Alzheimer : L’exercice aérobique efficace réduirait le déclin cognitif

Comment vivre avec une personne atteinte d’Alzheimer ?

Les changements de personnalité : un signe précoce de maladie d’Alzheimer ?

Solanezumab

Scale of demotivation assessment (démotivation)

Alzheimer : peu de pertes de neurones finalement ?

Démotivation et autres troubles de conation

Anorexie

Alzheimer : une boisson nutritive sans effet bénéfique sur la mémoire

Syndrome parkinsonien

Author Archives: Stéphane Bastianetto

  1. Alzheimer : L’exercice aérobique efficace réduirait le déclin cognitif

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    L’exercice aérobique intense est la forme d’exercice la plus efficace pour ralentir, voire stopper, le déclin cognitif des personnes âgées souffrant de la maladie d’Alzheimer.



    Plusieurs études ont déjà montré que l’activité physique diminue les facteurs de risque cardiovasculaire, ainsi que le risque et la progression du déclin cognitif.

    Une équipe américaine a montré que l’exercice aérobique est capable de retarder et de diminuer légèrement les symptômes de la maladie d’Alzheimer.

    L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande que les personnes âgées passent 150 minutes par semaine à faire des exercices modérés (tels que la marche rapide) ou 75 minutes par semaine d’entraînement aérobique intense. L’OMS recommande également aux personnes âgées d’effectuer des exercices de renforcement musculaire au moins 2 fois par semaine.

    L’équipe de chercheurs américains s’est penchée sur les effets de l’exercice aérobique intense, en analysant 19 études menées auprès de 1 145 personnes âgées d’environ 70 ans. Deux tiers étaient à risque de maladie d’Alzheimer, alors qu’un tiers avait déjà la maladie.

    Les conclusions de l’étude sont :
    1. les participants qui pratiquent l’activité aérobique bénéficient d’une amélioration de leurs fonctions cognitives plus importante que celles qui pratiquent une combinaison de différents types d’exercice ;
    2. les participants qui effectuent différentes formes d’exercice (sauf l’exercice aérobique) présentent une légère amélioration de leur fonction cognitive ;
    3. les participants qui ne pratiquent aucun exercice présentent un déclin notable de leur fonction cognitive.

    Source: Panza et coll. Can Exercise Improve Cognitive Symptoms of Alzheimer’s Dementia ? A Meta-Analysis. Journal of the American Geriatrics 24 January 2018.


  2. Comment vivre avec une personne atteinte d’Alzheimer ?

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    Voici donc quelques conseils qui pourront vous aider à mieux vivre avec votre malade atteint de la maladie d’Alzheimer.


    La maladie d’Alzheimer est une maladie dégénérative qui altère certaines facultés du cerveau. Elle se caractérise par un ensemble de symptômes et elle affecte les sphères suivantes: la mémoire, le langage, la capacité à exécuter certaines tâches, le jugement, l’humeur et le comportement du malade, la capacité à faire face à des notions abstraites ainsi que l’autonomie.

    De manière générale, c’est une maladie qui n’atteint que les personnes âgées. La maladie d’Alzheimer ne se décrit pas que comme une maladie qui fait oublier, ce qui d’ailleurs est un signe normal du vieillissement. Le fait de vivre avec un proche atteint de cette maladie peut parfois être difficile à supporter, étant donné que vous aurez l’impression de vivre avec un inconnu. Cet article a donc pour objectif d’aider les personnes qui accompagnent les malades d’Alzheimer, pour qu’elles voient plus cet accompagnement comme une expérience enrichissante et non troublante, parce que même si le malade ne se souvient pas de vous, vous êtes sa plus grande ressource.

    Voici donc quelques conseils qui pourront vous aider à mieux vivre avec votre malade.

    Accepter la maladie telle qu’elle est

    Éviter d’être dans le déni et de vous dire que vous êtes dans un de vos cauchemars. La maladie est belle et ben est là et au lieu de faire comme si elle n’existait pas, vous devez plutôt essayer de voir les choses en face et adopter une positive attitude. C’est important pour l’équilibre du malade.

    Tacher d’être réceptif et sensible au ressenti du malade

    Ceci signifie simplement que vous devez être à l’écoute à chaque fois qu’il aura besoin de se confier et ne surtout pas le juger. Garder un lien fort avec le malade.

    Ne pas prendre de décision concernant le malade sans lui en parler

    C’est important d’impliquer la personne dans les décisions qui la concerne, car après tout, elle est atteinte d’Alzheimer, elle n’est pas morte. Prouvez-lui que malgré la maladie, vous lui faites encore confiance, ne l’infantiliser pas, sinon elle perdra confiance en elle.

    Apprendre à connaître la maladie

    Renseignez-vous. Apprenez tout ce qu’il y a à savoir : les symptômes, les enjeux, le traitement, …

    Le simple fait d’être bien renseigné par rapport à la maladie d’Alzheimer aidera à mieux y faire face et à mieux soutenir le malade.

    Faire appel à un quelqu’un pour vous aider

    Une infirmière ou un ergothérapeute ou une aide familiale peuvent vous être d’une grande aide. Par exemple pour faire les courses, préparer le repas, ou pour assurer les soins du malade.

    Laisser une place importante aux loisirs et à la détente

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  3. Les changements de personnalité : un signe précoce de maladie d’Alzheimer ?

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    Les changements de personnalité et les problèmes de comportement qui accompagnent la maladie d’Alzheimer sont aussi troublants que la perte de mémoire pour les soignants et les personnes vivant avec la maladie.

    Des chercheurs se sont demandés si les changements de personnalité qui commencent tôt, lorsque la perte de mémoire devient visible, pourraient aider à prédire la maladie d’Alzheimer à ses débuts.




