Rémunération du protecteur professionnel : comment se calcule t-elle ?

Syndrome dysexécutif comportemental (fonctions exécutives)

Confabulation

Alzheimer : comment faire l’annonce du diagnostic

Maladie d’Alzheimer : quelle est son évolution ?

Dégénérescence corticobasale

Aphasie

Démence sémantique

Apathie

Échelle de dysfonctionnement frontal (comportement)

Author Archives: Stéphane Bastianetto

  1. Rémunération du protecteur professionnel : comment se calcule t-elle ?

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    Le majeur protégé participe au financement de la mesure.

    Financement assuré par un prélèvement proportionnel aux revenus du majeur protégé

    La rémunération du protecteur est versée sous la forme d’un tarif mensuel forfaitaire si le mandataire est une personne privée,

    Ce montant est différent selon la nature de la mesure exercée et le montant de ses revenus. Elle est minorée si la personne protégée réside dans une maison de retraite (EHPAD).

    Si les personnes ont des ressources inférieures au montant de l’allocation aux adultes handicapés annuel, elles continuent à bénéficier d’une dispense de participation au financement de la mesure de protection.

    En revanche, dès que leurs ressources annuels dépassent ce plafond, leur participation se calcule en fonction d’un barème constitué de trois tranches.

    -10% sur les revenus compris entre l’AAH et le SMIC brut (entre 903€ et 1555€ par mois).

    – 23% du montant des revenus compris entre le SMIC brut et le même SMIC brut, majoré de 150% (entre 1555€ et 3886€ par mois).

    – 3% du montant des revenus supérieurs au SMIC brut majoré de 150% (entre 3886€ et 9328€ par mois).

    La mesure exercée par un MJPM peut donc représenter un coût substantiel pour le majeur vulnérable et sa famille.

    La participation financière de la personne protégée à sa protection lui donne droit à une déduction fiscale.

    Modulation du montant de la rémunération du protecteur

    Le montant de la rémunération peut être modulé en tenant compte de la nature de la mission du mandataire ainsi que du lieu de vie de la personne protégée (à domicile ou en établissement).

    La rémunération n’est due que si le mandataire justifie d’un travail effectif, sans toutefois être diminué par le juge si son travail s’avère insuffisant.

    C’est le juge des tutelles qui décide des conditions dans lesquelles le mandataire rend compte des diligences accomplies au titre de la protection de la personne. En pratique, l’usage est de rendre un rapport annuel de diligence : l’absence de rapport de diligence laisse penser que le mandataire n’a pas accompli sa mission.

    Outre la perte de rémunération, le mandataire professionnel s’expose à d’autres sanctions si la protection de la personne est défaillante.

    Le juge des tutelles peut autoriser une rémunération supplémentaire

    Si la rémunération du protecteur s’avère manifestement insuffisante, le juge des tutelles peut allouer au mandataire judiciaire et après avis préalable du parquet, une indemnité complémentaire pour l’accomplissement d’un ou de plusieurs actes requis pour la mesure de protection (par exemple, règlement d’une succession, suivi d’un divorce, procédures judiciaires ou administratives, vente d’un bien ).

    Ce versement exceptionnel est à la charge de la personne protégée.

    L’indemnité ne peut être accordée qu’à titre exceptionnel et à la condition que des diligences particulièrement longues et complexes aient été effectuées et justifiées par le mandataire.

    L’indemnité complémentaire n’est jamais de droit, le juge des tutelles conserve toujours un pouvoir d’appréciation.

    Enfin , le calcul de l’indemnité complémentaire est effectué selon un barème et son montant est fixé par ordonnance du juge (ou par délibération du conseil de famille).

    Il est interdit au MJPM de recevoir d’autres rémunérations.

    Si le MJPM est une association, elle bénéficie d’une dotation globale calculée en fonction du nombre de mesures de protection dont elle a la charge.

    Si le MjPM est rattaché à un établissement de santé (préposé d’établissement), sa rémunération est assurée par l’établissement de santé dont il dépend.

  2. Syndrome dysexécutif comportemental (fonctions exécutives)

    Commentaires fermés sur Syndrome dysexécutif comportemental (fonctions exécutives)

    Le syndrome dysexécutif comportemental est une échelle qui évalue le syndrome dysexécutif de patients souffrant de démence à un stade léger (en particulier la démence fronto-temporale).

    C’est une atteinte des fonctions exécutives qui sont les capacités cognitives d’un individu lui permettant de développer et de planifier un comportement dirigé vers un but.


    Les douze domaines du syndrome dysexécutif comportemental

    1. Hypoactivité s’accompagnant éventuellement d’une aboulie.

    Diminution plus ou moins marquée de la volonté, avec ralentissement de l’activité intellectuelle et physique.

    Par rapport à son comportement antérieur, la personne a-t-elle des difficultés à effectuer spontanément ses activités, y compris des activités simples de la vie quotidienne qu’elle pourrait facilement effectuer ?

    2. Les habiletés d’anticipation, d’organisation et d’initiation.

    En comparaison à son comportement antérieur, la personne a-t-elle des
    difficultés pour faire des projets, prévoir et organiser des activités, les initier et les réaliser ?

    3. Les troubles émotionnels, désintérêt, euphorie.

    Par rapport à son comportement antérieur, la personne ressent-elle moins fortement les émotions ? Se désintéresse-t-elle de ses activités ? Est-elle plus indifférente à son entourage ?

    5. Irritabilité et agressivité.

    En comparaison à son comportement antérieur, la personne est-elle plus impatiente ou impulsive ? Se met-elle plus aisément en colère ?

    6. Hyperactivité, impulsivité.

    Par rapport à son comportement antérieur, la personne a-t-elle une activité motrice exagérée, sans but ? Se laisse-t-elle distraire aisément ? Semble-t-elle agir de manière impulsive sans réfléchir ?

    7. Persévérations verbales et motrices, stéréotypies.

    En comparaison à son comportement antérieur, la personne a-t-elle tendance à persévérer ? Répète-t-elle plusieurs fois les mêmes activités, les mêmes paroles, les mêmes gestes, même si cela n’est pas nécessaire ?

    8. Dépendance environnementale.

    Par rapport à son comportement antérieur, la personne est-elle anormalement attirée par certaines stimulations de l’environnement ? A-t-elle besoin de toucher ou de prendre les objets qui sont autour d’elle, de suivre des yeux les personnes qui passent, de se mêler à la conversation de personnes qu’elle ne connaît pas ?

    9. Anosognosie et anosodiaphorie.

    Par rapport à son comportement antérieur, la personne a-t-elle tendance à sous-estimer ou à méconnaître les déficits qu’elle présente et leurs conséquences dans la vie quotidienne ? Fait-elle des projets irréalistes pour son avenir ?

    L’anosodiaphorie est un trouble neurologique caractérisé par l’indifférence d’un patient à l’égard de son handicap ou de sa maladie.

    10. Confabulations.

    Par rapport à son comportement antérieur, la personne a-t-elle une mémoire capricieuse et tendance à confondre les événements ou les personnes ? Parle-t-elle d’événements du passé comme s’ils étaient actuels ou d’événements qui ne se sont jamais produits comme s’ils étaient réels ?

    11. Troubles de conduites sociales.

    Par rapport à son comportement antérieur, la personne a-t-elle tendance à se comporter d’une manière peu adaptée à l’environnement social ? Agit-elle souvent d’une manière qui peut lui nuire à long terme parce qu’elle ne respecte pas les règles ?

