Selfcare (dépression)

Memory Assessment Questionnaire (mémoire)

Évaluation du risque de chute

Échelle de dépression d’Hamilton (dépression)

Anxiété secondaire

La gestion au quotidien ou de la prévention simple

Author Archives: Stéphane Bastianetto

  1. Selfcare (dépression)

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    Deux échelles d’auto-évaluation (Selfcare et Center for Epidemiologic Studies Depression Scale) ont été conçues pour les personnes âgées vivant à leur domicile. Elles sont simples, rapides et d’une grande fiabilité : 

    • Selfcare (Bird et colll., Int J Geriat Psy 2 :31-8, 1987). 
    • Center for Epidemiologic Studies Depression Scale (Radloff et coll., Appl Psychol Measur, 3, 385-401, 1977).

    Nous vous en proposons une que nous avons très légèrement modifiée.

    Question 1/Item 1: comparée à ceux de mon âge, ma santé est :

    • Excellent, bonne
    • Fragile, mauvaise, très mauvaise

    Question 2/Item 2: comparée à l’année dernière, la vitesse de mes mouvements est :

    • Plus ou aussi rapide
    • Moins ou bien moins rapide

    Question 3/Item 3: Par rapport à l’année dernière, mon niveau énergie est :

    • Plus ou aussi élevée
    • Moins ou bien moins élevée

    Question 4/Item 4: Je me sens seul(e)

    • Jamais ou rarement
    • Parfois, souvent ou tout le temps

    Question 5/Item 5: Certaines choses m’ont préoccupé le mois dernier

    • Jamais ou rarement
    • Parfois, souvent ou tout le temps

    Question 6/Item 6: Vous êtes-vous senti(e) triste, malheureux ou avez-vous eu envie de pleurer lors du mois dernier?

    • Jamais ou rarement
    • Parfois, souvent ou tout le temps

    Question 7/Item 7: Vous êtes-vous réveillé mal à l’aise ou dans un état de tristesse lors du mois dernier?

    • Jamais ou rarement
    • Parfois, souvent ou tout le temps

    Question 8/Item 8: Vous est-il arrivé de vous culpabiliser pour des événements désagréables qui vous sont arrivés dans le passé?

    • Jamais ou une seule fois
    • Au moins une fois

    Question 9/Item 9: Comment voyez-vous votre avenir

    • De manière très heureuse, heureuse ou sereine
    • Incertain, sombre, menacé ou sans espoir. Ou bien cela m’est égal

    Question 10/Item 10: Avez-vous apprécié certaines choses récemment?

    • Certaines, la plupart ou toutes les choses
    • Aucune, une ou deux choses

    Question 11/Item 11: Y a-t-il eu des moments ou vous êtes senti heureux le mois dernier?

    • Souvent ou quelquefois
    • Très peu ou jamais

    Question 12/Item 12: D’une manière générale, vous sentez-vous heureux?

    • Très, assez
    • Pas vraiment. Pas du tout
  2. Memory Assessment Questionnaire (mémoire)

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    Ce questionnaire (qui s’appelle en anglais Memory Assessment Questionnaire) permet de mesurer la présence et la sévérité des plaintes de mémoire chez la personne âgée.

    Qui effectue le test? La personne elle-même.

    Que doit-elle faire? Elle doit répondre à six questions (ou items) qui évaluent ses capacités mnésiques actuelles, comparées à celles qu’elles avaient il y a environ une dizaine d’années.

    Les items du Memory Assessment Questionnaire

    Items
    1. Je me souviens du nom de la personne que l’on vient de me présenter
    2. Je me souviens des numéros de téléphone, des codes ou mots de passe (carte bancaire, accès internet, porte d’entrée…) ou autres choses que j’utilise quotidiennement ou hebdomadairement
    3. Je me souviens de l’endroit de mon domicile où je pose les objets utilisés régulièrement (p. ex. clef, lunette)
    4. Je me souviens de faits précis que je viens juste de lire dans un journal ou entendre à la radio
    5. Je me souviens des articles que je dois acheter lorsque j’arrive dans un magasin (pharmacie, supermarché…)
    6. D’une manière générale, j’estime qu’aujourd’hui ma mémoire fonctionne :

    Barème du Memory Assessment Questionnaire

    Barème Points
    Pour les items 1 à 5 :
    Ma mémoire est bien mieux maintenant 1
    Un peu mieux maintenant 2
    A peu près pareil 3
    Un peu moins bien maintenant 4
    Bien pire maintenant 5
    Pour l’item 6, le barème est le suivant :
    Bien mieux maintenant 2
    Un peu mieux maintenant 4
    A peu près pareil 6
    Barème       Points
    Un peu moins bien maintenant              8
    Bien pire maintenant      10
    Note maximale : 35 points

    Une note supérieure à 25 reflète la présence d’une plainte mnésique qui doivent être validées par des tests plus approfondies.

