Pourra-t-on détecter la maladie d’Alzheimer à partir d’un échantillon d’urine ?

Le trouble cognitif léger ne conduit pas toujours vers la maladie d’Alzheimer

Contrôler rigoureusement sa pression sanguine peut réduire une récidive d’AVC

Un manque d’énergie à l’origine de la maladie de Parkinson ?

Jeu de mémoire 46

Trouble cognitif léger : attention à la maladie pulmonaire obstructive chronique

Parkinson et mémoire : les patients ont des problèmes d’apprentissage

Diagnostic de l’AVC : l’utilité de la télémédecine

Parkinson: effet prometteur de la défériprone

AVC : les trois pays les plus touchés

Author Archives: Stéphane Bastianetto

  1. Pourra-t-on détecter la maladie d’Alzheimer à partir d’un échantillon d’urine ?

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    Un neurone (1) avec une plaque amyloïde (2)

    Un neurone (1) avec une plaque amyloïde (2)

    Des chercheurs américains (Université du Texas, Houston) ont montré que l’on pouvait détecter des fragments de protéines qui ont tendance à s’agréger dans le liquide céphalo-rachidien. Ces fragments de protéines s’appellent des oligomères d’amyloïde.

    Dans la maladie d’Alzheimer, ces petites molécules vont tendance à s’accumuler pour former des dépôts d’amyloïde dans le cerveau.

    «Il semble de plus en plus clair que ce ne sont pas les dépôts qui sont à l’origine des lésions neuronales dans la maladie d’Alzheimer mais ces petites molécules d’amyloïde», déclare l’auteur principal de l’étude.

    «Le problème central dans ce domaine est que l’on ne peut pas identifier les patients avant qu’ils ne deviennent malades».

    « Les oligomères d’amyloïdes peuvent circuler dans le corps des années, voire des décennies avant que les premiers symptômes cognitifs n’apparaissent.

    Les chercheurs ont pu détecter ces oligomères amyloïdes à des concentrations très faibles en utilisant une technique sophistiquée.

    Fait intéressant, ils sont capables de distinguer entre un patient Alzheimer et un autre qui a développé un autre trouble neurologique avec une sensibilité de 90 % et une spécificité de 92 %.

    La prochaine étape est d’adapter cette technologie et d’obtenir des échantillons d’urine ou de sang, un moyen beaucoup moins invasif et qui permettrait plus facilement de détecter des personnes âgées saines avec de possibles signes d’Alzheimer.

    Source: Detection of Misfolded Aβ Oligomers for Sensitive Biochemical Diagnosis of Alzheimer’s Disease. Cell Reports, 2014.

  2. Le trouble cognitif léger ne conduit pas toujours vers la maladie d’Alzheimer

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    Capture d’écran 2014-05-27 à 16.45.37Seulement 20 % des personnes qui ont des moments d’oublis, des trous de mémoire et un jugement altéré vont développer des troubles plus graves tels que la maladie d’Alzheimer.

    Alors que certains contractent la maladie d’Alzheimer ou une autre forme de démence, beaucoup verront leurs symptômes restés inchangés ou même disparaître. Ces personnes appartiennent à la catégorie de celles souffrant de trouble cognitif léger.

    Durant les 3 ans pendant lesquels les sujets avec un trouble cognitif léger ont été suivis, 42% sont revenus à un état mental normal, 36% sont restés stables et seulement 22% ont développé une démence.

    «Tant qu’il n’y a pas de traitement pour prévenir l’apparition de la démence, les personnes âgées chez qui ont suspecte un trouble cognitif léger ne devraient pas être diagnostiquées.  On devrait commencer à poser un diagnostic quand les patients commencent à avoir des symptômes et des problèmes quotidiens qui les inquiètent», déclare le chercheur allemand (Institute of Primary Medical Care, Kiel).

    Le trouble cognitif léger (syn. déclin cognitif léger, déclin cognitif sans démence ) n’est pas un état pathologique mais plutôt un terme désignant un groupe de personnes qui présentent une altération modérée mais significative de leurs fonctions cognitives. Cette altération peut changer avec le temps

    Pour en arriver à ces résultats, les chercheurs ont collecté les données de 350 personnes de 75 ans et plus avec  un trouble cognitif léger mais sans démence. Les participants ont réalisé des tâches cognitives consistant notamment à mémoriser une liste de mots. Ils ont également évalué la présence d’une niveau de dépression.