    12. Conduites sexuelles, sphinctériennes et alimentaires inappropriées.

    Par rapport à son comportement antérieur, la personne présente-t-elle un manque de contrôle inhabituel et socialement inapproprié de ses conduites sexuelle, sphinctérienne (urinaire) ou alimentaire ?


    Les vingt questions de l’inventaire posées au proche 

    Voici les vingt questions du syndrome dysexécutif comportemental posées au proche-aidant (traduction libre de la version anglaise du questionnaire anglais DEX)

    A-t-il des difficultés à comprendre ce que les autres vous disent ?
    Agit-il sans réfléchir ?
    Lui arrive-t-il de parler d’événements qui ne sont jamais arrivés ?
    A-t-il du mal à planifier et à s’organiser ?
    Est-il trop enthousiaste ?
    Confond-il certains événements entre eux ?
    Manque-t-il de réalisme à propos de la gravité de ses problèmes ?
    Manque-t-il d’enthousiasme ?
    Prononce-t-il des mots embarrassants en présence d’autres personnes ?
    Est-il motivé pour faire quelque chose puis laisser tomber juste après ?
    A-t-il du mal à manifester ses émotions ?
    Devient-il irritable pour la moindre des choses ?
    Est-il indifférent à la façon dont il doit se comporter dans certaines situations ?
    A-t-il du mal à s’arrêter de faire quelque chose qu’il a commencé ?
    A-t-il du mal à rester assis pendant un moment ?
    A-t-il du mal à s’arrêter de faire quelque chose même s’il sait qu’il ne devrait pas le faire ?
    A-t-il du mal à maintenir son attention ?
    Dit-il qu’il va faire quelque chose pour finalement changer d’avis ?
    A-t-il des difficultés à prendre une décision ?
    Est-il inconscient ou n’attache-t-il aucune importance de ce que les personnes pensent de son comportement ?

    Chaque élément est noté sur une échelle de 5 points en fonction de sa fréquence : jamais (0 point) ; rarement, moins d’une fois par semaine (1 point) ; occasionnellement, soit une fois par semaine (2 points) ; fréquemment, soit plusieurs fois par semaine (3 points) ; très souvent, soit pratiquement tout le temps (4 points).

    Les items dont la fréquence a été rapporté élevée ou très élevée concernent :

    • Les difficultés de prévoir et de planifier
    • Les difficultés à réaliser l’étendue de ses problèmes
    • Le manque d’enthousiasme
    • L’irritabilité face à la moindre contrariété
    • La difficulté de s’arrêter de dire ou de faire quelque chose
    • La difficulté de se concentrer
    • La difficulté de prendre une décision
    • L’indifférence face à l’opinion des autres vis-à-vis de son comportement

    De plus, chaque élément est noté sur une échelle de 3 points en fonction de sa sévérité :

    • Léger : le comportement est perceptible, mais a peu d’impact dans la vie d’au quotidien (1 point).
    • Moyen : le comportement est manifeste et ne peut être surmonté que difficilement (2 points).
    • Fort : le comportement ne peut pas être surmonté (3 points).
    Domaines Fréquence Sévérité
    1. Hypoactivité 0 à 4 1 à 3
    2. Anticipation 0 à 4 1 à 3
    3. Désintérêt 0 à 4 1 à 3
    4. Euphorie 0 à 4 1 à 3
    5. Irritabilité 0 à 4 1 à 3
    6. Hyperactivité 0 à 4 1 à 3
    7. Persévérations 0 à 4 1 à 3
    8. Dépendance environnementale 0 à 4 1 à 3
    9. Anosognosie 0 à 4 1 à 3
    10. Confabulations 0 à 4 1 à 3
    11. Troubles de conduites sociales 0 à 4 1 à 3
    12. Troubles des conduites sexuelles 0 à 4 1 à 3

    Référence sur le syndrome dysexécutif comportemental

    Source : Wilson BA, Aldenman N, Burgessz PW, Emslie H, Evans J. Behavioural assessment of the dysexecutive syndrome : test manual. Bury St Edmunds, UK : Thames Valley Test Cy, 1996.

    Sur le thème du syndrome dysexécutif comportemental :

  3. Confabulation

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    La confabulation est un trouble ou cours duquel une personne relate de manière inconsciente un événement imaginaire comme quelque chose qu’elle pense avoir vécue (différent de la mythomanie).

  4. Alzheimer : comment faire l’annonce du diagnostic

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    Que faut-il dire au patient lors de l’annonce d’un diagnostic de maladie d’Alzheimer ? Certains médecins peuvent craindre la réaction du patient et évite d’utiliser les mots de démence ou d’Alzheimer.

    Que dire au patient lors d’un diagnostic ?

    Il est possible d’être franc à l’annonce du diagnostic d’Alzheimer mais de parler de maladie neurodégénérative ou de maladie neurologique dégénérative plutôt que de démence ou d’Alzheimer, si le patient ne pose pas de question.

    Si le patient demande s’il a la maladie d’Alzheimer, le médecin lui répond que c’est une possibilité et que le diagnostic est probable ou possible.

    Il faut expliquer au patient qu’il faut s’assurer que le déclin des fonctions cognitives ne peut s’expliquer par une autre maladie (par exemple un traumatisme).

    Deuxième visite qui confirme ou non le diagnostic d’Alzheimer

    Le médecin dévoile les examens complémentaires qui confirme l’hypothèse d’un diagnostic de maladie d’Alzheimer.

    Il dirige le patient et son proche vers les ressources (par ex. France Alzheimer) et aborde les traitements médicamenteux (par ex. le donépézil) et les approches non médicamenteuses.

    Les visites ultérieures

    Le médecin discute des possibles de effets secondaires des médicaments et les évalue les possibles changements des activités de la vie quotidienne (AVQ) et domestique (AIVQ).

    La performance cognitive est de généralement réévaluée (p ex. avec le MMSE).

    Lors des visites ultérieures, le médecin interroge le patient et son entourage sur les possibles troubles du comportement (agressivité, errance, anxiété, confusion) et aborde la question de la conduite automobile.

    D’autres questions doivent par la suite au fil des visites : questions de sécurité (fugues, incendie, mauvaise prise de médicament), juridiques (mise sous tutelle ou curatelle, testament), le rôle de l’aidant naturel…

    Recommandations sur l’annonce du diagnostic d’Alzheimer

    En 2009, la Haute Autorité de Santé a émis des recommandations concernant l’annonce du diagnostic. Il y est rappelé qu’il s’agit d’une obligation tant légale que déontologique :

    • « Toute personne a le droit d’être informée sur son état de santé » (extrait de l’art. L 1111-2 du Code de la santé publique).  
    • « Toute personne a accès à l’ensemble des informations concernant sa santé détenues, à quelque titre que ce soit, par des professionnels et établissements de santé, notamment des résultats d’examen » (extrait de l’art. L. 1111-7 du Code de la santé publique).
    • « Le médecin doit à la personne qu’il examine, qu’il soigne ou qu’il conseille une information loyale, claire et appropriée sur son état, les investigations et les soins qu’il lui propose », sauf exceptions strictement prévues par la loi et justifiées par l’intérêt du patient (article 35 alinéa 1er du Code de déontologie médicale).