    Source
    Crook TH 3rd et al. Assessment of memory complaint in age-associated memory impairment: the MAC-Q. Int Psychogeriatr. 1992 Fall;4(2):165-76.

  3. Évaluation du risque de chute

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    Ce test rapide évalue le risque de chute qu’encourt un patient placé en institution. Après avoir évalué le risque de chute (voir tableau ci-dessous), l’établissement de soins met à disposition des patients un programme de prévention.

    Ce programme (formation du personnel, aménagement des locaux, exercices physiques…) réduit d’environ 40% le risque de chute, et de moitié le nombre de fractures. Les auteurs de cette étude ont constaté que les individus dont les fonctions cognitives sont intactes en tirent le meilleur bénéfice.

    Facteurs de risque
    Antécédents de chutes
    Arythmies cardiaques
    Attaques ischémiques transitoires
    Accidents vasculaires cérébraux
    Idées délirantes
    Démence
    Dépression
    Maladies affectant les os/muscles (ex. ostéoporose, myopathie)
    Mobilité réduite/démarche chancelante
    Antécédents de fractures
    Hypotention orthostatique
    Incontinence
    Troubles visuels/auditifs/tactiles
    Étourdissements
    Deshydratation
    Maladie aiguë (ex. grippe)
    Utilisation de contentions
    Diabètes, en particulier avec antécédents d’hypoglycémie
    Prescription de plus de 3-4 médicaments

    Source

    Hofmann MT et coll. Decreasing the incidence of falls in the nursing home in a cost-conscious environment: a pilot study. J Am Med Dir Assoc. 2003 4:95-7.

  4. Échelle de dépression d’Hamilton (dépression)

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    L’échelle de dépression de Hamilton est le test le plus utilisé pour évaluer l’intensité des symptômes dépressifs.

    N.B. valable pour toutes les personnes; y compris les personnes âgées bien que certains aspects puissent être parfois inopérants (par ex ceux qui font référence aux activités professionnelles alors qu’il peut s’agir de personnes en retraite)

    L’évaluation est généralement faite toutes le deux semaines

    Il existe deux versions comprenant 17 ou 21 items

    Le questionnaire de l’échelle de dépression de Hamilton

    1. Humeur dépressive: la personne est-elle dans un état de tristesse, d’impuissance, d’auto dépréciation?

    2. Sentiments de culpabilité de la personne

    3. Suicide

    4. Insomnie en début de nuit

    5. Insomnie en milieu de nuit

    6. Insomnie du matin

    7. Travail et activités

    8. Ralentissement (pensée, langage, perte de concentration)

    9. Agitation

    10 Anxiété (aspect psychique)

    11. Anxiété (aspect physique)

    12. Symptômes somatiques gastro-intestinaux

    13. Symptômes somatiques généraux

    14. Symptômes génitaux

    15. Hypochondrie

    16. Perte de poids

    17. Prise de conscience

    18. Variation diurne

    19. Dépersonnalisation et déréalisation (par ex. sentiment que le monde n’est pas réel, idées nihilistes)

    20. Symptômes délirants

    21. Troubles obsessionnels compulsifs

    Voici à titre indicatif le risque qu’une personne âgée souffre de dépression

    Populations étudiéesPrévalence*
    Personnes âgées non démentes vivant à domicile5 à 15% dont 1 à 3% de dépression majeure
    Personnes non démentes placées dans une institution20 à 40% dont 10 à 15% de dépression majeure
    Personnes ayant été victimes d’une attaque cérébrale20 à 25%
    Personnes atteintes d’une démence30 à 50% (dont 15 à 25% de dépression majeure pour les malades Alzheimer)
    Personnes atteintes d’une maladie de Parkinson40%

    * Prévalence : nombre de cas d’une maladie au sein d’une population donnée.

  5. Anxiété secondaire

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    L’anxiété secondaire désigne une anxiété qui résulte d’un autre trouble ou d’une condition sous-jacente.

    Les troubles de l’anxiété peuvent correspondent à un sentiment d’appréhension d’un danger à la fois imminent et imprécis. Ce sentiment est subjectif et apparaît de manière disproportionnée.

    Lorsque l’anxiété est isolée, on parle d’anxiété primaire. Le type de trouble peut être déterminé en fonction des causes et de son évolution et des circonstances durant lesquelles elle est apparue. Les différents types d’anxiété primaire sont les troubles de l’anxiété généralisée (la forme la plus répandue), le trouble panique, les troubles phobiques et les troubles obsessionnels compulsifs.

