au moins trois mois.




    Une deuxième étude réalisée en Angleterre indique que les patients qui arrêtent leur traitement au donépezil ont de moins bons résultats au test cognitif et une dégradation plus rapide de leur autonomie, comparés à ceux qui continuent leur traitement. En conclusion, il est important de ne pas arrêter le traitement pendant une longue période. Un arrêt momentané de quelques semaines n’a pas de grave conséquence (source: Neurology 2012 et New Engl J Med. 2012)

  9. Lavande

    Commentaires fermés sur Lavande

    L’essence de lavande diminue le risque de chute

    Les personnes âgées placées dans un établissement de santé sont enclines à chuter, surtout si elles souffrent d’un déficit cognitif (considéré comme un facteur de risque). Malgré les efforts du personnel soignant, il est difficile de prévenir ces chutes. Les conséquences de ces chutes sont multiples : la personne, de peur de rechuter, évite de pratiquer des activités de la vie quotidienne nécessitant un effort physique et/ou intellectuelle, perdant peu à peu une certain autonomie.

    Il a été suggéré que l’essence de lavande pouvait avoir une effet positif sur l’équilibre et diminuer ainsi les chutes. Un groupe de chercheurs japonais a voulu vérifier cette hypothèse en étudiant les effets de patchs à l’essence de lavande sur 145 résidents vivant dans un établissement de santé : la moitié recevait un  patch imprégné d’essence de lavande, l’autre moitié un placebo (un patch sans lavande). Les patchs ont été changé chaque jour pendant 360 jours.

    Résultats : l’incidence des chutes diminuait de moitié dans le groupe avec le patch de lavande. De plus, le groupe traité avec la lavande était moins agité et avait un meilleur comportement (source : J Am Geriatr Soc. 2012;60:1005-1011).

  10. Un simple test oculaire pour détecter le risque d’AVC

    Commentaires fermés sur Un simple test oculaire pour détecter le risque d’AVC

    Un test oculaire a été mis au point par des chercheurs suisses (Université de Zurich) pour identifier les patients ayant un risque d’AVC. Ce test, qui peut être réalisé par des ophtalmologistes, détecte de manière précise le rétrécissement de l’artère carotide (phénomène appelé sténose). Pour rappel, la sténose est un facteur de risque important d’AVC qui a le désavantage d’être asymptomatique (les patients souffrant de sténose ne ressentent aucun symptôme).

    Pour cela, les chercheurs utilisent un appareil appelé tonomètre qui mesure la différence entre les niveaux de pression intra-oculaire lors des phases systolique et diastolique de contraction cardiaque. Lorsque la différence de la pression intra-oculaire est faible, ce qui est le cas durant une sténose, il y a un risque élevé d’AVC.




    Une étude américaine avait conclu auparavant que ce test de dépistage pouvait réduire notablement l’incidence des cardio- et cérébrovasculaires (AVC, crises cardiaques), et présente l’avantage d’être moins complexe que l’angiographie par résonance magnétique, utilisée notamment chez des patients présentant des symptômes précurseurs d’AVC (Source: Ophthalmology).