    Une caractéristique clé de la maladie d’Alzheimer est la perte de mémoire et la perte de la capacité de penser et de prendre des décisions.

    Ces changements peuvent commencer lentement, au cours d’une phase appelée « déficit cognitif léger » (ou DCL).

    Toutes les personnes atteintes de DCL ne développent pas la maladie d’Alzheimer – mais si la perte de mémoire est le principal symptôme de la DCL, et si les gènes de cette personne suggèrent qu’elle est susceptible de développer la maladie d’Alzheimer, le risque peut s’élever jusqu’à 90 %.

    Les chercheurs ont recruté des participants sans problème cognitif âgés de 21 ans et plus qui étaient génétiquement plus susceptibles de développer la maladie d’Alzheimer. La période de recrutement a débuté en janvier 1994 et s’est terminée en décembre 2016. Les chercheurs ont également recruté des personnes sans risque génétique de développer la maladie d’Alzheimer pour servir de groupe témoin. Tous les participants ont passé plusieurs tests, y compris des examens médicaux et neurologiques. Ils ont également été examinés pour évaluer leur humeur, ainsi que leur fonction cognitive et physique.

    Après analyse des résultats, les chercheurs ont conclu que les changements de personnalité, qui peuvent entraîner des changements dans le comportement, se produisent tôt au cours du développement de la maladie d’Alzheimer.

    Les changements de comportement, cependant, peuvent être à peine perceptibles, et peuvent inclure des sautes d’humeur, la dépression et l’anxiété. Ils ont suggéré que d’autres recherches pourraient être nécessaires pour savoir si le diagnostic de ces changements de personnalité précoce pourrait aider les experts à développer des traitements plus précoces, plus sûrs et plus efficaces – ou même des options de prévention – pour les types de problèmes de comportement les plus graves.

    Source : R. J. Caselli et coll. Personality Changes During the Transition from Cognitive Health to Mild Cognitive Impairment. Journal of the American Geriatrics Society, 2018.

  4. Solanezumab

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    Le laboratoire pharmaceutique Eli Lilly a annoncé que son essai clinique de phase 3, portant sur le solanezumab, a échoué.



    Un article publié aujourd’hui dans le New England Journal of Medicine rapporte que le solanezumab, un traitement à base d’anticorps monoclonal contre la maladie d’Alzheimer développé par Eli Lilly qui cible les plaques amyloïdes, n’a pas ralenti le déclin cognitif.

    Le Centre médical Irving de l’Université Columbia (CUIMC, États-Unis) a dirigé l’étude clinique réalisée dans plusieurs centres.

    Les chercheurs ont proposé que la maladie d’Alzheimer est causée par l’accumulation d’une protéine appelée bêta-amyloïde et qui s’agrègent dans le cerveau des personnes malades. Selon cette «hypothèse amyloïde», la protéine forme des plaques dans le cerveau qui endommagent et éventuellement détruisent les cellules du cerveau. Le solanezumab a été conçu pour réduire le taux de molécules amyloïdes solubles avant leur agrégation.

    Un total de 2 129 patients atteints de démence légère due à la maladie d’Alzheimer ont participé à l’essai multicentrique de phase 3 en double aveugle, contrôlé par placebo. Le traitement a eu quelques effets favorables sur la cognition mais qui n’étaient significatif si on les comparait avec le groupe placebo.

    Les auteurs suggèrent que l’on n’ait pas administré suffisamment de médicament ou que le médicament doive être administré à un stade plus précoce de la maladie.

     » Bien que nous soyons déçus que ce médicament particulier n’ait pas été couronné de succès, nous gardons espoir que d’autres molécules en cours d’étude soient efficaces pour ralentir le cours de la maladie d’Alzheimer « , souligne l’auteur principal de l’étude.

     

    En 2015, la molécule avait obtenu des résultats encourageants dans les précédentes études qui avaient rapporté que le solanezumab retardait (de 30%) le déclin des fonctions cognitives de patients, sans toutefois ralentir la perte de certaines activités de la vie quotidienne (habillage, conduite).

    La société a dépensé 3 milliards de dollars en recherche sur la maladie d’Alzheimer.

    Source: Lawrence S. Honig et al. Trial of Solanezumab for Mild Dementia Due to Alzheimer’s Disease. New England Journal of Medicine, 2018.

  5. Scale of demotivation assessment (démotivation)

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    L’échelle d’évaluation de la démotivation (en anglais The scale of demotivation assessment) évalue le niveau de démotivation chez les personnes âgées atteintes ou non de démence.

    Elle est conçue comme un questionnaire indirect, pour tenir compte de la fatigabilité, des difficultés de concentration, et du désintérêt du sujet âgé.

    L'échelle 

    Item 1. La personne prend-elle des initiatives dans sa vie quotidienne ?

    Item 2. A-t-elle  des loisirs, des centres d’intérêts qui le/la motivent ?

    Item 3. Sa santé la préoccupe t’elle ?

    Item 4. Préférerait-elle se lever au lieu de rester dans son fauteuil sans bouger ?

    Item 5. Participe t-elle dans un groupe, sans stimulation de votre part ?

    Item 6. Prend-elle la parole sans que l’on soit obligé de l’y inciter ?

    Item 7. S’intéresse t-elle à ce qui se passe autour de lui/elle ?

    Item 8. A t-elle l’impression de perdre son temps ?

    Item 9. Prend-elle des décisions seul(e) sans que vous le fassiez pour elle ?

    Item 10. Cherche t-elle à s’occuper au lieu d’attendre que le temps passe tout seul ?

    Item 11. Réagit elle aux événements extérieurs, heureux ou malheureux ?