    Source: Annals of Family Medicine, avril 2014.

  3. Contrôler rigoureusement sa pression sanguine peut réduire une récidive d’AVC

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    hypertensionLes personnes victimes d’un AVC et qui contrôlent de manière stricte leur pression sanguine peuvent réduire de moitié le taux de récidive.

    Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont compilé les données de plus de 3000 patients victimes d’un AVC âgés de 35 ans et plus, en portant une attention particulière sur les facteurs de risque – incluant les niveaux de pression artérielle.

    Une pression sanguine est considérée comme contrôlée lorsqu’elle est située entre 90 et 140 mmHg.

    Les chercheurs ont trouvé que:

    • moins de 30 % des victimes d’AVC avaient maintenu leur pression sanguine constante pendant plus de 75 % de leur temps.
    • parmi ceux qui avaient une hypertension – c’est-à-dire une pression systolique> 153 mm Hg – juste avec leur premier AVC, le taux de récidive était réduit de 54 % parmi ceux qui avaient gardé leur pression sanguine sous contrôle pendant plus de 75 % de leur temps, comparé à ceux qui avaient gardé leur pression sanguine contant pendant seulement 25 % de leur temps.

    « Contrôler sa pression sanguine de temps en temps n’est pas suffisant. En effet, les moyennes ne tiennent pas compte de la variabilité des lectures de la pression sanguine obtenus lors de chaque visite, » explique l’un des auteurs de l’étude. « Les fluctuations de la pression sanguine peuvent être associées à un plus grand risque cardio-vasculaire ».

    « Les changements dans la gestion des soins seront utiles pour assurer une pression sanguine constante plutôt que de faire vérifier celle-ci à chaque visite. Il serait plus approprié d’effectuer ces mesures de manière régulière à domicile, grâce à  des machines qui transmettraient les données au médecin.»

    « Une des choses sur laquelle nous voulons mettre l’accent c’est d’impliquer un peu plus les patients dans leur façon de gérer leurs soins, d’apprendre comment contrôler leur facteur de risque.»

    Réduire la consommation de sel, manger de manière saine (aliments riches en fibres dont fruits et légumes), faire de l’exercice de manière régulière peuvent aussi réduire le risque d’AVC.

    « En se basant sur le faible pourcentage des participants qui ont contrôlé, dans notre étude, leur pression sanguine d’une visite à une autre, vous pouvez imaginer combien le contrôle de la pression sanguine est faible chez les victimes d’AVC en général.»

    Source: Consistency of Blood Pressure Control After Ischemic Stroke: Prevalence and Prognosis. Stroke, mars 2014.

  4. Un manque d’énergie à l’origine de la maladie de Parkinson ?

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    mitochondrie

    Une mitochondrie

    Des universitaires belges ont mis en évidence un gène (appelé Pink1) dont la mutation serait responsable de la maladie de Parkinson.

    Ce gène, dont la mutation le rend défectueux, altère le processus de production d’énergie du neurone, vraisemblablement à l’origine de la mort neuronale dans la maladie de Parkinson, selon les auteurs.

    «Ces résultats confirment notre hypothèse selon laquelle la restauration de la production d’énergie dans la cellule serait une possible stratégie thérapeutique.», déclare le principal auteur.

    Les mitochondries sont les organites qui produisent l’énergie nécessaire pour que le neurone fonctionne. Lorsque le gène Pink1 est dysfonctionnel, la mitochondrie est déficience, entraînant une baisse de la production d’énergie du neurone, et par conséquent une mort de celui-ci.

    Pour confirmer cette hypothèse, les chercheurs ont utilisé des cultures de cellules qui expriment (c’est-à-dire qui possèdent) le gène déficitaire. Ils ont pu augmenter la production d’énergie dans les cellules en réparant le gène.

    Cependant, il reste à démontrer que cette stratégie permettra de réduire, voire de faire disparaître les symptômes de la maladie de Parkinson. Seuls des tests chez des patients permettront de répondre à cette question.

    Selon les chercheurs, la meilleure manière de répondre à cette question est de commencer avec un sous-groupe de patients qui possèdent le gène défectueux Pink1.

    Source: PINK1 Loss of Function Mutations Affect Mitochondrial Complex I Activity via NdufA10 Ubiquinone Uncoupling. Science, mars 2014.