    Les conseils de la Haute Autorité de Santé 

    Lorsque l’annonce du diagnostic est faite, le médecin doit :

    • rappeler entre autres au patient les raisons de sa venue ;
    • parler de façon claire et concise des résultats du bilan clinique et du diagnostic retenu :

    – le terme de maladie d’Alzheimer doit être prononcé, alors que celui de démence doit être évité. Avant de prononcer le terme de maladie d’Alzheimer, le médecin doit expliquer au patient qu’il présente des troubles de mémoire, puis qu’il est atteint d’une maladie affectant le cerveau ;

    – si le diagnostic touche une autre forme de démence (démence vasculaire, démence à corps de Lewy, dégénérescence fronto-temporale ou cortico-basale), le médecin doit décrire de manière claire les caractéristiques de  ces maladies ;

    – le médecin doit écouter le patient, le laisser réagir face à l’annonce du diagnostic et s’assurer que l’annonce a bien été comprise.

    Messages clés

    Il est recommandé que le médecin spécialiste qui a établi le diagnostic, sur la base d’un bilan et de critères diagnostiques valides, l’annonce de façon explicite.

    Le patient est informé le premier de son diagnostic. A sa demande, cette annonce est partagée avec une personne de son choix.

    Il est recommandé que le médecin traitant soit informé avant qu’il ne revoie le patient et que le compte rendu de la consultation d’annonce du diagnostic d’Alzheimer lui soit envoyé.

    L’annonce est un processus spécifique qui doit s’accompagner d’une proposition d’un plan de soins et d’aides.

    Pour consulter l’intégralité de la synthèse des recommandations, veuillez cliquer ici.

    Source: Haute Autorité de Santé.

    Cas pratique

    Une femme de 55 ans consulte sur la demande de son mari car ce dernier se rend compte qu’elle présente un déclin progressif de ses fonctions cognitives depuis 2 ans.

    Les premiers symptômes sont les suivants : perte de mémoire, oublis de conversations, tendance à se répéter et à poser la même question sur une courte période.

    Elle a travaillé dans le secteur financier pendant 20 ans et a été licenciée il y a 18 mois. Elle a ensuite occupé un autre poste moins exigeant qu’elle a quitté il y a 7 mois. Son mari fait remarquer qu’elle avait des difficultés à se souvenir du mot de passe qu’elle utilise tous les jours pour accéder à son ordinateur.

    La patiente a eu mal à se souvenir des noms de personnages d’émissions de TV qu’elle regarde régulièrement. Elle n’est plus en mesure de faire des chèques et son mari a repris la gestion des finances de la maison.
    Elle continue d’être relativement de bonne humeur mais présente des épisodes d’anxiété sévères.

    À l’examen physique, la patiente est alerte. Sa tension artérielle est normale (121/70 mm Hg) et son pouls régulier (70 battements/min). Son indice de masse corporelle est de 20,6 kg / m2. Elle a un discours fluide et cohérent.

    Les résultats aux examens général et neurologique sont normaux. Le résultat au mini-examen de l’état mental est de 24/30, avec un faible score au test sur l’orientation. Elle a également rencontré de la difficulté à effectuer le test de l’horloge. Son score à l’échelle de dépression gériatrique (version courte à 4 items) est de 2.

    L’imagerie cérébrale révèle une atrophie de l’hippocampe plus importante que la normale, et une anomalie de la substance blanche.

    Baisse du volume (atrophie) dans les hippocampes des hémisphères droit et gauche (flèches rouges), reflétant la perte de neurones dans cette structure impliquée dans la mémoire et l’apprentissage.

    Quel est le diagnostic ?
    1. Dégénerescence du lobe frontotemporal
    2. Encéphalite limbique
    3. Forme progressive primaire de sclérose en plaques
    4. Maladie d’Alzheimer ou
    5. Dégénérence corticobasale

    Diagnostic
    Un diagnostic de maladie d’Alzheimer (au stade léger) a été posé suite aux observations suivantes :
    Perte de mémoire progressive (difficulté de se souvenir d’événements récents ou de choses récemment apprises).
    Troubles de plusieurs autres fonctions cognitives (dont les capacités visuo-spatiales)
    Fonctionnement quotidien en dessous de ce qu’il était avant les symptômes.

    Cependant, des tests ont été entrepris afin d’écarter d’autres causes (ex encéphalopathie), du fait son âge (les symptômes de la maladie d’Alzheimer apparaissent généralement après 65 ans, soit 10 ans plus tard que son âge). L’hypothèse d’une démence fronto-temporale a été exclue car la patiente ne présente ni troubles de la personnalité ou du langage, ni atrophie du lobe frontal.

    La mesure des niveaux de protéines amyloïde et de protéines tau dans le liquide céphalorachidien corrobore l’hypothèse d’une maladie d’Alzheimer.

    Enfin, le fait que ses parents n’aient pas développé de maladie d’Alzheimer exclut la possibilité que la patiente possède une des 3 mutations de gènes responsables de la forme familiale de la maladie (ces mutations touchent les gènes du précurseur de l’amyloïde et de la preséniline 1 et 2).

    Alzheimer : un diagnostic trop faible et posé tardivement en France

    Le taux de diagnostic de la maladie d’Alzheimer serait trop faible et serait posé tardivement, du fait d’un manque de ressources.

    Un malade d’Alzheimer sur deux ne serait pas diagnostiqué aujourd’hui en France, selon une étude publiée Alzheimer : un diagnostic trop faible et posé tardivement par Cap Retraite (France), un organisme qui conseille les familles cherchant une place en maison de retraite.

    Les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer seraient les mieux diagnostiquées dans les départements urbains du Nord, des Bouches-du-Rhône et de Paris, et le moins bien diagnostiquées dans les zones rurales de la Creuse, des Deux-Sèvres ou du Gers.

    Le médecin généraliste joue un rôle primordial dans le dépistage. Depuis le plan Alzheimer 2008-2012, le dispositif s’est renforcé avec la mise en place de plus de 400 centres de consultation mémoire et 252 maisons pour l’autonomie et l’intégration des malades.

    L’étude estime que si l’ensemble des malades estimés étaient diagnostiqués et pris en charge, il faudrait créer 20 fois plus de places en équipes spécialisées Alzheimer à domicile, pour atteindre près de 105 000 places.

    Lire l’article complet sur le site du Monde.fr

    Canada: le diagnostic de la maladie d’Alzheimer est posé tardivement

    Une enquête menée en 2012 sur le diagnostic menée par la Société Alzheimer du Canada auprès de 1000 aidants indique que près d’un Canadien sur deux ayant des symptômes de la maladie attend plus d’un an avant de consulter un médecin, alors que la personne attend plus de deux ans dans 16 % des cas.

    Dans près de la moitié des cas, les Canadiens confondent la maladie avec le simple vieillissement naturel.

    L’organisme recommande donc à la population de bien se renseigner, car la détection rapide de la maladie permet de mieux la gérer et de ralentir considérablement sa progression.

    L’organisme Alzheimer’s Disease International rapporte que trois quarts des 36 millions de personnes atteintes de démence dans le monde n’ont pas encore reçu de diagnostic.

    Alzheimer : la divulgation du diagnostic est peu répandue aux États-Unis

    Moins de la moitié (45%) des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer (ou de leurs proches) sont mises au courant du diagnostic d’Alzheimer que le médecin leur a posé, selon un rapport de l’Association Alzheimer américaine paru en avril 2015.

    Ce pourcentage est légèrement supérieur à celui rapporté par l’organisme américain Center for Control Disease (35%).