    Item 12. Réagit elle aux informations (télévisions, journaux…) ?

    Item 13. Prend-elle plaisir à évoquer certains événements (personnels, publics…)?

    Item 14. S’occupe t-elle de sa personne (hygiène, habillements, alimentation) ?

    Item 15. Trouve t-elle plaisir dans sa vie quotidienne ?

    Comment coter le Scale of demotivation assessment

    • Très souvent : 1 point
    • Souvent : 2 points
    • Parfois : 3 points
    • Jamais : 4 points

    L'item 8 est coter de maçon inverse (1 pour 4, 2 pour 3 etc.) On estime que la personne est démotivée au dessus d'un score de 35.

    Il existe une version courte de l'échelle d'évaluation de la démotivation

    Item 1. La personne prend-elle des initiatives dans sa vie quotidienne ?

    Item 9. Prend-elle des décisions seul(e) sans que vous le fassiez pour elle ?

    Item 10. Cherche t-elle à s’occuper au lieu d’attendre que le temps passe tout seul ?

    Item 14. S’occupe t-elle de sa personne (hygiène, habillements, alimentation) ?

    Sources

    Chantoin S et coll. Développement d'une échelle de démotivation chez la personne âgée. L'encéphale. 2001;27:450-458.

    Thomas P et coll. Démotivation, apathie et dépression chez le sujet âgé. Revue Française de Psychiatrie et de Psychologie Médicale. 2001; 48:39-45.

  6. Alzheimer : peu de pertes de neurones finalement ?

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    Fréquemment rencontrée chez les personnes âgées, la maladie d’Alzheimer s’accompagne d’une perte significative et progressive des neurones et de leurs contacts (ou synapses).
    C’est une maladie dite neurodégénérative.
    Une étude conjointe française et canadienne publiée dans Scientific Reports conteste maintenant ce point de vue.




    Conduite auprès de plus de 170 sujets à différents stades de la maladie d’Alzheimer, l’étude menée par l’équipe canadienne (Institut universitaire en santé mentale Douglas, Canada) et française (Université Pierre et Marie Curie, France) a montré que la maladie s’accompagne d’un déclin mineur du nombre de neurones et de synapses.

    «À notre grande surprise, en étudiant le devenir de huit marqueurs des neurones et synapses dans le lobe préfrontal de nos sujets, nous n’avons observé que des pertes neuronales et synaptiques très mineures. Notre étude suggère donc que, contrairement à ce que l’on croyait, la perte neuronale et synaptique est relativement limitée dans la maladie d’Alzheimer, il s’agit d’un changement radical dans la façon de penser », explique El Mestikawy, l’auteur principal de l’étude.

    Les scientifiques ont également tenté de corréler toutes ces pertes synaptiques mineures avec le niveau de démence des sujets. Leurs résultats montrent que les baisses des marqueurs synaptiques sont peu corrélés avec une diminution de la performance cognitive des participants.

    Vers d’autres thérapies

    L’étude suggère implicitement que la démence est associée à un dysfonctionnement des synapses plutôt qu’à leur disparition dans le cortex du patient. Identifier ce dysfonctionnement pourrait mener au développement de traitements efficaces pour cette maladie.

    «Jusqu’à présent, les interventions thérapeutiques visaient à ralentir la destruction des synapses et, selon notre étude, nous devrons modifier notre approche thérapeutique», explique El Mestikawy.

    Selon la Société Alzheimer du Canada, 564 000 Canadiens souffrent actuellement de la maladie d’Alzheimer ou d’une autre forme de démence. Le chiffre sera de 937 000 d’ici 15 ans. Actuellement, il n’y a pas de traitement vraiment efficace pour cette maladie.

  7. Démotivation et autres troubles de conation

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    La démotivation, parfois associée à une dépression, est fréquente chez la personne âgée. Elle interfère avec un maladie chronique ou une altération des fonctions cognitives. D’un point de vue anatomique, elle est reliée à une baisse de l’activité du lobe frontal. Avec la perte d’affection, la démotivation sont des facteurs à l’origine de l’apathie.

    La motivation

    Le terme de motivation désigne  » l’ensemble des processus physiologiques et psychologiques responsables du déclenchement, de l’entretien et de la cessation d’activité d’un comportement ainsi que la valeur appétitive ou aversive conférée aux éléments du milieu sur lesquels s’exerce ce comportement  » (définition du Grand dictionnaire de la psychologie Larousse).
    Le terme conation est souvent associé à la motivation. Il renvoie à la notion d’insistance sur le réel, de persévérance à gérer, de volonté de faire aboutir un projet décidé.

    La motivation est liée au choix, et la force de la personnalité reflète aussi la liberté de faire vivre le choix. Selon que ce choix porte sur une objet interne ou sur un objet externe, on parlera de motivation interne (intrinsèque) ou de motivation externe (ou extrinsèque).

    Dans la motivation interne, l’action est conduite uniquement par l’intérêt et le plaisir que l’individu trouve à l’action, sans attente de récompense externe. La motivation interne renvoie donc à un objet interne comme source de l’excitation : valeurs ou désir.

    Dans la motivation externe, l’action est provoquée par une circonstance extérieure à l’individu (besoin d’être récompensé par quelqu’un, besoin de posséder quelque chose, obtention de l’approbation d’une personne tierce…).

    À ces deux formes de motivations s’ajoute l’amotivation qui se distingue de la motivation extrinsèque par l’absence de motivation liée au sentiment de ne plus être capable de prévoir les conséquences de ses actions.

    Généralement les motivations internes sont autodéterminées et s’appuye sur la perception de la personne d’être cause première (c’est la personne qui décide pour elle). Les motivations externes sont quant à elles hétéro-déterminées et dépendent d’une contrainte sociale ou relationnelle (la personne décide en accord avec l’opinion d’un tiers).

