Prédire la maladie d’Alzheimer deux ans avant

Moins de maladie d’Alzheimer grâce au mode de vie

Un dispositif de réadaptation améliore la motricité après un AVC

Alzheimer: peut-on diagnostiquer la maladie à un stade précoce ?

Alzheimer: l’étape du diagnostic

Alzheimer: une différence dès l’enfance chez les porteurs du gène APOE4

Maladie cardiaque: le stress en cause chez les femmes

Contrôler sa tension artérielle réduit les risques d’AVC chez les obèses

Alzheimer : un algorithme pour prédire son évolution

Prédire la maladie d’Alzheimer grâce à une ponction lombaire ?

Author Archives: Stéphane Bastianetto

  1. Prédire la maladie d’Alzheimer deux ans avant

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    Une étude canadienne (Institut universitaire de gériatrie de Montréal) a montré qu’il est possible de prédire avec une haute précision (à un taux de 90%) que des individus avec un déficit cognitif léger développeront deux ans plus tard une maladie d’Alzheimer.

    Ces résultats ont été obtenus en combinant l’analyse par imagerie cérébrale et l’évaluation neuropsychologique.  La spécificité du dépistage est également élevée, c’est-à-dire qu’il est possible d’éliminer avec un très forte taux de succès ceux qui ne développeront pas la maladie.

    « Lorsqu’elle est utilisée individuellement, la neuro-imagerie et la neuropsychologie sont efficaces, mais jusqu’à un certain point. C’est en combinant et en analysant les résultats des deux méthodes que nous pouvons atteindre un niveau exceptionnel de précision», explique Sylvie Belleville, auteure principale de l’étude.

    « Nous pourrions évaluer si les traitements sont plus efficaces lorsqu’ils sont administrés plus tôt. Cependant, nous ne savons pas encore  si le traitement pharmacologique prescrit dès les premiers signes d’alerte précoce va ralentir la maladie », poursuit-elle.




    L’examen de neuro-imagerie a consisté à mesurer par IRM, en particulier le volume de l’hippocampe (la structure du cerveau impliquée dans la mémoire) et l’épaisseur du cortex (en particulier le cortex cingulaire antérieur droit et le gyrus frontal moyen). De plus, les tests qui décèlent le mieux les troubles cognitifs sont les tests de rappel libre et de mémoire épisodique basée sur la reconnaissance.

    Source: Predicting Progression to Dementia in Elderly Subjects with Mild Cognitive Impairment Using Both Cognitive and Neuroimaging Predictors. Journal of Alzheimer’s Disease, Decembre 2013.

  2. Moins de maladie d’Alzheimer grâce au mode de vie

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    Les individus sont  aujourd’hui moins enclins à développer la maladie d’Alzheimer qu’il y a 20 ans.

    Les auteurs ont examiné cinq études récentes qui suggèrent une diminution de la prédominance de la démence, soutenant l’hypothèse qu’une amélioration des niveaux d’éducation, des soins de santé et du mode de vie a un effet protecteur sur le cerveau des personnes âgées.

    « Il est encourageant de voir que le risque de démence peut être abaissé grâce à un meilleur niveau d’éducation et un meilleur traitement des facteurs de risque cardio-vasculaires (hypertension et cholestérol) », déclare un des auteurs de l’étude.




    « Nos résultats suggèrent que, même si nous ne trouvons pas un traitement dans la maladie d’Alzheimer, il y a des facteurs sociaux et environnementaux qui permettent de diminuer notre risque. »

    Source: New Insights into the Dementia Epidemic. New England Journal of Medicine, 2013.

  3. Un dispositif de réadaptation améliore la motricité après un AVC

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    L’utilisation d’un appareil de réadaptation, qui convertit les pensées d’un individu en des impulsions électriques pour déplacer les extrémités supérieures des membres, améliore la motricité des personnes victimes d’un AVC.

    Les résultats de l’étude ont été présentés à la réunion annuelle de la Radiological Society of North America (RSNA).

    «Chaque année, près de 800.000 personnes sont victimes d’un nouvel AVC ou d’un deuxième AVC aux États-Unis, et la moitié d’entre elles présentent un certain degré de handicap dans les extrémités supérieures », déclare Vivek Prabhakaran, directeur à l’Université du Wisconsin-Madison.

    Le dispositif de réadaptation utilise des courants électriques pour activer les nerfs dans les extrémités paralysées. Quand le médecin demande à un patient d’imaginer ou de tenter de déplacer sa main,  l’activité cérébrale de celui-ci produit un signal électrique qui déclenche la stimulation des nerfs.

    Huit patients ayant eu un trouble de motricité après un AVC – en l’occurrence une main affectée – ont participé à l’étude. Malgré qu’ils aient reçu des soins de réadaptation standard, les patients présentaient, à des degrés divers, des déficits moteurs résiduels dans leurs extrémités supérieures. Chacun d’entre eux a subi neuf à quinze séances de rééducation de deux à trois heures avec le nouveau dispositif sur une période de trois à six semaines.