    « Cela est inacceptable », déclare Beth Kallmyer, un des responsables de l’Association. « Les patients ont le droit de savoir. La divulgation du diagnostic est une pratique qui devrait être courante. »

    « Ce taux de divulgation étonnamment faible dans la maladie d’Alzheimer n’est pas sans rappeler celui observé pour le cancer dans les années 1950 et 60, alors que le mot cancer était tabou », a t-elle ajouté dans son communiqué.

    La suite sur le site web d’Otitti.net

  5. Maladie d’Alzheimer : quelle est son évolution ?

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    La maladie d’Alzheimer a une évolution lente, avec des étapes associées à différents types de comportements courants.

    Elle affecte la plupart des régions de votre cerveau. La maladie peut affecter la mémoire, la pensée, le jugement, la langue, la résolution de problèmes, la personnalité et le mouvement.

    L’évolution de la maladie d’Alzheimer distingue cinq phases: la maladie d’Alzheimer préclinique, un déficit (déclin) cognitif léger dû à la maladie d’Alzheimer, une démence légère due à la maladie d’Alzheimer, une démence modérée due à la maladie d’Alzheimer et une démence sévère liée à la maladie d’Alzheimer.

    Lire également sur les différents stades de la maladie d’Alzheimer

    Pour rappel, la démence est un terme utilisé pour décrire un groupe de symptômes qui affectent suffisamment les capacités intellectuelles et sociales du patient pour interférer avec la fonction quotidienne.

    Même si la maladie d’Alzheimer comporte en théorie cinq étapes,il est important de savoir que ces étapes ne sont que des généralisations approximatives. La maladie est un processus continu. Chaque personne a une expérience différente de la maladie d’Alzheimer et de ses symptômes.

    Maladie d’Alzheimer au stade préclinique

    La maladie d’Alzheimer commence bien avant l’apparition de tout symptôme. Cette étape s’appelle la maladie d’Alzheimer préclinique et elle est généralement identifiée uniquement dans les milieux de la recherche. Ni le patient ni son entourage ne remarquent de symptômes durant cette étape.

    Cette phase de la maladie d’Alzheimer peut durer des années, voire des décennies. Bien que l’on ne remarque aucun changement, les nouvelles technologies d’imagerie peuvent  identifier les dépôts d’une protéine appelée bêta-amyloïde, caractéristique de la maladie d’Alzheimer. La capacité d’identifier ces dépôts précoces peut être particulièrement importante pour les essais cliniques et à l’avenir, à mesure que de nouveaux traitements seront développés dans la maladie d’Alzheimer.

    Des biomarqueurs supplémentaires – des mesures pouvant refléter un risque accru de maladie – ont été identifiés dans la maladie d’Alzheimer. Ces biomarqueurs peuvent être utilisés pour étayer le diagnostic de la maladie d’Alzheimer, généralement après l’apparition des symptômes.

    Les tests génétiques peuvent également vous dire si l’on a un risque plus élevé de maladie d’Alzheimer, en particulier de maladie d’Alzheimer à un stade précoce. Ces tests ne sont pas recommandés pour tout le monde, mais le médecin peut déterminer si ces tests génétiques peuvent être utiles.

    Comme pour les nouvelles techniques d’imagerie, les biomarqueurs et les tests génétiques deviendront de plus en plus importants à mesure que de nouveaux traitements dans la maladie d’Alzheimer seront mis au point.

    Déficit cognitif léger dû à la maladie d’Alzheimer

    Les personnes atteintes de déficit cognitif léger (DCL) subissent de légers changements de leur mémoire et leur capacité de penser. Ces changements ne sont pas assez importants pour avoir une incidence sur le travail ou les relations. Les personnes avec DCL peuvent avoir des défaillances de mémoire pour ce qui a trait aux informations qui sont généralement facilement mémorisables, telles que des conversations, des événements récents ou des rendez-vous.

    Ces personnes peuvent également avoir du mal à évaluer le temps nécessaire à l’exécution d’une tâche ou à évaluer correctement le nombre d’étapes nécessaires à la réalisation d’une tâche. La capacité de prendre de bonnes décisions peut devenir plus difficile.

    La maladie d’Alzheimer n’est pas associée à un déclin cognitif léger qui est souvent diagnostiqué sur la base de l’examen des symptômes par le médecin. Cependant, les examens utilisés pour identifier la maladie d’Alzheimer préclinique peuvent être utilisés à déterminer si le MCI est dû à la maladie d’Alzheimer ou à quelque chose d’autre.

    La maladie d’Alzheimer est souvent diagnostiquée au stade de démence légère, lorsqu’il devient évident pour la famille et les médecins qu’une personne a des problèmes importants de mémoire et de pensées qui affectent son fonctionnement quotidien.

    Les personnes peuvent éprouver :

    • Perte de mémoire des événements récents. Les individus peuvent avoir des difficultés particulières à se souvenir des informations récemment apprises et ont tendance à poser sans cesse la même question.
    • Difficulté à résoudre les problèmes, tâches complexes et bons jugements. Planifier un événement familial ou équilibrer un carnet de chèques peut devenir une tâche accablante. De nombreuses personnes font preuve d’un manque de jugement, par exemple lorsqu’elles prennent des décisions financières.
    • Changements de personnalité. Les gens peuvent se retirer – en particulier dans des situations socialement difficiles – ou faire preuve d’une irritabilité ou d’une colère inhabituelles. Une motivation réduite à effectuer des tâches est également courante.
    • Difficulté à organiser et à exprimer des pensées. Trouver les bons mots pour décrire des objets ou exprimer clairement des idées devient de plus en plus difficile.
    • Se perdre ou égarer des biens. Les individus ont de plus en plus de mal à se repérer, même dans des lieux familiers. Il est également courant de perdre des objets, y compris des objets de valeur.

    Démence modérée due à la maladie d’Alzheimer

    Lorsque l’évolution de la maladie au stade de démence modérée, les gens deviennent plus confus et commencent à avoir besoin de plus d’aide pour leurs activités quotidiennes et leurs soins personnels.

    Les personnes atteintes du stade de démence modérée de la maladie d’Alzheimer peuvent:

    Faites preuve d’un jugement de plus en plus pauvre et d’une confusion croissante. Les individus perdent la trace de l’endroit où ils se trouvent, du jour de la semaine ou de la saison. Ils peuvent confondre des membres de la famille ou des amis proches ou confondre des inconnus avec leur famille.

    Ils peuvent errer, éventuellement à la recherche d’un environnement plus familier. Ces difficultés font qu’il est dangereux de laisser les personnes atteintes de démence modérée seules.

    La perte de mémoire est encore plus grande. Les gens peuvent oublier des détails de leur histoire personnelle, tels que leur adresse ou leur numéro de téléphone, ou le lieu de l’école qu’ils ont fréquentée. Ils répètent leurs histoires préférées ou inventent des histoires pour combler leurs pertes de mémoire.

    Besoin d’aide pour certaines activités quotidiennes. Une assistance peut être nécessaire pour choisir les vêtements appropriés en fonction des conditions météorologiques, ainsi que pour se laver, faire sa toilette, utiliser les toilettes et autres soins personnels.

    Changements importants de personnalité et le comportement. Il n’est pas rare que des personnes au stade de démence modérée fassent preuve de suspicions sans fondement – par exemple, ils se convainquent que des amis, des membres de leur famille ou des aidants professionnels les volent ou que leur conjoint a une liaison. D’autres peuvent voir ou entendre des choses qui ne sont pas vraiment là.

    Les individus deviennent souvent agités ou agités, surtout en fin de journée. Certaines personnes peuvent avoir des crises de comportement physique agressif.