    La motivation interne donc renvoie à un objet interne comme source de l’excitation : valeurs ou désir, alors que la motivation externe renvoie à un objet externe : besoins à satisfaire, besoin de posséder quelque chose, besoin d’être récompensé par quelqu’un.

    L’anaclitisme définit par exemple une personnalité dont la plupart des motivations sont extrinsèques et non autodéterminées.

    La motivation fait encore partie des mécanismes de renforcement des apprentissages et de consolidation des choix : les succès la renforce, les échecs la diminue.

    La motivation est liée à l’adaptation permanent devant les modifications de soi et de l’environnement au cours de la vie. Elle implique l’acceptation des conséquences de l’irréversibilité du temps. Refuser, être impossible de s’adapter au changement et de se risquer à perdre la stabilité acquise conduisent à la démotivation. La démotivation est donc considérée comme un mécanisme appris et acquis.

    Motivation et anticipation

    La motivation et le désir sont liés selon Paul Diel, philosophe connu pour avoir fondé la psychologie de la motivation. Selon lui, un objet attrayant suscite l’excitation. Boire un verre à portée de main lorsqu’on a soif satisfait simplement un besoin, préparer un cocktail pour fêter un événement entre amis implique désirs, motivation, élaboration d’un programme d’actions à partir de schémas et de stratégies pré-apprises (mémoire projetée) et anticipation de la satisfaction.

    La motivation nécessite donc l’anticipation, la construction de règles anticipatrices du type si alors. Elle repose sur l’existence d’une représentation de l’objectif à atteindre qui peut être perturbée ainsi que sur l’évaluation de la difficulté cognitive de l’action, source de mauvais choix stratégiques, donc d’échecs répétés. Un défaut de la capacité de percevoir les résultats de l’action peut conduire à une absence de perception des récompenses, et ainsi à une diminution d’intérêt voire à un état d’impuissance.

    Pour Paul Diel, la pensée, les réactions et l’action motivée sont légalement et causalement reliées, et c’est cette liaison légale et cette causalité interne que l’on appelle la motivation.

    La motivation renvoie également à la qualité de l’écosystème qui devrait faciliter les relations entre le sujet et l’environnement. L’agressivité sur la personne, en obérant l’expérimentation des conflits, démotive en profondeur : la maltraitance psychologique des personnes âgées en institution en est une illustration. Vivre dans un environnement méfiant crée les conditions d’un trouble de la conation : la personne renonce à agir ou agit peu.

    Motivation et mémoire

    La motivation est reliée à l’activation des neurones dopaminergiques, c’est-à-dire des neurones sécrétant le neurotransmetteur appelé dopamine. La dopamine est impliquée dans de nombreux processus psychiques tels que l’attention. L’activation du système dopaminergique consolide le stockage de la mémoire.

    La mémoire participe à la motivation et la motivation au travail de mémoire.

    La mémoire prospective, mémoire qui consiste à se projeter dans le futur, à partir du souvenir des expériences antérieures, est essentielle à la motivation. Il s’agit donc de pouvoir reprendre le passé autrement, pour nourrir le présent et donc faire vivre le désir dans sa dimension d’anticipation. L’absence de possibilité d’anticiper les effets futurs de l’action génère une désorganisation d’une certaine séquence d’actions, provoquant alors un trouble de conation d’autant plus évident que les actions en cause touchent à la vie quotidienne : sortir un poulet du four au bon moment, se rendre ;a un rendez-vous,…Ces troubles de la prospection provoquent une honte douloureuse chez la personne âgée, et les réaction en retour de sa famille peuvent l’enfermer dans une régression.

    Mais l’incapacité de pouvoir se reprendre conduit à l’ennui, aux mornes répétitions et à la démotivation. La mémoire prospective est fréquemment altérée chez la personne âgée, et cette mémoire est l’une des plus précocement atteinte dans la démence.

    La motivation implique donc de pouvoir utiliser la mémoire du passé pour vivre le présent et préparer l’avenir. La mémoire du passé est nécessaire à la motivation. Une illustration du lien entre mémoire et motivation peut être donnée dans l’histoire du cas H.M., qui a subi en 1953 l’ablation de ses deux hippocampes suite à des crises d’épilepsie. Lorsque H.M. se réveilla, les crises d’épilepsie s’estompèrent mais il fut victime d’une grave amnésie. H.M. se rappelle de tout ce qu’il a vécu avant son opération. En revanche, depuis son opération, il n’a ni mémoire épisodique, ni anticipation désidérative, ni motivation épisodique.

    L’attention facilite le codage et donc le stockage de l’information. La récupération de l’information dépend à la fois de la qualité du stockage, mais aussi des possibilités de puiser dans les informations stockées, c’est-à-dire des capacités attentionnelles et d’évocation des personnes âgées.

    Le cortex pré-frontal facilite l’inventaire du stock de la mémoire à court terme, permet de rassembler les éléments nécessaires à la réalisation d’une tâche et a probablement à voir avec les capacités d’insight. Ces derniers éléments sont essentiels à la persistance de l’information.

    Le système dopaminergique, dont certaines afférences se projettent sur le cortex préfrontal, permet d’éliminer des interférences internes et externes susceptibles de rentrer et de rompre les enchaînements comportementaux et idéomoteurs.

    La démotivation

    Le vieillissement s’accompagne d’une baisse de l’activité du cortex préfrontal, aboutissant à une diminution des habilités à gérer les tâches complexes, une lenteur de la rapidité d’exécution, ainsi qu’une démotivation. Fragilisée au plan affectif par sa solitude ou un deuil, la personne âgée a parfois tendance à baisser les bras, entraînant une baisse de motivation, voire une indifférence à l’environnement, sans pour autant se sentir dépressive.

