Un traumatisme crânien peut augmenter le risque de démence

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Dans une étude de 2020 publiée dans Neurology , les auteurs ont découvert que le risque de démence était environ 2 à 3 fois plus élevé chez les patients souffrant d’un traumatisme crânien (TCC) que chez ceux sans TCC. Bien que certaines études n’aient pas démontré de soutien à cette association, les résultats suggèrent largement que même un traumatisme léger peut augmenter le risque de démence. 1-6

Le lien entre les traumatismes crâniens et la démence a été confirmé par une récente étude de cohorte prospective avec une période de suivi de 25 ans. Les chercheurs ont analysé en 2021 les données de 14 376 participants à l’étude ARIC (Atherosclerosis Risk in Communities). Les résultats ont montré une association entre les traumatismes crâniens et le risque de démence (+ 44%), avec un risque qui augmente avec le nombre de traumatisme (+114% pour 2 traumatismes crâniens ou plus). Les résultats ont également montré des associations plus fortes chez les femmes.

Deux mécanismes principaux sont proposés. Premièrement, le traumatisme crânien diminue la réserve neuronale et cognitive, ce qui signifie qu’il y a moins de « protection » pour prévenir la démence. Un autre mécanisme concerne l’encéphalopathie traumatique chronique, un phénomène le plus fréquemment rapporté chez les participants à des sports de contact tels que le football américain ou la boxe qui se traduit par l’accumulation de protéines toxiques (protéines tau) autour des vaisseaux sanguins, en particulier dans les lobes frontaux.  Source: Schneider ALC et coll.  Head injury and 25-year risk of dementia. Alzheimers Dement. Published online March 9, 2021.

Les soldats et certains sportifs à risque

Les personnes (militaires, sportifs) subissant un traumatisme crânien sont plus à risque de développer une démence.

Les sportifs pratiquant des sports à risque de recevoir des coups à la tête sont plus à rsique de développer une maladie cérébrale.

L’étude menée par des chercheurs gallois (University College London) rapporte une association entre la pratique du football (soocer) et l’apparition d’encéphalopathie traumatique chronique.

L’étude a été faite sur quatorze anciens footballeurs, dont treize professionnels atteints de démence entre 1980 et 2010.

L’autopsie de leurs cerveaux a révélé qu’ils étaient atteints à la fois d’encéphalopathie traumatique chronique et de démence.

L’étude ne rapporte pas de lien de cause à effet entre les collisions entre joueurs et l’apparition d’une affection cérébrale.

Selon les chercheurs, les dommages seraient plutôt provoqués par des « impacts répétitifs non commotionnels », contrairement aux commotions observées chez les boxeurs ou footballeurs américains qui se caractérisent par des coups violents à la tête avec perte de connaissance,

Selon les chercheurs, ce risque d’affection cérébrale est « très faible ».

Source : Helen Ling et coll. Mixed pathologies including chronic traumatic encephalopathy account for dementia in retired association football (soccer) players. Acta Neuropathologica, février 2017.

Les soldats sont également à risque

En 2014, une autre équipe avait montré que les anciens soldats victimes d’un traumatisme crânien avaient plus de risque de développer une démence, par rapport à ceux qui n’en n’avaient pas subi.  

Cette étude indique également que les vétérans avec des antécédents de traumatismes développent une démence deux ans plutôt que ce qui n’ont pas été victimes d’un traumatisme.

« Si l’on part du principe qu’il existe une relation de cause à effet, nous pouvons partir de l’hypothèse que ce risque est également présent dans la population civile », déclare l’auteur principal de l’étude.

L’étude a été réalisée auprès d’environ 200 000 vétérans âgés en moyenne de 68 ans au début de l’étude. 1229 de ces personnes ont subi un traumatisme crânien. 16 % d’entre eux ont développé une démence par la suite, contre 10 % chez ceux qui n’avaient pas eu de traumatisme. Source : D. E. Barnes, A. Kaup, K. A. Kirby, A. L. Byers, R. Diaz-Arrastia, K. Yaffe. Traumatic brain injury and risk of dementia in older veterans. Neurology, juin 2014.