    Démence sévère due à la maladie d’Alzheimer

    Lorsque l’évolution de la maladie d’Alzheimer aboutit au stade de démence sévère, la fonction mentale continue de se détériorer et la maladie a un impact croissant sur les capacités physiques et les mouvements.

    À un stade avancé de démence sévère due à la maladie d’Alzheimer, les personnes:

    Perdent la capacité de communiquer de manière cohérente. Elle ne parle plus de manière sensée, bien qu’elle puisse parfois prononcer des mots ou des phrases.

    Ont besoin d’une assistance quotidienne pour les soins personnels pour manger, s’habiller, utiliser la salle de bain et toutes les autres tâches quotidiennes liées aux soins personnels.

    Présentent un déclin de leurs capacités physiques. Elles ont incapables de marcher sans assistance, de s’asseoir ou de lever la tête sans soutien. Les muscles peuvent devenir rigides et les réflexes anormaux. Finalement, une personne perd la capacité d’avaler et de contrôler les fonctions de la vessie et de l’intestin.

    Cas pratique

    En septembre 2006, un homme de 76 ans, ouvrier de profession, est venu consulter un médecin gériatre pour des troubles mnésiques accompagnés de symptômes dépressifs (il a souffert du deuil de sa soeur).

    Cette visite fait suite à une opération chirurgicale (janvier 2006) et une visite chez un psychiatre (mai 2006).

    Lors du test d’évaluation de la mémoire épisodique (test de Grober et Buschke) consistant à apprendre et retenir une liste de 8 mots (le test de Grober et Buschke dans sa version longue), le patient commet deux intrusions (le patient nomme des mots ne figurant pas sur la liste). De plus, le passage du test de l’horloge), semble évoquer un problème sémantique, malgré une capacité visuelle et spatiale correcte.

    Le médecin émet l’hypothèse d’un déficit des structures cérébrales impliquées dans la mémoire épisodique (hippocampe) car le patient présente un problème lors de l’encodage (l’encodage est la première étape de la mémoire. L’information obtenue par un stimulus est mise en mémoire avant d’être stockée).

    Malgré un discours fluide, la fluence sémantique est faible avec un score de 12 mots, suggérant une anomalie des structures frontales et temporales de l’hémisphère gauche dominant pour le langage. De plus, le patient a obtenu un mauvais score au test d’évaluation de la mémoire de travail.

    En revanche, le patient ne souffre pas d’apraxie, de trouble de l’attention, arrive à conceptualiser et s’oriente bien dans le temps et l’espace.

    Un an plus tard, le patient consulte de nouveau le médecin gériatre suite aux inquiétudes de sa femme qui le trouve apathique et détaché des joies de la vie quotidienne. Des tests neuropsychologiques sont effectués. Le patient a du mal à nommer le jour de la semaine et du mois (désorientation temporelle).

    Mémoire épisodique (test de Grober et Buschke) : le patient présente un problème lors de l’encodage. Il a du mal à se rappeler des mots que l’on vient juste de lui présenter (rappel immédiat). De plus, le patient commet cette fois-ci huit intrusions. Le neuropsychologue décide de ne pas effectuer les deux autres parties (i.e. épreuve interférente et rappel différé) du test afin de ne pas aggraver l’état d’anxiété dans lequel se trouve le patient. Le neuropsychologue émet l’hypothèse que le patient souffre de troubles de mémoire à court-terme affectant le lobe temporal.

    Fonctions exécutives : le patient a des difficultés de conceptualisation et de planification d’après le test de la Figure de Rey3. Sa fluence littérale est faible.

    Le neuropsychologue émet l’hypothèse que le patient souffre de troubles des fonctions exécutives affectant le lobe frontal.

    3 Le test de la figure de Rey est un test rapide consistant à reproduire de mémoire une figure géométrique complexe et sans signification évidente. Il évalue l’activité perceptive de la personne (qu’elle soit un adolescent ou une personne âgée), ainsi que sa mémoire et son attention.

    De plus, malgré une bonne compréhension des phrases et un discours fluide, le patient a de la difficulté à nommer les objets qu’on lui présente sur des fiches, confirmant une atteinte des aires frontales et temporales du langage de l’hémisphère gauche.

    Enfin, son épouse estime que son mari a de la difficulté à vivre dans le quotidien (faire des courses, payer des factures).

    Suite à ces observations, un diagnostic de maladie d’Alzheimer possible est posé.

  6. Dégénérescence corticobasale

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    La dégénérescence corticobasale est une maladie neurodégénérative caractérisée par une mort progressive des neurones situés dans les noyaux gris centraux  et une partie du cortex cérébral (zone cérébrale située à la surface du cerveau).

    C’est une maladie rare (moins de 1000 cas en France) décrite pour la première fois en 1968.

    Elle débute, en général après 60 ans, par une apraxie asymétrique du membre supérieur (gestes maladroits de la main) et un trouble de la marche (impression de raideur, instabilité posturale).

    La dégénérescence corticobasale a pour cause la mort progressive des neurones situés dans les noyaux gris centraux  (zone mauve)

    Les neurones, en mourant, sécrètent de moins en moins de dopamine, ce qui explique l’apparition des troubles moteurs.

    La dégénérescence corticobasale appartient aux syndromes parkinsoniens atypiques «primaires», un ensemble d’affections neurodégénératives sporadiques englobant aussi l’atrophie multisystématisée et la paralysie supranucléaire progressive.

    Causes de la dégénérescence corticobasale

    Les causes ne sont pas connues pour l’instant. L’on sait cependant que les cas sont très majoritairement sporadiques (la composante génétique est quasi inexistante).

    Symptômes de la dégénérescence corticobasale

    Les symptômes sont semblables à ceux observés dans la maladie de Parkinson. Ils débutent à partir de 55 et s’aggravent vite, si bien que les cas de patients âgés sont peu fréquents:
    – une maladresse d’un membre (plus souvent un membre supérieur) avec une rigidité souvent bilatérale et inaugurale.
    – Une dystonie (contractions musculaires involontaires) au niveau d’une main ou d’un bras qui figent une partie ou l’ensemble du corps dans une attitude anormale.
    – Une akinésie (lenteur d’initiation des mouvements avec une tendance à l’immobilité).
    – Une apraxie (perte de la capacité d’exécuter des gestes ou d’utiliser des objets, en l’absence de toute paralysie).
    – Une dysarthrie (trouble de la parole. Le patient a des difficultés à parler et à émettre des sons. La voix apparaît trop grave ou trop aigue, rauque et parfois le patient est aphone).
    – Des troubles des fonctions exécutives.
    – Une aphasie (trouble partiel ou total de la faculté de s’exprimer et de comprendre le langage parlé ou écrit).
    – Une agnosie (Perte de la capacité de reconnaître les objets que l’on voit ou les bruits que l’on entend, alors que les fonctions sensorielles (vision, audition, toucher, etc…) sont normales.

    Le traitement consiste à prescrire les médicaments utilisés dans la maladie de Parkinson. Leur efficacité thérapeutique est faible.

    Après trois ans d’évolution, la quasi-totalité des patients atteints de dégénérescence corticobasale présentent un syndrome moteur de type parkinsonien accompagné d’une importante rigidité, une apraxie et un trouble de la marche.

    Cas pratique

    Madame A. âgée de 75 ans admise dans un Centre d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD, centre de soins de longue durée au Québec) après avoir été victime de plusieurs chutes.

    À son arrivée dans le CHSLD (HEPAD en France), Madame A. subit un examen neurologique et des tests neuropsychologiques.