    « Notre espoir est que ce dispositif réduise non seulement le temps de réadaptation, mais aussi qu’il apporte un niveau plus élevé de récupération que la norme actuelle », poursuit le Dr Prabhakaran.

    Source: Radiological Society of North America. Novel rehabilitation device improves motor skills after stroke.

  4. Alzheimer: une différence dès l’enfance chez les porteurs du gène APOE4

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    Les personnes porteuses d’une variation du gène APOE, appelée APOE4, gène APOE4 qui prédispose à la maladie d’Alzheimer, ont de moins résultats aux tests de QI dès l’enfance et l’adolescence.

    Les auteurs de cette recherche ont compilé des études portant sur les données de 1 321 participants âgés de 6 ans et demi à 18 ans. Chacun d’entre eux a passé un test de QI entre l’enfance et l’adolescence.

    Dans l’ensemble, les scores de QI étaient inférieurs de 1,91 point pour ceux qui portaient le gène muté APOE4. Bien que minime, cette différence de QI  peut signifier à long terme moins de réserves cognitives et un déclin des fonctions cognitives plus rapide.

    Source: Franz CE et coll. Body mass trajectories and cortical thickness in middle-aged men: a 42-year longitudinal study starting in young adulthood. Neurobiology of Aging. Volume 79, July 2019, Pages 11-21

    Un développement du cerveau différent chez le nourrisson porteur du gène APOE4 qui prédispose à la maladie d’Alzheimer

    Des chercheurs américains (Université de  Brown, Providence) ont constaté que les nourrissons porteurs d’un gène (APOE4) qui prédispose à la maladie d’Alzheimer présente un développement cérébral différent.

    Les chercheurs ont analysé les cerveaux de 162 bébés en bonne santé de 2 à 25 mois. Tous les nourrissons ont passé un test d’ADN pour voir quelle variante (ou allèle) du gène d’APOE ils portaient (c’est-à-dire la variante APOE-E1, APOE-E2, APOE-E3 ou APOE-E4).

    Utilisant une technique d’IRM spéciale (silencieuse), les chercheurs ont comparé les cerveaux des bébés porteurs de la variante E4 avec des non-porteurs de la variante E4. Ils ont constaté que  les enfants qui portent le gène APOE-E4 ont la région frontale plus développée, contrairement aux régions temporales et occipitales situées plus à l’arrière du cerveau.

    CIRM

    Machine d’imagerie par résonance magnétique

    Les chercheurs ont souligné que les résultats ne signifient pas que les enfants vont développer la maladie d’Alzheimer ou que les changements de cerveau détectés sont les premiers signes cliniques de la maladie.

    Ce que les résultats suggèrent, cependant, c’est que les cerveaux des porteurs de l’allèle APOE-E4 tendent à se développer différemment de ceux des porteurs non-E4, et ceci très tôt dans la vie.

    Pour rappel, La variante APOE-E4 liée à la maladie d’Alzheimer est présente chez  15% de la population, mais elle est représente 60% des personnes qui développent la maladie.

    Source: Brain Differences in Infants at Differential Genetic Risk for Late-Onset Alzheimer Disease. JAMA Neurology, 2013.

  5. Maladie cardiaque: le stress en cause chez les femmes

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    Les femmes de moins de 50 ans victimes récemment d’attaque cardiaque sont plus susceptibles de subir une ischémie du myocarde (réduction du  débit sanguin qui irrigue le muscle du cœur) en réponse à un stress psychologique (52 pour cent contre 25 pour cent pour les hommes).

    Cette découverte expliquerait en partie pourquoi les jeunes femmes hospitalisées après une crise cardiaque courent un plus grand risque de complications et de mort, par rapport aux hommes du même âge.

    L’étude a inclus 49 hommes et 49 femmes qui ont tous eu une crise cardiaque au cours des six derniers mois. Leur âge variait de 38 à 59.

    Les chercheurs ont avancé comme hypothèse le rôle délétère du stress psychosocial. Dans l’étude, les jeunes femmes étaient plus souvent pauvres, de race minoritaire, avec une histoire d’abus sexuels et des niveaux plus élevés de symptômes dépressifs. D’autres part, ils ont remarqué que les niveaux de l’interleukine-6, ​​un marqueur de l’inflammation qui monte et descend rapidement en fonction du stress, étaient plus élevés chez les femmes que chez les  hommes de même âge.

    Source: American Heart Association Conference (Dallas, États-Unis).

    Stress et mauvaise hygiène de vie accroît le risque de maladies cardiaques

    Avoir à la fois un travail stressant et une mauvaise hygiène de vie (boire, fumer, ne pas faire d’activité physique) conduit à un risque accru (plus de deux fois) de maladies cardiaques, selon une étude publiée dans la journal de l’association médicale canadienne de mai 2013.