    La démotivation accentue le retrait social, plonge la personne dans le renoncement et la conduit à la mélancolie ou la régression. La personne refuse par exemple d’aborder une crise incontournable ou de changer de perspective dans des situations de perte de confiance.

    La démotivation peut être regardée comme un mécanisme de défense actif et acquis qui permet d’atténuer ou d’éviter la douleur morale causée par des désirs devenus douloureux car impossibles à satisfaire.

    Elle comporte plusieurs versants : le refus de s’engager à nouveau dans la satisfaction de désirs encore possibles, un renoncement à s’engager dans la lutte avec autrui, un refus de risquer l’image de soi dans l’avenir avec une perte de l’anticipation désidérative.

    Les troubles de la motivation ou de la conation (la conation étant le besoin de faire) sont regroupés sous des vocables variables selon les circonstances cliniques et selon les auteurs: pertes d’initiative, démotivation, apathie, émoussement affectif, athymhormie, symptômes négatifs. La démotivation est la perte de la motivation, alors que l’apathie (du grec pathos : passion) est la perte des sensations, des émotions, de l’intérêt face à l’environnement. L’aboulie est l’absence de volonté, l’incapacité de décider. Pour Marin, l’apathie est une démotivation associée à un émoussement affectif.

    Démotivation, apathie et aboulie représentent un continuum évolutif et régressif, qui part du découragement, de la résignation et du renoncement à obtenir satisfaction à ses désirs, pour aboutir à la perte même de notion de motivation.

    Apathie et démotivation

    Marin définit l’apathie (du grec pathos, passion) comme une démotivation associée à un émoussement affectif. La démotivation est définie comme la perte de motivation, alors que l’apathie est la perte des sensations, des émotions, de l’intérêt face à l’environnement.

    Le terme de motivation renvoie ainsi à une définition énergétique. Cette conception énergétique reste dominante dans la pensée de Marin qui considère que l’apathie relève d’une dimension unique dont l’évaluation ne peut être que quantitative comme en témoignent les différentes échelles spécifiquement construites pour l’évaluer.

    Un déficit de motivation ne retentit pas de manière uniforme sur toutes les activités. Ce déficit dépend global du degré initial d’investissement.

    L’intérêt pour telle ou telle activité peut reposer sur des mécanismes motivationnels différents. Il a été observé dans la maladie d’Alzheimer que la perte d’intérêt, précoce pour les activités sociales, était beaucoup plus tardive pour d’autres activités d’ordre affectif (relations avec la famille) ou sensoriel (bien manger).

    L’apathie selon Marin

    L’apathie est définie par un manque de motivation caractérisé par les trois manifestations suivantes :

    I. Une diminution franche du comportement intentionnel indiquée par :
    1. une diminution de productivité,
    2. une diminution de l’effort,
    3. une diminution du temps passé dans les activités intéressantes,
    4. un manque d’initiative ou de persévérance,
    5. une soumission comportementale ou une dépendance vis-à-vis des autres pour structurer l’activité.

    II. Une diminution des activités cognitives intentionnelles manifestée par :
    1. une restriction des champs d’intérêt, un manque d’intérêt pour apprendre de nouvelles choses ou vivre de nouvelles expériences,
    2. une absence de préoccupation pour sa personne, sa santé, ses activités,
    3. une diminution de l’importance ou de la valeur attribuée à des domaines comme la socialisation, la détente, la productivité, l’initiative, la persévérance, la curiosité.

    III. Une diminution des aspects émotionnels du comportement intentionnel indiquée par :
    1. une monotonie de l’affect,
    2. un manque de réactivité émotionnelle aux événements positifs ou négatifs,
    3. un affect euphorique ou plat,
    4. une absence d’excitation ou d’intensité émotionnelle.

    L’absence de motivation n’est pas attribuable à un déficit intellectuel, à une détresse émotionnelle ou à une diminution du niveau de conscience. Lorsque le manque de motivation est attribuable à un déficit intellectuel, à une détresse émotionnelle ou à une réduction du niveau de conscience (somnolence ou diminution de l’attention), l’apathie doit être considérée comme un symptôme dépendant d’un autre syndrome comme une démence, une dépression ou une confusion mentale.

    L’athymhormie selon Habib

    L’athymormie est un syndrome qui associe une démotivation et un émoussement affectifs mais sans dépression.

    Décrite par Guiraud en 1956, l’athymormie est définie par Habib comme une perte du processus désirant et de la recherche du plaisir. Il s’agit aussi d’une perte de l’intérêt pour ce qui autrefois motivait le malade. On observe chez lui un changement de personnalité après, par exemple, un accident vasculaire cérébral. Habib rapporte le cas de deux hommes de la soixantaine, jusque là très actifs, devenus dépendants, passifs, dociles, sans initiative avec un tel accident. Ce qu’ils font est bien fait, mais réalisé uniquement sur incitation. Le malade est indifférent à autrui, comme au plaisant et au déplaisant dans toutes sortes de domaines. Les patients présentaient des lésions lacunaires à l’IRM dans une région du cerveau appelée le néo-striatum.

    Etiologies associées à la démotivation

    La démotivation et l’apathie peuvent exister indépendamment. Elles peuvent cependant être associées à des facteurs environnementaux, ou différentes maladies psychiatriques, neurologique ou somatiques.

    Facteurs environnementaux. Les facteurs sociaux et familiaux peuvent conduire à une démotivation : institutionnalisation non acceptée, abandons familiaux, périodes de transition et deuils, maternage et infantilisation.