    Bilan neurologique et neuropsychologique

    – Syndrome extrapyramidal (troubles moteurs de type parkinsonien) responsable de chutes.
    – Le score au mini-examen de l’état mental (MMSE)1 est de 12/30 reflétant un déficit modéré.
    – Désorientation spatiale (mais pas temporelle).
    – Troubles du langage.
    Apraxie idéomotrice très importante (prédominant dans l’hémicorps droit).
    Apraxie visuoconstructive.
    – Troubles des fonctions exécutives.
    – Troubles de l’attention avec ralentissement psychomoteur.
    – Difficultés d’effectuer des calculs mentaux.
    – Préservation de la mémoire épisodique visuelle.
    – Préservation des gnosies visuelles.
    – Préservation des capacités de dénomination verbale.

    Examen de neuroimagerie

    – Exclusion d’un accident vasculaire cérébral.
    – La scintigraphie cérébrale révèle une hypoperfusion3 (ralentissement du débit sanguin) du lobe pariétal.  

    La scintigraphe cérébrale est un examen médical consistant à injecter une molécule radioactive afin de mettre en évidence la forme et l’activité des zones du cerveau.

    Diagnostic: le patient est probablement atteint d’une dégénérescence corticobasale.

  7. Aphasie

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    L’aphasie est un trouble partiel ou total du langage affectant l’expression ou la compréhension du langage parlé ou écrit.

    C’est un trouble du langage provoqué par une lésion cérébrale située, dans la très grande majorité des cas, dans l’hémisphère cérébral gauche.

    Ces lésions peuvent survenir à tout âge, mais sont plus fréquentes chez les personnes âgées victimes d’un accident vasculaire cérébral ou souffrant d’une démence.

    L’aphasie se distingue des troubles de la voix (dysphonies) et de la parole (dysarthries), même si les personnes aphasiques présentent des difficultés articulatoires et des modifications du volume vocal.

    Causes

    Une lésion d’une ou de plusieurs aires du cerveau (aire de Broca, substance blanche, noyau caudé, cortex temporo-pariétal ou aire de Wernicke) provoquée par un AVC d’origine ischémique ou hémorragique, un traumatisme crânien, une tumeur cérébrale ou une démence (maladie d’Alzheimer).

    Signes et symptômes

    La personne a du mal à parler, à articuler et à comprendre ce qu’on lui dit, malgré l’intégrité de la langue et du larynx.

    Le symptôme le plus caractéristique de l’aphasie est la difficulté de trouver spontanément le bon mot lors d’un dialogue ou dans un test destiné à nommer un objet que l’on visualise.

    Cette caractéristique se distingue des troubles du langage non aphasiques (que l’on observe par exemple dans le cadre du syndrome dysexécutif) ou d’un état confusionnel.

    L’incapacité de trouver le bon du mot a généralement pour origine une difficulté à accéder à la forme phonologique correcte. Les connaissances sémantiques concernant l’item à dénommer sont intactes.

    Par exemple, une personne aphasique ne pouvant dénommer le mot « orange » est capable de dire qu’il s’agit d’un agrume, de couleur orange, et n’a pas de difficulté à reconnaître l’image d’une orange. De plus, le mot manquant s’accompagne souvent d’une impression d’avoir le mot sur le bout de la langue et peut être retrouvé par un indice (par exemple, le mot commence par le son « O »).

    Le langage écrit est autant altéré que le langage oral dans la majorité des cas.

    Il existe principalement trois formes d’aphasie:

    • L’aphasie globale: c’est la forme la plus grave de l’apahasie provoquée par une obstruction complète de l’artère cérébrale moyenne; le patient parle peut ou pas du tout. Il articule mal. La communication verbale est presque impossible.
    • L’aphasie de Wernicke1 : l’aire de Wernicke est l’aire de compréhension du langage. Le malade s’exprime, mais a des difficultés à comprendre le langage et à se faire comprendre. La personne ne peut transposer les mots lus ou entendus en une pensée cohérente (les productions verbales caractérisés par un jargon ou des paraphasies). Il existe également une persévération (utilisation répétée du même mot).
    • L’aphasie de Broca : l’aire de Broca est une petite zone située sur le côté gauche du cerveau (parfois à droite chez les gauchers) qui est importante dans le traitement du langage. Lorsqu’elle est endommagée, un individu a du mal à parler mais peut toujours comprendre la parole. Elle fonctionne en étroite relation avec l’aire de Wernicke (aire de compréhension du langage). L’aphasie de Broca est souvent causée par une lésion de l’hémisphère gauche et en particulier l’aire de Broca. Le malade a des difficultés à parler et/ou à écrire. Il est incapable de s’exprimer avec cohérence.
    L’aire de Wernicke située dans l’hémisphère gauche.
    L’aire de Broca située dans l’hémisphère gauche.
     FluenceMot manquantCompréhensionSignes
    Aphasie globaleTrès diminuéeForte incapacité à trouver le motTrès altéréeDiscours souvent limité à une stéréotypie
    Aphasie de WernickeNormaleAssez forte incapacité à trouver le motTrès altéréeParaphasies, dyssyntaxie, jargon
    Aphasie de BrocaDiminuéeIncapacité à trouver le motSous la normaleDysprosodie, agrammatisme

    Les autres formes d’aphasie sont :

    • Aphasie anomique.
    • L’aphasie de conduction.
    • L’aphasie transcorticale.
    • L’aphasie amnésique.

    Diagnostic

    Examen de l’expression et de la compréhension du langage oral.

    Tenir compte du niveau d’éducation et de la langue maternelle.

    • Langage spontané.
    • Répétition de mots, simples ou complexes, et de phrases, afin de mieux repérer les troubles arthriques et les paraphasies.
    • Dénomination et désignation d’items (objets ou images). Le test consiste à faire nommer aux patients une dizaine d’objets présentés visuellement, ce qui permet de déceler l’incapacité du patient à trouver le mot. En cas d’échec, l’examinateur doit s’assurer que l’objet non dénommé a bien été identifié par le patient, en lui faisant désigner l’objet en choix multiple. Si le patient ne peut nommer l’objet parce qu’il ne l’identifie pas, il ne s’agit pas d’aphasie, mais d’agnosie visuelle.
    • Description d’une image complexe.
    • Récit d’une histoire.
    • Exécution d’ordres simples et complexes.
    • Test de la compréhension orale. L’examinateur donne un ordre au patient tel que « voici 3 papiers un grand, un moyen, un petit, vous allez me donner le grand, garder le moyen et jeter le petit ».

    Examen du langage écrit

    • Identification de lettres, syllabes et mots.
    • Lecture à haute voix.
    • Compréhension du langage écrit.
    • Écriture spontané.
    • Dictée.

    Cet examen peut être approfondi avec des épreuves plus complexes telles que la définition de mots, l’interprétation d’un texte ou la construction d’une phrase avec des mots.

    Aphasie provoquée par un accident vasculaire cérébral

    Il semblerait que les aphasies fluentes (de type Wernicke) soient plus présentes que les aphasies non fluentes avec agrammatisme chez les personnes âgées victimes d’un accident vasculaire cérébral.

    Le profil clinique peut être plus complexe, avec peu de difficultés à trouver le mot mais une présence de paraphasies sémantiques et d’erreurs visuelles, et survient chez des patients présentant des symptômes cognitifs, comportementaux et thymiques associés (ralentissement, troubles attentionnels, troubles des fonctions exécutives, troubles mnésiques, dépression, anxiété, apathie). De plus, l’évaluation précise de ces patients est rendue difficile par les troubles associés et par la fatigabilité.

