Parkinson : stimulation cérébrale profonde

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La stimulation cérébrale profonde (SCP) est une technique utilisée dans le traitement des symptômes de la maladie de Parkinson, avec dans l’ensemble de bons résultats.

Cette méthode a été utilisée dans le traitement de la maladie de Parkinson dès les années 1960, puis abandonnée du fait de l’absence de résultats supérieurs à ceux obtenus avec des traitements médicamenteux et de la chirurgie. Le neurochirurgien et physicien français Alim-Louis Benabid l’a développé de nouveau  au début des années 1990 en déterminant le niveau de fréquence exact qui permet de réduire les symptômes de tremblement, d’où le nom de stimulation cérébrale profonde à haute fréquence. Ainsi, une sonde envoie des impulsions électriques de 130 Hz dans une zone de cerveau appelée thalamus. Cette approche a été autorisée en Europe en 1998, puis aux Etats-Unis en 2002.

C’est une méthode qui est utilisée lorsque les médicaments standards (lévidopa, agonistes dopaminergiques) ne parviennent plus à diminuer les tremblements. L’opération, réalisée sous anesthésie générale, consiste à introduire dans la boîte crânienne deux électrodes provisoires au niveau du noyau sous-thalamique qui joue un rôle majeur dans la régulation des mouvements. Un faible courant électrique est produit par l’intermédiaire d’électrodes placées sous la peau. Des électrodes définitives sont implantées aux emplacements ayant donné les meilleures garanties d’efficacité et d’innocuité. Après l’opération, le patient est hospitalisé pendant 7 à 10 jours pour régler le stimulateur et ajuster la dose des médicaments en fonction de ses besoins.

La SCP améliore les fonctions motrices mais aussi la survie des patients

Cette conclusion a été tirée à partir d’une étude clinique à laquelle ont participé 147 patients. Cent six d’entre eux ont bénéficié de la SCP alors que 41 ont reçu un médicament standard (agoniste dopaminergique).

L’étude a montré que la survie était plus longue et la fréquence des placements moins élevée dans le groupe SCP atteint de Parkinson. C’est la première fois que de tels résultats apparaissent.

Ces résultats doivent être confirmés par d’autres qui doivent être cette fois-ci randomisées (c’est-à-dire que les patients doivent être répartis au hasard entre un groupe témoin et un groupe traité.

Source: Deep brain stimulation improves survival in severe Parkinson’s disease. J Neurol Neurosurg Psychiatry, février 2014.

Parkinson : la stimulation cérébrale profonde est efficace au début de la maladie 

Les médicaments lévodopabromocriptinepramipexole et ropinirolesont utilisés dans le traitement de la maladie de Parkinson car ils augmentent la quantité de dopamine (un neurotransmetteur) qui fait défaut dans certaines régions du cerveau chez le malade. Le problème est qu’après 5 ans environ, les troubles moteurs réapparaissent car les médicaments perdent de leur efficacité.

C’est après cette période que la stimulation cérébrale profonde (SCP) est proposée, surtout lorsque les malades sont très handicapés (soit plus de 10 ans après le diagnostic). Un patient bénéficiant de la SCP voit ses symptômes moteurs diminués. En revanche, les autres symptômes (troubles psychotiques et de la déglutition, incontinence urinaire) ne s’améliorent.

Selon une étude publiée dans le New England Journal of Medicine (mars 2013), la SCP serait également efficace aux stades plus précoces de la maladie de Parkinson (soit 4 à 10 ans après diagnostic).

L’étude a été menée sur 251 patients diagnostiqués depuis en moyenne 7 ans et prenant des médicaments depuis environ 6 ans (l’effet des médicaments s’atténue donc). Il apparaît qu’un traitement de deux ans avec de la SCP, couplée avec une médication, est plus efficace que le médicament prescrit seul.

Cette efficacité se traduit par  une amélioration de la qualité de vie, de la motricité et de l’activité quotidienne. L’humeur des patients s’améliore également. En France, environ 500 personnes bénéficient de la SCP, alors que le nombre de personnes touchées est de 150 000. En pratique depuis mai 2015 au centre hospitalier de Saint-Étienne (France), cette méthode a permis d’améliorer de 70%  les  performances motrices des patients et de diminuer de moitié leurs traitements médicamenteux. L’effet bénéfique perdure au moins 5 ans après l’opération et améliore la qualité de vie des patients.




La SCP réduit la neuropathie qui accompagne la maladie de Parkinson

Les troubles moteurs de la maladie de Parkinson sont accompagnés, dans trois quarts des cas, de douleurs neuropathiques (picotements, sensations de brûlure). Selon une étude menée sur 16 patients, la SCP pourrait également soulager les douleurs neuropathiques en augmentant significativement le seuil de la douleur. Chez les patients ne souffrant pas de douleurs neuropathiques, la stimulation cérébrale profonde ne modifie pas ce seuil.

Une nouvelle technique de stimulation plus précise et sans danger

Des chirurgiens américains ont développé une nouvelle technique chirurgicale d’implantation intracérébrale d’électrodes, qui pourrait avoir un impact dans la stimulation cérébrale profonde (SCP) utilisée dans la maladie de Parkinson. La nouvelle chirurgie offre également un autre avantage : les patients sont endormis pendant la chirurgie, plutôt que de rester éveillés sous anesthésie locale. Cela signifie que le nombre de patients pouvant bénéficier de la chirurgie va augmenter. En effet, beaucoup n’étaient pas disposés à subir une chirurgie durant 4 à 6 heures tout en restant éveillés. La technique de SCP a été développée pour la première fois en France en 1987. Elle a été approuvée aux Etats-Unis en 1997 pour  « le tremblement essentiel » et en 2002 pour des tremblements associés à la maladie de Parkinson. La chirurgie consiste à implanter des électrodes très fines dans le cerveau, reliées à un stimulateur implanté dans la poitrine. Le système stimule alors le cerveau afin de réduire de manière significative les tremblements.