    Symptômes dépressifs. La dépression chez la personne âgée s’accompagne fréquemment de démotivation et d’apathie, quelle que soit l’étiologie de la dépression. L’intériorisation des douleurs morales, l’impossibilité de les exprimer et de les surmonter conduisent aussi bien à la démotivation qu’à la dépression, dont la forme masquée est fréquente. Le patient âgé dépressif n’est pas forcément démotivé, même s’il se présente ainsi dans les échelles d’auto-évaluation qui ne permettent pas de distinguer les troubles de la conation des troubles dépressifs. La dépression représente chez la personne âgée la première cause d’altération de la conation, de l’appétit de vivre. Bien que la dépression et la motivation ont des points communs, on note davantage dans les troubles dépressifs une liabilité de l’humeur, une réducteur d’activité, et des troubles de l’appétit et du sommeil.

    Les traits caractéristiques de la dépression et de la démotivation

    – Traits propres à la dépression : tristesse, culpabilité, idée suicidaire, anxiété, agitation, perte de l’appétit, troubles du sommeil, perte de poids.

    – Traits propres à la motivation : désinvestissement, sidération affective, repli sur soi, négligence de soi, négligence d’autrui, perte de la capacité de se réinvestir.

    – Traits communs à la dépression et la motivation : perte de l’anticipation, fatigue, perte d’initiative et de la perspicacité, manque d’énergie, désintérêt, retard psychomoteur.

    Maladie d’Alzheimer. La maladie d’Alzheimer présente fréquemment un tableau associé de dépression et de démotivation, en particulier dans les stades évolués de la maladie où leur diagnostic est alors particulièrement difficile. La démotivation peut se voir jusque dans la moitié des cas de maladie d’Alzheimer.

    La démotivation constitue parfois un mécanisme de défense, un moyen de s’opposer de manière passive à la pression extérieure. Les troubles cognitifs des personnes âgées peuvent s’accompagner de dépression et de troubles de la conation. La présence de symptômes négatifs (comportements de repli, indifférence à autrui, pertes d’initiative et perte de joie de vivre) est corrélée avec les troubles cognitifs. Cette démotivation conduit à aggraver la perte d’apprentissage et un risque accru de solitude. Les symptômes négatifs font surtout l’objet de plaintes de la part de l’entourage au début de la maladie, stade au cours duquel les troubles cognitifs sont encore peu importants. La plainte de l’entourage face à ces troubles de conation s’estompe au fur et à mesure que les troubles cognitifs du patient s’aggravent.

    Démence fronto-temporale. Ces patients sont souvent apathiques, sans motivation et parfois emprunts de fortes émotions. Ces troubles de conation sont liés à l’atteinte du lobe frontal.

    Syndrome parkinsonien. La démotivation a été rapportée dans les syndromes extrapyramidaux associés aux neuroleptiques où l’akinésie peut s’associer à l’apathie, dans la maladie de Parkinson où la dépression et la démotivation sont plus fréquentes que l’irritabilité et l’euphorie.

    Démence vasculaire. Les troubles de conation sont présents dans environ 10 à 25% des accidents vasculaires cérébraux.

    Endocrinopathies. La dépression et l’apathie se rencontrent dans plusieurs endocrinopathies de la personne âgée. L’apathie est particulièrement présente dans l’hyperthyroïdie, en particulier si elle est accompagnée d’une tachycardie, d’une fibrillation auriculaire ou d’une perte de poids. L’apathie est atténuée lorsque l’hyperthyroïdie est traitée.

    Traitements médicamenteux

    Certains neuroleptiques et les antidépresseurs (inhibiteurs de la recapture de sérotonine) sont susceptibles de provoquer une apathie.

    Evaluation de la démotivation et de l’apathie

    La démotivation peut être évaluée par divers outils. Il existe une échelle de la démotivation (EAD) et une échelle d’apathie développée par Marin en 1991. L’inventaire neuropsychologique élaboré par Cummings comporte différents traits relatifs aux symptômes négatifs (voir ces outils dans notre rubrique Tests d’évaluation des capacités de la personne âgée).

    L’inventaire neuropsychiatrie comporte différents traits relatifs aux symptômes négatifs que l’on retrouve dans l’échelle d’évaluation de l’apathie.

    Conclusions

    Le problème de la démotivation chez la personne âgée est complexe et ne peut être résumé à un simple problème de vieillissement cérébral.

    La démotivation s’associe à des états dépressifs ou régressifs et à de nombreuses pathologies somatiques. La démotivation peut être isolée, résultant d’un acquis et appris de soumission à des représentations d’inutilité véhiculées par l’environnement social et familial. La prise en charge est à la fois médicamenteuse et psychologique.

    Références

    Chantoin-Merlet S et al. Dépendance, démotivation et dysfonctionnements frontaux chez le sujet âgé. L’Année Gérontologique. 2002;17

    Chantoin S et al. Développement d’une échelle de démotivation chez la personne âgée. Encéphale. 2001;27:450-8.

    Diel P. Psychologie de la motivation. Paris : Poche. 2002.

    Habib M. Troubles de l’action et de la motivation en neurologie : proposition d’une échelle d’évaluation. Encéphale. 1995;21:563-570.

    Hazif-Thomas C, Thomas P. La démotivation chez la personne âgée dépendante : le poids de l’éco-système soignant. La Revue du Généraliste et de la Gérontologie. 1999;51:11-18.

    Hazif-Thomas C et al. Le temps et la démotivation chez la personne âgée. Ann Med Psychol. 1995;153:261-8.