    L’anxiété secondaire a quant à elle pour origine une pathologie ou un traitement médicamenteux.

    Les symptômes sont divers et neurovégétatifs: excitabilité générale, tachycardie, palpitations, dyspnée, sécheresse de la bouche, tremblements, sudation excessive, vertiges. Ils peuvent être aussi le signe d’une pathologie médicale. Par exemple, des palpitations peuvent être les premières manifestations d’une maladie cardiaque, alors que les tremblements peuvent évoquer un syndrome parkinsonien.

    Certains troubles du comportement sont souvent associés : déambulation, errances, insomnies, alcoolisme ou abus de tranquillisants, troubles caractériels. Cette anxiété dite secondaire peut également s’observer de visu sous la forme d’une expression soucieuse, des modifications de la mimique, de la posture et de la mobilité.

    • Anxiété et maladie. Il est difficile de déceler les troubles anxieux lorsqu’ils sont associés à un trouble somatique ou des troubles comportementaux. Ils sont plus facilement décelables en cas de manifestations hypochondriaques.
    • Anxiété et douleur. La prévalence de l’anxiété secondaire est élevée.
    • Anxiété induite par des médicaments. La caféine, les corticoïdes, les vasoconstricteurs peuvent provoquer un état d’anxiété. L’anxiété peut apparaître au cours d’une période de sevrage aux benzodiazépines ou à l’alcool, entraînant des manifestations confusionnelles et délirantes.
    • Anxiété et démence : l’anxiété est, avec la dépression, les perturbations affectives les plus fréquemment retrouvées dans la démence. L’anxiété peut précéder l’altération cognitive, au point que son apparition récente doit conduire l’entourage à convaincre le patient de consulter pour évaluer ses fonctions cognitives. Lorsque le diagnostic de démence est posé, le patient peut être confronté à une situation d’échec, peut adopter des attitudes de défense (par exemple par des affabulations) face à un état d’angoisse qui en découle, ou dans les cas les plus prononcés par des actes plus forts (par exemple fugues, agressivité, déambulations, délires, hallucinations etc.).
    • Anxiété et dépression : l’association anxiété et dépression est très fréquente chez les sujets âgés hospitalisés. L’anxiété accompagne un tiers des patients dépressifs. La coexistence de trouble anxieux et dépressifs majorent le risque de passage au suicide.

    Le traitement de l’anxiété secondaire repose avant tout sur l’identification et la prise en charge de la cause sous-jacente, en plus des approches classiques de gestion de l’anxiété (thérapie cognitivo-comportementale, relaxation, pharmacothérapie si nécessaire).

  6. La gestion au quotidien ou de la prévention simple

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    La primauté des conditions psychologiques

    La clinique met en évidence des problèmes souvent sérieux qui résultent d’un défaut comportemental qu’une gestion quotidienne serait susceptible de prévenir. Néanmoins quelle que soit la qualité des connaissances disponibles, l’acceptation préalable de leurs conséquences par la personne concernée, son adhésion, est la première condition de la réussite. En effet chez les individus ayant conservé leurs fonctions cognitives et affectives, l’image qu’ils ont d’eux mêmes refuse de prendre en compte le déficit des moyens neuromusculaires et articulaires rendant aléatoire, voire risquée la poursuite de buts désormais hors de leur portée. Du moins dans les conditions antérieures d’exercice par exemple, la diminution de la masse musculaire est un facteur important dans la réduction de la force physique. Bref, la prise de conscience de sa propre baisse de performance et son acceptation sont la condition première de prévention des risques les plus fréquents. Bien évidemment, il est préférable d’anticiper les risques que d’attendre des effets désastreux pour entreprendre une prise de conscience tardive.

    On peut avoir tous les schémas moteurs cérébraux du tennis encore intacts mais l’état des moyens corporels entrave lourdement leur mise en acte et génère arthrose, tendinite, chutes associée à des pertes d’équilibre. On saisit d’emblée la nécessité comme la difficulté de l’intervention psychologique, face à la stigmatisation culturelle, renforcée par les propagandes louant les bienfaits des techniques bannissant à jamais l’horreur du vieillissement. Faire accepter l’usage d’une canne peut, aujourd’hui, tenir d’une prouesse psychologique et il ne suffit pas d’être incontinent pour accepter une couche-culotte. La gestion adroite de ces problèmes demande une formation, pour ne pas parler d’information, de la part des intervenants, leur évitant au moins les maladresses de départ.