  5. Jeu de mémoire 46

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    Voici un test destiné à vous garder dans une forme immarcescible. Nous vous conseillons de les effectuer en toute quiétude, après une bonne nuit de sommeil. Ils n’ont bien entendu aucune valeur d’un quelconque diagnostic. Ce n’est qu’un repérage du niveau de vos fonctions mentales:  mémoire (attention, encodage, récupération), intelligence spatiale, logique et langage. Ne perdez pas de temps sur une question sur laquelle vous butez. Prenez maintenant un papier et un stylo afin de noter les réponses. Amusez-vous bien!

     

    Exercice 1

    Retardez attentivement cette photo. Une question vous sera posée ultérieurement.

    fig46-1

     

    Exercice 2

    Trouvez un mot qui en forme deux autres avec les lettres hors parenthèses

    Ro (…) tien

     

    Exercice 3

    Trouvez le dessin qui complète la série avec les dessins 1,2 ou 3.

    fig46

    Exercice 1 (suite)

    Deux détails de la photo ont été gommés  : lesquels ?

    fig46-2

    Solution en bas de page 

     

     

     

     

     

    Solution

    Exercice 1. Les flèches indiquent les détails gommés (3 points pour chaque bonne réponse).

    fig46-3

     

    Exercice 2. «main» qui forme «romain» et «maintien » (2 points)

    Exercice 3. Le trait pivote de 45 degrés dans le sens des aiguilles d’une montre. Le cercle bleu progresse d’un quart de trait et le carré passe d’un côté du trait à l’autre et change de couleur (2 points)

     

    Barème

    Le score maximum est de 10 points
    8-10: très bon
    3-7: bon
    0-2: vous ferez mieux la prochaine fois !

  6. Trouble cognitif léger : attention à la maladie pulmonaire obstructive chronique

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    MPOCUn diagnostic de maladie pulmonaire obstructive chronique chez une personne âgée est associé à un risque accru de trouble cognitif léger.

    La maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) se manifeste par un essoufflement et une toux chronique. Les symptômes apparaissent en générale vers la soixantaine. La MPOC regroupe la bronchite chronique et l’emphysème. Elle est causée dans 90% des cas par la cigarette.

    Les auteurs ont examiné l’association entre cette maladie et le trouble cognitif léger chez 425 individus âgés de 70 à 89 ans et qui n’avaient aucun trouble cognitif.

    Sur les 1425 patients, 336 ont développé un trouble cognitif léger (TCL) au bout de 5 ans.

    130 avaient un TCL de type amnésique alors que 97 avait un TCL non amnésique.*

    La maladie pulmonaire augmente le TCL de type non amnésique de 83 %  au bout de 5 ans.

    Le risque de développer un TCL était proportionnel à la durée de la maladie pulmonaire obstructive chronique.

    * Pour rappel: Une personne souffrant d’un trouble cognitif léger (syn. déclin cognitif léger, déclin cognitif sans démence) présente une altération modérée mais significative de ses fonctions cognitives. Il existe deux types de TCL :

    1. Le TCL amnésique se définissant par l’atteinte d’une seule fonction cognitive (la mémoire).
    2. Le DCL multidomaine non amnésique se caractérise par le déficit de plusieurs domaines cognitifs (langage, fonctions exécutives et habiletés visuo-spatiales) avec ou sans déficit mnésique.

    Source: A Prospective Study of Chronic Obstructive Pulmonary Disease and the Risk for Mild Cognitive Impairment. JAMA Neurol, March 2014.

  7. Parkinson et mémoire : les patients ont des problèmes d’apprentissage

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    parkinsonDes chercheurs espagnols de l’Université de Bilbao ont montré que les patients atteints de la maladie de Parkinson ont des problèmes de mémoire et d’apprentissage.

    Les troubles de mémoire sont fréquents chez les personnes atteints de Parkinson, même s’ils ne développent pas de démence.

    On a longtemps considéré que ces déficits étaient attribués à l’incapacité des patients à récupérer l’information qui était stockée dans leur mémoire à long terme.

    Or, une nouvelle étude vient de montrer que ce n’est pas le cas.

    Des chercheurs ont comparé les performances mnésiques de 27 patients avec celles de sujets sains qui n’ont pas de problème de mémoire.

    En utilisant des tests neuropsychologiques pour évaluer la mémoire, ils ont observé que les patients atteints de la maladie de Parkinson ont des problème d’apprentissage, à savoir qu’ils ont par exemple de la difficulté à apprendre une liste de mots nouveaux appartenant à des catégories sémantiques différentes.