    Aphasie et démences

    L’aphasie est présente chez les personnes atteintes de différentes formes de démence, en partie la maladie d’Alzheimer et surtout les démences fronto-temporales.

    L’aphasie peut être un symptôme parmi d’autres ou, au contraire, se situer au premier plan tout au long de l’évolution : on parle alors d’aphasie progressive primaire, une pathologie qui fait partie des démences fronto-temporales.

    L’aphasie progressive primaire affecte généralement les personnes vers la soixantaine, avec un début insidieux caractérisé par des difficultés dans le langage spontané qui s’aggravent progressivement. Il existe deux formes possibles :

    1. l’aphasie progressive non fluente avec un discours réduit, des difficultés articulatoires et un agrammatisme, alors que la compréhension reste préservée;
    2.  l’aphasie progressive fluente avec un discours fluide mais des troubles de compréhension du mot.

    Une forme particulière d’aphasie progressive primaire, l’aphasie logopénique, apparaît dans la maladie d’Alzheimer.

    Dans la maladie d’Alzheimer, les troubles du langage apparaissent de manière discrète et ont surtout pour origine un déficit des connaissances sémantiques que d’une incapacité à trouver le mot.

    Prise en charge

    • La récupération peut se faire de manière spontanée.
    • Séances d’orthophonie.  Elles sont bénéfiques et améliorent la capacité de communication des patients. Le bénéfice est cependant souvent limité par les troubles de la compréhension ou par des facteurs non liés à l’aphasie, tels que la fatigabilité, une faible motivation ou des troubles sensoriels. Dans la plupart des cas, l’orthophoniste se concentre sur l’éducation de l’entourage familial, afin qu’il communique le mieux possible avec le patient.  Dans le cas de l’aphasie progressive, une prise en charge prolongée est nécessaire car cette forme d’aphasie évolue, à moins que le patient ne présente des troubles cognitifs ou compréhension importants.
  8. Démence sémantique

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    La démence sémantique, également appelée variante sémantique de l’aphasie progressive primaire, est un type de démence frontotemporale.

    Les autres de démence frontotemporale incluent la démence fronto-temporale avec variante comportementale et l’aphasie progressive primaire non fluide.

    Atrophie du temporal gauche (flèches) chez un patient souffrant de démence sémantique

    Le profil des troubles dans cette forme de démence est différent de celui observé dans les démences plus courantes, telles que la maladie d’Alzheimer, dans laquelle les troubles de mémoire récente, par exemple, sont souvent un symptôme précoce.

    En revanche, dans la démence sémantique, les souvenirs quotidiens récents et la fonction visuospatiale sont relativement bien préservés.

    Cela signifie que les personnes atteintes de cette forme de démence sont souvent capables de se rappeler des événements récents et peuvent se promener seules dans leur localité sans se perdre.

    Il y a, cependant, des changements importants dans les habiletés de communication, la personnalité et le comportement dans la démence sémantique.

    La perte de connaissances sémantiques entraîne des difficultés à trouver des mots lors de la conversation, y compris les noms des personnes, des lieux et des objets, ainsi que des difficultés importantes à comprendre le discours des autres.

    La perte sémantique s’étend au-delà des compétences linguistiques pour affecter la compréhension non verbale du monde.

    Cela entraîne des problèmes de reconnaissance et de compréhension des mots, des objets, des visages, des sons, des odeurs, du toucher et des goûts, et engendre des défis avec les activités de la vie quotidienne.

    Ainsi, les personnes atteintes peuvent ne pas être en mesure de démontrer comment utiliser des éléments courants, tels qu’un marteau ou un peigne.

    Les changements de personnalité et de comportement sont également courants dans cette démence, les caractéristiques comportementales ayant beaucoup de points en commun avec la variante comportementale de la démence frontotemporale dans les derniers stades de la maladie.

    Reproduction d’un canard fait toute de suite par un individu atteint d’une démence sémantique
    Reproduction d’un canard faite après un certain temps par un individu atteint d’une démence sémantique
  9. Apathie

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    L’apathie, qui se caractérise par une perte de motivation et d’intérêt, se retrouve fréquemment dans la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson.

    Le mot tire son origine  du grec (a privatif et pathos « ce qu’on éprouve »).

    L’apathie se manifeste par plusieurs signes : perte de motivation, d’initiatives, activités sociales en chute, désintérêt, émoussement affectif, manque d’énergie… qui doivent être systématiquement repérés s’ils durent plus de 2 semaines.

    Comment différencier l’apathie de la dépression?

    Il n’est pas facile de différencier l’apathie de la dépression, car certains symptômes co-existent.

    En voici un résumé : 
    – Symptômes caractéristiques de l’apathie : baisse de motivation et de persévérance, réduction des réponses émotionnelles, indifférence, retrait social. 
    – Symptômes caractéristiques de la dépression : tristesse, anxiété, idée suicidaire, agitation, dévalorisation, pessimisme, sentiment de culpabilité, pensées négatives, idées noires, perte d’appétit. 
    – Symptômes communs des deux troubles : désintérêt pour l’environnement, ralentissement psychomoteur, fatigue, manque d’énergie, hypersomnie, manque de perspicacité, manque d’initiative, perte d’espoir. 
    L’apathie est plus fréquente que la dépression dans la maladie d’Alzheimer, la démence frontotemporale, contrairement à la maladie de Parkinson.

    Apathie et maladie d’Alzheimer

    L’apathie est l’un des symptômes comportementaux les plus fréquents de la maladie d’Alzheimer, touchant jusqu’à 75% des patients (la prévalence moyenne serait de 55%). Ce pourcentage dépend cependant du mode d’évaluation et du type de population ciblée. 

    Elle est présente à tous les stades de la maladie d’Alzheimer, mais sa fréquence augmente en fonction de la gravité de la maladie, affectant 40% des patients au stade léger, 80% au stade modéré, et plus de 90% au stade sévère de la maladie.

    Elle se manifeste par une perte d’intérêt pour l’environnement, une baisse de motivation, d’engouement, de spontanéité. 

    Quelques études ont retrouvé une corrélation entre la sévérité de l’apathie et des troubles de fonctions exécutives (anticipation, sélection d’un objectif, planification, capacité de s’adapter aux changements). 

    Le lien entre apathie et déclin cognitif a été peu exploré dans la maladie d’Alzheimer. Selon une étude, la fréquence de l’apathie augmente avec la sévérité des troubles cognitifs. 

    Fait intéressant: les personnes apathiques considérées comme saines peuvent avoir de mauvais résultats à des tests cognitifs, suggérant que l’apathie peut être un signe avant-coureur permettant d’identifier des personnes à risque. Cette hypothèse est confirmée par une étude de suivi ayant montré que les sujets à risque apathiques ont une probabilité plus grande de développer plus tard une maladie d’Alzheimer. 

    De même, l’anosognosie (méconnaissance par un malade d’un trouble), très fréquente dans la maladie d’Alzheimer, est principalement liée à l’apathie (par exemple, le malade a peu conscient qu’il manque d’initiative, de motivation, etc.).

    Apathie et Alzheimer : la recommandation de la Haute autorité de la santé

    L’apathie est un trouble du comportement qui devrait être mieux diagnostiqué, selon la Haute autorité de la santé (HAS). L’apathie est souvent confondue avec la dépression, ce qui explique qu’un bon nombre de patients consomment, à tort, des antidépresseurs.