    Le triple volet de la gestion quotidienne

    En partant de l’expérience clinique, on peut différencier trois domaines. Les processus affectifs, les systèmes de l’équilibre et de la motricité et enfin les mécanismes de l’attention.

    Les émotions déterminent l’activité quotidienne, elles lui fournissent l’énergie vitale. L’apathie, l’absence d’intérêts, illustrées par les séjours prolongés et stériles devant un écran de télévision, peuvent passer souvent pour des équivalents dépressifs. Les antidépresseurs peuvent être utiles mais leurs prescriptions faciles ne doivent pas nous dispenser d’envisager l’absence de stimulations, la fixation dans des attitudes de résignation, l’isolement social, la transplantation spatiale, résultant quelquefois de décisions malheureuses et inconséquentes, liées à la prise de retraite et à sa mauvaise anticipation. A l’opposé, l’agitation, l’hyperactivité stérile peuvent exprimer, en dehors de pathologies spécifiques, l’absence de capacité à formuler des buts simples et réalisables tout comme une anxiété sous jacente.

    Le neurologue est accoutumé à constater les effets désastreux des difficultés motrices, singulièrement de la marche, des troubles de l’équilibre et des désadaptations posturales. Cet ensemble explique la fréquence des chutes. En France, 30% des personnes âgées de 60 ans et plus sont victimes de chutes. On peut aisément constater que le mauvais aménagement du cadre de vie est porteur de risques: mobilier inadapté, encombrement, désordres pervers, escaliers non protégés, tapis, moquettes malencontreux, chaussures inadéquates, comme le sont les mules, espaces de toilettes périlleux dépourvus de supports de sécurité assurant la préhension. Si le milieu social, comme le praticien, dédaignent ces facteurs, trompés par leur apparence banale, ils risquent d’être confrontés aux effets spectaculaires de « toutes ces petites choses », exactement comme l’intéressé qui rejette l’usage de la canne en raison de son aspect dégradant. Il importe évidemment d’envisager les facteurs internes conduisant à l’examen cardiaque, ophtalmologique, neurologique et les effets secondaires des médications absorbées par le sujet, réducteurs aussi manifestes que méconnus de la vigilance. Mais le milieu quotidien, les facteurs externes, sont aussi indispensables à examiner. En sont témoins ces chutes, dans certains cas fatales, lors de réveils nocturnes, en raison de l’absence d’éveil complet, d’inadaptation vestimentaire, de défaut d’éclairage pratique et d’incohérence mobilière, et qui sont à l’esprit de nombre de cliniciens. Enfin, comme on l’a dit plus haut, une curiosité de professionnel doit s’exercer à l’égard des activités de certains sujets, adonnés aux prouesses physiques programmées mais redoutables, même quand elles ne sont que d’intérêt domestique, comme les peintures sur échelles ou échafaudages. De telles activités aventureuses, pouvant, il est vrai, alimenter la fontaine de jouvence, ne doivent pas être sous estimées.

    La capacité attentive si elle s’avère réduite peut, en appauvrissant la saisie des informations disponibles, altérer les capacités cognitives, engendrer des maladresses et réduire la mémorisation. On peut négliger à tort l’importance de cette dimension et faire, comme le sujet, c’est à dire mettre sur le compte d’un trouble de la mémoire ce qui est en fait une insuffisance de l’attention. L’altération des capacités attentives, en particulier la réduction de la vitesse de leurs mécanismes est une notion connue dans les phénomènes de vieillissement. La prise de conscience individuelle permettra un contrôle de l’attention. On utilisera la médiation verbale, mise au point par certaines techniques cognitives (cf. les travaux du psychologue canadien D.Meichenbaum), où l’acte est décomposé et commenté mentalement avant et au cours de son exécution.

    L’équilibre entre les fonctions affectives, cognitives et physiques, fondement de l’hygiène de vie, doit se construire et se poursuivre tout au long de l’existence en s’adaptant au devenir physiologique et psychologique. Il peut reposer sur des mécanismes simples qui, devenus automatiques, risquent d’être malencontreusement oubliés et négligés et surtout considérés comme définitivement acquis. Le temps est à l’œuvre partout dans cet univers, à nous d’en tenir compte et d’y conformer notre vie. Pratiquement, avant d’entreprendre des examens para cliniques fastidieux et coûteux, attachons nous d’abord à ce qui est simplement sous nos yeux, là sont peut-être les vraies solutions. C’est ce que nous devons faire comprendre et partager à ceux qui ont besoin de notre aide dans la simple gestion de leur existence quotidienne.

    Docteur Evelyne Lasserre Gay, Neurologue 
    Professeur Jacques Corraze, Psychiatre 
    Institut de Formation en médecine psychosomatique