    En revanche, les malades n’ont pas de problème pour se rappeler de certains mots qu’ils viennent d’apprendre.

    Les chercheurs concluent que les patients atteints de Parkinson et qui n’ont pas de démence ont des problèmes à apprendre de nouvelles informations (c’est-à-dire un problème d’encodage) mais n’ont pas de difficulté à les restituer (pas de problème de récupération de l’information).

    Source: The source of the memory impairment in Parkinson’s disease: Acquisition versus retrieval. Movement Disorders, 2014.

  8. Diagnostic de l’AVC : l’utilité de la télémédecine

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    telemedecineFaute de plateau technique ou de spécialistes dans l’hôpital, les médecins sont parfois contraints de transférer leurs patients victimes d’un AVC vers d’autres structures hospitalières plus adaptées. Des trajets dépassant parfois des centaines de kilomètres et pouvant mettre en jeu le pronostic fonctionnel, voire le pronostic vital du patient.

    Pour palier cet obstacle de prise en charge, le Dr Alain Hugerot, chef de service des Urgences du CH de Troyes (France), a mis en place avec son équipe et en collaboration avec le CHU de Reims, le dispositif TéléAVC.

    Grâce à ce dispositif, les urgentistes du CH de Troyes utilisent les moyens de la télémédecine pour communiquer à distance avec des neurologues d’hôpitaux différents, pour une expertise plus fine et une prise en charge plus adaptée des AVC.

    Suite sur le site allodocteurs.fr

  9. Parkinson: effet prometteur de la défériprone

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    deferiponeDes cliniciens ont débuté un essai clinique visant à tester l’efficacité de la défériprone chez 19 patients atteints de Parkinson en début de maladie et 18 sujets contrôles.

    L’étude a été conduite en double-aveugle, de sorte que ni les patients ni les médecins ne connaissent le produit administré, afin d’éviter tout biais.

    Les chercheurs doivent tout d’abord évaluer l’innocuité de la déféripone, un composé qui diminue la quantité de fer en se liant à celui, formant un complexe qui est éliminé par l’organisme.

    Cette approche est basée sur l’hypothèse que l’accumulation de fer dans le cerveau est à l’origine – du moins en partie – de maladies neuro-dégénératives telles que la maladie de Parkinson.

    Les auteurs de l’étude ont d’abord cherché à déterminer la dose adéquate de déféripone afin d’éviter une carence en fer.

    Résultats: les malades ont vu leur motricité s’améliorer légèrement, avec une  diminution des tremblements, des rigidités et de l’akinésie, comparés au groupe placebo.

    Selon les auteurs, la défériprone inhibe une enzyme qui dégrade la dopamine. La dopamine est le neurotransmetteur qui fait défaut dans le cerveau des malades, entraînant les troubles moteurs.

    L’objectif de la prochaine étape sera de tester l’innocuité et l’efficacité de la molécule sur une plus grand échantillon de patients.

    Source : Targeting Chelatable Iron as a Therapeutic Modality in Parkinson’s Disease. R. Bordet et coll. Antioxidants & Redox Signaling, février 2014.

  10. AVC : les trois pays les plus touchés

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    cigaretteLe nombre de cas d’AVC en Chine, Inde et Russie est plus important que dans le reste du monde, en raison du grand nombre de fumeurs.

    Cette conclusion est tirée d’une étude menée par une équipe anglaise (Université de Oxford) et parue dans le journal Global Heart.

    La Chine représenterait presque un tiers (29%) de la mortalité des AVC liés au tabac, suivie par la Russie (12%) et l’Inde (11%).

    Ce pourcentage est plus important qu’il y a 20 ans puisqu’en 1990, une étude avait rapporté que les taux de mortalité étaient respectivement de  26%, 10% et 7% dans les pays mentionnées ci-dessus.

    Les chercheurs mettent l’accent sur l’importance de mettre en place des campagnes anti-tabac.

    Cette étude est à mettre en parallèle avec celle publiée fin 2013 soulignant que les enfant de 5 à 6 ans originaires de pays à faibles et moyens revenus (Chine, Inde, Brésil, Russie, Nigéria et Pakistan) étaient sensibilisés par la publicité des marques de cigarettes. Il n’existe dans ces pays aucune campagne de sensibilisation sur les  dangers du tabac.