    Pour en arriver à ces résultats, les chercheurs sont observé le train de vie de plus de 100 000 personnes d’âge moyen de 44 ans. 16% d’entre eux ont rapporté subir un stress durant leurs activités professionnelles.

    Selon l’auteur principal de l’étude, ces résultats suggèrent qu’une bonne hygiène de vie permettrait de réduire le risque de maladies cardiaques chez les personnes stressées, ce qui est corroboré par des études cliniques.

  6. Contrôler sa tension artérielle réduit les risques d’AVC chez les obèses

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    Une méta-analyse indique que le contrôle de la tension artérielle, du cholestérol et de la glycémie peur réduire les risques de maladie cardiaque ou d’AVC chez les personnes obèses ou souffrant d’embonpoint.

    Ces trois facteurs – hypertension, hypercholestérolémie et hyperglycémie – sont la cause de la moitié de la hausse du risque de maladie cardiaque et les trois-quarts de l’augmentation du risque d’AVC

    L’hypertension artérielle est le plus dangereux de ces trois facteurs, avec 31% de l’augmentation du risque de maladie cardiaque et 65% de l’augmentation du risque d’AVC.

    Les auteurs concluent que le risque accru de maladie cardiaque ou d’AVC observé chez les personnes obèses ou en surcharge pondérale est dû au fait que le poids augmente le risque de souffrir d’hypertension artérielle, d’hypercholestérolémie et d’hyperglycémie.




    Source: Metabolic mediators of the effect of body mass index, overweight and obesity on coronary heart disease and stroke: Pooled analysis of 97 prospective cohorts with 1.8 million participants. The Lancet. Novembre 2013.

  7. Alzheimer : un algorithme pour prédire son évolution

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    Une équipe de recherche américaine a mis au point un algorithme qui prédit le devenir d’un patient Alzheimer : la durée de sa prise en charge, la période à laquelle il sera placé dans une institution, ainsi que sa mort.

    Cette méthode, appelée Longitudinal Grade of Membership (L-GoM), a été développée en tenant compte 16 variables, telles que la capacité à participer à des activités de la vie quotidienne, l’état mental, la motricité, la période à laquelle les symptômes sont apparus, les troubles moteurs, ainsi que des données obtenues post-mortem (cause de la mort).

     « Prédire la progression de la maladie d’Alzheimer a été un défi parce que la maladie varie considérablement d’une personne à l’autre. Deux patients Alzheimer peuvent avoir une forme légère de la maladie. Mais l’un peut voir sa maladie évoluer rapidement, contrairement à l’autre », a déclaré l’auteur principal de l’étude. «Notre méthode permet aux cliniciens de prédire la trajectoire de la maladie avec une grande précision. »

    Par exemple, deux patients Alzheimer de 68 ans avaient un score au mini-examen de l’état mental identique (échelle d’évaluation du statut cognitif) lors de leur visite initiale. Le premier patient était cependant moins autonome et présentait des hallucinations. La méthode prédit avec précision que le premier patient allait mourir dans les trois ans, tandis que le second allait survivre plus de 10 ans.

    Les chercheurs avaient suivi 252 patients Alzheimer tous les six mois pendant 10 ans pour mettre au point ce modèle.

    Source : A New Algorithm for Predicting Time to Disease Endpoints in Alzheimer’s Disease Patients. Journal of Alzheimer’s Disease, September 2013.

  8. Prédire la maladie d’Alzheimer grâce à une ponction lombaire ?

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    Des chercheurs prétendent qu’en mesurant les niveaux de certaines protéines dans le liquide céphalorachidien (LCR), ils peuvent prévoir à quel moment les individus développeront un trouble cognitif associé à la maladie d’Alzheimer, bien avant que les premiers symptômes n’apparaissent.

    L’équipe de l’université John Hopkins (Baltimore, Etats-Unis) a analysé le LCR de 265 volontaires en bonne santé d’une cinquantaine d’années. Quelques trois quarts du groupe ont eu un membre de famille proche avec la maladie d’Alzheimer, un facteur les mettant à un risque plus élevé que la normale. Les chercheurs ont fait passer aux participants une batterie de tests neuropsychologiques et un examen physique.

    Ils ont constaté que le risque de développer la maladie d’Alzheimer était plus grand chez ceux dont le rapport entre les niveaux de protéine tau et amyloïde était le plus élevé. Autrement dit, lorsque les niveaux des protéines tau et amyloïde étaient respectivement plus haut et plus bas que la normale.

    « Cette étude montre que nous pourrions mesurer ces protéines dans le liquide céphalorachidien lorsque les gens sont en bonne santé cognitive normaux », déclare l’auteur principal.

    Il précise cependant que cet indicateur n’est pas en ce moment pas assez précis pour prévoir avec précision si une personne développera une démence.




    Source : CSF biomarker changes precede symptom onset of mild cognitive impairment. Neurology, 2013.