    Kouneiher F. et al. Motivation and cognitive control in the human prefrontal cortex. Nature neuroscience. 2009

    Laplane D et al. Perte de l’auto-activation psychique. Activité compulsive d’allure obsessionnelle. Lésion lenticulaire bilatérale. Rev Neurol. 1982;138:137-141.

    Marin RS. Differential diagnosis of apathy and related disorders of diminished motivation. Psychiatric Annals. 1997;27:30-3.

    Robert PH et al. The apathy inventory: assessment of apathy and awareness in Alzheimer’s disease, Parkinson’s disease and mild cognitive impairment. Int J Geriatr Psychiatry. 2002;17:1099-105.

    Thomas P et al. « Loss of motivation and frontal dysfunction. Role of the white matter change ». Encephale. 2004;30:52-9.


  8. Anorexie

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    Les patients hésitent à signaler une perte de poids involontaire qui pourrait passer inaperçue chez un professionnel de santé. Les cliniciens doivent être sensibles à l’anorexie chez la personne agée et prescrire des traitements appropriées.


    Le manque d’appétit ou la diminution de l’apport alimentaire chez les personnes âgées, ou « anorexie liée au vieillissement» a été décrite pour la première fois par Morley et Silver en 1988.

    Ce trouble peut être subtil et pas toujours facilement mentionné par un patient. Pour ces raisons, les professionnels de santé doivent être à l’écoute pour détecter et faire des recommandations lorsque l’anorexie est identifiée.

    Causes

    Il existe beaucoup de causes possibles chez les patients plus âgés. Les changements physiologiques incluent un ralentissement de la vidange gastrique (reflêt de la vitesse à laquelle la nourriture est acheminée de l’estomac à l’intestin grêle) et une modification des hormones associées au contrôle de l’appétit (p. ex., les taux de ghréline à jeun sont plus bas et les taux de cholécystokinine à jeun et postprandiale sont plus élevés).

    Les changements sensoriels qui surviennent avec le vieillissement, comme une mauvaise dentition, la perte des papilles gustatives, une diminution de la vision et une baisse du sens olfactif, peuvent également contribuer à l’anorexie liée au vieillissement. Certains adultes plus âgés ont de la difficulté à préparer et à manger des repas en raison d’une diminution de la coordination et de la perte de la capacité à effectuer facilement des tâches motrices fines.




    Un environnement social pauvre peut fournir des indices sur les causes potentielles de la perte d’appétit : beaucoup d’aînés vivent seuls et, par conséquent, ne souhaitent pas cuisiner uniquement pour eux-mêmes, ou manquent d’interaction sociale qu’ils avaient autrefois à l’heure des repas lorsque leurs familles étaient présentes.

    Un examen de l’humeur et de la mémoire doit être pris en compte dans l’évaluation afin de tenter de déterminer s’il y a dépression, ce qui peut certainement contribuer à un manque d’appétit ou à des problèmes de mémoire qui devraient être résolus.

    Les affections médicales chroniques, telles que l’insuffisance cardiaque, la bronchopneumopathie chronique obstructive et les tumeurs malignes, peuvent contribuer à l’anorexie et, si elles sont présentes, doivent être gérées de manière adéquate.

    Enfin, un examen de la liste des médicaments d’un patient est une composante essentielle de l’évaluation de l’anorexie liée au vieillissement. Il existe une myriade de médicaments qui peuvent causer l’anorexie, ainsi que d’autres symptômes pouvant mener à l’anorexie, tels que des nausées, vomissements, bouche sèche et constipation.

    Conséquences de l’anorexie non détectée ou non traitée

    L’anorexie du vieillissement peut avoir des conséquences importantes chez les patients âgés. Elle peut entraîner une fragilité, un risque accru de chutes, de l’ostéomalacie et de l’ostéoporose, une faiblesse musculaire, des séjours prolongés à l’hôpital, une altération de la cicatrisation et de la fonction immunitaire et une mortalité accrue.

    La fragilité peut également être une conséquence de la perte de poids involontaire. Dans une étude japonaise,  la prévalence de l’anorexie du vieillissement était de 21,2% chez les patients considérés comme fragiles par rapport à 7,9% chez ceux sans diagnostic de fragilité.

    La fragilité peut créer un état dans lequel les aînés sont plus sensibles aux facteurs de stress, à savoir les maladies aiguës et chroniques, et peuvent également accroître le temps de récupération.

    Chaque patient est bien sûr différent, et la rapidité avec laquelle une alimentation insuffisante et une perte de poids aboutiront à un impact clinique notable peut varier considérablement. Par conséquent, il est impératif que la fragilité soit reconnue et que l’intervention soit mise en œuvre rapidement.

    Traitement non pharmacologique

    Une fois l’anorexie identifiée, les patients peuvent être conseillés sur la qualité de la nourriture et la fréquence des repas. Encourager une bonne alimentation est généralement un début simple pour traiter l’anorexie du vieillissement.

    Les repas à faible densité calorique sont généralement plus faciles à gérer pour les personnes âgées et peuvent mener à un gain de poids. Demander à des membres de la famille ou à des amis d’acheter les aliments préférés d’un patient, comme des biscuits favoris, et conserver un emballage ouvert près du lieu où le patient passe la majeure partie de la journée peut augmenter l’apport calorique. Simplifier le régime alimentaire en incorporant une certaine quantité de graisses, de sucres et de sel peut amener les adultes plus âgés à manger plus en leur permettant d’avoir des aliments plus appétissants.

    Beaucoup d’adultes âgés atteints de diabète ou de maladie cardiaque peuvent avoir suivi les mêmes régimes stricts pendant des années, mais ils peuvent ne plus nécessiter un contrôle aussi strict. Par exemple, de nombreux patients ignorent que le contrôle glycémique strict recommandé chez le plus jeunes n’est pas bénéfique chez les patients plus âgés et peut effectivement causer des dommages.