    L’agence française de santé publie de nouvelles recommandations sur l’apathie avec le double objectif de : « définir précisément le diagnostic » et de « recommander une prise en charge privilégiant des moyens thérapeutiques non médicamenteux. »

    Selon la HAS, « les interventions non médicamenteuses doivent être privilégiées, car elles s’attaquent aux symptômes. Il peut s’agir de thérapies de stimulation cognitive, de réhabilitation psycho-socio-cognitive ou encore d’activités de groupe liées à la vie quotidienne…».

    La HAS recommande de réduire les médicaments à risque d’effets secondaires favorisant l’apathie.

    L’apathie s’accompagne d’un dysfonctionnement de certaines régions du cerveau

    La plupart des travaux ont rapporté que l’apathie s’accompagne d’un mauvais fonctionnement de certaines régions du cerveau.

    Une baisse de métabolisme (caractérisée par une réduction de la circulation sanguine) a été observée dans le cortex frontal et temporal des patients Alzheimer apathiques.

    Il existe une corrélation entre la sévérité de l’apathie et la réduction de l’activité du cortex frontal.

    Le cortex frontal (1) et cingulaire (2) du cerveau.

    La technique de résonnance magnétique nucléaire a montré que l’épaisseur du cortex frontal et du cortex cingulaire diminue (reflétant une atrophie de ces régions) chez les patients Alzheimer apathiques.

    Cette étude démontre que l’apathie n’est pas seulement un trouble psychologique, mais qu’elle s’accompagne d’un dysfonctionnement de certaines régions du cerveau.

    Maladie de Parkinson

    Selon les données épidémiologiques, la prévalence de l’apathie dans la maladie de Parkinson est estimée entre 16 et 42%. Cette variabilité dépend de l’instrument utilisé ainsi que de la composition des populations examinées. 

    Sa sévérité n’est généralement pas liée à la sévérité des troubles moteurs. Par contre, elle semble en lien avec l’importance des troubles cognitifs, notamment exécutifs. 

    L’apathie peut apparaître chez le parkinsonien sans que celui-ci souffre de troubles dépressifs et inversement. 

    Démence fronto-temporale

    L’apathie fait partie des signes initiaux les plus fréquents de la démence fronto-temporale.

    Sa prévalence est estimée à 70-90% et elle s’observe à tous les stades de la maladie. 

    Les patients ne sont en général pas conscients de ce trouble. Par conséquent, le diagnostic devra essentiellement se baser sur les informations fournies par l’aidant le plus proche. 

    La présence d’une apathie chez un malade permet de différencier une démence fronto-temporale d’autres formes de démences fronto-temporales (par ex. démence sémantique et aphasie progressive primaire). 

    Dans la démence fronto-temporale, la sévérité de l’apathie est liée a la sévérité des perturbations du cortex frontal.

    Apathie et maladie vasculaire

    Une étude récente réalisée chez les personnes âgées de plus de 85 ans indique que cette catégorie de population âgée souffrant d’une maladie vasculaire a un risque accru de souffrir d’apathie, mais pas de dépression, suggérant que ces deux troubles n’ont pas la même cause. 

    Evaluation

    La prise en charge de l’apathie reste aujourd’hui difficile, en grande partie par manque de moyens standardisés pour en détecter la présence et en évaluer la sévérité. 

    La première échelle proposée fut l’Apathy Evaluation Scale (AES) et sa version abrégée, appelée Apathy Scale (AS).

    L’inventaire neuropsychiatrique est un instrument fiable pour évaluer les troubles neuropsychiatriques dans les maladies neurologiques.

    Une autre échelle plus spécifique est également utilisée et s’appelle l’Inventaire Apathie (IA).

    Plus récemment, deux nouveaux instruments ont été proposés : le Structured Interview for Apathy (SIA) et le Lille Apathy Rating Scale (LARS).

    Exemple d’atrophie cérébrale (flèches rouges)

    L’apathie augmenterait le risque de trouble cognitif

    Les personnes âgées souffrant d’apathie mais sans symptômes dépressifs présentent une atrophie cérébrale plus importante, comparées à celles qui ne sont pas apathiques.

    Selon l’auteur principal de l’étude, la perte de mémoire n’est donc pas le seul symptôme associé à une diminution anormale du volume du cerveau, caractéristique d’un vieillissement cérébral pathologique.

    Les chercheurs ont montré, à l’aide d’examens de neuroimagerie, que la baisse du volume du cerveau concerne à la fois la substance grise (formée des corps cellulaires des neurones qui stockent les informations) et la substance blanche (formée des axones et terminaisons qui assurent la connexion entre les neurones).

    Ces résultats, s’ils étaient confirmés, permettraient d’identifier les personnes apathiques comme des individus à risque de développer des troubles cognitifs. Source: Structural MRI correlates of apathy symptoms in older persons without dementia: AGES-Reykjavik Study. Neurology, 2014.

  10. Échelle de dysfonctionnement frontal (comportement)

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    L’échelle de dysfonctionnement frontal évalue la sévérité des troubles comportementaux de patients souffrant de démence à un stade léger, en particulier ceux atteints de démence frontotemporale.

    Ce test est effectué en environ 10 minutes.

    L’échelle de dysfonctionnement frontal comporte une liste de symptômes répartis en quatre domaines:

    1. Troubles du contrôle de soi (hyperphasie, irritabilité, pleurs, etc.).
    2. Négligence physique par rapport aux habitudes antérieures.
    3. Troubles de l’humeur (tristesse, hyperémotivité…).
    4. Manifestations d’une baisse d’intérêt (apathie…).
    DomaineSignes
    Troubles du contrôle de soiHyperphagie
    Conduites alcooliques
    Désinhibition verbale
    Désinhibition comportementale
    Irritabilité, colères
    Troubles du contrôle
    des émotions: pleurs ou
    rires
    Instabilité psychomotrice
    Négligence physique (par rapport aux habitudes antérieures)Hygiène
    corporelle
    Vêtements
    (harmonie,
    propreté)
    Cheveux
    (coupe,
    propreté)
    Troubles de l’humeurTristesse
    apparente
    Indifférence
    affec:ve
    Hyperémo:vité
    Exalta:on
    Manifestations d’une baisse d’intérêtAssoupissement
    diurne
    Apathie
    Désintérêt
    social
    Persévéra:on
    idéique


    Un point est attribué par domaine si au moins un signe est présent dans chacun de ces quatre domaines. La note maximale est donc de 4.

    On soupçonne une démence frontotemporale lorsque la note est d’au moins 3 points. Selon l’échelle de dysfonctionnement frontal, la fréquence des symptômes comportementaux est :

    1 – Troubles du contrôle de soi :

    • Au moins un des signes suivants (100%)
    • Hyperoralité (86%)
    • Instabilité (81%)
    • Irritabilité/colères (76%)
    • Perte des convenances sociales/désinhibition.

    2 – Négligence physique : 95%

    3 – Troubles de l’humeur

    • Au moins un des signes suivants (100%)
    • Indifférence affective (78%)
    • Hyperémotivité (48%)
    • Anxiété (46%)
    • Tristesse apparente (34%)
    • Exaltation (34%).

    4 – Manifestations d’une baisse d’intérêt

    • Au moins un des signes suivants (100%)
    • Désintérêt social (100%)
    • Apathie (94%)
    • Assoupissement diurne (46%)
    • Persévérations idéiques (39%).