    Sources

    • Landi F et coll. Anorexia of aging: risk factors, consequences, and potential treatments. Nutrients. 2016;8(2):69.
    • Tsutsumimoto K et coll. The association between anorexia of aging and physical frailty: results from the National Center for Geriatrics and Gerontology’s study of geriatric syndromes. Maturitas. 2017;97:32-37.
    • Milne AC et coll. Protein and energy supplementation in elderly people at risk from malnutrition. Cochrane Database Syst Rev. 2009;(2):CD003288.
  9. Alzheimer : une boisson nutritive sans effet bénéfique sur la mémoire

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    La boisson nutritive Souvenaid n’améliore pas la cognition chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer au stade précoce. Elle pourrait en revanche ralentir la progression de la maladie.

    Souvenaid, une boisson prise une fois par jour au petit-déjeuner, a été conçue en partant du principe qu’une combinaison d’éléments nutritifs pourrait améliorer le fonctionnement des neurones en faciliant leur contact (ces contacts s’appellent des synapses). Cette boisson contient des acides gras oméga-3, des phospholipides, de la choline, du sélénium, de l’uridine, de l’acide folique et des vitamines B12, B6, C et E.




    Deux essais précédents réalisés chez des patients atteints de la maladie d’Alzheimer (au stade léger) ont rapporté une amélioration de la mémoire avec Souvenaid, contrairement à une troisième étude réalisée chez la même catégorie de patients.

    Dans cette étude plus récente publiée dans Lancet Neurology, les chercheurs finlandais ont donné la boisson à 153 patients atteints de la maladie d’Alzheimer au stade très précoce*, alors qu’un groupe contrôle placebo (avec 158 patients) prenait une boisson témoin. L’âge moyen des patients était de 71 ans et la moitié était des hommes. Au cours de la période d’essai de 24 mois, 62 (41%) des participants du groupe actif et 59 (37%) du groupe témoin ont reçu un diagnostic de démence.

    * A ce stade, le malade a des troubles de mémoire mais fonctionne de manière autonome. On observe une perte de neurones dans l’hippocampe.

    Plusieurs tests étaient effectués pour évaluer la cognition. En parallèle, le volume de l’hippocampe et celui des venticules étaient mesurés par IRM.

    Résultats
    Les chercheurs n’ont observé aucune différence significative sur la cognition entre le groupe traité avec la boisson et le groupe témoin. Il semblerait cependant que l’atrophie de l’hippocampe soit moins rapide chez ceux ayant pris la boisson Souvenaid.

    Les chercheurs considèrent que la prochaine étude devra se dérouler sur une plus longue période et avec plus de participants, avant de tirer des conclusions définitives.

    Source: H. Soininen et coll. 24-month intervention with a specific multinutrient in people with prodromal Alzheimer’s disease (LipiDiDiet): a randomised, double-blind, controlled trial, The Lancet Neurology, 2017.

  10. Syndrome parkinsonien

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    Le diagnostic du syndrome parkinsonien repose sur trois signes : hypertonie, tremblement et akinésie.

    L’échelle UPDRS III est utilisée pour faire un suivi des signes parkinsoniens.

    Les syndrome parkinsonien peut être le reflet d’une maladie de Parkinson idiopathique ou d’une affection extrapyramidale.



    Le diagnostic du syndrome parkinsonien repose sur la présence d’une hypertonie, d’un tremblement de repos et d’une akinésie.

    Le tremblement est généralement lent, débute d’un côté et augmente avec un effort intellectuel.

    L’akinésie, généralement unilatérale au début, est responsable de la lenteur des mouvements.

    Ces signes s’accompagnent de trouble de la parole avec un débit accentué de la parole.

    La marche est peu affectée au début. Survient par la suite les troubles de la posture.

    L’écriture a tendance à se devenir de plus en plus en petite.

     

    Évolution du syndrome parkinsonien

    L’échelle UPDRS III est utilisé pour évaluer les différents signes, avec une note allant de 12 (pas de handicap; c’est la période de « lune de miel ») à 75 (handicap majeur). Une note supérieure à 25 reflète un début de handicap de la part du patient.

     

    Quelles sont les caractéristiques d’une maladie de Parkinson

    Une maladie de Parkinson idiopathique se distingue du syndrome parkinsonien par les caractéristiques suivantes:

    • Le tremblement de repos est unilatéral.
    • L’asymétrie des signes moteurs (si les signes moteurs sont symétriques, on favorise le diagnostic de syndrome parkinsonien).
    • La réponse rapide à la lévodopa.
    • L’absence d’affection extrapyramidale.

     

    Comment différencier un syndrome parkinsonien d’une affection extrapyramidale ?

    Nous sommes en présence d’une affection extrapyramidale si :

    • La réponse à la lévodopa est modérée et transitoire.
    • Il y a présence d’une dysphonie ou d’une dysphagie.
    • Présence d’un antécolis, un des signes d’atrophie multisystématisée (dégénérescence de  la structure cérébrale appelée substance noire)
    • Grognements.
    • Extrémités froides.
    • Démence (démence à corps de Lewy)
    • Soupirs respiratoires.
    • Une paralysie de la verticalité du regard avec une rétraction de la paupière, qui peut évoquer une paralysie supranucléaire progressive.
    • La personne se déplace en fauteuil roulant.

     

    Les symptômes parkinsoniens secondaires ?

    Ces types de symptômes sont provoqués par :

    • Les antipsychotiques (5 à 10% des syndromes parkinsoniens).
    • Une maladie cérébrovasculaire affectant la substance noire ou le striatum.
    • Une hydrocéphalie à pression normale.